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mercredi, 17 octobre 2007

Rue du Chaudron

    Comme il avait failli, un matin, mourir d’épuisement en remontant la rue du Chaudron, ne humant pas le moindre cri de gabarier sur ces parages, il se forçait à passer systématiquement par la rue du Chaudron, même si ses pas ne devaient pas l’y conduire et même si cela représentait un détour d’une demi-heure. Il s’était donc, petit à petit, métamorphosé en une créature toujours ambulante, qui avait vendu sa voiture, sa bicyclette, et cessé même de sortir de sa ville, à l’exception de quelques virées en train jusqu’à des villes dont il avait découvert qu’elles possédaient, elles aussi, une rue du Chaudron. Toutefois, ces rues s’avéraient toujours d’une platitude consternante : toujours horizontales, ou à peine pentues, sans rapport avec le raidillon monumental de sa rue du Chaudron. Il voyageait, voyait des pays, notait tout, soignait ses rhumes par une boulimie de marches forcées qui incluaient toujours, peu ou prou, des passages divers par le belvédère de Sainte-Radegonde et la rue du Chaudron, où il avait failli, un matin, mourir d’épuisement.

15:55 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Ligérienne, Littérature

Après le déluge

    Que de temps passé et que d’eau écoulée depuis que l’on foula ce sol hostile, après des journées de canoë, des heures de marche, des nuits passées à essayer de retrouver toutes les rimes du nom Joan – ce qui ne va pas sans dire –, et dans les ténèbres découvrit cette montagne sculptée, ce temple comme inca, dont jour après jour par familles ou faisceaux d’amis nous gravissons les degrés jusqu’à ne plus savoir le goût de la sueur sur nos mentons, comme à l’époque des canoës.

09:40 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, écriture

lundi, 15 octobre 2007

Treize tropes

    Revigorée par le jet, la douchette dans la baignoire ondule comme un serpent. Tu as saisi tes sabots pour me les jeter à la figure. Trop, c'est trope, as-tu crié. À peine un gendarme est-il passé dans la ruelle que tu t'es radoucie. Je lèguerai mes manuscrits inexistants à un mécène célèbre.

C'est dangereux d'être treize à table. Pourtant, Phèdre attendait le retour de Thésée sans la moindre inquiétude. Tu as alors crié que tu te sentais comme une tortue d'eau d'une espèce menacée. Cela m'a paru curieux, mais il y a belle lurette que je ne lis plus les romans de Peter Matthiessen.

Dans les champs du Seigneur on s'amuse follement.

19:06 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Fiction, écriture