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vendredi, 30 juin 2006

Gianluca Zambrotta, seul contre l'Ukraine

    Je viens d'écraser, entre les mains, deux moustiques (ce qui n'intéresse personne).

(Gianluca) Zambrotta a marqué un but superbe, et fait une passe incisive.

22:52 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (3)

Nombre : Il

    Peut-être qu'à un moment donné, inconsciemment, j'ai été influencé par la lecture, pourtant décevante, des 47 autobiographies de Jacques Rebotier... à moins qu'une affinité de principe ne m'ait, déjà à l'époque (2003?), guidé vers ce petit livre aux rayures roses et blanches.

(Si je veux faire le tour de ma bibliothèque, je ne suis pas sorti de l'auberge.)

Toujours est-il que cette fascination pour les combinatoires multiples auxquelles l'écrivain peut se livrer en se jouant des lettres et des nombres ne date pas d'hier, ce dont je me suis aperçu en jetant un regard furtif dans de vieux classeurs où gisent d'anciennes proses. Ma manie de publier les notes en tenant compte de l'heure de parution, mais aussi des intervalles entre les heures de parution, de la répétition d'une série semblable d'un jour au suivant, etc., ne pouvait qu'être aggravée par les conditions d'écriture particulières de tout blog. Mon goût des nombres premiers, des palindromes, des divisions complexes, aussi, sert de principe constitutif à plusieurs des "catégories" de ce site.

22:20 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (0)

Obscène / Indécent

    Le "moteur" de mon ordinateur portable fait de plus en plus de bruit. Il n'a que dix mois, pourtant. Avec ou sans batterie, lui qui était si silencieux, il me souffle sa chaleur tonitruante. Bien sûr, je n'ai pas la moindre idée de l'inquiétude réelle que cette évolution technique doit faire naître en moi.

*******

J'ai manqué, en début d'après-midi, m'arracher les cheveux, sur un fragment de phrase pourtant simple : "I covered my indecency". J'ai perçu la difficulté qu'il y avait à traduire ce fragment, notamment dans le contexte. L'un des problèmes essentiels est, évidemment, qu'on ne peut employer, en français, le substantif indécence pour désigner le fait concret d'être nu, le corps nu. Comme je craignais de me laisser embarquer dans une réflexion presque nostalgique au sujet du traité ou de l'essai que j'aurais aimé écrire, il y a déjà fort longtemps, sur l'obscénité et l'indécence, je me suis contenté de traduire approximativement puis de mettre ce fragment de traduction en gras, pour y revenir ultérieurement.

Obscénité et indécence sont deux concepts qui m'intéressent depuis très longtemps. Je viens d'évoquer un essai que j'avais projeté d'écrire, il y a très longtemps (peut-être douze ans, une éternité en tout cas). Si j'avais fait des études d'histoire de l'art, je crois que j'aurais eu l'occasion de creuser cet aspect. Tout, dans ce débat (ce dilemme ? ce dialogue ? cette dialectique ? cette antithèse ?), est passionnant. D'un point de vue linguistique, philologique et étymologique, les deux termes offrent un vaste spectre, mais ils posent surtout des questions essentielles sur les liens entre l'éthique et l'esthétique.

Si je profitais de ces carnets pour coucher enfin, sur le papier, quelques-unes des pistes que j'ai tournées jusqu'ici, à des moments perdus ou dérobés, dans ma tête ?

19:45 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (8)

L'armée et la mort

    Je n'invente rien. À onze heures et demie, comme le soleil commençait à chauffer près de la haie, à l'endroit où j'avais installé la table de jardin et mon ordinateur, j'ai changé de place, pour préférer l'allée de graviers. J'avais déjà traduit huit pages et demie de Links, sans être réellement satisfait, si ce n'est qu'à tout le moins la fin du premier jet, qu'il suffira de reprendre et d'harmoniser, est proche.

Dans le chapitre 26, Jeebleh rend visite à une fillette de cinq ans qui, quatre ans auparavant, lors des combats entre milices claniques et marines américains, a été emportée sur les pales d'un hélicoptère. Si elle n'est pas morte, elle en a gardé de lourdes séquelles : sourde à vie, elle n'a jamais pu aligner deux mots, n'a jamais ri ni souri. L'un des récits insiste sur le vacarme assourdissant des hélicoptères, ce jour-là, sur Mogadiscio dévastée.

Or, j'ai passé la matinée à travailler dans le jardin, avec des passages réguliers d'hélicoptères dont le vacarme est assourdissant. Quand j'étais enfant et adolescent, je vivais à la campagne, mais non loin d'une base militaire où se trouvaient de nombreux hélicoptères. Pendant des heures entières, certains après-midis, les hélicoptères tournoyaient dans le ciel, de sorte qu'il était impossible de profiter d'une belle journée de printemps ou d'été. Si on ne voulait pas devenir fou, il fallait se calfeutrer chez soi. Ce matin, en dépit des passages réguliers de quelques hélicoptères, je me suis refusé à fuir. Et, tandis que je traduisais ces pages qui narrent les atrocités des combats dans lesquels éaient impliqués les hélicoptères de l'armée américaine, je me rappelais ce que jamais je n'avais réussi à faire comprendre à un camarade de collège à qui j'expliquais que le bruit des hélicoptères était affreux, non seulement parce que c'était un vacarme infernal qui montrait que l'armée, dans notre pays, avait tous les droits (et surtout celui d'emmerder le monde et de ruiner le pays en toute impunité), mais surtout parce que ce vacarme était le même que celui qui sévissait dans les pays en guerre. Même pour l'enfant au calme dans les champs de son enfance landaise, même pour le traducteur en paix dans le jardinet de sa petite vie citadine, le tintamarre des militaires est le signe que l'armée française, partout, a commis des massacres et en commet encore.

Je n'invente rien.

16:55 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (1)

# 5

    Césure amère renfermant, dans d'autres dynasties, rares affections bourgeoises.

14:55 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (4)

Rocarolo

Porquerolles, juillet 2005.

 

    Dessous de l'histoire. Rome caracole, Rome costumée est une loque.

Des ribambelles nées à Babel rebondissent ; c'est une barcarole ; Rome câline, rose, collecte les lotus. Dans ce dédale de voix, de fureurs, de douceurs en logorrhée, vous retrouvez le baromètre baroque, et votre prime jeunesse.

12:30 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz

Miracle

medium_Preuilly_Miracle.JPG    Lazare n'en croit pas ses jambes.

Les apôtres croisent les yeux.

Pause. Silence.

Les arches du fond sont celles du bureau de pin brut que j'ai vu ce matin.

J'écarquille les doigts, pour écrire ces mots.

D'un geste vif, on ne peut rester les draps croisés. Christ superbe qui danse comme un serpent charmé, toi-même tu es incrédule.

 

 

Eglise de Preuilly, Indre-et-Loire.

12:05 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (8)

Aurora

    Michel Leiris vous hante ; cet homme est là, un livre lu haut. Il hennit, faible leurre.

C'est votre rêve vivant. Que jamais les nuages ne jasent. Dites non.

11:01 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (2)

Aura

    Non, pas un ange : un hélicoptère passe au-dessus du jardin. Heureusement, le merle lance de belles notes, qui embellissent le monde.

Avant-hier (mais pourquoi diable l'hélicoptère me fait-il penser à cela?), une collègue, qui ne semblait pas décidée à prendre son sac à main une bonne fois pour toutes, nous a dérangés trois fois, une collègue et moi, dans le bureau où nous faisions passer des oraux de troisième année. Conditions optimales, tu repasseras. (Non, pas un ange.)

09:39 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)

À une princesse de conte

Votre tablette est de guingois

Allez au bal des coccinelles

Vous êtes la biche aux abois

Qui guette la marée au Gois

Avec d'étranges sentinelles

 

Le jardin n'est pas de plain-pied

Son herbe fait des rondes-bosses

Le tabouret est un trépied

D'où je pourrais vous épier

Princesse dans votre carrosse

 

Dans la haie se meurt une ronce

Allez au ballet des phalènes

D'un vigoureux coup de semonce

Vous redevenez pierre ponce

Auprès du fleuve qui se traîne

Et n'est magique pas une once

08:17 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (0)