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lundi, 13 novembre 2006
Ma langue au chat, 1
18:09 A: Ah, je voulais revenir sur le cadeau. Ce n'est pas du pinard stricto sensu, mais plutôt deux bouteilles de vin fin, bien sûr, du genre qui ne fait pas de mal. Quand il est bon, il ne monte pas à la tête, etc.
Là, j'étais sorti dans la cour pour "lancer les poireaux".
B: Tu lances des poireaux toi maintenant ?
18:11 A: Oui, je m'entraîne pour les championats du monde.
B: C'est quand, que je rigole un peu ?
18:12 A: Je n'ai pas été sélectionné pour les cracheurs de noyaux, et pour le cri de cochon je suis hors compétition.
Donc, les championnats du monde de lancer de poireaux ont déjà débuté. La première manche est ce soir.
18:13 C'est une manche de veston prince de Galles, bien sûr.
B: Dommage pour le cri du cochon !!! Sais tu que les championnats du cri de cochon se font à côté de Tarbes à Trie sur Baïse ?
18:14 A: REVELATION. "Lancer les poireaux": en fait, il entend par là qu'il est allé placer la cocotte-minute sur une plaque électrique dans la cour, car dans la maison (avec cuisine américaine) l'odeur en est trop nauséabonde.
Pour Trie-sur-Baïse, j'avais su (mais oublié). Déjà vu des images: ça n'a pas l'air piqué des hannetons (ni des andouillettes).
18:16 B: Un de mes collègues à participé à cette vaste manifestation il y fort longtemps !!!
A: Tu as des collègues porcino-imitateurs ?
18:17 B: Eh oui, tu vois, le cri du cochon peut mener au pétrole aussi nauséabond que le cochon !
A: En même temps, imiter le cri de l'hydrocarbure au sortir du geyser, c'est coton !
18:18 B: Surtout le cri venant du jet venant du fond des mers !!!
23:20 Publié dans Ma langue au chat | Lien permanent | Commentaires (1)
Chiens de Langeais (version 385/461 et dernière)

Ce chien-ci pose sur fond de damier. L’air rêveur, repu par le banquet, il laisse s’enfuir un daguet, dont l’échappée reviendra le hanter dans ses rêves, et les coups de pied de l’échanson.
Le damier se transforme en plateau de scrabble, et le chien écoute, intrigué, interdit, Taylor Ho Bynum et son vieux maître dialoguer à grands coups de cornet et à jets de lèvre surpuissants. Ai-je déjà écrit mon admiration pour les tapisseries sonores d’Anthony Braxton ?
20:00 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie, Ligérienne, Jazz
Chiens de Langeais (version 834/1000)

Que regarde-t-il ? Rien. L’oreille tendue, aux aguets sur la tenture, il écoute.
Féru de chasse à courre et de ses fastes tonitruants, il écoute Wood Flute Song, par le quartette de William Parker (album Sound Unity, 2005).
Taïaut, semble lui lancer le saxophone endiablé. Faut-il suivre les avis du Malin ? s’interroge, inquiet, le chien au port altier.
Ai-je déjà dit que le saxophone était un des instruments dont je ne joue jamais ? C’est sans doute pour cette seule raison que je me plais à imaginer ces chiens bruns ou blancs, langue pendante, et dont parfois certains se collent la truffe au feuillage, et qu’extirpant de mon manteau anthracite un saxophone baryton en piteux état, je commence à en jouer, ce qui ne manque pas d’alerter les surveillants de salle. Comme je respecte leurs remontrances, et puis j’ai une bonne tronche, ils m’écoutent béats. Pas de course folle, car je n’ai pas le temps de me payer la fiole d’honorables fonctionnaires. Les chiens aboient, on sous-entend Caravan.
16:40 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Littérature, Ligérienne
Chiens de Langeais (version 871/1042)
Ai-je déjà écrit que le trombone était, pour le jazz, l’un de mes instruments préférés ?

C’est sans doute pour cette seule raison que je me plais à imaginer tous ces chiens bruns ou blancs, gueule fermée, et dont parfois certains même ont l’oeil si bleu près de fleurs écarlates qu’extirpant de mon manteau anthracite un trombone en piteux état, je commence à en jouer, ce qui ne manque pas d’alerter des surveillants choqués. Comme je reçois leurs réprimandes, et vu que j’ai une bonne tronche, ils n’engagent pas de poursuite. Pas de course folle à travers le château, car j’ai autre chose à faire que me payer la fiole d’honorables fonctionnaires. Les chiens boivent, la caravane s’enlise.
Alors, j’imagine encore d’autres chiens, au collier bleu impeccablement ponctué d’ocre, la langue rose pâle, l’oreille aplatie et la queue basse. C’est à peine si, d’un écart intérieur qui me vaudra l’escalot, je parviens à esquiver la roulotte qui me fonçait dessus, avec la mère d’Aurélie Lenfant, sa seule dent pointue affolée comme un gouvernail.
14:45 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Ligérienne
Chiens de Langeais (version 819/981)
Que regardent-ils ? Ils ne regardent rien. Ils écoutent.

Habitués à la chasse à courre et à ses fastes tonitruants, ils écoutent Reap the Whirlwind, par le quartette de Don Pullen et de George Adams. Taïaut, semble leur lancer le saxophone endiablé. Devons-nous suivre les avis du Malin ? s’interrogent, gentiment amusés, les deux chiens.
Ai-je déjà dit que le saxophone était l’un des instruments dont je joue ? C’est sans doute pour cette seule raison que je me plais à imaginer tous ces chiens bruns ou blancs, langue pendante, et dont parfois certains se collent la truffe au feuillage, et qu’extirpant de mon manteau anthracite un saxophone baryton en piteux état, je commence à en jouer, ce qui ne manque pas d’alerter les surveillants de salle. Comme j’obtempère à leurs objurgations, et vu que j’ai une bonne tronche, ils m’écoutent béats. Pas de course folle, car je n’ai pas le temps de me payer la fiole d’honorables fonctionnaires. Les chiens aboient, Caravan se déploie.
13:15 Publié dans ABC*ACB | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne, Poésie
Chiens de Langeais (version 1084/1295)
Ai-je déjà dit que le trombone était, en jazz, l’un de mes instruments préférés ? C’est sans doute pour cette seule raison que je me plais à imaginer tous ces chiens bruns ou blancs, langue pendante, et dont parfois certains même dissimulent savamment leur visage derrière de modestes feuillages, et qu’extirpant de mon manteau anthracite un trombone usagé, je commence à en jouer, ce qui ne manque pas d’alerter des surveillants scandalisés. Comme j’obtempère à leurs objurgations, et vu que j’ai une bonne tronche, ils n’engagent pas de poursuite. Pas de course folle à travers les salles, car je n’ai pas le temps de me payer la fiole d’honorables fonctionnaires. Les chiens aboient, la caravane se déchaîne.
Alors, j’imagine encore d’autres chiens, au collier bleu impeccablement ponctué d’ocre, la langue rose pâle, l’oreille aplatie et la queue basse. C’est à peine si, d’un écart intérieur sans tourniquet préalable, je parviens à éviter la roulotte qui me fonçait droit dessus, avec la mère d’Aurélie Lenfant, sa seule dent pointue affolée comme un gouvernail.
Le collier se détache du cou des deux chiens, tel le ruban d’Olympia. Un molosse me court après, se rue sur moi. Je rêve encore et encore de la roulotte rose pâle. Soixante-cinq cygnes sonores s’envolent à la fin, sans un bruit.
11:50 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Ligérienne, Poésie
Chiens de Langeais (version 461/548)

Enregistré en direct dans les années 1970 et paru en version remasterisée pour la première fois en 1999, Four Winds est une composition pour quartette, avec Braxton himself toujours poly-instrumentiste (sax sopranino, clarinette et piccolo), Dave Holland à la contrebasse, Barry Altschul à la batterie et le stupéfiant George Lewis au trombone. (Ai-je déjà dit que le trombone était, en jazz, l’un de mes instruments préférés ? C’est sans doute pour cette raison que, pas du tout nerveux, j’en démantibule parfois un ou deux tout en faisant cours.)
10:10 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Ligérienne
Pont des soupirs
Sans moi. Il n'est partout question que de Madame Bovary.
Who talks to saints. If they talk to Saints are they said to resemble Madame Bovary.
In talks to saints they are believed to be reminded of their times. The times when they were this. This and that and that and this and a bell and a bull. A bull and a bull. When they were this.
I planted I implanted in them a symbol of bees of bread of meat of figs of trees not of birds nor of cows nor of doors nor of rivers but of fountains and of water and of sheep and of size.
He sighs and she sighs.
Si je commence, si je ne me retiens pas, je vais tout recopier. Quand même, c'est. Talks to Saints Or Stories of Saint Remy. Comment c'est. Un texte (sublime, forcément sublime) de Gertrude Stein (Voice Lessons and Calligraphy 1915-1930. In Painted Lace and Other Pieces. NY : Books for Libraries Press, 1969, p. 108). Commencez quand même.
08:00 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

