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vendredi, 06 avril 2007
S'effiloche tout
Dehors chaud mais dans la chambre aux corbeaux il fait froid. J'y refais le lit, oreillers en goguette. Persiste à ne rien de rien comprendre, malgré plusieurs écoutes et quoique ébloui par musique et chant, à l'intrigue d'Orlando finto pazzo. S'effiloche tout.
18:40 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Musique
jeudi, 05 avril 2007
... qui saura entendre ...

Gaston-Paul Effa ne devait pas imaginer que Didier Daeninckx refourguerait à des vendeurs de livres d'occasion l'exemplaire gentiment dédicacé de Mâ.
"Souvenir de Lille" qui atterrit sur mes rayonnages...

13:00 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, Livres, Photographie
mardi, 03 avril 2007
23 autoportraits au bord du gouffre
Il nous défie.
Il s’efface, son manteau d’encre fait écran.
Deux visages spectraux hantent le fond de cette fière stature.
L’œil noir, les traits se diluent.
Orbites enfoncés font lunettes.
Placé debout dans une salle il épie.
La fine moustache de celui qui dessine sculpte un visage harassé.
De sa silhouette à contre-jour, toujours il guette notre regard.
C’est à regret qu’il se détache outremer.
Les manteaux accrochés, le fauteuil pour chevalet, la canne dans la ligne de l’aquarelle au mur, tout converge vers ces yeux profonds.
Épiant, il peint.
L’air mauvais, pianiste phtisique aux doigts endoloris, crache le sang de sa palette.
Un spectre en soutane tenant un chapeau rouge.
La lune rouge voue ce balcon à la folie.
――― Les rectangles glissent du ciel. ―――
――― C’est un linceul recouvrant les rêves. ―――
Un crâne agité succombe au succube hallucination.
Cadavre furieux toujours il nous défie.
Le voici revenu ; il reprend des couleurs.
De la casquette comme un masque.
Avec le sépia qui dégouline la tête semble arrachée au col et au manteau toujours noir d’encre.
Flottent couleurs lumière noyée les veines vibrent.
Respectable, en onze ans il a comme rajeuni, mais son regard foudroyé plus que jamais emprisonne le nôtre.
04:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : Art, Autoportraits, Peinture, écriture, Poésie, Musées
lundi, 02 avril 2007
L'un p(e)int
Sur le trottoir opposé au sien, il y avait, vêtu d’un trench coat, le sosie conforme (ou la copie crachée (ou le parfait portrait)) de Keith Jarrett, enlacé à une dame élégante de soixante balais. Un groupe de six contrôleurs discutait avec un saxophoniste, musicien des rues.
Serait-il descendu à l’arrêt Rue du B. ? S’il avait pu rejoindre les deux très jolies jeunes femmes aperçues du sens inverse, oui sûrement. Une voiturette soufflait une sorte d’Autumn Leaves.
20:20 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Jazz, Photographie, écriture
Inuit plu
Il faisait ¡ quand nous avons écrit cela jouant tarot c’était simultané et l’imparfait, loin d’être de mise ® vite un dé mineur ! ®, était de convention ¢ trop chaud dans la voiture 5, où il avait trouvé une place assise avant de payer son billet auprès du contrôleur au tarif de bord Õ vous étiez dans la Clio, et je m’en suis arraché, persuadé que j’allais rater même le marchepied Ö, et, sous le coup de cette chaleur, il avait préféré se rendre dans l’espace entre deux voitures Ü plateforme, ça s’appelle Û, où la température était beaucoup moins étouffante et où se calant, à moitié allongé, sur l’un des spacieux porte-bagages – les barreaux lui sciant les fesses – il avait pu poursuivre sa lecture, enfin à son aise. Il ¤ elle ne renonce pas à cette convention factice / elle a fini par inscrire un point et commencer une nouvelle phrase / elle ? ¥ en avait conclu que, pour un trajet bref, il lui importait plus de pouvoir respirer que de ne pas se disloquer le corps contre du métal froid.
15:15 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature, écriture, Poésie, Cinéma, Jazz, Train, Pronoms
Lip n' Nuit
Valérie ? Valérie avait raison. En quittant la rue B. à sept heures et quart il valait mieux prendre le bus A puis rejoindre le quai en traversant le fleuve. Passer par les prés verts. J’étais arrivé rue B. à cinq pile, après avoir assisté à une émeute – jeunes squales black se foutant sur la gueule – qui s’est achevée, à ce que j’en ai perçu lointainement, par un déluge d’applaudissements. À cinq pile, LA FARNÉSINE, JARDINS dépassant de la poche droite du manteau, arrivé près de la porte d’entrée de l’immeuble j’ai vu Antoine du Parc et Zam Roche occupés à photographier un couple visible pour moi seulement de dos : aussitôt confronté à eux, je sus que c’était M. Kunda avec son épouse.
Le train a démarré, ça tangue, je me suis assis pour écrire ces lignes après avoir traversé le train à la recherche de Véronique, pas trouvée. Véronique ?
13:30 Publié dans Diableries manuelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Ligérienne, écriture
Pin lutin
Onze heures du soir.
Me voici guetté par l’insomnie, ne sachant par où commencer – une des nombreuses notes de lecture projetées qui s’entassent ? – recopier au propre les billets jetés sur un bloc-notes Tulip Inn, samedi durant ? On ne devrait pas boire tant de thé, me glisse la petite voix fureteuse, avec un billet aller pour le Purgatoire. Ce soir c’était Solaris, celui de Soderbergh, toute petite chose.
10:10 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Cinéma, écriture
Samedîles lointaines
- Marc Cholodenko. Thierry. *
- Denis Duparc. Echange.
- Gaston-Paul Effa. Mâ. **
- Inoué Yasushi. Histoire de ma mère.
- Manifeste électrique aux paupières de jupe. ***
- Kaji Motojirô. Le Citron.
- Robert Pinget et Jean Deyrolle. Cette chose. ****
- Nicolas Valtimbella. disaient les 2 fils.
- Catherine Weinpflaezen. La Farnésine, jardins. *****
* Le vrai titre n'est pas reproductible avec les maigres moyens typographiques dont disposent ces carnets.
** Exemplaire dédicacé par l'auteur à Didier Daeninckx (photographie en macro à suivre).
*** Exemplaire original (si tant est qu'il y ait eu des retirages), dégotté 5 euros dans le bac d'un bouquiniste inculte du boulevard Saint-Germain.
**** Failli acheter Fable, un des rares Pinget que je n'ai pas.
03:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature
Virevoltes, 25
Mon ombre ne tremble pas / ma belle ombrelle / goujat :
Le goût vous reste dans
la bouche ainsi que du sperme.
Ce vil goujon, oh oui,
paradait pour la vitrine :
L'ombre ne tremblera pas /
Ganges / vos tours boueuses.
00:33 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Photographie, Poésie

