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mardi, 23 mai 2006

Google wharf

    Sur le célèbre programme Google Earth, on reconnaît en détail chaque image du quartier où c'était a grandi ; en revanche, le village où j'ai vécu de six à dix-sept ans est entièrement invisible. It seems that the territory is chartered in a very disorderly way. (Je précise qu'il n'y a ni camp militaire ni usine classée Seveso près de Cagnotte.)

19:20 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)

Tiraillements

    Envoûtante, lyrique, capricieuse, la onzième des Rhapsodies hongroises me soutient dans mes efforts, l'exercice périlleux du saut de corde d'une langue l'autre, ce qui ne manque de me réjouir, car, si je ne vis pas à Onzain, si je n'aime pas le football plus que cela (je le regarde à la télévision trop souvent, même à mon goût), je suis féru du nombre 11, qui structure un nombre non négligeable des rubriques (ou catégories) de ce site, et, sous la forme de l'hendécasyllabe, a donné de très beaux vers à la langue française. Nous dansons, mon clavier et moi, et le funambule fait des pirouettes de phrase à phrase, entre le clocher et les étoiles. Sur une autre corde, plus mince encore, plus brillante aussi, Roberto Szidon m'encourage de ses arpèges, et mes doigts virevoltent, s'élancent, souples dansent.

16:40 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Vieux père au poing

    Ils ne pensent pas souvent à leur vieux père.

Le personnage qui dit cela est une sorte de démon minable, de petite brute imbue de pouvoir. Il est heureux, ici, que l'expression vieux père soit si proche, en français, du substantif vipère, avec ses nombreuses connotations métaphoriques et culturelles.

(Heureusement, surtout, que je ne m'interromps pas dans ma traduction à chaque fois qu'une remarque comme celle-là me vient à l'esprit.)

15:20 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (1)

Avant

    Encore le palais tapissé du café très fort bu à sept heures, il décide de passer outre cette sensation de lourd velours et de se préparer une pleine théière de thé vert, moins excitant mais plein de saloperies. Sinon, jamais il ne s'y mettra. Il doit couper court à la cascade de sons qui, le parcourant, demandent à lui sortir par les doigts, les dents, les orteils. Comme s'effondre son monde, encore le soleil perdu dans les nuées, il coupe le gaz sous la bouilloire qui siffle d'albionesque façon. Il lui reste à accomplir des efforts titanesques pour se remettre de cette bouffée charnue qui s'était emparée de son corps, avant.

14:00 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

Luc

    Vous misez gros sur mes miniatures. Ma vie file entre les ratures. Je suis mon scribe, et gribouille mon spectre. Ai-je oublié ma promesse d'écrire des gabay en français (si tant est que cela soit possible) ?

On voit se profiler, à l'horizon découpé par les fémurs, les ramages, les mirages, quelques miniatures qui prennent de l'embonpoint avant de regagner la berge. Plus proches, ce sont des cygnes qui, nonchalants, hautains, se refusent à vous lorgner.

Il ne vous reste qu'à remballer votre pognon, et aussi vos quignons.

12:40 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)

Léman

    La peur aux tripes, il n'est pas question d'extirper ces escarbilles de ton regard ensoleillé, puisque s'envolent les sarcelles, les flamants, et même les cygnes, pourtant si élégants à la surface du lac. Autant de ratures que de sous dans ma sébile ; autant de fous en bisbille de sous dans mon escarcelle. Sur les rives du lac, je continue de peindre.

Vous passiez en fredonnant l'air si ténu, si joli, si poignant, de l'Allegro  qui vient clore le  Trio pour piano KV 542. Comment l'ai-je reconnu ? Ma vie glissait entre les rides, à la surface du lac. 

11:20 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Mieux disant

    Ruissellent les heures, et, quand elles s'en vont, elles pèsent lourdement sur les fantômes envolés des rues. Rameutez les faunes ahuris, les donzelles d'autres dynasties, elles qui, la peur au ventre, désertent les infinis.

(Il faudrait tout de même que j'extirpe de leurs cartons mes vieux écrits, pour les dépoussiérer.)

Respirons de concert, avec des flammes dans les yeux.

10:00 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (1)

X : Traduit de la nuit

    Vous avez, les scrutant, démonté les mécanismes du roman. Traducteur, vous avez suivi un sentier semé d'embûches. Jamais les amis de Barclay ne vous laisseront en paix, à ceci près que vos idoles ne sont pas idolâtrées, vos lares ne sont pas hilares, vos muses jamais ne s'usent, et que vos édredons dorment sous la promesse du grand pardon.

09:25 Publié dans Voici venir Samuel B. | Lien permanent | Commentaires (0)

V

    Dans le salon où la douleur gagnait les tentures, je lisais V de Thomas Pynchon ; il me revint en mémoire une publicité radiophonique pour une société de maroquinerie ; quand je la chantais, on me taquinait pour moins que ça.

(Où je m'imagine dans le passé, ce qui ne se peut.)

00:05 Publié dans Arbre à came | Lien permanent | Commentaires (0)