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dimanche, 01 avril 2007

Virevoltes, 24

     Je suis fait de ce bois-là, dit le poisson, muet.

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Une : année guetter : le retour du bel avril.

Cela tanguait, oui, dans ces forêts infernales.

Et si le fleuve mourait, toi, tu serais muet.

22:50 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie, Poésie, Ligérienne

Sous nos égides

    1er avril 1209 : Egide devient l'un des premiers disciples de Saint François. Il est ainsi plus connu sous le nom d'Egide d'Assise. Il est reconnaissable à sa coule bénédictine et à sa biche ; on l'invoque contre la panique, le mal caduc, la folie ou les frayeurs nocturnes (!).

30 mars 1209 : si l'on suit le style calendaire pascal, il y en a eu deux (mais aussi deux April 1st...!).

14:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Histoire, Hagiographie, Littérature

Ce dimanche aussi

    Ce dimanche aussi est le jour du poisson. Rire vendredi. Niet te huur, dat komt je te duur. Il m'en coûte de porter le seau par l'anse. Toujours, les bras noueux (gros bras, pas petit bras, un peu fin-de-hamlet), nous nous serons ridiculisés, lui et moi, rue B. Même avec retenue, même sur ses gardes, on s'enivre de poussières d'étoile et on retombe dans ses vieux travers. Il a sorti cinq vannes nulles en cinq minutes, quel histrion lourd comme un plat de coustouns. J'entends ça à peine la porte refermée, car la gêne lâche la bonde. Dans un sens c'est mieux ainsi. Tous ils étaient venus au bal en couple, et toi aussi avec ton frère balourd, des arêtes obtuses plein les poches. De la balle, je refermai la lourde.

12:05 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Ligérienne, Poésie

jeudi, 29 mars 2007

Train de nuit

    Au sujet des gloses il ne tarit pas d'éloges. Du troisième balcon, avec ses jumelles de théâtre dorées, elle cherche à voir la couleur des sous-vêtements de la danseuse étoile. Près du foyer où luit, d'une incandescence pâle, une bûche presque consumée, tu bois de la tisane. Il travaillait dur, bachotait avant chaque examen, en quelque sorte au galop d'essai. La musique (Out of this World par le quartette de Coltrane) te trotte dans la tête. Voici quelques-unes, mais parmi tant d'autres, des choses que je préfère.

09:00 Publié dans Dimanche pleurera, J'Aurai Zig-Zagué, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Poésie, Jazz

mercredi, 28 mars 2007

DAZAI : Osamu :: Mes : frères

    La pile de livres à lire s'entasse sur ma table de chevet, et, quoi que je fasse pour en varier l'architecture, je crains qu'elle n'atteigne bientôt le plafond. Récemment, rangeant, j'ai aligné les quatre Pléiade les plus récents, surtout parcourus (sauf le tome III de Michaux, exploré jusque dans les abysses), tout en haut, pensant ainsi endiguer la sédimentation. Mais il en est des achats et des emprunts comme de penser chauffer une pièce froide en approchant le mercure du thermomètre de l'ampoule 100 Watt : vanitas vanitatum.
Cette nuit, j'ai peu dormi. Peut-être était-ce le thé vert offert par l'étudiante chinoise et bu à grandes lampées toute l'après-midi. Peut-être était-ce la lecture de trois ouvrages différents avant d'éteindre les bougies. Le dernier que j'aie ouvert, c'est ce petit volume de DAZAI Osamu, Cent vues du mont Fuji, dont j'ai parcouru la préface et lu les deux premières nouvelles. C'est peu dire que j'ai pris la première, intitulée "Mes frères" en pleine gueule. J'avais acheté ce livre - attiré dans la grande et belle librairie par c'était, qui a fini par s'acheter la traduction récemment reparue de Return of the Native - pour une raison qui en vaut d'autres : j'avais rencontré, trois jours auparavant, et dans un tout autre contexte, le traducteur, Didier Chiche.
"Mes frères" est un texte court, à la structure méandreuse, filandreuse. Dazai prend ses frères, non pour modèles, mais en filature. Au début, il donne le sentiment qu'il va parler de la mort de leur père, de la revue qu'ils avaient fondée ensemble, ou, peut-être, des deux visages de son frère aîné, de onze ans plus âgé que lui. Tout cela esquissé, pourtant (mais d'une manière qui grave l'empreinte de ces quelques motifs durablement dans l'esprit du lecteur), le sujet de la nouvelle devient le troisième frère, l'excentrique influencé par la "préciosité" française, sculpteur mais aussi auteur de poèmes dont Dazai condamne ou moque le côté fleur bleue. De ce qui semble, un instant, être un portrait-charge, émerge progressivement le récit de la mort, pathétique et terrible, de ce frère en fait adoré par Dazai (qui écrivait encore sous son vrai nom de Tsushima Shûji). Dans la dernière phrase, on en revient au point de rupture qui donna naissance à l'écriture de cette nouvelle : le traumatisme de l'héritage laissé par un père mort trop tôt. La ruse douloureuse de Dazai ne s'exprime jamais aussi bien que dans cette merveilleuse dernière phrase : "Si riches soient-ils, des  frères trop tôt privés de leur père sont, à mes yeux, bien à plaindre." (rééd. Picquier Poche, p. 39)
Il existe aussi -  dois-je m'en défendre ? - un amour particulier des noms japonais. L'évocation de la "diction du kabuki" (p. 28), de la dédicace de Kawabata Yasunari (p. 33), ou encore l'amour non réciproque du frère Keiji pour "une fille qui travaillait dans un café à Takanadobaba" (p. 36), suffisent à me plonger dans une durable rêverie... dont la rançon pourrait bien être l'insomnie ?

14:14 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : Littérature, Japon

mardi, 27 mars 2007

L'arbre Congo

    Les herbes vrombissent dans le sang discret de Juan-les-Pins, consolées de l'adversité malgré l'envers d'un sprint tant raté. Leur paillage se froisse d'un plissement venteux, mutique. Les premières herbes de fronde devaient bruisser de la même moisson.

20:40 Publié dans Xénides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, écriture

Lourds / des insectes

    Octuor :

daignez poser vos sarabandes

ici dans l'air

libres dans l'herbe

offrant de haute lutte ces nuages

noirs

 

Rameaux dans le ciel ensauvagé

enfermant lourds

des insectes volages qui

ôtent de haute lutte leurs silences

noirs. 

06:46 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie, Art, Onzain

lundi, 26 mars 2007

Cause halieutique

    Voici une coupelle d'olives au fenouil. La mariée était en noir. Vers la fin du mois d'août les orages venaient, toujours les mêmes, secs et terribles, toujours au moment des grandes... On peut considérer que le roi René n'a pas connu la Renaissance. Tu ne vas pas en faire tout un roman, quand même. On a les embêtements les plus divers. Fred Astaire tapote d'un doigt agacé sur le verre poli de la table, dans cette salle de conférences où pas un chat ne passe. Quand Nijinski entra, je n'étais plus moi-même. J'allais lentement, à pas de tortue. Elle m'a alors hameçonnée, alpaguée avec ses appâts.

19:10 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Poésie, écriture