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dimanche, 23 octobre 2016
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Ecrire de la poésie n'a de sens qu'à partir d'une conflagration de mots. Des mots, des paroles s'entrechoquent. On essaie de se saisir de la flamme, de la capturer un peu mais sans la diriger complètement. Le poème, souvent, n'est que calligraphie de cendres.
12:05 Publié dans Part oétique | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 22 octobre 2016
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Pas de mystique, donc.
Pas de piqûre de mystique.
On est dans la langue, on cherche à échapper au lieu précis, au moment précis qui nous voit écrire (que c'est dur à dire), mais rien du derviche tourneur.
12:04 Publié dans Part oétique | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 21 octobre 2016
Pénitence
Untung-untung
21 octobre 2012
Nouvelle traduction. Du coup, je suis tombé sur celle de Thierry Gillybœuf, qui est tout simplement mauvaise, fausse, et laide into the bargain. Thierry Gillybœuf confond l'actif et le passif, ne comprend pas la structure syntaxique du poème, et traduit “mourners” par “pénitents”, ce qui est ici une ineptie. Mais de quel droit ces gens traduisent-ils ? au nom de quel principe d'infinie médiocrité sont-ils publiés ???
21 octobre 2016
Pris dans une série de traductions d'e.e. cummings, j'écrivais ces lignes après avoir découvert, une fois encore, que, pour être publié, il ne suffit pas d'être bon — il faut être dans le bon réseau. Souvent, être bon permet d'entrer dans les bons réseaux ; parfois, être dans le réseau dispense d'être bon.
13:23 Publié dans Ex abrupto, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (1)
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L'extase n'est pas une excuse, dites-vous.
Mais si. Sans extase, pas de poème. Je ne peux tout de même pas écrire dans ce genre de langue en me tenant là où je me trouve. Pour avoir de la tenue, le poème doit s'arracher.
Il y a aussi la leçon de Guillevic, ou, différemment, celle de Ponge : s'en tenir à ce qui est là et l'arracher, l'exprimer, le traduire. Cette retenue compte au nombre des extases.
12:03 Publié dans Part oétique | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 20 octobre 2016
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On pourra enchaîner autant qu'on voudra.
La passion du mot juste n'atteindra jamais l'extase du mot qui sonne juste. Toutes les reprises de brouillons, tous les tapuscrits portent le spectre de cela.
Enchaîner = ligoter = condamner à gigoter.
On gigote dans la gangue de la langue.
Enough said.
12:02 Publié dans Part oétique | Lien permanent | Commentaires (0)
Fantômes puissants de la notation
Untung-untung
20 octobre 2011
"Il y a des groupes qui vont par ailleurs." — Phrase entendue, telle quelle, de la bouche d'une MCF en sciences de l'éducation, lors d'une réunion sur l'évaluation par compétences.
20 octobre 2016
Amusante, au demeurant, cette question de l'évaluation par compétences, car, comme M. Jourdain avec la prose, c'est ce vers quoi je tends depuis toujours (je veux dire : depuis mes débuts dans l'enseignement, il y a dix-neuf ans). La notation n'a aucun sens, non parce qu'elle discrimine ou établit des hiérarchies (cela en soi ne me pose aucun problème : un tel est meilleur en grammaire anglaise ou en traduction que tel autre, il n'y a pas à tortiller) mais parce qu'elle masque le véritable intérêt des évaluations, qui est (devrait être) de souligner le travail restant à accomplir, les priorités pour chaque étudiant.
Il y a quelques années, quand je corrigeais les travaux de méthodologie de première année, j'utilisais trois couleurs, dont une était réservée aux fautes de langue les plus graves. Et quand, il y a trois semaines, j'ai lancé, lors d'un cours d'agrégation interne, qu'à titre personnel j'étais convaincu de l'inutilité des notes, j'ai vu que mes collègues du secondaire étaient surpris, soit qu'ils soient eux-mêmes attachés à la notation de 0 à 20, soit qu'ils n'aient pu imaginer jusque là qu'un universitaire ait ce genre d'avis ou d'analyse. (Il faut dire que je répondais à une question sur les notes de l'épreuve de traductologie et que, dans un concours moins encore qu'ailleurs, la note n'a aucun sens en soi.)
(Ce billet devrait en fait trouver sa place sur l'autre blog, à la rubrique William At Work, mais bon...)
08:25 Publié dans Narines enfarinées, Pong-ping, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 19 octobre 2016
Du gourbet
Untung-untung
19 octobre 2015
Allongé dans les oyats, rêvant tête contre le milgru, mes courbatures à la brassée du gourbet.
19 octobre 2016
Pas près des dunes landaises, où fleurit l'oyat, ni à l'époque où il fleurit, je traîne sur le sable du Web :
Diverses espèces de convolvulacées rampent sur le sol et, fixant de distance en distance leurs vigoureux cordages, enveloppent parfois une dune entière dans leur réseau de feuilles et de fleurs. (Élisée Reclus)
18:01 Publié dans Droit de cité, MOTS, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
La Part oétique, 1
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Quelle pierre à l'édifice, quelle pâte à dentifrice.
Ce bijou d'un sou.
Interroger la rime, interroger ce qu'il y a de risible en elle. Vestige d'un temps enfui (pas collectif, personnel : quand j'écris en rimes, j'essaie toujours – je crois – de retrouver la journée où j'ai compris ce qu'était la poésie rimée).
11:59 Publié dans Part oétique | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 18 octobre 2016
▬89▬
9 juin 2015, en fait 18 octobre 2016
psaltérion
rare instrument
indéchiffrable
nonca nunca mas misérable
tant j'ai appris de rudiments
en touillant le ciment
maigre pour que nous errions
psaltérion sur tes cordes
seigneur sur tes miséricordes
▬
20:20 Publié dans Prison des tempos | Lien permanent | Commentaires (0)
Éperons sur cour
Pour ne pas fourcher, manquer tomber de monture en cavalant, on a inventé les étriers ou les éperons, au point de ne plus savoir si ce dernier mot a d’abord désigné un objet ou un phénomène géologique, emberlificoté dans les catachrèses comme dans une toile d’araignée, que l’opilion soit noir ou plus lucide, gris clair, beige, aux couleurs de l’arc-en-ciel un jour de pollution sur la ville endormie, et c’est bien quand on dort, on oublie, c’est bien quand on dort qu’on a peur de tomber du lit, de faire cette mauvaise chute, de se casser la figure, l’oreiller tombant lourdement avec soi sur la ligne de flottaison de l’opilion sur le carrelage, ne doit-on pas un jour abolir les images figées comme un jus de rôti.
127/721
08:21 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (0)
Fourchage
Untung-untung
18 octobre 2010
Brice Hortefeux gaffe (ou fourche) en parlant de « fichier des empreintes génitales ».
18 octobre 2016
Mes doigts se promènent sur le clavier, trop tôt, encore dans la nuit, le cadet s'étant — inexplicablement et pas trop silencieusement — levé à 3 h 30. Dans une semaine on ramassera les feuilles avec le grand balai à foin.
04:50 Publié dans Minimalistes, MOTS, Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 17 octobre 2016
“Below par”
Untung-untung
17 octobre 2013
“Maurice, the move from believing 90% of people are below par to believing that 99% of them are scum is the shift from a properly critical attitude to a misanthropic one.”
Tariq Goddard. The Picture of Contented New Wealth. O Books, 2009, p. 104.
17 octobre 2016
Rien ne me rendra misanthrope. Mon propre ridicule, si je devenais cet acariâtre, viendrait me poignarder d'un grand gloussement.
20:45 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)
Darasophie
Malgré la vitre qui opaque
un temps le temps qui tombe pluie
le cache
rendre les armes n'est pas chose facile
Tout remiser la catapulte
pour des colifichets de scandale
la vitre pose l'astragale
la vitre sourit à mon œil fatigué imbécile
la vitre prend ton poème et le scratche
la vitre s'ennuie la vitre exulte
& s'évide lentement dans la pluie opaque
04:10 Publié dans Onzains germains | Lien permanent | Commentaires (0)

