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mardi, 31 mars 2026
2026 ֍ SAD, 13
Ici, jamais de sittelle,
L’oiseau qui glisse le long du tronc
Et dont la note lancinante a nourri mon adolescence.
Sans se départir de son flegme,
Rond un peu du ventre l’oiseau
Si telle est son envie s’envole.
07:20 Publié dans 2026 ֍ SAD | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 30 mars 2026
2026 ֍ Affiquets, 13
Il y avait donc si peu d’objets inutiles traînant sur le bureau : au quart de l’année, je fais chou blanc. This project has petered out. Je ne peux tout de même considérer comme simple “affiquet” tel ou tel livre qui se trouve sur mon bureau depuis des mois, voire des années, car
-
- je ne l’ai pas encore chroniqué en vidéo
- je compte « travailler dessus », d’une façon ou d’une autre
- c’est un ouvrage dont je me sers en ce moment (ou au moins à un des deux semestres) pour mes cours
Quand je disais qu’une fois la traduction finie, un de mes chantiers du printemps serait de ranger le bureau-bibliothèque… —— Oui, mais ça ne répond pas à la commande. Dois-je vraiment tenir l’épais volume de Praiseworthy (en édition originale) pour un quatorzième ou quinzième affiquet ?
06:17 Publié dans 2026 ֍ Affiquets | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 29 mars 2026
2026 ֍ Bobines, 13
Henry James a raison : c’est comme si on y était allé. Et je n’y suis jamais allé.
C’est vrai de New York, mais Henry James ne pouvait pas le savoir.
Peut-on, pour autant, “décalquer” sur New York le début du texte de James sur Venise ? Oh, je ne l’ai pas sous les yeux, mais il suffirait de quelques ajustements, de fines substitutions lexicales.
Le vaporetto glisse sur l’eau, ça sent l’œuf pourri.
Long plan-séquence (l’odeur n’y est pas) qui crée progressivement la confusion : le vaporetto s’approche de la statue de la Liberté. En fin de compte, je suis à Genève, avec toi, sur le lac.
Il est temps de se réveiller : je vais dire des choses compromettantes.
06:01 Publié dans 2026 ֍ Bobines | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 28 mars 2026
2026 ֍ Cantilènes, 13
un sourire pour personne
dans le vide
ou dans le plein
de l’air chargé de senteurs
du ciel chargé d’ancêtres
d’enfants à naître
et d’ogbanje
qui te tirent la langue en retour
je ne les vois pas mais
je souris si longuement
sans vraiment m’en apercevoir
qu’une dame un peu inquiète
vient s’asseoir à côté de moi
sur le banc du jardin des Beaux-Arts
sans oser me parler
un sourire pour personne
et me voici comme encerclé
05:55 Publié dans 2026 ֍ Cantilènes | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 26 mars 2026
2026 ֍ Effigies, 13
Ce matin, tôt, en préparant le diaporama de mon cours très général de présentation de Maps / Territoires de Nuruddin Farah, je me suis avisé d’une erreur doublée d’un raccourci fâcheux dans un passage du chapitre 11, passage souvent cité par les critiques mais dont je ne me rappelle pas avoir vu quiconque en souligner les approximations. À dire vrai, c’est Hilaal, l’oncle d’Askar, qui, en voulant lui expliquer le caractère colonial des projections cartographiques, parle de Mercator (sans le nommer – il se nommait Gerhard Kremer) comme d’Eduard Kremer. L’erreur se trouve dans la V.O. comme dans la traduction française de Jacqueline Bardolph. Associée à la date de 1957, qui correspond à une carte de la Corne de l’Afrique utilisant censément la projection de Mercator, il n’y a pas de quoi faciliter la tâche.
Je n’avais absolument pas remarqué le caractère assez confus de ce passage quand j’ai écrit ma thèse de doctorat sur les deux trilogies de Farah. Par contre, un autre aspect encore plus étrange, et qu’il faudrait creuser, c’est que les « projections de Mercator » diminuent certes, de façon relative, la superficie réelle de l’Afrique par rapport à d’autres continents, et notamment l’Europe, mais qu’en fait la plupart des cartes de Gerhard Kremer “Mercator” (comme celle de 1595 que je mets ici en regard) sont nettement plus difficiles à situer dans le contexte eurocentré ou suprémaciste auquel on les associe généralement (et non seulement Nuruddin).
Les rares fois où je me replonge en profondeur dans les deux premières trilogies, je me dis que ma thèse était vraiment désastreusement superficielle. La main posée sur le globe, je sens que le géographe me juge (il a bien raison).
08:06 Publié dans 2026 ֍ Effigies | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 25 mars 2026
2026 ֍ Ritournelles, 12
Hier en faisant la vaisselle, tout d’un coup je me mets à chanter Let Me Get to Know You Well.
C’est assez souvent (une ou deux fois par an) que sans savoir pourquoi j’entonne le refrain de cette chanson, alors que – et c’est toute la particularité de l’anecdote – je ne l’ai jamais réentendue depuis qu’on écoutait ça sur une cassette de hits, en voyage avec mes parents, dans la Renault 30, donc depuis 35 ans au bas mot je dirais. Il me semble que cette chanson est d’un chanteur anglais qui a eu une assez brève heure de gloire, Howard Jones ou quelque chose d’approchant. Hier en faisant la vaisselle, avant de me dire que ça ferait un bon exemple pour les Ritournelles, je me suis dit que j’irais écouter cette chanson sur YouTube, mais je ne l’ai pas fait ; peut-être qu’il faut que cette chanson reste ce qu’elle est pour moi, quelques vers plutôt nuls qui « sortent » comme ça, sans crier gare, quand je suis en train de m’activer à quelque tâche manuelle.
04:03 Publié dans 2026 ֍ Ritournelles | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 24 mars 2026
2026 ֍ SAD, 12
La coronille flamboie.
Le merisier resplendissant
Me renvoie son blanc éclatant.
Temps de printemps,
Sang dégelé.
Bois ton âme façon tisane.
08:08 Publié dans 2026 ֍ SAD | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 23 mars 2026
2026 ֍ Affiquets, 12
Cette liasse de post-it minuscules (50x15 mm (je viens de les mesurer)), de couleur jaune, sont plutôt la signature de C*, qui s’en sert dès qu’elle veut retenir une page lors d’une de ses lectures. On trouve ces liasses, parfois de couleur violette ou verte, sous l’un des accoudoirs du canapé. Ici sur mon bureau, je ne sais pas pourquoi. Ici sur mon bureau je ne sais pas pourquoi. À l’instar des deux phrases précédentes, unique variation de ponctuation incluse, il y aurait matière à écrire de très brefs textes, de très brèves phrases à seule fin de les faire tenir sur ces post-it, dont l’expérience démontre malheureusement qu’à part sur du papier ils se décollent vite. D’ailleurs, existe-t-il un terme alternatif pour post-it ?
18:30 Publié dans 2026 ֍ Affiquets | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 22 mars 2026
2026 ֍ Bobines, 12
Ce film sent le réchauffé. La série était très bien, quoique la saison 5 battît déjà de l’aile. (On a eu, avec une collègue, tout un échange sur l’imparfait du subjonctif. En relisant avant-hier un chapitre de ma traduction, j’ai souligné une phrase qui illustrera à merveille pourquoi il ne faut pas l’employer même quand il est a priori contraint par la concordance des temps.) Ici, tout est morne. In the bleak midwinter : bleak, pour le coup, mais sans souffle, sans âme.
Les décors restent très beaux, mais la retouche numérique généralisée les esthétise trop. Les musiques, une des forces de la série, sont très bien – et quel plaisir d’entendre tout d’un coup la voix d’Amy Taylor… Le vrai problème, c’est que le scénario fait traîner le seul et unique incident ou événement du film en longueur, comme dans certains interminables westerns ; c’est d’ailleurs au western que le film emprunte tous ses codes. Et aussi, ce n’est pas rien, qu’à l’exception de Barry Keoghan (qui est toujours excellent, et toujours différent à chacun de ses rôles) l’interprétation est, au mieux, médiocre. Or, la force principale de Peaky Blinders, c’était ses acteurices : Helen McCrory, Paul Anderson, Tom Hardy, Natasha O’Keeffe… Plus que jamais, sans doute influencé par les torrents d’éloges versés sur lui après sa prestation sans relief dans Oppenheimer, Cillian Murphy trimbale la même tronche et les mêmes intonations tout au long du film.
Bref, nul risque qu’on ne s’emmerdât point.
22:49 Publié dans 2026 ֍ Bobines | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 21 mars 2026
2026 ֍ Cantilènes, 12
qui glisse sur l’écorce
une limace davantage
qu’un grimpereau
(le grimpereau tournicote,
la sittelle torchepote)
l’escargot a hâte
d’être au bas de l’arbre,
il lui manque la glaise
la sittelle peut-être glisse
avec un ou deux t
à son appel strident
Neptune n’a pas vu
l’hydravion ni l’overcraft
ces dieux sont d’un surfait,
tandis que sous l’écorce
une nymphe esquisse
un sourire pour personne
09:45 Publié dans 2026 ֍ Cantilènes | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 19 mars 2026
2026 ֍ Effigies, 12
Douzième semaine, et puis quoi. Les douze apôtres, les douze salopards… On s’y perd. C’est le chant du départ, le vrôôu de l’homme qui se change en léopard.
Je me contenterai de rappeler ce jeudi où, de retour d’une semaine interrompue dans la Creuse – il avait fait un temps épouvantable, et à part aux Pierres Jaumâtres dont le caractère fantomatique et ensorcelant n’avait pu être que renforcé par la flotte et la brume, ça avait été un peu la cata – nous avions (encore) visité la réserve de la Haute-Touche, avec notamment ce babouin se découpant précisément sur un arrière-plan flou.
Un seul babouin, et pas douze.
Sur la branche du néflier, une palombe ou ramier fait sa toilette, tandis que j’entends la mélodie à cinq notes – rrrrou-rrou-hou-rrou-rrrrou – de la tourterelle turque.
08:13 Publié dans 2026 ֍ Effigies | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 18 mars 2026
2026 ֍ Ritournelles, 11
On se promène sur les bords de Loire, à Rochecorbon ; on admire le débit très vif, ainsi que les arbres encore immergés, les îles humides. Pas un oiseau, à part la mésange bleue et le pinson entendus.
Plus tard, à Vouvray, tu prononces le mot « risotto ».
Et aussitôt — j’ai dans la tête Salut, beatnik ! de Léo Ferré.
Je pourrai toujours écouter Risotto de Prince Waly ou L’Arène de Guy 2BezBar, ça n’y changera rien.
19:09 Publié dans 2026 ֍ Ritournelles | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 17 mars 2026
Tout est toujours ultérieur
Pourquoi le mardi d’ailleurs ? Que se passe-t-il en ce jour martial ?
Jour de mémoire aussi, même si le mardi n’était pas marqué comme jour de mémoire.
Bref, je n’abrège pas, mais ce matin, tout en préparant le café (le 2e café, celui de 9 heures) s’est déroulée la partie – ou plutôt : la manche – parfaite. Ça n’arrive pas souvent, de gagner en une seule manche, c’est-à-dire de marquer plus de 30 points. Ça arrive, mais pas souvent.
De mémoire donc tout s’est parfaitement déroulé : un saké aux cerisiers dès le 2e coup. Après une brève hésitation, j’ai fait koï-koï, car j’avais déjà deux rubans bleus, et la pivoine aux papillons dans ma main. De fait, les trois rubans n’ont pas tardé (au 4e coup, je crois). Là, j’aurais pu marquer 22 points et me diriger prudemment vers une 2e manche, fort d’une confortable avance. Imprudemment j’ai donc renchéri, bientôt récompensé – ce n’est pas toujours le cas – en piochant le sanglier qui m’a permis d’ajouter aux 11 points les 6 points de l’Ino-Shika-Cho et 1 point pour les 5 animaux : 18 multiplié par 3, game over.
La partie n’a même pas duré deux minutes, je dirais.
Ça arrive, occasionnellement. Mais pas souvent. Et quand ça arrive ce n’est jamais quand je me suis dit que j’allais écrire un texte dans cette rubrique. J’ai donc effectué une capture d’écran, afin d’écrire ultérieurement un texte, et je m’avise à présent que le dernier texte date de mardi dernier.
Tout est toujours ultérieur, certes, mais pourquoi le mardi ?
14:26 Publié dans Koï-Koï | Lien permanent | Commentaires (0)
2026 ֍ SAD, 11
Comme des pelures d’oignon
Sous le couteau,
Les phrases partent au rebut.
Bubales dans un vers d’Henri Michaux
Tôt lu, dans ma jeunesse :
Gnons du langage dans la gueule du cerveau.
07:12 Publié dans 2026 ֍ SAD | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 16 mars 2026
2026 ֍ Affiquets, 11
Ce gros badge blanc traîne depuis vingt-et-un mois sur mon bureau. Je le garde comme une sorte de relique :
Votez
Charles FOURNIER
Député
Suppléante
Marie QUINTON
C’était le jour ou jamais où évoquer ce badge, après les résultats inquiétants du premier tour des élections municipales. À Tours, la France Insoumise, emmenée donc par Marie Quinton, a choisi la division, voulue uniquement par Paris, et avec ses 11% on espère que la fusion suffira à permettre à l’équipe sortante – Marie Quinton était adjointe de l’équipe contre laquelle elle s’est présentée, alors que tout s’était bien passé – de repasser. Mais ce n’est pas fait : la droite, y compris sa frange écocidaire et raciste, a déjà sorti les couteaux.
07:06 Publié dans 2026 ֍ Affiquets | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 15 mars 2026
2026 ֍ Bobines, 11
Grand panoramique qui va de la grande bâtisse aux fenêtres murées, au toit en partie effondré, à l’enclos où courent en liberté les chiens. Sans laisse, il faudrait dire – mais « en liberté » ? On entend le chant de la bouscarle. Un homme pleure près du ruisseau où ne se trouve plus le pont. Changement de plan-séquence : même lieu avec le pont bien en place. Des enfants jouent, des bicyclettes passent. On n’a pas tout le temps de se faire des films.
16:30 Publié dans 2026 ֍ Bobines | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 14 mars 2026
2026 ֍ Cantilènes, 11
la pointe prend
esquisse
un pas de danse
glisse
sur l’écorce
il ne faut pas
faire cela —
canif, tu t’en repentiras
la lame suit à présent
la pointe, et ce ne sera
ni un cœur ni un chiffre
les euphémismes sont inutiles
à braver l’avenir
un simple grain de sable
sous le soulier, c’est comme
la pointe d’un canif
qui glisse sur l’écorce
07:08 Publié dans 2026 ֍ Cantilènes | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 12 mars 2026
2026 ֍ Effigies, 11
Un 29 février, au prieuré Saint-Cosme.
Dernière fois que nous vîmes J*, mort moins de deux ans plus tard d’un cancer.
Dans l’album photo, son visage joyeux et perspicace côtoie les vitraux peints par ZaoWou-ki, dans le réfectoire.
L’image n’est pas tout ; l’image n’est pas tant.
07:04 Publié dans 2026 ֍ Effigies | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 11 mars 2026
2026 ֍ Ritournelles, 10
Avant d’aller prendre un café, au Vieux Mûrier, avec mon collègue Florent Kohler, je feuilletais de nouveau son beau livre, Les sociétés animales, et suis retombé sur les dernières pages, et ce qu’il écrit de la ritournelle.
Routine et ritournelle sont des machines à circonscrire l’imprévu, l’inquiétant, l’étrangeté. Elles sont construites collectivement et n’existent qu’à travers ce collectif que nous appelons voisinage. Les jardins ont une vie propre, combinaison de vies innombrables, éphémères mais perpétuellement renouvelées, raison pour laquelle on s’y sent heureux. (p. 210)
Dans les Landes, j’ai en effet remarqué – à l’instar de ce qu’écrit Florent à la page précédente – que les mésanges, les grimpereaux, les orites et la grive musicienne ne chantaient pas en même temps. Leurs phrases servent à occuper l’espace. Je m’avise de ce que je savais : la ritournelle n’est pas l’earworm. Mon sujet ici, c’est plutôt l’earworm.
Florent m’a conseillé de lire un texte qui se trouve dans Le regard éloigné de Claude Lévi-Strauss, et était durablement marqué par la lecture récente de Poor Economics d’Esther Duflo et Abhijit Banerjee. J’irai demain à la B.U. emprunter le premier, et la traduction française d’un autre livre des deux mêmes auteurs, Économie utile pour des temps difficiles, car Poor Economics n’est pas dans le fonds (et si je le télécharge en ebook ou PDF je ne le lirai pas).
18:00 Publié dans 2026 ֍ Ritournelles | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 10 mars 2026
“M. prend la bouscarle” (mallégorie)
En un mois j’ai bien sûr joué des centaines de parties – une partie ne prend que 3 ou 4 minutes en moyenne – mais rien écrit. Travaillant en parallèle sur les formes allégoriques, approfondissant comme jamais avant peut-être dans mes études littéraires la façon dont se constituent les allégories, et plus encore la façon dont on interprète – lecteur·ice, spectateur·ice d’une œuvre d’art – quelque chose comme une allégorie, je réfléchis beaucoup à cela, au façonnage, qui est un forçage. On commence à voir de l’allégorie là où il n’y en a peut-être pas, on force. Je m’amuse ponctuellement à demander à mes étudiant·es de forcer, et il y a vraiment deux catégories : les réticent·es absolu·es et celleux qui s’en donnent à cœur joie.
Pour en revenir à la possibilité de faire œuvre à partir des parties aléatoires d’un jeu qui ne l’est pas tant que cela (aléatoire), il restait toujours la possibilité, la facilité de faire forme à partir des résultats chiffrés. Mais cela, justement, c’est s’en sortir ; ce n’est pas s’efforcer ni forcer, c’est se soustraire.
Faire forme à partir des résultats chiffrés : cela reste une possibilité complémentaire. On y viendra, sans doute.
Mais là tout de suite pas encore.
Peut-on risquer le forçage allégorique ?
Peut-être, mais après coup. [Il faudrait écrire : après coups. Sur le motif, pas le temps.]
Dans cette partie du mardi, Lobo est opposé à Meami. L’insertion de la capture d’écran annonçant le résultat final dès ce paragraphe est un savant divulgâchage : L. a perdu, va perdre dans quelques lignes, vous l’avez déjà vu.
Après prise des papillons par M., L. réplique : rideau de cerisier et ruban simple de glycine. M. est un ennemi de la biodiversité ; L. place un rideau près des cerisiers pour attirer les insectes et nourrir les chauve-souris.
Au deuxième coup, L. pose et conserve le phénix, ne pioche rien.
Après le troisième coup, M. a cinq cartes de plaines. Les bulldozers sont dans la plaine.
Après le cinquième coup, il en a sept, et quatre rubans, plus la coupe de saké. Bien sûr, les destructeurs de l’environnement sont ivres de pouvoir. Ils se décorent à qui mieux mieux.
Au sixième coup, il chipe la grue. Même les migrateurs alors.
Au septième coup, il pourrait marquer 1 point (9 plaines + la coupe), mais risque le koï-koï. Le capitalisme est toujours si vorace.
Au final, personne ne marque rien. Ça arrive. Est-ce que ça arrive que la voracité du capitalisme soit tenue en échec ? Momentanément, sans doute. (On a vu plus haut que M. a gagné.)
La 2e manche commence presque comme la 1e : papillons pour M., + 1 paire de plaines ; poète pour L. Au 2e coup, L. prend le coupe de saké et le phénix. Et au 3e il pioche la lune, donc il met fin à la manche et empoche ses 5 points. La victoire provisoire des militant·es (Extinction rébellion, Soulèvements de la terre ?) s’est faite de nuit (sous la lune), en catimini, dans une forme d’ivresse mesurée (L. n’a pas cherché à faire durer l’avantage du saké).
La 3e manche commence avec l’attaque de L. qui prend le ruban d’érable avec le sika. M. prend la bouscarle. Après 4 coups, L. a sept plaines et trois animaux, deux rubans seulement. Au septième coup, malgré un yaku, M. doit relancer (11 plaines donc 2 points seulement). L. ne prend rien. M. prend la lune, pioche la grue, marque in extremis les trois lumières auxquelles s’ajoutent les 3 points des 12 plaines. Le capitalisme extractiviste triomphe.
L. est défait. Le capitalisme extractiviste triomphe.
L’envie de tenter l’allégorie est également défaite. Non, en fait, on l’a écrite sur le côté, après coup, après coups (et blessures). Ce forçage est-il une reprise du forçage des ressources naturelles par le capitalisme extractiviste ? Du forage ? Une partie de Koï-Koï peut-elle dire la tragédie du monde ? M., l’adversaire, se nommait Meami : Miami ?
On fera ça une autre fois. Non, le mal est fait. Ne pas résister à la tentation d’appeler ça une “mallégorie”, une allégorie qui fonctionne mal, une allégorie viciée, et avec un mot-valise : mallégorie
Par contre, la partie, avec 1 manche nulle, 1 manche gagnée à 5 et 1 manche perdue à 18, offrirait des possibilités du côté de l’esquive par les chiffres.
15:21 Publié dans Koï-Koï | Lien permanent | Commentaires (0)
2026 ֍ SAD, 10
Ici : « fais ce que voudras ».
Pourtant, ce n’est pas facile
Quand le temps vous tient en laisse.
Lessive des amours :
S’il pleut au printemps sur les
Draps, signe de trahison.
09:57 Publié dans 2026 ֍ SAD | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 09 mars 2026
2026 ֍ Affiquets, 10
Dans ce gobelet en plastique – se rappellera-t-on toujours que ces objets furent d’abord baptisés “éco-cups” ? – marqué du logo de l’école élémentaire primaire où les garçons furent élèves, se trouvent sept stylos-bille de couleurs diverses, et dont il faudrait vérifier s’ils marchent, un stylo quatre couleurs, un crayon à papier, un critérium, un feutre saumon et un surligneur rose. Il y a un autre pot à crayons, qu’on gardera pour une autre fois, pour un autre texte. Comme on n’écrit plus guère – tout passe par l’ordinateur – ces innombrables stylos ne s’usent jamais, voire s’accumulent, et même les corrections de copies ne suffisent pas. Il y avait aussi un crayon à papier – ou “crayon de bois” comme on dit en Touraine – de couleur bleu gris, mine cassée depuis des temps immémoriaux, et que je viens de foutre en l’air jeter à la poubelle. Il y a quelques semaines, j’ai cru apprendre lors que je viens d’aller vérifier car le mot ne me revenait pas appris que “surligneur” se disait evidenziatore en italien.
06:41 Publié dans 2026 ֍ Affiquets | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 08 mars 2026
2026 ֍ Bobines, 10
In memoriam F. Wiseman
dans ce film il y a peu de filles
gros plans visages
il y a la prof qui explique doctement
ou alors ça se mélange avec la série un peu kitsch
gros plans visages
lèvres
surgé goguenard et blasé
sa mine goguenarde se confond avec celle
du flic tête-bêche sceptique
des bobards de son collègue
il y a un cadavre aussi
il y a un cadavre
il ne faudrait pas écrire « aussi » —
il y a un cadavre
on sait que c’est un documentaire et qu’on voit un cadavre
et puis non le type est ivre mort
mais pas
mort
comme dans cette séquence terrible chez Depardon
on sait ce qu’on a vu
on voit ce qu’on voit
on fait avec
la pellicule grise du temps qui passe
16:47 Publié dans 2026 ֍ Bobines | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 07 mars 2026
2026 ֍ Cantilènes, 10
impénétrablement
la pointe s’enfonce pourtant
comme un ciseau acéré
dépareillé mais cinglant
faisant saigner les souvenirs
tout se hausse le col
d’importance
et d’arrogance
justes couleurs
qu’on disait carmin quand j’étais petit garçon
(sept ou huit ans)
le ciseau pointu a percé
le sens de cette cruauté-là
à contresang
au sein de l’espace
et même au plus profond du sanctuaire
la pointe prend
13:30 Publié dans 2026 ֍ Cantilènes | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 05 mars 2026
2026 ֍ Effigies, 10
Fringué comme l’as de pique, ça arrive souvent il faut le dire, je regarde le photographe en grimaçant, et vu que le photographe m’a cadré avec la liste des plats du menu à 12,50 € et que je me suis approprié cette image en la publiant dans ma galerie, je lui ai donné le titre « La vérité métonymique sur Guillaume Cingal ». Suis-je censé être une assiette de crudités, une tarte savoyarde ou un pavé de bœuf ? c’est au spectateur de le dire. Sans doute ai-je abusé du concept de métonymie. Sinon, il va sans dire que je n’avais aucun souvenir de cette photo, mais qu’il est hélas tellement probable de me voir habillé, surtout à la mi-saison, avec une chemisette bleu marine sous laquelle on devine un t-shirt (orange) pour la réchauffer et une veste noire par-dessus que les premiers mots de ce texte s’imposaient : fringué comme l’as de pique. La chemisette bleue était un des classiques des séjours landais, car, ayant appartenu à mon beau-père, elle était restée dans la maison de famille de C*. Trop usée, elle a fini par finir au rebut. L’as de pique, lui, se porte bien.
07:44 Publié dans 2026 ֍ Effigies | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 04 mars 2026
2026 ֍ Ritournelles, 9
Avant même de me lever, tandis que je somnolais, je me suis aperçu que me tournait dans la tête, sans que je sache pourquoi ni comment – c’est souvent le cas avec les earworms –, Maria en la playa de Compay Segundo, dont je chantonnais l’air ensuite tout bas en préparant le café et en vaquant aux premières activités de ce mercredi casanier. Cet air a la particularité d’exiger, de moi en tout cas – je ne peux parler que de moi ici –, qu’on en chantonne surtout la mélodie jouée par la clarinette. Il y a des chansons dont la mélodie, et surtout tel ou tel instrument, est plus obsédante que les paroles ou le chant lui-même.
Cela a duré, assez peu finalement, jusqu’à ce que, dans le chapitre à traduire, je tombe sur l’expression « white knight » (que j’ai d’ailleurs sous-traduite, mais c’est une autre affaire), et que, à mon grand malheur et plus encore au grand dam de C., la chanson qui s’incruste dans ma tête pour le reste de la journée soit celle du chevalier blanc dans le somptueux nanard – jamais revu depuis 1989 ou 1990 – de Coluche, Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine. C’est terrible car je connais les paroles – assez brèves il est vrai – en entier.
(J’ai diffusé la chanson dans la voiture, en milieu d’après-midi, grâce au Bluetooth, et C* m’a demandé si c’était Éric Morena qui chantait. Je pense que ça peut être n’importe quel chanteur d’opérette capable de parodier le style de Mariano., et d’ailleurs, vérification faite, le chanteur se nomme Olivier Constantin.)
18:30 Publié dans 2026 ֍ Ritournelles | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 03 mars 2026
2026 ֍ SAD, 9
Cette angoisse que nous étreint,
Cette angoisse que l’on recycle
En propos sans discernement :
Trains de paroles, farandoles (l’eau
Y clapote), et même
Mensonges pour se faire peur.
05:55 Publié dans 2026 ֍ SAD | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 02 mars 2026
2026 ֍ Affiquets, 9
Sur cette petite boîte noire – ou faut-il l’appeler étui – plus grande que celle de mes écouteurs JBL, est inscrite la marque, Jabra, inconnue de moi. Il y a quelques mois, quand j’ai trouvé cet objet dans la voiture, j’ai fait le tour des quelques personnes qui pouvaient avoir égaré des écouteurs, dont les camarades de ping-pong, mais l’énigme est demeurée entière. Quand on l’ouvre, la petite lumière verte – orange, maintenant que j’en ai refait l’expérience pour écrire ce texte – indiquant la charge s’allume, puis s’éteint au bout de deux secondes, le clapet refermé. Je ne suis pas allé jusqu’à tenter d’utiliser ces écouteurs, toutefois, sans doute parce que je me sers déjà infréquemment des miens, et aussi parce qu’on ne sait pas dans quelles oreilles ça a traîné. Traîné, c’est ce que fait cette boîte noire sur mon bureau. Que fait cette boîte noire sur mon bureau ?
06:38 Publié dans 2026 ֍ Affiquets | Lien permanent | Commentaires (0)
dimanche, 01 mars 2026
2026 ֍ Bobines, 9
L’adversaire renvoie la balle de celluloïd avec la tête, Marty la lui renvoie en soufflant dessus ; l’arbitre a l’air blasé.
D’un carton vidé par une fenêtre s’échappent des centaines de balles jaunes, qui roulent et rebondissent sur le trottoir.
La première image, il me semble, est celle d’une boîte à chaussures.
Des facilités de mise en scène, comme la tête dépitée puis furieuse de l’industriel quand le pongiste ne respecte pas le contrat.
Des têtes, des gestes, des regards.
Pour le tennis de table, il faudrait savoir si c’est si dur que ça de filmer un point sans utiliser la caméra fixe des télédiffusions sportives.
La balle file, le film moins.
T. C. est excellent.
06:45 Publié dans 2026 ֍ Bobines | Lien permanent | Commentaires (0)









