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mardi, 31 mai 2016

Nientesophie

    lacunes

lacustres

au débit, à sec

 

mazette la photo

 

un frisson (l’aube est longue à naître)

un soupçon

d’encens dans l’abreuvoir

(en être) à sec,

boue craquelée

du monde qui

se fissure

22:54 Publié dans Onzains germains | Lien permanent | Commentaires (0)

Quelque part à Argentan

Hier, 11 h 50.

    Quel abri reste-t-il contre les chevauchées fantastiques ? De quel monde héritons-nous quand nous tombons dans des débats tarabiscotés ?

La petite fille avait traversé l'enclos des fièvres sans un regard pour le bouc et sans cesser de chantonner la rengaine qui passait ce matin-là sur W9. Il lui arrivait de changer de disque, mais ce n'était jamais par hasard, c'était toujours parce qu'un coup de vent ou un coup de sang lui avait dicté une nouvelle mélodie, parce qu'elle s'était levée d'humeur joyeuse ou parce qu'elle avait perdu le nord en répétant ces exercices de violence. D'habitude, le bouc venait lui renifler le pantalon et elle lui parlait d'un air distrait tout en improvisant une musique qui permettrait à l'animal de se rappeler plus tard son passage et de savoir qui elle était.

Elle ne connaissait pas le nom du bouc, mais comme il ne connaissait pas son nom à elle, cela lui semblait normal. Les nombreuses fois où il était venu vers elle, matois et précautionneux, elle lui avait trouvé quelque chose d'italien, ce qui ne signifiait nullement qu'elle eût un quelconque don d'identification de nationalité, fondé peut-être sur la lecture de magazines de mode ou le visionnage de films, mais c'était là encore les exercices de violon qui lui avaient permis de répertorier toutes ses expériences dans de nombreuses catégories, tant et si bien que le bouc lui semblait plutôt italien par la vertu de quelque madrigal ou de quelque partita qu'elle avait eu l'occasion de jouer.

Avec le bouc, ce matin, ce qui se passait était un mystère. La fillette poursuivit son chemin sans semblers'en préoccuper. Elle chantonnait, toute la vérité du monde dans un chantonnement.

 

12:47 Publié dans Aujourd'hier, Élugubrations, Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)

Sans —

8 h 42 — 8 h 55

    Les lignes de fuite dans le gazon, les fleurs saccadées sous l'eau de la cascade, Les âmes secouées à la pointe des barricades, la teneur en sucre de l'existence, c'est fort, c'est très très fort. Caprice des fantômes, farandole des spectres, solitude de l'homme emprisonné dans le glacier. Les rongeurs s'activent dans le rouge.

Chaque fois que je frôle, de mon blouson, une branche d'acacia, je songe à tous les romans que je n'ai pas pu écrire. Presque systématiquement quand je vois une lézarde dans un mur, ou une clôture, j'imagine que dans aucune réalité parallèle je n'aurais pu devenir peintre. Questionner la matière, c'est trop dur, vraiment trop dur. Goulag des efforts avec Gulliver.

La cavité où s'enfonce mon temps de vieillesse, la tricherie des belles lettres, la dureté du soc qui fait des étincelles contre la pierre cachée, le fracas des odeurs malmenées par l'orage, la couardise de chacun de mes gestes, c'est très laid, franchement trop. On ne peut pas lutter contre le romanesque d'un Alexandre Dumas, il a tout envahi. Ainsi, la laideur me retombe dessus, sans faux-semblants, sans lapsus, sans que dalle.

Mêle-toi de tes oignons, je ne te cause pas, je ne pose pas pour toi mes couilles sur un tabouret, ça suffit, vraiment tu en as assez.

Le peintre travaille une autre matière, et d'ailleurs c'est fou d'en parler au singulier, les peintres ne cessent de s'éparpiller par, pour des matières insaisissables. Question pour les temps futurs, et pourquoi en sommes-nous encore à nous piquer de poésie comme on se pique sottement à une ortie.

Je ne veux plus être laid dans mes gestes, je veux être une ortie.

 

09:19 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (1)

Bombasse

Untung-untung

    31 mai 2013

Le mot bombasse est entré dans le dictionnaire. Alpha explique à son frère (6 ans) : « tu vois, c'est une super belle fille, genre Doria Tillier ».

Dois-je les priver de Canal + ou du Petit Robert ?

 

31 mai 2016

Aujourd'hui, l'averse pèse sur les chevelures. Contrairement à bien des derniers jours de mai, il faudra avoir l'œil acéré, celui qui traverse les parapluies, pour distinguer les bombasses.

09:13 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 30 mai 2016

Nadasophie

    passe par rien

incohérence

il demeure une incertitude

 

le passé meure

 

pour des enfantillages

des

annihilations

cowboys planqués

dans la cabane

guettant souffle court

fins de récréation

 

14:09 Publié dans Onzains germains | Lien permanent | Commentaires (0)

Poème à tuer

    Avec des chaussures en daim, on peut tout faire.

On peut sauter dans les flaques, on peut écrire des poèmes, on peut presser le pas quand une voiture arrive trop vite sur le passage pour piétons, on peut admirer un crépi, s'émouvoir d'un sourire entrevu, on peut même fouler la peinture écaillée d'une piste cyclable.

Avec des chaussures en daim, on peut éviter les escargots et les crottes de chien, frôler les fleurs sauvages des trottoirs, prendre des photographies, imaginer tout en marchant des plats exotiques venus des pays froids.

On peut même tuer un homme. N'oubliez jamais ça, même pieds nus lacets défaits on peut tuer un homme.

12:26 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

Palimpseste

Untung-untung

    30 mai 2013

Vouvray-moi cette porte où je frappe en pleurant.

Les Palimpsestes ligériens, 1.

 

30 mai 2016

Ça ne marche pas, vu que le son n'est pas identique.

 

08:17 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)