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dimanche, 24 février 2008
1625 - The Inch Worm
[ 13.02.2008.*]
Cinq biches qui traversèrent juste avant la maison neuve – la maison m’as-tu-vu de style floridien, avec ses palmiers rabougris, son portail à double blindage – ouvrirent le bal du mercredi avant les premiers gestes ordinaires : courses à la supérette, détour par le boucher, baguette bien cuite et tarte aux pommes chez Niffus, sans oublier le journal dont la vendeuse n’annonce même pas le prix car elle s’imagine qu’on l’achète tous les jours et que les 85 centimes sont déjà prêts.
Le soleil finit par se lever, la brume froide évanouie.
[ * comme tous autres publiés ce 24 février ]]]]]
18:00 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Fiction, écriture, Jazz, Landes
Michel Butor
Mimer le monde
immense
caravane de sons, d’hallucinations
heureuses : même un
enfant aux joues empourprées par la course
retiendrait son souffle.
Bien que la première voyelle,
usée de trop voyager, se dérobe, le
train du monde garde intacts les
ornements et la course des
récifs.
14:00 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Littérature
Tic-tac
Elle n’a pas voulu prendre la mouche. Autant dire que, de son côté, il a raté le coche. Après avoir apposé le nombre de croix requis dans les cases prévues à cet effet, nous sommes allés nous promener, voir les quartiers défavorisés de la ville, leurs églises bombardées, puis, de retour à l’hôtel, avons bu de la tequila jusqu’au petit matin. J’ai des diplômes, de nombreux diplômes, mais à quoi bon, si je chôme ? Pour ses emplettes, que ce fût auprès du vieil affineur au sourire en coin ou à l’étal superbement fourni du grand type grisonnant en blouse bleue, il préférait toujours choisir un Langres, un Munster, un Vieux Lille ou un Curé nantais. Sa voix semblait fêlée, signe qu’elle n’avait pas souhaité se fâcher.
10:00 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Fiction, écriture
Sans nerfs
Qui se sent morveux se mouche ; qui se sent nerveux se douche.
06:00 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 23 février 2008
Ton chandail à l’étage
[13.02.2008. ]
Invitée à la danse des scolopendres, l’écuyère n’a pas mâché ses mots. Dans la vallée de l’Ouche, n’omettez pas de visiter la superbe abbaye de la Ferté-Dieu. La scène la plus drôle de Chat noir, chat blanc est aussi la seule dont je me souvienne. Après cet échec mémorable, que dis-je, ce total râteau, il va bien devoir se rabattre sur la petite Bulgare (qui n’est pas si laide). Tu as dû oublier ton chandail à l’étage.
23:03 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Fiction, écriture, Poésie
Tout, moi ça
Tout moi, ça : avant de quitter mes pénates pour une dizaine de jours, j'avais commencé une exploration plus systématique des quatuors à cordes, mais aussi des quintettes avec instruments à vent de Mozart, avant de pouvoir me lancer (à corps perdu, pensais-je) dans les quatuors à cordes de Beethoven, là encore pour une exploration systématique qui aille au delà de mes habituels et aimés op. 59/3 et op. 131... Or, après avoir entendu une série d'émissions passionnantes consacrées à Liszt, Chopin et Schumann par le pianiste Nelson Goerner, me voici plongé dans l'intégrale Brillant de Chopin, dans laquelle, il faut bien l'avouer, les enregistrements "historiques" des CD 18 à 30 dépassent de cent coudées, pour la plupart, les enregistrements plus récents des CD 1 à 17. Ainsi, à quoi bon les Mazurkas de Cor de Groot si l'on a celles de Rubinstein, qui les feront toujours pâlir d'envie ?
Tout moi, ça : au cours de cette dizaine de jours, j'ai écrit quelques textes que je pensais publier dans ces carnets dès mon retour. Or, tout en écoutant la Ballade n° 3 op. 47 par Anatole Kitain (un pianiste dont je pressens qu'il est injustement tombé dans l'oubli), me voici à pianoter, tout à trac, ces quelques gribouillis immédiatement contemporains.
Tout moi, ça...
10:40 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Ligérienne, écriture, Musique, Chopin, Piano
vendredi, 22 février 2008
Hantise hivernale
[ 13.02.2008.]
C’est la première fois – je pense – que je me retrouve à pianoter dans cette cuisine, où j’ai déjà, par le passé, installé l’ordinateur portable afin de montrer des photos à mon fils aîné, pendant son dîner, ou à mon beau-père, qui est mort il y a cinquante-deux semaines et une heure. C’est l’une des premières fois, aussi, que la table de la cuisine n’est pas recouverte d’une toile cirée, puisque la toile jaune, justement, je l’ai installée hier soir à la table du salon, pour le dîner, surtout par flemme de chercher une nappe dans les placards. Le bois clair de la table de la cuisine, avec ses nœuds plus bruns, me renvoie à des périodes hantées. Il est cinq heures et demie du matin, et je me suis tout de même fait chauffer un café, que j’accompagne de quatre « sablés des prés au pavot ».
La semaine prochaine, nous allons faire une petite virée de deux jours à Arcachon et sur le bassin, que je n’ai jamais visités de ma vie. Peut-être passerons-nous quelques heures à Bordeaux, histoire de montrer à notre fils le tramway, la cathédrale, le musée d’Aquitaine, les vieux quartiers, le jardin botanique – et peut-être même, si la nostalgie nous y conduit, le parc Peixotto, à Talence. C’est à Bordeaux, à l’hôpital Bergonié, que mon beau-père est mort il y a cinquante-deux semaines et une heure.
— Pourquoi le parc Peixotto ? me demanderez-vous.
— Pourquoi pas ? vous répondrai-je.
(Je n’arrête pas de tousser et de renifler depuis que je suis levé ; c’est agaçant.)
17:27 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Landes, Mémoire, Nuit, écriture

