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jeudi, 21 janvier 2016

Bibliothèque, 1

    Préfère-t-on appeler cette pièce bureau ou bibliothèque ? C'est selon, et parfois les deux assemblés.

C'est qu'un des critères de choix pour la maison, c'était de pouvoir mettre, à peu près, tous les livres et les deux bureaux de travail dans une même pièce, de préférence en longueur. Bien entendu, on rêve toujours de douze mètres sur quatre, avec trois mètres sous plafond, puis la vie vous rattrape. On ne voit pas l'utilité de jouer à la loterie, donc le salon, par exemple, est aussi meublé — un peu — de livres.

On ne pourrait pas compter, dénombrer, dans la bibliothèque, le nombre de livres, et pas même combien d'appareils photographiques ou d'ordinateurs s'y planquent. 

Il faut le savoir.

Sujet de philosophie : il faut le savoir.

D'une fenêtre, je vois les branches nues des deux néfliers. (Et ici, pas de document Word préalable — j'écris directement, à même la fenêtre.) De l'autre – il faut se glisser derrière le cabriolet Régence, près du faux placard à la porte duquel sont accrochés les trois costumes – on voit aussi le néflier, la rue, la boîte à lettres, le vieux filtre à café qui lentement, dans l'herbe endormie de l'hiver, dépérit.

Décrire le capharnaüm que représente nécessairement un bureau n'est pas impossible, mais on ne fait que retarder les échéances. Ce qui compte, c'est ramer. Directement, dans la fenêtre. Le nez contre la vitre. Le savoir nous est vital. Là, dans la fenêtre même, on affronte le ramage. (Et on chante un peu. La bibliothèque est aussi lieu de chant, essayer de s'égosiller pour marquer le tempo de l'allégresse. Tenter de s'époumoner, sourire aux lèvres, silver lining à la plèvre.) Et là dans la fenêtre on se coltine la ramure, le bois froid semble-t-il engourdi des branches de néflier et le tréma qu'on ne sait où placer.

La dernière harde.

Même dans la bibliothèque frusquin et fripes, fringues et nippes.

Passade par la plèvre, sourire à la lippe.

Le savoir est indispensable.

Vous n'y pensez pas.

10:06 Publié dans 16 en 16 | Lien permanent | Commentaires (0)

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