« lun. 15 mai - dim. 21 mai | Page d'accueil
| lun. 29 mai - dim. 04 juin »
dimanche, 28 mai 2006
Dieu sot loué
Pour une coquille, un i manquant, quelles guerres de religion ne seraient-elles prêtes à renaître ?
18:10 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (2)
Xenophonia
Il n'y a rien, je pense – à l'exception peut-être des courses automobiles – de plus inepte, de plus bruyant et de plus indécent qu'un meeting aérien.
Dans une page d'un essai écrit par une traductrice renommée, je repère deux fautes de syntaxe, pas moins. C'est un peu inquiétant.
Xenophonia : Bojan Zulfikarparsic est de plus en plus féru de sons discordants et de longues plages qui flânent vers la stridence.
Ce matin, le château de Blois était beaucoup plus beau qu'en ce lundi de juin 2004 où nous l'avions (re)découvert. Fouiner pour retrouver le grand guide.
"Le poulet n'a pas de cloaque."
16:35 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne
samedi, 27 mai 2006
Chatoiements de la kora
Comme votre kora se déplie en volutes, comme les violes perdues dans les kyrielles ! J’attends un virement, un revirement du khât dûment mâchonné, krill offert aux baleines voisines.
Été saisi d’effroi, combien tu fais d’efforts ! Au moins, chaque plainte qui monte du lac est chatoyante, comme un sourire dure.
17:50 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 26 mai 2006
Souvenir de Poitiers
Une rengaine amusante, absurde, chantée de façon chaloupée, modestement maniérée, adroite et astucieuse :
Je suis l'homme à la tête d'ail / Celui qui vous prend bien / Le chou
Il y a un an exactement, juste avant de créer, chez ce même hébergeur, mon premier carnet, je proposais, en avant-propos d'une communication sur les formes de l'illisible dans un roman de Wole Soyinka, une réflexion autour de trois refrains dénués de sens dans une chanson de Gérald Genty. J'ai eu mon franc succès (in the worst possible sense).
19:05 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne
XIII : Six yeux
Il se dit que viendra l'heure. Il se dit, dans les cercles autorisés mais restreints, que ce n'est pas le bon goût qui étouffe les chrétiens, dans ces parages. Toujours est-il que la fatrasie peut avoir l'heure pour seule contrainte, sans que l'un ou l'autre Samuel vienne nécessairement poser ses yeux narquois par dessus mon épaule, et ce sera, justement une fatrasie, ni pour les arrogants ni pour les vaniteux, ni les prétentieux ni ceux qui se pavanent, confits dans leur fatuité... enfin, c'est trop peu dire qu'il se dit quelques dilemmes de plus, au moment où la ligne de l'horizon vient couper le soleil dans sa course, avec le chant des sirènes, la fête aux étoiles, et ces conciliabules silencieux entre six yeux qui s'interrogent.
18:35 Publié dans Voici venir Samuel B. | Lien permanent | Commentaires (0)
Ça, ça va plaire à Joye
J'allais vers le faucon.
(I was going hawkward.)
17:57 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (7)
De l'eau sous les ponts
Parfois, d’avoir bu une tasse de café trop amer ou trop fort, vous vous retrouvez avec une soif inétanchable – peut-être due, surtout, aux deux tranches de poitrine fumée « à la gitane » qui composaient votre déjeuner une heure auparavant – et buvez, dans la foulée, des litres d’eau. Vous apprenez le même jour qu’une jeune femme vient de publier un ouvrage qui, dans l’esprit, est très proche de votre œuvrette en 31 brefs chapitres, et qu’elle rencontrera ses lecteurs à la librairie Le Livre, mardi soir. On croit rêver.
13:53 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne
J'allais le dire
Les vendredis interstitiels, placés au milieu d'un pont, sont aussi providentiels, la scène de bien des miracles. Ainsi, ce matin, à l'université, dans la salle des casiers, j'ai vu, pour la première fois en quatre ans, une collègue, notoirement folle et absolument spectrale. C'était la seule personne du département d'anglais que je n'avais jamais rencontrée, alors que je passe trois jours par semaine, au moins, on the premises...
On ne décrit pas le Graal.
J'allais le dire.
09:49 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 25 mai 2006
XII (?)
J'avais songé, pour ce jour, à une éclipse, mais, en fin de compte, c'est plutôt inopportun.
Ainsi donc, souscrivons à la méthode romantique, et rengainons dans son fourreau l'acier sanguinolent. Tous ces sons rugueux de bastonnades, de plaies et de blessures, laissons-les pour leur préférer le style plus doux de l'Amour, et pour laisser le lecteur trouver quelque repos.
(II. 1. 1-6.)
09:25 Publié dans Voici venir Samuel B. | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 24 mai 2006
Du liant
Ce n'était pas une journée très laborieuse. Pourtant, j'ai traduit dix pages. Cela glisse tout seul, et à ma grande satisfaction, tous aspects confondus.
Cet affreux mal de dos me retient de poursuivre, ça et l'envie de lire un peu. (Je ne lis plus guère, je n'écris guère plus.)
Dix mots encore (six), et j'irai me pieuter. C'est fait.
23:03 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)
XI : Sur un banc
1893. Sur un banc, sa besace près de lui, l'homme voûté lit un livre, ou une brochure. Il est vêtu de manière rustique, peu apprêtée, hormis l'inévitable chapeau melon et la barbe taillée avec maestria. Un parapluie, dont seule se devine la pointe, nous remémore le temps qui passe.
18:35 Publié dans Voici venir Samuel B. | Lien permanent | Commentaires (0)
Virée nordique
Mercredi a été peuplé par le violoncelle de Truls Mørk, jouant les suites de Britten, la voix de Peter von Poele (avec cuivres et sentences énigmatiques), et le medium band que dirigent, dans l’album The Source and Different Cikadas, Trygve Seim et Øyvind Brække. Un trièdre complexe – finement architecturé – de tessitures et d’octaves a scandé la marche des heures.
17:47 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE
Recyclage
À une époque où les journalistes de cinéma parlent tous de "vol vert" pour le dernier Almodovar, on peut se dire que ça apprendra aux minus des boîtes de production à ne plus faire le moindre effort pour traduire les titres des films, mais aussi que ce n'est pas la culture ni la curiosité linguistique qui étouffent nos contemporains.
14:54 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (4)
Clef squelette
Un nouveau tour de passe-passe, et le chamois se retrouve dans le lit, avec le petit garçon. Fredonnements, bourdonnements. Un ange passe.
Tandis que, dans la nuit, insomniaque, la mère du petit garçon fait le repassage, le petit chamois fait mille cabrioles. Louis XV s'assoit dans un fauteuil. Le bon Saint Eloi lui dit : "Oh, mon roi..."
Le sommeil s'en est allé, trépassé, à cheval sur une chèvre. Un ange passe (derechef). Le loup a toujours grand faim, et, dans le ciel, volent les vautours, ces merveilleux rapaces. Défroissée, la chemise a des allures de montagne.
Sur les pierres, les chèvres cabriolent.
14:20 Publié dans Kyrielles de Kaprekar | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 23 mai 2006
Google wharf
Sur le célèbre programme Google Earth, on reconnaît en détail chaque image du quartier où c'était a grandi ; en revanche, le village où j'ai vécu de six à dix-sept ans est entièrement invisible. It seems that the territory is chartered in a very disorderly way. (Je précise qu'il n'y a ni camp militaire ni usine classée Seveso près de Cagnotte.)
19:20 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)
Tiraillements
Envoûtante, lyrique, capricieuse, la onzième des Rhapsodies hongroises me soutient dans mes efforts, l'exercice périlleux du saut de corde d'une langue l'autre, ce qui ne manque de me réjouir, car, si je ne vis pas à Onzain, si je n'aime pas le football plus que cela (je le regarde à la télévision trop souvent, même à mon goût), je suis féru du nombre 11, qui structure un nombre non négligeable des rubriques (ou catégories) de ce site, et, sous la forme de l'hendécasyllabe, a donné de très beaux vers à la langue française. Nous dansons, mon clavier et moi, et le funambule fait des pirouettes de phrase à phrase, entre le clocher et les étoiles. Sur une autre corde, plus mince encore, plus brillante aussi, Roberto Szidon m'encourage de ses arpèges, et mes doigts virevoltent, s'élancent, souples dansent.
16:40 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE
Vieux père au poing
Ils ne pensent pas souvent à leur vieux père.
Le personnage qui dit cela est une sorte de démon minable, de petite brute imbue de pouvoir. Il est heureux, ici, que l'expression vieux père soit si proche, en français, du substantif vipère, avec ses nombreuses connotations métaphoriques et culturelles.
(Heureusement, surtout, que je ne m'interromps pas dans ma traduction à chaque fois qu'une remarque comme celle-là me vient à l'esprit.)
15:20 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (1)
Avant
Encore le palais tapissé du café très fort bu à sept heures, il décide de passer outre cette sensation de lourd velours et de se préparer une pleine théière de thé vert, moins excitant mais plein de saloperies. Sinon, jamais il ne s'y mettra. Il doit couper court à la cascade de sons qui, le parcourant, demandent à lui sortir par les doigts, les dents, les orteils. Comme s'effondre son monde, encore le soleil perdu dans les nuées, il coupe le gaz sous la bouilloire qui siffle d'albionesque façon. Il lui reste à accomplir des efforts titanesques pour se remettre de cette bouffée charnue qui s'était emparée de son corps, avant.
14:00 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne
Luc
Vous misez gros sur mes miniatures. Ma vie file entre les ratures. Je suis mon scribe, et gribouille mon spectre. Ai-je oublié ma promesse d'écrire des gabay en français (si tant est que cela soit possible) ?
On voit se profiler, à l'horizon découpé par les fémurs, les ramages, les mirages, quelques miniatures qui prennent de l'embonpoint avant de regagner la berge. Plus proches, ce sont des cygnes qui, nonchalants, hautains, se refusent à vous lorgner.
Il ne vous reste qu'à remballer votre pognon, et aussi vos quignons.
12:40 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)
Léman
La peur aux tripes, il n'est pas question d'extirper ces escarbilles de ton regard ensoleillé, puisque s'envolent les sarcelles, les flamants, et même les cygnes, pourtant si élégants à la surface du lac. Autant de ratures que de sous dans ma sébile ; autant de fous en bisbille de sous dans mon escarcelle. Sur les rives du lac, je continue de peindre.
Vous passiez en fredonnant l'air si ténu, si joli, si poignant, de l'Allegro qui vient clore le Trio pour piano KV 542. Comment l'ai-je reconnu ? Ma vie glissait entre les rides, à la surface du lac.
11:20 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE
Mieux disant
Ruissellent les heures, et, quand elles s'en vont, elles pèsent lourdement sur les fantômes envolés des rues. Rameutez les faunes ahuris, les donzelles d'autres dynasties, elles qui, la peur au ventre, désertent les infinis.
(Il faudrait tout de même que j'extirpe de leurs cartons mes vieux écrits, pour les dépoussiérer.)
Respirons de concert, avec des flammes dans les yeux.
10:00 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (1)
X : Traduit de la nuit
Vous avez, les scrutant, démonté les mécanismes du roman. Traducteur, vous avez suivi un sentier semé d'embûches. Jamais les amis de Barclay ne vous laisseront en paix, à ceci près que vos idoles ne sont pas idolâtrées, vos lares ne sont pas hilares, vos muses jamais ne s'usent, et que vos édredons dorment sous la promesse du grand pardon.
09:25 Publié dans Voici venir Samuel B. | Lien permanent | Commentaires (0)
V
Dans le salon où la douleur gagnait les tentures, je lisais V de Thomas Pynchon ; il me revint en mémoire une publicité radiophonique pour une société de maroquinerie ; quand je la chantais, on me taquinait pour moins que ça.
(Où je m'imagine dans le passé, ce qui ne se peut.)
00:05 Publié dans Arbre à came | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 22 mai 2006
Paronymes
Quand, sous les doigts gourds de trop tapoter, après seize pages traduites, la femme devient gemme, je me dis qu'elle est (assurément) un or précieux, une émeraude qui illumine les nuits, mais qu'il est temps d'aller rejoindre mon oreiller.
23:55 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)
IX : Un peu d'ekphrasis, que diable !
En veston noir, les cheveux ondulés, d'âge moyen à mûr, les mains croisées sur l'aine, il arbore une chaîne de montre qui nous scrute tout autant que les yeux tendres, affables et mélancoliques, par-dessus des lunettes d'une rare élégance, comme sa barbe impeccablement soignée. La chemise, que l'on devine de lin, offre une prairie au regard, à moins que ce ne soit, vers ce regard auquel toujours revient ton regard, l'envol d'un papillon, comme né de la dernière pluie.
18:35 Publié dans Voici venir Samuel B. | Lien permanent | Commentaires (0)
Amis
Mon fils a composé un joli dessin pour son meilleur ami, qui va partir à l'hôpital à la fin de la semaine afin d'y subir deux opérations très lourdes. Il a choisi une photographie d'eux deux qu'il aime beaucoup, l'a collée au milieu d'une pelouse et d'arbres dessinés, puis ajouté des gommettes.
Je ne sais pas si je serais encore capable des amitiés violentes de l'enfance. Je sais que je suis devenu incapable de haïr comme jadis.
17:33 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (7)
Infinis
Le diable bat sa femme.
Pris par les figures de Plotin et les ombres des hiboux, je me laisse transporter par la sixième des Rhapsodies hongroises, en tentant de ne prendre garde aux battements de cils insensés du soleil et des nuages. Ma peau est un clavier où s'exclament des éclairs infiniment muets.
14:30 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE
Grimpe, grimpe
Un vent atroce arrache tout sur son passage. Mes veines tremblent, frémissent. Le désarroi grandit, dans ce reflux affreux des folies. Le temps se joue de moi, mais n'est-ce pas cela depuis les premiers lacets de notre escalade ?
12:15 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)

