« 2006-12-08 | Page d'accueil
| 2006-12-10 »
samedi, 09 décembre 2006
Journées parisiennes, 5 : Dépôt d'ordures interdit
1er décembre. 19 h 40. Dans le train.
Hier soir, j’étais trop fatigué pour écrire dans ces carnets, et même pour lire. Ce matin, j’ai bénéficié d’une connexion sans fil inattendue, dont j’ai profité pour purger ma boîte à lettres électronique de ses 276 spams, et lire les 22 messages sérieux qui s’y étaient accumulés. Ce soir, j’écris enfin ici, mais je suis profondément déprimé. Est-ce le rythme affreux et bruyant des journées à Paris ? Est-ce la vacuité de certains ateliers, qui m’a agacé ? Est-ce l’enthousiasme et l’hyperactivité de certains chercheurs rencontrés, dont la profondeur des recherches me renvoie, admiratif et peiné, à la vacuité des miennes ?
Est-ce de ne pas être allé faire un tour dans Paris, pourquoi pas au musée du quai Branly, et d’avoir préféré rester boire, jusqu’à la lie, le calice de ces journées fortes et frustrantes ? Est-ce le soir qui tombait sur le Jardin des plantes et surtout sur les sculptures devant la Galerie de paléontologie, qui m’a rappelé mars dernier (pointe de nostalgie) ? Est-ce le passage par l’échangeur arachnéen de Châtelet, qui m’a rappelé mes trois années de commuting entre Beauvais et Nanterre ? Est-ce de ne plus pouvoir traîner cette carcasse inutile ? Il vaut mieux que je cesse de poser ces questions, de crainte d’être tenté d’y répondre. Le train va démarrer, et, si la lumière veut bien revenir parmi nous, je me saisirai de Wizard of the Crow, histoire de noyer dans la beauté narrative ce spleen plus ridicule que malin.
19:40 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Photographie, écriture
The Critic / Le critique (Frank O' Hara)
Je n'aime pas beaucoup la poésie de Frank O' Hara, et pourtant, la lisant assidûment, ces derniers temps, je me suis surpris à griffonner quelques traductions de ci de là, sur des feuilles volantes qui sont venues boursoufler l'exemplaire de ses poèmes choisis (Selected Poems. Vintage, 1974). O' Hara avait beau écrire en vers libres, dans une langue d'apparence souvent simple, c'est bougrement dur de rendre la mélodie et le rythme de ses poèmes. Dans le petit essai ci-dessous, je suis surtout mécontent de n'avoir su garder l'enjambement final.
| The Critic | Le critique |
| I cannot possibly think of you other than you are: the assassin of my orchards. You lurk there in the shadows, meting out conversation like Eve’s first confusion between penises and snakes. Oh be droll, be jolly, and be temperate! Do not frighten me more than you have to! I must live forever. | Il m’est impossible de voir en toi un autre que toi : celui qui saccage mes vergers. Tu guettes là, tapi dans l’ombre, à faire la conversation, pareil à Ève quand elle prit les verges pour des serpents. Allons, sois gai, sois joyeux et surtout sois mesuré ! Ne m’effraie pas plus que nécessaire. Il faut qu’à tout jamais je vive. Traduction Droits réservés. |
11:21 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : Traduction, Littérature, Poésie, Anglais
Place Lazare de Baïf
Épigramme (II)
Si ce qui est enclos dedans mon coeur
Je pense au vrai par écrit vous dépeindre,
Je suis certain que votre grand rigueur
Serait semonce à lamenter et plaindre.
Car si pitié peut noblesse contraindre,
Et tout bon coeur voyant un grief martyre,
J'endure, las ! tant et tant que le dire
N'est rien au mal que j'ai sous joie feinte ;
Et si n'ai rien qui à confort m'attire,
Fors que ma foi qui d'espérance est ceinte.
(Lazare de Baïf)
06:00 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Ligérienne

