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mercredi, 10 mai 2006

Némésis

    Les spaghettis froids, en revanche, ça ne vaut rien.

20:20 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (2)

Ce que dira l'imprécateur

    Je juge ces femmes.

Oryx and Crake, je n'en ai cure.

Honnir des sorcières, des créatures du diable.

Nourrir des vipères, et puis quoi encore ?

 

Honnir.

Allez, maudissez-moi.

Terre des mes ancêtres, aux

Hululements des hiboux

Ocres ou bruns, je te voue.

Reste à

Nourrir des vipères.

 

18:50 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (2)

Stances de l'époux

    J'ai fait une découverte, qui est, à ma modeste échelle, rien moins que sensationnelle : la peau de poulet froide est un mets succulent. Froide, meilleure que chaude, et seule sans chair, meilleure qu'accrochée à son blanc. J'aimais la peau de poulet, mais croustillante, chaude et accrochée à sa chair. C'est un vrai renversement copernicien.

(Vous en déduirez que, préparant le repas de mon fils, j'ai perruqué (synonyme gascon ou patoisant de grignoter ou grappiller).)

18:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

Mort un 10 mai

    John Hathorn (5 août 1641 - 10 mai 1717) fut l'un des juges assesseurs des procès des sorcières de Salem et, plus tard, le seul qui ne regretta pas ses actions.

Il fut aussi le grand-père de l'écrivain Nathaniel Hawthorne qui modifia légèrement son patronyme pour s'épargner la honte d'être associé à son grand-père.

18:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Âme noire

    Immédiatement après que j'eus écrit (et publié dans la foulée) la note relative à notre promenade de ce matin au Jardin botanique, une mélancolie atroce me saisit, me pétrifia, et je ne pus plus envisager de me mettre au travail. J'enfilai le blouson rouge que je traîne par passades depuis 1992, et marchai jusqu'au salon de coiffure où je cueillis, au vol, fils et compagne, afin de les accompagner à la médiathèque de La Riche.

D'ordinaire, pourtant, l'écriture a sur moi un effet euphorisant, et m'incite à plus d'efforts. D'ailleurs, cette promenade était très joyeuse, et le texte que je lui ai consacré est surtout hantée par les ombres de l'ours mort et de sa veuve affligée.

À présent, le trio pour piano KV 496 m'apaise et m'attriste.

17:17 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Italianismes

    À force de frayer dans les eaux troubles, vous vous êtes effarouchée...

 

" J'ai profité d'une petite pause pour leur indiquer qu'en italien, langue que je connais bien, si frère se dit fratello, en revanche, pour soeur, on emploie sorella, et dire fratella et fratellita mia, c'est une grossière erreur, mais, pour toute réponse, ils m'ont ri au nez, aux éclats et à l'unisson. "  (Mater la divine garce. Traduction de Gabriel Iaculli. Gallimard, p. 58)

 

Ainsi vont les finesses et les jacasseries de l'inceste.

17:10 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

Jardin botanique, mercredi matin

    Automne, feuilles de paulownia. Au printemps, fruits du magnolia.

L'ourse Sophie est plus désemparée que jamais, solitaire à tourner en rond dans sa triste fosse de pierre. Willy (nous informe une affichette signée par un responsable de la municipalité) a dû être euthanasié le 30 mars.

Une tortue d'eau, d'une espèce que je ne connais pas et n'avais jamais vue là, a gobé sous nos yeux un poisson mort.

Parfois, le soleil apparaissait, pareil au paon roué.

 

14:12 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne

XXVIII

    Quand je commandai, au tout début du mois d'avril, un exemplaire du dernier livre de Margaret Atwood, The Penelopiad, je pensais le ramener à ma mère (qui, contrairement à moi, aime cette écrivaine) lors des vacances de Pâques, et ce d'autant que mes parents rentraient d'un voyage à Chypre. Je ne savais pas alors que l'exemplaire mettrait plus d'un mois à me parvenir (à tel point d'ailleurs que j'avais oublié avoir passé cette commande), me donnant alors l'idée de le transformer en cadeau de fête des mères (cette divulgation n'a pas d'importance : ma mère ne lit pas ce blog), et je n'avais pas non plus emprunté, plus ou moins par hasard, Wittgenstein's Mistress, le roman de David Markson (je l'ai choisi sur l'un des rayonnages de la bibliothèque d'anglais des Tanneurs le 13 avril, pour le soixante-septième anniversaire de Seamus Heaney).

Or, il se trouve que, feuillettant l'exemplaire du roman de Margaret Atwood (qui n'a, une fois encore, pas l'air de casser des briques), je me suis rappelé que la narratrice de Wittgenstein's Mistress cite à plusieurs reprises l'hypothèse selon laquelle l'Odyssée aurait été écrite par une femme, hypothèse qu'elle n'attribue pas à son véritable auteur (car elle s'embrouille assez souvent, ce qui fait le charme du roman). Atwood, qui se targue pourtant d'une culture à toute épreuve, ne semble pas avoir eu vent de cela. En tout cas, elle n'en souffle pas mot dans les notes qui closent l'ouvrage.

J'ai donc pris mon plus beau clavier pour écrire un courrier électronique au professeur Seamus Waddington, qui m'a confirmé tout le bien que je pensais de l'auteur de l'hypothèse pourtant passablement farfelue et évoquée ci-dessus, et tout le mal que l'on peut dire de l'écrivaine canadienne. Le plus surprenant, c'est qu'Enrique Vila-Matas a aussi répondu à mon e-mail, que je ne lui avais pourtant pas adressé.

Voici ce que m'écrit le génial écrivain barcelonais :

Cher Mathieu,

que l'Odyssée ait été écrite par une femme ne fait aucun doute. D'ailleurs, Fleur Jaeggy m'a confié un jour n'avoir jamais pu traduire un seul vers de l'Iliade. N'est-ce pas là une preuve irréfutable ?

Toutefois, cher Mathieu, vous m'avez menti sur vos recherches, et, depuis, je vous appelle le mystificateur à la dernière gorgée de bière. Vous savez pourquoi : en me quittant, ce soir-là, vous avez prononcé cette phrase d'une beauté envoûtante : "Je prends cette dernière gorgée de bière, et après un taxi." Voilà pourquoi je vous nomme, depuis lors, le mystificateur à la dernière gorgée de bière, ce qui vous rend cher à mon coeur et me donne grand plaisir dès que je reçois un e-mail de vous, même si je préfèrerais vous voir creuser l'éventuelle parenté entre votre maudit Barclay et son petit neveu Justin.

Il n'est pas facile de ramper sans chaussures.

Bien à vous,

Enrique V.-M.

 

Dois-je lui répondre en faisant une allusion savante au roman de Markson, ou simplement m'offusquer qu'il puisse répondre à un courrier que je ne lui ai jamais envoyé ? Ah ! il n'est pas facile d'être le confident d'écrivains géniaux. Quand j'aurai fini d'écrire ces pages pour ne pas célébrer S.B., je prendrai pour nom de plume Max B., histoire de montrer à tous mon visage de traître.

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (5)

Trouées, 3 : Abbatiale de La Roë

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    Rarement (hormis pour le château de la Mothe Champdeniers, circa 1999) aurai-je eu l'impression d'un monument autant abandonné des hommes et du monde. Un grand pré fauché derrière, quelques tables de pique-nique, trois statues en ferraille rouillée, la porte de l'abbatiale close - tout comme si nous étions les premiers visiteurs depuis des années, tout comme si le village même n'était pas habité.

12:20 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (0)

Avant de regagner les draps

    J'ai refermé les volets métalliques. Dehors, dans la rue, même les lampadaires se sont assoupis. Dans le salon, le brachiosaure ronfle et dérange les piles de livres. Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit de sonnet.

00:43 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne