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vendredi, 29 février 2008
29 fées vrillées
* Fonte
* Ottomane
* Trara !
* Coiffes montagneuses de Bath
12:00 Publié dans Clés du sol | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fiction, écriture
Gare de Facture (version 51/57)
Un désert d’opérette fermente aux paupières. Insomnie(s).

06:00 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : poésie, photographie
jeudi, 28 février 2008
Gare de Facture (version 682/804)
[ 20.02.2008. ]
Les pluviers et les goélands dansent dans les nuages. C’est un désert d’opérette.
Ailleurs, Ornette brandit les bannières. Le jour soupèse ses chances, dans le faux petit jour gris. Les plaisanciers ont délaissé les bateaux, qui tanguent comme des fourmis désœuvrées. La jetée se mouille de cette écume inusuelle, tombée du ciel, qui n’a pas la saveur des harmolodiques.
L’espace colporte des cris, les rumeurs lancées contre les coques de bois.
Lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pétrole. Trouée dans la nuit brune aux paupières lourde. L’orge fermente. Le jour enfin se lève.
Le soleil peine à poindre. Nous aurons d’autres insomnies, le traversin chiffonné de désespoir. Nous verrons d’autres pluviers gravir les nuages, d’autres goélands croiser au large. Le cor d’Ornette fait taire même les mouettes.
23:31 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (2)
Gare de Facture (version 841/1000)
[ 20.02.2008. ]
Les pluviers et les goélands dansaient dans les nuages. C’était un désert d’opérette.
Ailleurs. Ornette brandit les bannières. Le jour soupèse ses chances, dans le faux petit jour gris, au-dessus du port d’Arcachon. Les plaisanciers ont délaissé les bateaux, qui tanguent comme des fourmis désœuvrées. Les jetées à hauteur d’épaule se mouillent de cette écume inusuelle, tombée du ciel, qui n’a pas la saveur des harmolodiques.
L’espace colporte des cris, des rumeurs lancées contre les coques de bois. Les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pétrole – à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune aux paupières lourdes, l’orge s’enfonce dans la brume : à force de se triturer les cornes, de tituber sous les coups de faux de la grisaille, le jour enfin se lève.
Le soleil peine à poindre. Nous aurons d’autres insomnies, le traversin chiffonné de désespoir. Nous verrons d’autres pluviers gravir les nuages, d’autres goélands croiser au large. Le cor d’Ornette fait taire même les mouettes.
16:30 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie, jazz, écriture
Gare de Facture (version 1089/1295)
Les gravelots et les goélands dansaient dans les nuages, à moins qu’on ne crût les voir nager à la surface des vaguelettes, dans la rade. De toute manière, peu importait, c’était un orage d’opérette.
Ornette brandit les bannières, l’orage de tomber en miettes. Le jour soupèse ses chances, dans le faux petit jour gris, au-dessus du port d’Arcachon. Les plaisanciers ont délaissé leurs bateaux, qui tanguent comme des fourmis désœuvrées, malades peut-être. Les jetées à hauteur d’épaule se mouillent de cette écume inusuelle, tombée du ciel, et sans la saveur des envolées harmolodiques.
L’espace constitué de milliers de minces points blancs colporte des cris, des rumeurs lancées contre les coques de bois. Les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pluvieux pétrole – à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune aux paupières lourdes, le seigle s’envole en feuilles de brume, puisque le jour enfin se lève, à force de se triturer les cornes, de tituber sous les coups de faux de la grisaille.
Un envol lave l’air. Le soleil peine à poindre. Nous aurons d’autres insomnies, d’autres nuits à pleurer les embrassades, le traversin chiffonné de désespoir. Nous verrons d’autres gravelots griser les nuages, d’autres goélands croiser au large. Le cor d’Ornette fait taire même les mouettes.
12:10 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, littérature, jazz, écriture
Gare de Facture (version 318/381)
[ 20.02.2008., toujours ]

Ornette brandit les oriflammes, l’orage de tomber en miettes. Le jour soupèse Arcachon. Les promoteurs ont tout salopé ; l’anarchie règne ; seul un quartier a gardé une part de splendeur harmolodique. Les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pluvieux pétrole – à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune aux paupières lourdes, le seigle s’envole en feuilles d’écume.
06:30 Publié dans ABC*ACB | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, écriture, photographie, arcachon
Gare de Facture (version 317/378)
Ornette brandit les oriflammes, et l’orage tombe en miettes. Le jour soupèse Arcachon. Les promoteurs ont tout salopé ; l’anarchie règne ; seul un quartier a gardé une part de splendeur harmolodique. Les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pluvieux pétrole – à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune aux paupières lourdes, le seigle s’envole en feuilles d’écume.
02:00 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 27 février 2008
Gare de Facture (version 410/500)
Ornette brandit les oriflammes, et l’orage tombe en miettes, cendres pour branches.
Le jour se lève sur Arcachon. Les promoteurs ont tout salopé, bien sûr ; l’anarchie règne dans la station balnéaire ; seul un quartier, ou deux, a gardé une part des tonalités harmolodiques.
Les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel benzène dorment d’un sommeil tardif, à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune qui luit aux paupières lourdes. Le seigle s’envole en feuilles de papier d’écume.
23:23 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, écriture
Gare de Facture (version 419/497)
Ornette brandit les oriflammes, et l’orage tombe en miettes.
Le jour se lève sur Arcachon. Les promoteurs ont tout salopé, bien sûr ; l’anarchie règne dans la station balnéaire ; seuls quelques quartiers – quelques rues – ont gardé une part de leurs belles tonalités harmolodiques.
Les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pluvieux pétrole dorment d’un sommeil tardif, à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune fulgurante aux paupières. Le seigle s’envole en miettes de papier d’écume.

19:20 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arcachon, écriture, ornette
Gare de Facture (version 458/547)
[ 20.02.2008., comme tous les textes de cette série ]
Ornette bande ses anches. The Ark : l’arche. On brandit des étendards, l’orage tombe en miettes.
Ailleurs. Le jour se lève sur le port d’Arcachon. Les promoteurs ont tout salopé, bien sûr ; l’anarchie règne dans la station balnéaire ; seuls quelques quartiers – quelques rues – ont gardé une part de leur harmonie.
Voici que les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pluvieux pétrole dorment encore d’un sommeil tardif, à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune fulgurante aux paupières. Le seigle s’envole en miettes de papier d’écume.
17:17 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arcachon, écriture, ornette
Gare de Facture (version 582/695)
21 décembre 1962. New York. Ornette bande ses anches. The Ark : l’arche. Noël vient toujours après Noé, d’autant que l’averse gronde. L’orage tombe en miettes.
19 février 2008. Le jour se lève sur le port d’Arcachon. Les promoteurs ont tout salopé, bien sûr ; l’anarchie règne dans la station balnéaire où Liszt et Manet passaient leurs fugues ; seuls quelques quartiers – quelques rues – ont gardé une part de leur harmonie.
Voici que les lueurs rougeoyantes sur fond de ciel pluvieux pétrole dorment encore d’un sommeil tardif, à ne pas prendre au tragique. Trouée dans la nuit brune, bleue de lune, fulgurante aux paupières. Le seigle s’envole en arpèges, papier d’écume pour d’autres factures.

15:30 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, jazz, écriture, arcachon
Dans la pâleur des unissons
[ 17.02.2008. ]
Dans la pâleur des unissons. Ce matin, tôt, profitant d’un accès inattendu à Internet, je consultai rapidement ma messagerie électronique, et, en contrôlant aussi les dernières photographies publiées sur FlickR, je constatai que Renaud Camus s’était rendu, en juillet dernier, sur les traces de William Beckford, à Bath. Quelques heures plus tard, à peine, j’ouvris un livre à la couverture rouge qui traînait dans la bibliothèque de mes parents, La Taverne du doge Loredan : dès la première page, il y est question de William Beckford.
Vathek et Woyzeck se battent dans un duel au poignard sépharade.
Dans Child of God, un enfant arrache, de la bouche, une patte d’oiseau vivant. « It’s his to kill if he wants to... »
Féline, la déesse Bastet veille sur les coïncidences littéraires.
13:13 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fiction, littérature
Fonte
[ 14.02.2008. ]
Dans l’âtre sifflent les bûches ; bien sûr, il en est toujours ainsi. Le sifflement même désigne la chaleur de l’hiver, évoque les gros romans riches en rebondissements lus lors des veillées, le cliquetis des pincettes et l’odeur de cendre chaude des tisonniers. Même les vieilles paysannes qui ramassent les fagots et les lient n’ont rien de pareil, pour les images d’Epinal. Alors, les bûches sifflent désespérément dans l’âtre, sur la plaque de fonte, face aux jours lunaires.
11:10 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fiction, écriture
mardi, 26 février 2008
Ottomane
26 février 1618 : le jeune sultan Osman II Han prend la tête de l'Empire ottoman.
20:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Trara !
[ 14.02.2008. ]
« Il est remarquable que l’un des grands maîtres du trombone, Jack Teagarden, ait joué pendant toute sa carrière – de 1927 à 1964 – dans le même style, qui s’est parfaitement adapté à toutes les esthétiques qu’il a traversées. » Voilà ce qu’écrit Marc Richard dans l’édition 1988 du Dictionnaire du jazz (« Bouquins » Laffont, entrée TROMBONE, p. 1021). À l’entrée TROMBONE A PISTONS, signée par le même Marc Richard, on apprend que Juan Tizol n’improvisait jamais, et que Bob Brookmeyer est le « grand soliste » de l’instrument.
Au demeurant, Marc Richard se contente de mentionner Albert Mangelsdorff en passant, en imaginant que la pleine page consacrée au grand tromboniste allemand dans le Dictionnaire suffit à compenser.
J’ai consulté ces deux entrées après avoir écouté les quatre faces de l’enregistrement du quartette de Gerry Mulligan à la salle Pleyel en 1954, avec Brookmeyer au trombone. Back at home, je sais que j’ai un CD de Brookmeyer en leader, disque que j’aime beaucoup mais dont le titre persiste à ne pas me revenir.
Les pommes de pin pétaradent dans l’âtre.
16:18 Publié dans Knobs & thorns | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz, musique, trombone
Un peu de lecture
Guerre de Troie
We left the Misses Buzza engaged in rowing their papa homewards. The Three Queens as they steered King Arthur to Avilion can have been no sadder pageant. It is true the Misses Buzza grieved for no Excalibur, but the Admiral had lost his cocked-hat.
Picture to yourself that procession: the journey past the jetties; the faces that grinned down from overhanging hulls, or looked out hurriedly at casements and grew pale; the blue-jerseyed Trojan lounging on the quay, and pausing in his whistle to stare; the Trojan maidens gazing, with arrested needle; the shipwrights dropping mallet and tar-pot; the ferrymen resting on their oars; the makers of ship's biscuit rushing out, with aprons flying, to see the sight; the butcher, the baker, the candle-stick maker—each and all agog. Then imagine the Olympian mirth that ran along the waterside when Troy saw the joke, and, hand on hip, laughed with all its lungs.
But even this was not the worst: no, nor the crowd of urchins that followed from the landing-stage and cheered at intervals. It was when Admiral Buzza looked up and spied the face of Mrs. Goodwyn-Sandys at an upper window of "The Bower," that the cup of his humiliation indeed brimmed over.
Mrs. Buzza, "tittivating" at the mirror, heard the stir, and, presentient of evil, rushed down-stairs. She saw her lord restored to her, dear but damp. Yet she "nor swooned, nor uttered cry:" she simply sat violently and suddenly down upon the hall-chair, and piteously stared.
"Emily, get up!"
She did so.
"You are wet, my love," she ventured timorously.
"Wet! Woman, is this the time for airy persiflage?"
"My love," replied Mrs. Buzza, meekly, "nothing was further from my thoughts."
The Admiral glared upon her for a moment, but the retort died upon his lips. He flung his hands out with an appealing gesture and something like a sob.
"Emily," he cried, hoarsely, "Troy has laughed at me again. Put me to bed."
(A.T. Quiller-Couch. The Astonishing History of Troy Town. Chapter IX)
Bonzaïs
The little trees were in evidence everywhere, decorating the living rooms, posted like sentinels on the terrace, and staged with the honour due to statuary at points of vantage in the garden. But their chief home was in a sunny corner at the back of a shrubbery, where they were aligned on shelves in the sunlight. Three special gardeners who attended to their wants were grooming and massaging them, soothing and titivating them, for their temporary appearances in public. Here they had a green-house of their own, kept slightly warmed for a few delicate specimens, and also for the convalescence of the hardier trees; for these precious dwarfs are quite human in their ailments, their pleasures and their idiosyncracies.
(John Paris. Kimono. Chapter XIV : The Dwarf-Trees)
Freux
You can hear them in the evening, discussing the matter of this surplus stock.
"Don't you work any more," he says, as he comes up with the last load, "you'll tire yourself."
"Well, I am feeling a bit done up," she answers, as she hops out of the nest and straightens her back.
"You're a bit peckish, too, I expect," he adds sympathetically. "I know I am. We will have a scratch down, and be off."
"What about all this stuff?" she asks, while titivating herself;
"we'd better not leave it about, it looks so untidy."
"Oh, we'll soon get rid of that," he answers. "I'll have that down in a jiffy."
To help him, she seizes a stick and is about to drop it. He darts forward and snatches it from her.
"Don't you waste that one," he cries, "that's a rare one, that is. You see me hit the old man with it."
And he does. What the gardener says, I will leave you to imagine.
Judged from its structure, the rook family is supposed to come next in intelligence to man himself. Judging from the intelligence displayed by members of certain human families with whom I have come in contact, I can quite believe it. That rooks talk I am positive. No one can spend half-an-hour watching a rookery without being convinced of this. Whether the talk be always wise and witty, I am not prepared to maintain; but that there is a good deal of it is certain.
(Jerome K. Jerome. Second Thoughts of an Idle Fellow. "Of the Motherliness of Man".)
Dictionnaires
"I have come out with you, commodore," said Captain Truck, when they had got to their station, and laying a peculiar emphasis on the appellation he used, "in order to enjoy myself, and you will confer an especial favour on me by not using such phrases as 'cable-rope,' 'casting anchor,' and 'titivating.' As for the two first, no seaman ever uses them; and I never heard suchna word on board a ship, as the last, D----e, sir, if I believe it is to be found in the dictionary, even."
"You amaze me, sir! 'Casting anchor,' and 'cable-rope' are both Bible phrases, and they must be right."
(James Fenimore Cooper. Home as Found. Chapter XIX)
Bague au doigt
All women are alike. All housekeeping is amateurish. She (Mrs. Omicron, the criminal) has nothing in this world to do but run the house--and see how she runs it! No order! No method! Has she ever studied housekeeping scientifically? Not she! Does she care? Not she! If she had any real sense of responsibility, if she had the slightest glimmering of her own short-comings, she wouldn't have started on the ring question. But there you are! She only thinks of spending, and titivating herself. I wish she had to do a little earning. She'd find out a thing or two then. She'd find out that life isn't all moonstones and motor-cars. Ring, indeed! It's the lack of tact that annoys me. I am an ill-used man. All husbands are ill-used men. The whole system wants altering. However, I must keep my end up. And I will keep my end up. Ring, indeed! No tact!
(Arnold Bennett. The Plain Man & His Wife.)
Envers du décor
Then, in view of cravings inner,
We go down and order dinner;
Or we polish the Regalia and the Coronation Plate -
Spend an hour in titivating
All our Gentlemen-in-Waiting;
Or we run on little errands for the Ministers of State.
Oh, philosophers may sing
Of the troubles of a King,
Yet the duties are delightful, and the privileges great;
But the privilege and pleasure
That we treasure beyond measure
Is to run on little errands for the Ministers of State!
(W.S. Gilbert. "The Working Monarch". In Songs of a Savoyard.)
In spiritu
Now, the dinner is always a good one, the appetites of the diners being delicate, and requiring a little of what Mrs. Merrywinkle calls ‘tittivation;’ the secret of which is understood to lie in good cookery and tasteful spices, and which process is so successfully performed in the present instance, that both Mr. and Mrs. Merrywinkle eat a remarkably good dinner, and even the afflicted Mrs. Chopper wields her knife and fork with much of the spirit and elasticity of youth. But Mr. Merrywinkle, in his desire to gratify his appetite, is not unmindful of his health, for he has a bottle of carbonate of soda with which to qualify his porter, and a little pair of scales in which to weigh it out. Neither in his anxiety to take care of his body is he unmindful of the welfare of his immortal part, as he always prays that for what he is going to receive he may be made truly thankful; and in order that he may be as thankful as possible, eats and drinks to the utmost.
(Charles Dickens. "The Couple Who Coddle Themselves". In Sketches of Young Couples.)
Babyshambles
It was on the Friday before Martinmas, at dusk. In the centre of the town, on the waste ground to the north of the "Shambles" (as the stone-built meat market was called), and in the space between the Shambles and the as yet unfinished new Town Hall, the showmen and the showgirls and the showboys were titivating their booths, and cooking their teas, and watering their horses, and polishing the brass rails of their vans, and brushing their fancy costumes, and hammering fresh tent-pegs into the hard ground, and lighting the first flares of the evening, and yarning, and quarrelling, and washing—all under the sombre purple sky, for the diversion of a small crowd of loafers, big and little, who stood obstinately with their hands in their pockets or in their sleeves, missing naught of the promising spectacle.
(Arnold Bennett. "Jock-At-A-Venture". In The Matador of the Five Towns and Other Stories.)
Veuvage
"'Tis good to wear a bit of colour again," said Mrs Bosenna on Regatta morning, as she stood before her glass pinning to her bodice a huge bow of red, white, and blue ribbons. "Black never did become me."
"It becomes ye well enough, mistress, and ye know it," contradicted Dinah.
"'Tis monotonous, anyway. I can't see why we poor widow-women should be condemned to wear it for life."
"You bain't," Dinah contradicted again, and added slily, "d'ye wish me to fetch witnesses?"
Her mistress, tittivating the ribbons, ignored the question.
"I do think we might be allowed to wear colours now and again--say on Sundays. As it is, I dare say many will be pickin' holes in my character, even for this little outbreak."
"There's a notion, now! Why, 'tis Queen Victory's Year--and a pretty business if one widow mayn't pay her respects to another!"
"It do always seem strange to me," Mrs Bosenna mused.
"What?"
"Why, that the Queen should be a widow, same as any one else."
"Low fever," said Dinah. "And I've always heard as the Prince Consort had a delicate constitution."
(A.T. Quiller-Couch. Hocken and Hunken. Chapter XXIII.)
11:45 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)
Coiffes montagneuses de Bath
Il ne faisait pas si chaud que cela ce matin, malgré le redoux de ces jours de février, et, comme j’attendais le bus, je lorgnais du côté du vert faïence brisée qui orne le mur anti-bruit, avenue du maréchal Juin. Ayant raté le bus de 8 h 22, je me retrouvais à attendre celui de 8 h 46 en lisant des poèmes de Wallace Stevens et en faisant les cent pas.
Une fois dans le bus, après m'être plongé dans “The Snow Man” et “Extraordinary References”, je butai, songeur, sur le troisième onzain du poème intitulé “Le Monocle de Mon Oncle”. (Déjà, le titre est cryptique, occulte.)
Il y eut, au début du deuxième vers, le curieux tittivating, jamais rencontré avant.
Puis il y eut le tercet dont le premier est vers est
You know the mountainous coiffures of Bath
et sur lequel je me creusai l’esprit.
Enfin, il y eut la Loire. Le bus venait d’arriver sur le pont Mirabeau. Je quittai Wallace Stevens pour méditer sur les cormorans.
11:00 Publié dans Fil bleu : Tridents & autres textes brefs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : littérature, poésie, ligérienne, anglais
lundi, 25 février 2008
Mines minuscules
Les modalités de fonctionnement des sites Haut&Fort ont changé, sans que les auteurs soient aucunement prévenus.
Ce qui change en bien : la possibilité de lier un (ou plusieurs) lieu(x) du monde à un billet. Toutefois, quoique je compte me servir désormais de cette fonction et placer mes billets sur la mappemonde, je ne vais pas pousser le bouchon jusqu'à reprendre chacun de mes anciens billets et les republier en les localisant...
Ce qui change en mal : l'apparition de liens automatiques "Lire la suite", laids et inutiles.
Ce qui change aussi en mal : la suppression des majuscules au début des "tags".
Rien ne me hérisse tant, je crois, parmi les modes de l'imprimerie contemporaine, que la disparition des majuscules. Titres de films, paroles de chansons, mails privés, etc. : rares sont les domaines dans lesquels les minuscules ne s'imposent pas, depuis une dizaine d'années. Je me rappelle m'être fait cette réflexion pour la première fois lors de la parution de l'album de Dick Annegarn, Approche-toi, en 1997 : dans le livret, dont la typographie est - par ailleurs - très belle, il n'y a pas la moindre majuscule, même aux prénoms, patronymes et toponymes.
Ce qui fut effet de style moderniste (il suffit de penser à e.e. cummings ou stefan george) devient la soupe des fainéants.
10:05 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : haut&fort, hautetfort, blogs
Billy Boy (version 301/361)
Ahmad Jamal est-il vraiment l’auteur de Billy Boy ? Si tel est le cas, c’était assez pour assurer le succès des albums live à Chicago.
.........................................................
N’y a-t-il pas une version, également instrumentale, de ce même air sur un disque du trio d’Oscar Peterson ? Pour les chansons, c’est toujours la première écoute qui prime... et donc, ici, l’interprétation de Graeme Allwright.
07:30 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz, écriture
Pique, trèfle, ardoise
La maison du couvreur-zingueur au nom si commun – Martin, le patronyme le plus courant en France, me suis-je laissé dire (encore que les diverses variantes orthographiques Gautier, Gauthier, Gaultier, Gautié etc. cumulent, paraît-il, plus de citoyens que le simple et uniforme Martin) – est assez belle, et amusante, avec les couleurs des jeux de carte qui ornent la toiture (cœur, carreau, pique, trèfle).
« Un joueur de congas – le pire de tous, c’est Sam – s’est subrepticement glissé dans le quartette de Coltrane. »
Ce qui surtout gâche cette maison sise au 50, rue du Pas Notre-Dame, c’est sa situation, justement : la rue est laide, ordinaire, a plain street, avec panneaux d’affichage publicitaire, résidences hideuses, passages pour piétons. Ses alentours sont au-delà du quelconque : avec un grand jardin, quelques arbres pour la séparer de la rue, elle aurait plus d’allure.
« Quand j’étais malade, je passais des heures à faire des mosaïques Ministeck, mais au lit, ça n’est guère commode. »
03:30 Publié dans Brille de mille yeux, Pêle-mêle, Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ligérienne, art, photographie, écriture, fiction

