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samedi, 04 février 2017
Planted Ground :: Red Shuttleworth
Ce poème, j'en ai improvisé une première ébauche à une heure de l'après-midi, sur un échafaudage. En voici une version plus travaillée, bien que plusieurs éléments restent frustrants (notamment le titre).
Planted Ground
Plantations
Grotesque turn of tractor
Grotesque tour de roues, un tracteur...
and a leg is gone:
et voilà une jambe d'embarquée :
someone else's fact.
réalité de quelqu'un d'autre.
Wood cloud... a radio song
Nuages en bois... à la radio, une chanson
featuring high platform heels,
où il est question de talons hauts à plateforme *
love gone to muscatel-sobs.
et d'un chagrin d'amour avec des larmes moscatel.
For you it's morning...
Pour toi, c'est le matin...
dryland wheat fields
champs de blé sur des
at every blacktop
terres non irriguées
curve-’n-swerve...
à chaque virage d'asphalte...
graveyard rows
les sillons d'un cimetière.
(Red Shuttleworth)
_______________________________________
* Vers changé suite aux remarques de VS ci-dessous. J'avoue ne pas avoir vérifié cela, et avoir ignoré jusqu'à aujourd'hui qu'on pouvait dire “chaussures à plateforme”. Plutôt que chaussures à plateforme, qui semble désigner des chaussures plus ordinaires, j'ai donc préféré talons hauts à plateforme, qui me semble correspondre. (Mais bordel que c'est laid !)
14:54 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (2)
L'archer atomique
Untung-untung
4 février 2015
& donc je lis plusieurs § qui parlent tous de prothèse en palladium, j'atteins la fin des Mémoires d'un atome et toute la journée j'ai la chanson de Léo Ferré, Au Palladium, dans la tête, la dentisterie rejoint le tir à l'arc pour navrer mes neurones.
4 février 2017
Tempête, vent fort, branches nues du néflier qui s'agitent contre l'échafaudage. On n'oubliera pas qu'un des noms qui circulent pour un éventuel remplacement de François Fillon à l'élection présidentielle est... Gérard Larcher.
11:14 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 02 février 2017
How To Be Both
Untung-untung
2 février 2015
Bon, bon, bon, j'ai procrastiné bêtement, comme d'habitude, et je dois rendre à la B.U. How to be Both et The Prisoner of Paradise, sans avoir pris le temps d'écrire quelques notes au sujet de ces deux livres. Comme ils m'ont tout de même marqué, je note ça ici. Et aussi thank Nobodaddy for libraries, or else I would be buried under books.
2 février 2016
Cover me, come on baby, cover me
Well I'm looking for a lover who will come on in and cover me
2 février 2017
Deux heures intenses. Ce qu'il faut pour tout accomplir, lire une existence — conjugaison de corps.
16:23 Publié dans Les Murmures de Morminal, MUS, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 01 février 2017
L'oubli de Levet
Untung-untung
1er février 2012
En face de moi, dans le néflier : draine mâle ou merlette ? pas eu le temps de distinguer. Trop furtif oiseau.
1er février 2017
Ces jours-ci, je me suis enfin lancé dans l'Ornithologie du promeneur. Un peu déçu, après Mes langues ocelles, mieux tenu dans son foutoir — si j'ose dire. Le chapitre sur les corneilles est excellent. Celui sur les merles et les étourneaux plus pongien. On sent que la note juste point. D'ailleurs, poigne est l'anagramme de pongien. Mais il n'est pas question de jouer les pongistes.
(Jouer au ping-pong avec des nèfles vraiment ? Avec des draines qu'on observerait ?) — Coupons court.
21:30 Publié dans MOTS, Pong-ping, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 31 janvier 2017
Sédimentation
Untung-untung
31 janvier 2015
Ce midi, outre l'excellent tajine, et les autres fromages, on a découvert un chèvre somptueux, un Touraine qui se nomme Touré et est produit à Braslou, j'ai beau habiter en Touraine depuis bientôt douze ans je n'avais même jamais entendu parler de Braslou, mais ce fromage est délicieux, corsé tendre et aux arômes nombreux, Braslou pas même un limerick, vous imaginez ça ?
31 janvier 2017
Pluie fine, douceur, ciel gris. Hyperactif sur le Web, et je me mets en retard pour le (vrai ?) travail. Un grand classique. On approche progressivement de la date (25 février) à laquelle j'ai commencé ces carnets à la manière de Claude Mauriac, et ce n'est donc pas un hasard si, déjà, le 31 janvier dernier, j'avais publié un billet à valeur de rétrospective et dans lequel j'écrivais qu'il importait, de plus en plus, de « se laisser guider, plus que jamais, par une remontée amont, par ce qui reste du passé en nous ».
20:50 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
2803, dans la guildiverie
« L'histoire du chauffeur de notre guildiverie, Joseph, un noir d'Anjouan, et des couches de sa femme, n'est pas racontable. »
(Paul-Jean Toulet. Journal & Voyages, 15 septembre 1886. In Œuvres complètes, Bouquins, p. 1025)
Bon, je m'attaque à Toulet, oui, et alors ? Je m'attaque, je m'attaque, c'est bien militaire tout ça. Vous le savez, je suis pacifique. D'ailleurs, une preuve : mon œuvre est un océan. Je joue, je m'attaque, je mets en joue, ha ha.
Reste que ça ne dit pas ce qu'est une guildiverie.
Donc on se trouve contraint d'aller chercher la guildive dans le TLFI : ”Eau-de-vie préparée à partir de mélasses ou de jus de canne à sucre” (Clém. Alim. 1978). Synon. tafia. Ils mirent leurs trophées dans un baquet de guildive (Borel, Champavert,1833, p. 103). Et la guildiverie dans le Littré : « Nom, à l'île de la Réunion, de l'industrie qui fabrique les araks et les rhums. »
Ça alors ! Moi qui ai fait rimer, il n'y a pas trois jours, Michalak et arak !
Bah, peu importe la coïncidence. Ce que je voulais dire, où je voulais en venir, c'est à l'inénarrable. On dit inénarrable pour quelque chose qu'on va justement vous narrer, quelque chose de pittoresque, qui appelle le récit comme on dit (et déjà cet usage d'appeler laisse à désirer). Or, là, dans son Journal, Toulet lance quelques mots, et surtout « couches de sa femme » (expression qu'il faudrait sans doute traduire en français contemporain par accouchement (je frémis d'imaginer ce que donnerait cette phrase sous la plume d'un candidat à l'agrégation*)). Tout ça pour dire, un peu comme Wilde l'aurait fait (le ferait ?), quelque chose de profondément indécent tout en se donnant les gants d'un victorianisme fin de siècle. Ce n'est pas du tout comme dans les journaux de Samuel Pepys, où n'importe quel lecteur baragouinant le français et le latin comprend ses coucheries avec des prostituées — codage vraiment peu dissimulateur.
D'ailleurs, la phrase commence par L'histoire... et en fait, il y a deux histoires, non ? l'histoire du chauffeur et celle de l'accouchement ? ou alors, c'est le chauffeur qui a raconté une histoire salée au sujet de l'accouchement de sa femme. Et l'arak dans tout ça, hein ? Le compte n'est pas juste, l'addition tombe en faux, et si ça n'est pas racontable alors le conte n'est pas juste non plus.
On aurait dû s'en tenir aux Contrerimes.
* Mais enfin, il ne faut pas tout confondre. La phrase suivante est tout aussi difficile à traduire : « Championne de car wash, la candidate de "Secret Story 10" est habituée à s'afficher en petite tenue et à trémousser son corps. »
11:17 Publié dans Droit de cité, Les Murmures de Morminal, Tous—les attraits | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 30 janvier 2017
Détumescence
Quand on a soudain l'idée de composer un texte à la façon de Benjamin Péret, ou plutôt sur un modèle proposé par Benjamin Péret, mieux vaut se lancer carrément, au lieu de nourrir une fausse mauvaise conscience vis-à-vis de Robert Walser. Le 30 janvier a parfois été un jour de neige, qu'on abdique devant le ciel, qu'on recherche la terre sous la grisaille douce des averses, alors — les vélos qui descendent les rails du tramway, cela ne peut pas nous faire grand-chose.
Je vois tous ces cous tranchés, dans une matière que je ne connais pas, et et ornés de tant de fariboles, la plupart hideuses d'ailleurs. La vitrine comme réceptacle de piété sans objet. Peut-être que ces colliers, ces statuettes, ces bâtons, ces vases, n'ont jamais vu personne. Le mal de tête revient toujours quand on le pensait liquidé. La nuit tombe très vite dans ces parages.
C'est dur, la descente du temps dans des parfums qui n'ont pas de sens. C'est dur, si j'ose le dire, la détumescence. C'est dur, si j'ose dire, la détumescence. Un loup ancien sépare la phrase. C'est dur si j'ose, détumescence.
Après le triomphe du théâtre on ne peut plus rien attendre car il y aura bientôt là une salle de sport, ou un club de gym, c'est tout comme.
Est-ce que je peux déjà savoir la manière dont je m'effondrai ?
Pourquoi ai-je la sensation, avec le mal qui tiraille les cuisses, que je me trouve, non à un carrefour, plutôt sur un rebord. En tout cas, rien à voir avec l'impression de délivrance douloureuse quand on descend de sa selle. Sur un rebord. Ce n'est pas un robot, ou une capote (rubber). Quelle est encore cette étonnante statue et dans quelle matière ? Le coiffeur se met en boule, le sculpteur en fait des tonnes. Pas l'ombre d'une allégorie, la castagne contre les temples, les motifs infiniment répétés comme le ballet infini et vrombissant des voitures dont les roues crissent dans les flaques. Les tempes prêtes à se battre.
Crise d'anatomie pour cette expérience.
(Il y avait, il y a une photographie, d'une des vitrines.)
21:37 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)
I Am A Road (Mark Baumer) ▓ Je suis une route (chapitre 5)
[traduction en cours du chapitre 5 de I Am A Road de Mark Baumer]
Je me suis éveillé au pied d'une colline et j'ai passé vingt minutes à observer un oiseau. Je pense que j'attendais de voir si je pouvais apprendre à me faire pousser des plumes. Tous les matins, j'avais besoin que mon corps réapprenne à marcher. Je me sentais plus fragile qu'un bébé né depuis huit heures. Au sommet de la colline j'ai cru voir quelqu'un qui me tenait un cadeau, mais en m'approchant je me suis aperçu que cette personne n'était qu'une haute plante adossée au mur d'une bâtisse grise. Une bonne partie de la bâtisse avait fondu. Mon corps a avalé le paysage, et le paysage a avalé mon corps. Des pensées s'échappaient des pores de ma peau et s'écoulaient dans la terre. Un panneau m'a signalé que la ville la plus proche était à huit miles. Un autre panneau m'a signalé que rien n'existe sauf dieu. Toutes les voitures ont déferlé comme si je n'étais pas là. Il y avait plus meules de foin dans les champs que d'habitants sur terre.
I woke up at the bottom of a hill and watched a bird for twenty minutes. I think I was waiting to see if I could learn to grow feathers. Every morning was a process of teaching my body how to walk again. I felt more fragile than a eight-hour-old baby. At the top of the hill I thought I saw someone holding out a present for me but when I got near this person I realized they were a piece of tall grass leaning against the side of a gray building. A significant portion of the building had melted. My body absorbed the landscape and the landscape absorbed my body. Thoughts dripped through the pores in my skin and leaked back into the soil. One sign told me I was eight miles from the next town. Another sign said nothing existed except god. Every passing car ignored me. The bales of hay in the fields outnumbered the number of people on earth.
15:42 Publié dans Darts on a slate, Pong-ping | Lien permanent | Commentaires (0)
Neige pas neige
Untung-untung
30 janvier 2012
Neige fondue, poil à la rue.
Neige qui gèle, gamelle.
30 janvier 2017
Voilà un texte (deux phrases forment-elles un texte ?) que j'aurais pu me dispenser d'exhumer... Aujourd'hui, c'est plutôt la pluie soit crachinante soit forme d'averse qui rend mélancolique tout regard porté au dehors, pénible tout moment à se trempouiller dehors, mais la morosité est ailleurs aussi.
15:23 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

