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dimanche, 26 août 2007

… prend la voilure…

    De mer en mer, à meurtres chauds passés, la meute des navires prend la voilure, et j’écris des lettres, moi aussi, à Sophie Volland.

[16 juillet]

14:25 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Correspondances, écriture

samedi, 25 août 2007

Ligne de flottaison

    J’ai écrit, en tête de page : « Ligne de flottaison ». Je sais que le texte suivant doit s’intituler Ligne de flottaison, et par cet incipit même, le titre est déjà, amplement, justifié. Avoir une liaison : balancer son couple à la flotte. (My marriage is going to the dogs.) Un jour, passant la Loire (pris dans un bouchon (les « fanatiques / de la cause halieutique » me comprendront)), je fredonnai, inventai le refrain suivant :

And then

He went                       to the dogs

And then

He went                      to the dogs

And then

He went                      to the dogs

She sent him packing

He had no backing

There was no asking              him.

She sent him packing

He had no backing

There was no asking              her about it.

 

Je dirais que c’était en 2004. Qu’est-ce qu’il dégringole, Anatole. (Non, je rigole : il fait soleil.)

 

[14 juillet. Jouissif.]

14:25 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Chansons, écriture

vendredi, 24 août 2007

Moment de flottement

    Finalement, les huées se firent plus pressantes. C’était au plus fort d’une soirée d’été, quand la fête bat son plein, avec les clins d’œil des servantes dans les peñas – clins d’œil qui n’existent que dans l’imagination des poivrots et des rugbymen. Toutes rafales dehors, le chant des époumonés, des égosillées, des étrangleurs de litrons. Voici quelques lunes encore en pyjama, de quoi se dispenser du tic d’écriture qui consiste à répéter toujours encore (ou, encore et encore, toujours). Ici, les italiques prennent toute leur importance, ont droit de cité, dans la place forte. Cet imbécile fat et subventionné que vous voyez pontifier d’un sourire doux et si atrocement sympathique se nomme Erik Orsenna. Même sans la moustache, son nom reste le même, et on le voit encore (encore !) accoudé au zingue comme à un ponton de bastringue. Ça ne veut rien dire, c’est pour la rime : Erik Orsenna dit ne pas comprendre. On rêve alors du jour amer où, la tête écrasée sous la ferraille, il rate le virage et s’enfonce à 300 à l’heure dans un muret en béton. Plus nous faire chier avec ses chansons douces et ses révoltes à deux balles. Les époumonés, les égosillées, les étrangleurs de jaune demandent sa tête au bout d’un piquet. Oui, en fin de compte, les huées se firent plus pressantes. Circulez, rien à voir.

 

[14 juillet]

14:25 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, écriture, Langue française

jeudi, 23 août 2007

Les pierres pleurent

    Nous nous accrochons à la roche. Dans toutes les guerres, à chaque instant, c’est l’escalade. Dans la verdure mordorée, si tant est que cela signifie quelque chose (mais qui nous le dira ?), vos valses se désagrègent. Je soutiens, j’affirme, j’assène avec force la nécessité de traverser le ruisseau tout de suite. Mon camarade le plus proche, à la faculté de théologie, se nommait Thomas Jansen ; plus tard, quand nous devînmes pasteurs, je le perdis de vue. Le bel azur me met en rage. C’est quand même là-bas que tu t’es fait cracher dessus par un alpaga. Il s’est fait mettre le grappin dessus au coin de la rue ; c’est l’escalade. Nous nous accrochons à la roche.

[14 juillet.]

14:25 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, écriture

mercredi, 22 août 2007

Saltimbocca

    Contre ton front vengeur, le soleil

Trouve d’autres amertumes.

J’écris un livre ; tu t’en bats l’œil,

Aigre comme mille agrumes.

 

Au cirque ça fouette la friture

Tout autant que le vieux lion :

Dépenaillée crinière, l’armure

Du clown est l’autre bastion.

 

Je me suis perdu dans les feuilles !

Les numéros qui nous endeuillent !

 

Tu n’as pas dit le fin mot

Et je m’abreuverai à la cruche,

Tant que ces vils animaux

Auront leur drôle parade brusque.

 

[14 juillet. (Ces plusieurs textes écrits le 14 juillet repointent timidement en orientation invoulue vers le billet Quatorze.]

14:25 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie

mardi, 21 août 2007

Shampooing

    À cette pâleur qui perdure

En un jour terriblement froid

Dont on ne perçoit la bordure

Hâve bien plus qu’on ne le croit

 

Je devine l’aube d’été

Qui dans les replis se dessine

À l’éclat d’un soleil fêté

En un bouquet comme fascine.

 

[14 juillet]

14:25 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie

lundi, 20 août 2007

Willa Welty

    Telle est la fascination couplée des lettres et des nombres – telle aussi l’intrigue que porte toujours, secrètement en moi, tout nom constitué de onze lettres – que, cherchant il y a trois jours, sur les rayonnages de la bibliothèque (où ma mère m’avait dit qu’il se trouvait), le roman de Willa Cather, My Antonia, je crus qu’il en était absent, pour l’avoir attribué, le temps de la recherche, à Eudora Welty. Sans doute la confusion entre le prénom de l’une et le nom de l’autre (dans la mesure où ils commencent tous deux par la lettre W et comptent cinq lettres) a-t-elle été renforcée par le fait que, de l’une ni de l’autre, je n’ai jamais rien lu.

Je me rappelle avoir écouté, en 2003, lors d’un colloque que j’organisais, une communication d’un universitaire américain qui traitait d’un roman de Willa Cather, Death Comes for the Archbishop. Comme je n’avais absolument rien compris, sans que cette incompréhension fût en rien liée à l’abstrusion des termes employés par le conférencier, mais plutôt à l’incapacité totale où je me trouvais de suivre le fil ou de trouver la moindre cohérence à l’argumentation, je m’étais juré de lire ce roman, et pourtant ne le fis pas non plus lorsque, relisant, quelques mois plus tard, les épreuves pour la publication de cet article dans le recueil dont j’assurais la coordination, j’eus conscience que, sous forme écrite, cette argumentation m’échappait toujours autant. Voilà où j’en suis resté de mes éventuels ébats avec Willa. Pour Eudora, c’est moins encore : un nom d’écrivain dans des bibliographies et sur des couvertures de livres.

De nouveau, faut-il l’écrire, plusieurs ouvrages m’attendent avant que je puisse glisser les yeux dans My Antonia, que je souhaite lire car une collègue, qui l’évoquait, m’en a donné l’envie.

[14 juillet.]

14:25 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature