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dimanche, 16 octobre 2016

Le même jour dans les deux pays

    15102015. On fête l'anniversaire, le dixième, de la coopération franco-allemande, avec des formes géométriques tellement seventies, vasarélyennes, et la bannière collée légèrement de travers (donc cet album a été constitué par le vieux monsieur qui me l'avait donné). Le yucca, trois ans après les grands coups de cisaille, a fini par reprendre du poil de la bête. Et elle tira de dessous son manteau un objet qu’elle présenta au roi.

« Tel est le sens de l'émission, le même jour dans les deux pays,  de cette même figurine postale. » Combien de phrases peut-on écrire, sans donner l'impression de faire le malin, avec des mots commençant par la lettre Y ?

Après de longs pourparlers, je finis par trouver une yourte, qui est abandonnée pour moi par la famille de ses propriétaires. Le calice du gland est aussi plus grand & plus velu que celui de l'yeuse. Non, je préfère garder la Rolls et même le yacht. Et Armandine montrait du doigt, au-dessus du squelette du vautour, tué dans la première chasse au yack, le bouquet offert à Mme Ismérie. Aux horreurs des noyades en masse ils s'empresseront d'ajouter celles des brûlures d'ypérite.

23:41 Publié dans Oblitérations | Lien permanent | Commentaires (0)

Pas encore ce soir

    Course contre le temps, envie d'écrire des poèmes, envie de lire et surtout ça fait cinq jours que je n'ai pas traduit une ligne, me mettant ainsi déjà en retard sur des délais imaginaires, au lieu de quoi chimériquement je transcris des relevés de notes jusqu'à quelle heure le soir, je ponds des lettres de nomination officielle que je scanne une à une avant de les envoyer à l'étudiant-e ou directement à l'université partenaire, à quoi ça rime, à quoi ça frime, le scanner maladroitement fait tout ça plus lentement encore que moi, et je m'use un peu, il me reste tant de choses à faire avant de pouvoir aller au lit, encore ce soir je ne lirai guère, encore cette nuit je ne traduirai pas. — On se coupe les ongles dans la grande dérobade du temps sous le carrelage, les rainures dans la salle de bains sont les fines lignes de toute radiographie, la feuille s'émiette quand les yeux partent en vrille, et pourquoi alors repenser aux carreaux vieux rose de l'ancienne salle de bains, dans la maison quittée fin 2008, ou même aux bains pris avec ce savon spécial très puant et corrosif prescrit par notre amie la dermatologue à Beauvais contre l'infection au pityriasis rosé de Gibert ? — Pas encore ce soir la grande moutonnière accoutumée brairie, pas encore ce soir qu'on brait, pas encore qu'on échappe aux souvenirs étoilés.

22:01 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)

Bashō par Buson, temps lointain immobile

Untung-untung

    16 octobre 2015

an amazing find

lightens up my evening

cold though the moon is

 

bashobybuson.jpg16 octobre 2016

J'avais écrit ce (mauvais) haïku en anglais afin de signaler la découverte de nombreux inédits de Yosa Buson (dont je me rappelle la découverte, dans la collection “Orphée” des éditions La Différence, à Bordeaux, encore adolescent (traduction de Joan Titus-Carmel)). Or, ce même 16 octobre, un an plus tard, François Bon consacre une vidéo à la question — déjà périmée — des rapports entre littérature et ordinateur en partant/parlant de Bashō.

Ainsi, bonne raison d'illustrer, une fois n'est pas coutume, cette rubrique à la manière du temps immobile avec un portrait de Bashō par Buson. Oui !..............

........... où je découvre aussi que Bashō signifie “le Bananier”.

10:00 Publié dans Unissons, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

Face à ce qui se dérobe

    Je n'avais jamais lu Face à ce qui se dérobe.

« Une fonction n'avait plus envie de fonctionner. »

Or, hier, hors de cour, j'ai enchaîné. Enchaîné, c'est difficile. Quel texte, quels textes. Comment Michaux donne, non l'envie d'avoir le bras cassé — ni les 27 os de la main ni rien d'autre, ce n'est pas là que ça se joue —, mais la perception de ce qui se trame dans un corps, ce qu'on ourdit, ce qu'un individu seul machine pour prendre corps, pour être aux prises avec sa propre machinerie.

On ne peut pas lire ça à la dérobée.

La musique si particulièrement échafaudée des pages sur la sanza (qu'il orthographie, même au singulier, avec un -s final) n'autorise aucune dérobade.

Peu importe que les microbes s'avancent en robe ; ce qui se joue n'est pas un jeu, mais telle musique, telle savante orchestration, exploration du trop-plein de sensations. Comment la langue de Michaux — comment quelque chose qu'il cherche à s'approprier et à nous jeter à la face, à regimber pour mieux nous balancer à la figure la cadence et la force des cinq sens — peut-elle encore nous surprendre ? (J'emploie ce nous comme lui, en majesté.)

« Musique, non comme langage, mais musique pour passer l'éponge sur les aspérités et les contrariétés de la vie quotidienne. »

Le sol se dérobe, bien sûr, mais le texte, qui se force, se fortifie, s'affermit, s'aplanit, s'agglutine, s'alunit, s'accroche et s'enroule, tout ça sur la langue, le texte qui se fortifie sur la langue avec la vigueur du corps en parole, ne peut se dérober. Le texte est là pour rempart. Le texte est là pour résistance.

Et toujours avec lui cette lumineuse impossibilité à croire qu'en tâtonnant, qu'en pariant sur le non délibéré, il ait pu tomber pile sur cette orchestration éblouissante (avec lui comme avec Dubuffet).

Et finir dans l'inachevé, sur « l'autre vie, la contre-vie ». Celle aussi que lui nous tend, comme un filet ou une corde.

 

09:19 Publié dans Les Murmures de Morminal, MAS, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 15 octobre 2016

▬88▬

8 juin 2015, en fait 15 octobre 2016

 

    pictogrammes dans les volcans

ridés par le vent

invisible

 /   natures petites pour une autre mort

tarabustant

effrontées la cible

/   manigances la nuit dans le port

paradis artificiels au verbe qui rend

sa fin comestible

15:12 Publié dans Prison des tempos | Lien permanent | Commentaires (0)

Münchberg mi-octobre

Untung-untung

    15 octobre 2015

À 4 heures du matin, vérifier sur Google Maps le trajet Krefeld-Lauterbach-Münchberg, histoire de comprendre quelque chose à la fin du chapitre 28 de Between Two Worlds.

 

15 octobre 2016

La mi-octobre est souvent productive, quelque chose dans l'air entre la douceur et l'hiver peut-être. Ce matin, j'ai dormi plus que de raison : réveillé à 7 h 15. D'autres traductions m'attendent ce week-end.

Question subsidiaire : en quoi le fait de disposer d'outils rapides et faciles d'accès a-t-il changé notre manière de lire les livres même sous leur format classique ? Surface ou profondeur ?

08:55 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 14 octobre 2016

Latin

Untung-untung

    14 octobre 2014

Trop bossé, mal de chien à la nuque, plus la force de néflier, et en plus mon fils aîné a eu 22.5/20 en latin.

 

14 octobre

Maintenant en seconde, A*** n'a plus de cours de latin, car, pour poursuivre il aurait dû s'inscrire dans un lycée à trente minutes (au bas mot) en bus. Donc, entre 10 minutes aller-retour à pied (nous habitons à côté du lycée Vaucanson) et des journées grevées par une heure dans les transports en commun, nous avons été les premiers, nous ses parents, à comprendre l'abandon du latin. Ça ne rime à rien de vivre en ville si c'est pour passer plus de temps de transport que quand j'étais môme dans ma campagne paumée.

09:49 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 12 octobre 2016

Peinturlurage

11 octobre, circa 23 h.

    La noirceur est parfois éclairée de brumes anodines. On remonte une rue comme le cours du temps, sauf que le sens jamais le même. Les grilles les grilles ont des beautés de jeune fille. Ce n'est pas grand-chose, et pourtant la noirceur se satisfait de cela, peut-être parce qu'un lampadaire éteint n'aura jamais le charme d'une grille où s'exprime quelque idéal oublié.

On frôle une rambarde dans la nuit, mais ce n'est pas ça, la noirceur. La noirceur n'est pas dans la main, elle est dans les pensées. Il se peut qu'elle soit dans un geste farceur.

Quel temps fait résonner la noirceur à 50 %. Si tu ne fais pas les choses à moitié, alors ce sera ta main qui prendra la contagion. La chaîne du vélo semble tintinnabuler, mais pas du tout, rien de tel, la ville est déjà endormie alors que le soleil est à peine couché. C'est le long du cours du temps, comme on bat le pavé en remontant la rue, que s'agite éternellement cette petite clochette gracile et douloureuse, l'âme en émoi, la noirceur, à remonter, comme on remonte les ponts, comme on remonte les pendules.

Que vois-je avant le pont ? Même la noirceur est peinturlurée en rose et en bleu, en sommeil en souffrance, en rien du tout.

Mieux vaut faire un film, s'en tenir à faire un film, ne pas lever les yeux vers la collégiale, oublier la marche du temps, la noirceur incompréhensible et absente.

10:44 Publié dans Aujourd'hier, Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 11 octobre 2016

55 bouteilles

    Mon fils aîné rentre d'une journée de stage pratique organisée dans le cadre de l'enseignement d'exploration “Sciences & Laboratoire”. Ce stage avait lieu au lycée viticole d'Amboise, et consistait à initier les élèves aux vendanges, puis à établir un certain nombre de liens avec le contenu du cours (vinification, processus chimiques naturels...).

Il me dit avoir vendangé pendant deux heures et calculé – cela faisait partie des travaux – que sa récolte correspondait à 55 bouteilles. Cela, dois-je l'écrire, me paraît énorme : bien sûr, c'est d'une faible rentabilité par rapport au coût du travail, surtout dans l'optique hypothétique d'un travail non mécanisé, mais comme il 'agit là d'un adolescent et d'un débutant je trouve très élevé ce chiffre de 55 bouteilles pour deux heures de vendanges par un jeune sans expérience.

(On ne manquera pas d'ironiser sur le choix de l'activité agricole en question, mais enfin, nous sommes dans une région viticole, et, s'il y avait dégustation, seuls les mineurs autorisés par leurs parents avaient le droit de goûter, sommairement et peut-être même en recrachant.)

 

18:31 Publié dans 721, Narines enfarinées, YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

Galops

    paroles, ce sont des galops d'essai

à tourner sans fin sur le tapis roulant

l'hésitation qu'il y a de la lèvre à la coupe

& la conquête du cheval

prend une autre mesure quand

on pense à ces milliers de bouquins tout d'écume

leur dos même se fripe

 

& te voici fumant ta pipe

en t'abreuvant de sa brume

réchauffé seul par ta toque en astrakhan

tout devenu égal

pour aller servir en poèmes niais la soupe

à un monde d'idées stérile croulant

tu veux baiser y a que ça de vrai

 

14:40 Publié dans Quatorzains concentriques | Lien permanent | Commentaires (0)

Leçons par la poésie

Untung-untung

    11 octobre 2015

Les photos de Wynn Bullock sont parfois plus kitsch, clinquantes que celles d'Aaron Siskind, mais peut-être est-ce parce qu'il a plus expérimenté, pris plus de risques. Peut-on en tirer des leçons pour la poésie ?

 

11 octobre 2016

À l'âge où ça devrait, plus que jamais, me sembler ridicule, je suis prêt à m'assumer — peut-être est-ce un aveu d'humilité, après tout — comme poète. Pas de doute, la poésie — le bricolage verbal — occupe la majeure partie de ces carnets

08:34 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 10 octobre 2016

l'esprit qui turbine...

    l'esprit qui turbine

court à la fois 14 lièvres

par la grâce de la venaison

hôpital hostile à la charité

(sur Loire) un pont pour le plaisir

de l'esprit lave en fusion

ne cesse jamais de trouver qu'on se traîne

 

l'esprit bat la Brenne

et la campagne est-ce une solution

baguenauder à loisir

à débusquer les lièvres (c'est la rareté

du gibier en cette saison)

après de nouveaux vers nouvelles fièvres

à trouver toujours qu'on lambine

09102016

22:52 Publié dans Aujourd'hier, Quatorzains concentriques | Lien permanent | Commentaires (0)