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jeudi, 11 mai 2006

Riante dessous

    La vérité vous rendra libres... (Elle est inodore, pourtant, cette fleur que je connus dans les bois de mon enfance...)

Autour de lui, avec son architecture capricante, s'étendait la nécropole d'où montait, quand il avait plu, une odeur de terre riche et, s'il faisait chaud, les fragrances entêtantes et capsicantes de ces fleurs vénéneuses qui croissent sur les tombes et que l'on nomme asphodèles. (J. Almira. "La concession", in Le Marchand d'oublies, p. 120)

 

Mais la littérature vous rendra chèvres. (Où poussent, partout, les fleurs de pierre sur les accents graves...)

22:43 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

U

    Un chanteur nommé Ü s'immisce incognito dans une salle de concert ; un spectateur qui se passionne pour les romans de Kadaré me parle de son chien ; la sono est trop forte, et c'est moi qui dois monter sur scène.

(Où je m'imagine dans le palais des rêves, à m'exploser la voix.)

18:45 Publié dans Arbre à came | Lien permanent | Commentaires (0)

"Le plaisir primitif de la cueillette"

    Sur le chemin de l'école, au retour, mon fils a cueilli un bouquet composé de quatre marguerites, puis a ramassé quatre samares. S'en est suivie une conversation philologique de très haut vol sur le genre du mot samare. (Vérification faite, samare est bien féminin, comme je le soutenais. En revanche, le Robert culturel cite les samares "de l'orme et du frêne", alors que, dans mon esprit, ce fruit était associé à l'érable.)

On n'a pas fini d'entendre parler de l'herbier commencé en avril. Feuilles et fleurs sèchent.

17:55 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2)

Inini

    Il y a trois jours, après avoir évoqué assez longuement Tristes Tropiques (la chanson de Gérard Manset) à la demande d'une lectrice, qui n'a d'ailleurs pas reparu, j'avais commencé l'écriture d'une autre note, interrompue après la première phrase. Je livre, sans plus attendre et à la lecture d'un nouveau commentaire, cette première phrase isolée :

Revivre est, de Manset, l’un des albums que j’aime le moins. Pourtant, il s’y trouve deux de ses plus belles chansons, Le Chant du cygne et Territoire de l’Inini, que j’évoquais à l’instant, mais sans dire que, si je devais partir sur une île déserte avec une seule chanson de Manset, je choisirais peut-être celle-là.

 

Je précise, par ailleurs, à l'adresse de M. Morel, que, n'étant nullement un proche de Manset et encore moins au fait de ce qui se passe dans le petit monde de la chanson française, je serai bien en peine de l'informer, comme il l'exige, sur l'éventuel concert de Manset à l'Olympia. (Et même d'autant moins que ce concert me semble, à titre personnel, être la mauvaise idée par excellence, comme je l'ai exprimé clairement dans la note commentée.)

16:05 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (0)

Damian Marley, ou l'enfant extraordinaire

    C'était une erreur de m'en prendre aussi vertement, dans une note de mon blog précédent, aux animateurs incultes ou écervelés d'une radio locale. Les animateurs qui ont pignon sur rue et pérorent dans les émissions de certaines stations nationales ne valent guère mieux.

Ainsi, tout à l'heure, sur France Info, une journaliste accueillait, le jour du vingt-cinquième anniversaire de la mort de Bob Marley, un confrère de France Inter, qui s'appelle, je crois, Malik Boulabaï. Celui-ci a assez longuement parlé de Damian Marley, dont je n'avais jamais entendu parler et qui, a-t-il dit, est le dernier enfant de Bob Marley, "aujourd'hui âgé de vingt-trois ans". Que je sache (et sauf cas d'insémination très post mortem) un homme mort depuis vingt-cinq ans ne peut pas avoir un fils de vingt-trois ans. Réussir à affirmer cela sans s'apercevoir que quelque chose cloche, c'est curieux (ou est-ce la marijuana, dont on sait qu'elle ne rend pas tout le monde plus intelligent ? (litote)).

 

(Vérification faite, grâce à Wikipedia, Damian Marley est né le 21 juillet 1978 ; ce n'est même pas le dernier enfant de Bob Marley ; quant à sa mère, Cindy Breakspeare (patronyme que je trouve admirable), elle était Miss Monde 1976. Autant dire que, pour un prétendu "spécialiste du reggae", ce Malik B. a l'air bien flou.)

14:45 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (4)

XXIX

    Ajouter une demi-syllabe à un tanka ne doit pas être chose facile. Pensait Samuel Barclay Beckett un beau jour de décembre 1934 en contemplant la couverture ternie de l'édition originale de More Pricks than Kicks. D'où me vient ce sentiment de fin du monde ?

Ses yeux tombèrent, au hasard d'un feuillettage, sur cette phrase qu'il avait marquée au crayon, et qui lui sembla ne pas être de lui : "Past the worst of his best, there was nothing so very terrible in that, on the contrary".

Quand mon âge se tiendra au centre de la trente-deuxième année, je recevrai une lettre d'un inconnu érudit, qui m'écrira que le docteur Seamus Freud est mort, lui aussi, à quatre-vingt-trois ans, mais qu'il est né cinquante ans avant moi. Ce sera à n'y rien comprendre, puisque Freud se prénommera encore, que je sache, Sigmund, et qu'il ne sera pas mort.

"The owner was out in the field, scarifying the dry furrows with a fork."

Cap au pire.

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (0)

Trouées, 4 : La Roche aux Fées

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    Vous saluerez, de ma part, Gargantua, qui sème ses dents de lait et ses osselets vraiment en tous lieux.

Il y avait un groupe d'illuminés fort bruyants, munis de pendules et discutant des liens entre l'architecture de ce célèbre dolmen à couloir et la constitution du corps double, ou je ne sais quelle autre ânerie. À en croire leur attitude tapageuse et leurs discours approximatifs, spiritualité new age et intelligence ne font pas bon ménage.

12:25 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (2)

Arcanes des neurones

    (La note évaporée, il se remit au clavier.)

    Me croira-t-on si je jure ici que je n'avais pas encore eu vent, quand j'écrivais lundi dernier certaine anecdotique note relative à des bols malouins, de la publication, en mars dernier, dans la collection "Continents noirs" des éditions Gallimard, de l'autobiographie d'une écrivaine rwandaise, Scholastique Mukasonga, dont je découvre même, au fil du Net, qu'elle tient un blog ? Il m'est impossible de lui offrir un bol en hommage, puisque le H manquait.

Je dois avouer (car la honte m'étreint (mais il serait plus honteux encore, car plus malhonnête, de m'autocensurer en corrigeant la note vieille de seulement trois jours)) que, me moquant gentiment de ce prénom, je faisais preuve d'une ignorance crasse, en ne me rappelant pas que, dans de nombreux pays d'Afrique, comme le Rwanda, on trouve ce genre de prénoms français inusités et tombés en désuétude, comme Victurnien, Jean Damascène, Triphine ou Placide. Vieux relent d'ethnocentrisme, sans doute, de ma part...

Il se peut aussi que, me trouvant en Bretagne, j'aie surtout (par une simplification tout aussi stupide, d'ailleurs) lié, dans mon esprit, ce prénom de Scolastique (toujours sans son h, sur le bol) au catholicisme très conservateur dont les Bretons sont, selon certains clichés, les parangons. Je n'avais pas dû, dans mes lectures d'ouvrages (romanesques ou non) relatifs au Rwanda, rencontrer ce prénom. Ceci expliquerait cela... Peut-être aussi n'ai-je noté, on the spot, que les sonorités plutôt rêches de ce prénom... Je ne sais. Ah, les arcanes des neurones sont difficiles à pénétrer...

En tout cas, Scholastique Mukasonga, cela fait un sacré nom d'écrivain !

 

11:50 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2)

Aaaargh

    Est-il, pour un auteur de carnet, chose plus terrible, à la seconde où elle se produit, que l'évaporation d'une note assez longue que l'on vient d'écrire et dont on n'avait pas fait de sauvegarde ? Cela vient de m'arriver. Cela m'apprendra, tiens, à utiliser les ordinateurs de l'université à mauvais escient !

11:38 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (4)

17

    Est-ce une allée envolée

au soleil dru du

jardin botanique

 

ou la tristesse moqueuse

qui fait son nid dans l'étang ?

09:00 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne