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dimanche, 25 septembre 2016
Pierre : Barrault ::: Tardigrade
Des tardigrades, dont une très récente étude scientifique a démontré la résistance au vide spatial et fait miroiter d'étonnantes adaptations à l'être humain en condition extrême *, septembre nous a prodigué un échantillon littéraire, en l'espèce le petit recueil d'aphorismes — de notations, de récits brefs ? — de Pierre Barrault. “Tardigrade” est un mot qui a déja reçu ses lettres de noblesse, plus comme adjectif d'ailleurs (sous la plume d'About, de Hugo, de Michelet) que comme substantif (ainsi, encore pour Hugo, Sand ou le traducteur de Nietzsche en 1888, Henri Albert), et presque toujours sans rapport avec les singuliers animaux aussi nommés oursons d'eau, ce dont Barrault fait ses choux gras. Par un retour dont il ne faut être surpris, Barrault feint d'ailleurs, dès la couverture avec son dessin d'un tardigrade à chapeau melon, de concentrer ses forces sur la bestiole pour mieux faire oublier que le recueil est un éloge de la lenteur, de la marche pesante, de l'avancée alourdie... bref, de la tardigradité (if I may).
Il revient à chacun de se procurer ce livre et d'y trouver son compte — ou pas. Tardigrade appartient sans conteste à la lignée des textes incongrus dont Pierre Jourde a esquissé une généalogie dans Empailler le toréador. Dans l'esprit, il est cousin de Chevillard ; stylistiquement, il n'est pas loin (mais toujours à bonne distance (vertu de la tardigradité, sans doute)) de Michaux comme de Kafka ; dans la recherche quasi systématique du contre-pied, d'une vision du monde qui prend à revers, il lorgne plutôt vers Gripari...
Autant donner la parole au texte lui-même :
Mes arbres sont volontairement sans feuille et sans écorce, si bien qu'ils n'ont rien à perdre ou pas grand-chose. Ainsi du moins va-t-on tout de suite à l'essentiel. Quelques fruits tout au plus qui ne font pas semblant de mûrir. Pourris d'emblée. On gagne un temps fou. Ni porte ni fenêtre à ma maison dont les murs jamais ne s'effondrent et ne s'érigent pas non plus. Pas de toit, mais je suis en sécurité chez moi : on a beau chercher, on y trouve rien à saccager. Il arrive parfois que ma compagne soit enceinte, cela pourrait être un véritable désastre sans doute. Par bonheur, elle ne met au monde que de petits vieillards séniles et rabougris. En fin de vie déjà, pour la plupart, on sait alors qu'il n'est pas question de s'y attacher. Ne nous en laissent pas le temps de toute façon, titubent en grommelant à peine arrivés, nous maudissent une bonne fois, s'étalent pour de bon.
Tardigrade, L'Arbre vengeur, 2016, p. 60
* À se plonger dans le dictionnaire de Littré, il semble que la recherche scientifique ait beaucoup avancé depuis, et c'est heureux.
09:57 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)
Le Retour du jeu du livre en aveugle
Untung-untung
25 septembre 2012
“He could hear it suck on air as it lay naked on its threadbare cloth.”
▓
Aujourd'hui 25 septembre :
- choisissez le livre le plus proche de vous, ouvrez-le à la page 175, et recopiez une phrase entière qui doit se trouver à (c'est-à-dire à cheval ou en partie sur) la ligne 9 (si poésie ce peut être le 9ème vers)
- ne donnez pas la source de la citation
- mettez en lien vos contacts FB dont vous désirez qu'ils fassent ce jeu
25 septembre 2016
“Can I go back and keep my faith among people, my own family members, who reduce God to a little bookkeeping clerk, who commit the blasphemy – for what greater blasphemy can there be if you believe in God? – of claiming to know the mind of God, of speaking in His voice, of insisting on their fallible human interpretations of His Word?”
06:25 Publié dans Droit de cité, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (2)
samedi, 24 septembre 2016
Chinua Achebe, jamais en Pléiade
Untung-untung
24 septembre 2014
The Heart of Humument, finalement, n'est pas la 1ère édition, mais, pour 25 euros, une curiosité valable : tiré-à-part à 367 exemplaires d'une partie des pages de l'édition 1, en Allemagne en 1985 — donc une pierre à ma collection humumentale, tout de même.
Sinon, No Longer At Ease, que je devais racheter parce que ça fait partie (avec les Tutuola) des bouquins que je prête et que je ne vois jamais revenir, est arrivé dans une collection dégueulasse de 2013, un truc ronéo, éditions “Important Books” je crois (WTF!) — bref, un exemplaire à donner ou à enterrer dans un rond-point — et je peux me recommander la Heinemann.
24 septembre 2016
Dans les projets envisagés et faisables : écrire un petit texte — depuis le temps... — sur A Humument (comme j'ai pu le faire pour Dubuffet).
Dans les projets envisagés, tentés et totalement chimériques, inaccessibles (je n'ai pas les réseaux) : une édition des œuvres complètes d'Achebe en français pour la Pléiade.
10:16 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 23 septembre 2016
“Diesel propre”
Untung-untung
23 septembre 2015
Volkswagen owners retro-fitted with climate change denial (titre du site satirique The Daily Mash)
C'est amusant parce que cela fait des années que, quand j'explique ce qu'est un oxymore, je finis toujours ma liste d'exemples par "diesel propre" ou par "voiture électrique écologique".
On fait gober n'importe quoi, et d'ailleurs il n'y a qu'à écouter les ouvriers et salariés de Wolfsburg, ou les inepties balancées depuis 48 h au sujet de Renault ou PSA.
23 septembre 2016
Rien à ajouter, tout à redire.
10:32 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 22 septembre 2016
Du mangalitza au masque
Untung-untung
22 septembre 2014
Joueur, le jeune mangalitza s'amusait à renverser le chaudron où l'on avait mis son brouet, puis chiait dans la paille épaisse. Les remparts contemplaient placidement cette scène, comme ils en avaient vu... Dans une salle basse de plafond, non loin, avec des gants blancs, une archiviste (qui eût aussi bien pu être harpiste ou nonne) montrait, en haut de parchemin, la moitié d'un chirographe.
▬ Certaines jaunisses ont disparu à la suite de l'action du tartrate de potasse antimoine, et de la rhubarbe en poudre en petites doses réitérées. ▬ Les remparts ont fermé les écoutilles.
22 septembre 2016
Quel extraordinaire masque, absolument singulier et comme froissé, rebuté, figure butée, fermée, toutefois suggestive de tout, avec ses dents irrégulières, sa bichromie.
21:41 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 21 septembre 2016
↑49↓
30 avril 2016, en fait 20 septembre
sachets de lavande
pleins trop pleins de mémoire
reprendre le fil de l'histoire
inédite à l'œil en amande
nuit moins étoilée que noire
gâchée par ta lèvre en offrande
(Explication du projet ici.)
11:41 Publié dans Le terne XXIe | Lien permanent | Commentaires (0)
Anthurium
20092015. Le 20 janvier 1973, à Fort-de-France, premier jour, sur fond brunâtre, photographie sur soie moins belle, nettement, que le dessin du timbre. Les nouveaux voisins d'en face, déjà bien âgés, passent tout le dimanche en peignoir et robe de chambre : est-ce leur façon de marquer le dimanche ? Les boutons de ses seins éclataient, vernis tels que deux gousses de piment rouge.
Je m'en avise, est-ce l'automne qui vous empourpre ? C'est demain, seulement — ça dépend des années.
Aujourd'hui, demain, hier, tout cela se confond. (Haussement d'épaules de l'huissier, qui ment.)
Fards merveilleux des florescences jamais vues…
04:28 Publié dans Oblitérations | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 20 septembre 2016
▬55▬
6 mai 2015, en fait 20 septembre 2016
plantureux, c'est le mot :
roulez tant que ça vous plaît des cocards
il y en a, de la luxure
nous avons gardé les grumeaux
tondu la laine des tocards
estimé à rien ce que dure,
même ralenti de nature,
plié ton film muet au bout de l'île Aucard
sans un envol de cormoran de guillemot
▬
18:58 Publié dans Prison des tempos | Lien permanent | Commentaires (0)
→34←
15 avril 2016, en fait 20 septembre
stultifications
par la barbichette :
raisonner les imbéciles (inut
iles complications)
nids creusés pas si profond du pic épeichette
gare à ton tambour au fond du Nunavut
(Explication du projet ici.)
11:39 Publié dans Le terne XXIe | Lien permanent | Commentaires (0)
La mia pallida faccia
La mia
(ce n'est pas le narrateur keatsien qui
s'exprime)
pallida (oui, ta tronche parfois
burinée
sévèrement s'imprime sur
le tissu du suaire) faccia
(le poème qui coule au
robinet, avec ta langue blanche tu bois au goulot
madrier sans mesure
pour une chanson) serinée
10:12 Publié dans Onzains germains | Lien permanent | Commentaires (0)
Dépotoirs de quoi
Untung-untung
20 septembre 2015
Cela fait un bon moment que j'ai dans l'idée de disperser une partie de mes livres, notamment les usés, les défraîchis, ou les merdiques que je ne lirai plus, ou que je n'ai jamais aimés (cela arrive).
J'ai une idée de dispersion un peu théâtralisée, ou vidéographiée, et c'est pour cela d'ailleurs que, velléitaire et feignasse, je n'en ai encore rien fait.
Or, au moment même où un de mes amis parle de refourguer, donner, offrir presque toute sa cargaison, François Bon, lui, a eu, à six cents mètres de chez moi, une (més)aventure assez frappante, très révélatrice, à plus d'un titre.
20 septembre 2016
Velléitaire et feignasse, j'ai surtout, entre-temps, laissé en plan les traductions sans filet (mais ça marchait mal, techniquement, et, sur le fond, pas grand monde n'en avait grand chose à faire (perdre une heure par jour pour 12 vues sur YouTube au bout d'une semaine, wtf)). Ce que je sais faire, vaguement, c'est écrire. Alors, j'arrache plutôt quelques instants chaque jour pour ça.
(Par parenthèse, cinq exemplaires du recueil de sonnets ont été vendus depuis la parution samedi.)
Pour ce qui est des vieux livres, histoire d'en revenir à ce que j'écrivais il y a un an, l'histoire justement en est au point mort : ni liste, ni projet urbain décalé.
08:45 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 19 septembre 2016
S'a la gelata
S'a la gelata
mia timida
lingua
S'a la gelata mia timida lingua
& ma langue timide
fourche sur le madrigal
comme gelée ainsi les paroles
mais surtout brûlée
de t'avoir parlé
embrassée farouchement sans
fourcher
08:51 Publié dans Onzains germains | Lien permanent | Commentaires (0)

