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dimanche, 30 octobre 2011

Sofitel

    Terminé dans dieu sait quels affres

Et majesté pleurant d’office

Un film, de popcorn on se bâfre,

Ni Dominique ni Nafiss’

 

Strophe audacieuse pathétique

Et maigre détroit du Bosphore,

Dans un sofitel hérétique

Un présidentiable phosphore

 

Ce n’est pas du jeu, à la fin

– Le film à peine se termine –

Et moi je lave le couffin

Qui sent (pas doucement) l’urine

10:30 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 27 octobre 2011

Purée de nèfles, so to speak

    20 octobre. Ce jeudi, j’ai ramassé, en revenant d’aller chercher le courrier dans la boîte à lettres, vingt-neuf nèfles, moins dans l’espoir d’en faire quelque chose – cela fait deux ans déjà qu’elles pourrissent ou se perdent sans blettir – qu’afin de retarder le plus possible le moment où, les branches s’étant déchargées de leurs centaines de fruits lourds et sphériques, le sol se jonchera de ce qui devient presque instantanément une purée faisandée et molle, et dont il est très difficile de débarrasser la pelouse, à moins de s’y atteler avec pelle et balai à gazon. C’est après les avoir déposées sur la table de la cuisine, avec la lettre et les deux colis, que je les ai comptées : vingt-neuf – ce qui, avec les deux que j’avais ramenées l’avant-veille je crois, faisait un compte juste (j’aurais pu écrire un triolet). Puis, comme le séjour était inondé de soleil après une matinée bien frisquette, j’y ai déplacé mon ordinateur portable, mes livres et mes chemises, sans que la chatte, une fois nourrie, daigne me tenir compagnie. (Pile au moment où je mettais le point final à la phrase précédente, j’ai aperçu le matou des voisins courser la minette, qui a, du coup, accepté de rentrer.) Je m’aperçois que j’écris ce texte tantôt en choisissant une temporalité simultanée, tantôt dans l’idée de le publier plus tard, comme si aujourd’hui était un jour du passé, et aussi que je ne sais pas comment évoquer le fait que l’un des deux colis accompagnant les nèfles, so to speak, contenait le dernier livre de Ben Okri, A Time for New Dreams, dont je me suis dit, en le feuilletant rapidement, que, même si, une fois de plus, ça ne cassait peut-être pas des briques, je pourrais traduire, de ci de là, les brefs essais qui le composent. (Voilà, le fait est évoqué. Abusant de l’hyperhypotaxe, et de la prétérition.)

― Quand je pense, aussi, que j’étais à deux doigts d’écrire un triolet (31 mots), et que voici cette purée indigeste…

13:35 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 26 octobre 2011

Médisance

    Je ne sais de ce paltoquet

Ni le nom ni le phénomène

Et son langage bilboquet

Où rien ne va à la romaine

Est un tant soit petit coquet

– Que sais-je de ce paltoquet ?

 

Où sont passés les territoires

Et où aussi les échiquiers ?

Dans les marchés et dans les foires,

A Croisset comme à Villequier,

On s’en gargarise la poire :

Où sont passés les échiquiers ?

 

Donc, si je vous ai bien compris,

Rien ne sert de courir la montre,

Et, pauvre benêt malappris,

Votre gosier de haute-contre

A peu de force et peu de prix

Donc, si je vous ai bien compris.

19:59 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 25 octobre 2011

Asie

    Vous ne mourrez pas de sitôt

Je vous remercie de l’aubaine

Non, jamais visiter Cîteaux

Au hêtre je suis comme faîne

 

Un roi paresseux nous envie

Je vous remercie du conseil

Non, jamais, jamais de la vie

Voir Fontevraud sous le soleil

 

Vous ne courrez jamais deux lièvres

Je vous remercie d’une langue

A la fois vifs, au froid des lèvres

A manqué l’écorce et la gangue

10:25 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 24 octobre 2011

R = Ronron

    Certains chats, me suis-je laissé dire, ne ronronnent pas. Pourtant, l’inverse est évident : certains ronronnements errent sans corps à habiter. Il faudrait toujours, toujours, toujours, toujours, toujours fermer les écoutilles.

13:49 Publié dans En/tiers (Triolets quantifiés) | Lien permanent | Commentaires (0)