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dimanche, 31 décembre 2006
Ecaroh I et II
La couverture est rouge vif, mais en gros plan sans macro elle a l’air fade de la chair des crevettes. (Je mange toujours la tête, les pattes, tout.) Faute de grives, on mange des merles, me lança le directeur. Et d’huîtres, des bulots. Lui répondis-je. Il faut dire que la mer moutonnait, se démontait jusqu’à former plaies et bosses, au bord des saignées pelucheuses. Une longue pirogue verte se démenait, mais c’était déjà un récit tragique. Tout ça pour une photo, me tança, toisa, tourmenta le directeur.
21:30 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie, écriture
Enchaudirmi
Je viens de ruiner mes rêves, à extirper de force, comme un écoulement de pus, ces quelques textes – quatre – qui, pareils à des visages spectraux, lignes de force ou de couleurs envahissant la page à l’aquarelle, ont tracé des forêts (par les champignons), des cinémas intimes (par ma triste bobine), des ruptures (par l’apparition du faux Isidore), des lits défaits (par la chair des crevettes), des mythologies (par Pandore).
19:00 Publié dans Zoozéro | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature, écriture
Knowledge Box
À délicieusement écouter vos envols, à voir les hirondelles sous les cieux africains déployer leurs mensonges, à la rame terne se tenant, le poète que de vains critiques ont estampillé romantique se remémore d’autres roucoulades, et finit, enivré, par confondre la besace grouillante de Pandore avec le tonneau des Danaïdes (tout cela qui dut s’écrire en cent quatre-vingt-neuf secondes).
16:30 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Poésie
Saint Sylvestre

Voici peut-être Saint Sylvestre. Il a connu des marchands d’or, et de viles carabistouilles.
Voici peut-être Saint Sylvestre. Dans les forêts, livré aux ruées des sangliers et des ruades des cerfs, il s’est nourri d’épreintes et, veule, s’est épris d’une vouivre.
Voici peut-être Saint Sylvestre. Des fleurs comme des anémones lui disent de voyager plus loin. Il s’est perdu dans les marécages. On a bu avec lui d’affreux breuvages.
Un jour, en pleurant des larmes de feu, il a dit, à l’année 2006, un long adieu lumineux.
14:55 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Photographie, écriture
Instantané, 30 décembre vers midi
Le gros pavé était posé sur la Kangoo de Marie-Josèphe. Six pages du pavé lues, une bergeronnette grise aux aguets. Elle sautille avec nervosité, sans se prendre aux lignes de l’échiquier. Mon manteau tenait le haut de la plage.
14:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écriture
V
Dans une fabrique d’édredons. Vêtu de rouge, avec le ciel vêtu de bleu et, dans la boîte grise, les missives vêtues de blanc, la neige vêtue de vert, elle qui laisse voir, vêtue, revêtue, foutue et refoutue encore et encore, des tiges qui s’échappent encore et encore, vêtu de rouge je vois ces signes d’une grande âpreté, tandis que je m’interroge, et qu’encore et encore les aigrettes suivent les lignes du champ ponctué d’autant de tiges, encore et encore vêtu de rouge je suis du doigt la ligne de l’horizon vêtu de bleu, dans une fabrique d’édredons où, ligne à ligne vêtue de noir, je persiste à écorcher le clavier et à écrire frabrique, comme si l’arbre dévêtu de son vert, l’orbe de ce monde dénudé, rien ne me voyait vêtu de rouge, arbre émondé, silhouette étêtée et Gascon entêté à observer entre les silos la progression des aigrettes vêtues de blanc. Têtu toujours dans la fabrique. D’un trio sûr suivant son piano vêtu de noir, Ran danse The Saint Vitus Dance.
12:12 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature, Jazz, écriture

