Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2006-11-21 | Page d'accueil | 2006-11-23 »

mercredi, 22 novembre 2006

Sale mort

    Des meurtres, des menaces ! Ah, je vois le genre. Un convoi lent s’élance dans la mêlée et remonte l’avenue, même sans élan ni lueur d’espoir. Apparaît une luge, pour me faire mentir.

Dans l’instant, des gueux surgissent de partout, guenilles, ricanements et bons mots. L’enfant les salue, sa luge retenue d’une main, l’affaire dans le sac.

19:40 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie

Comme / s’installer à Pornic

    Quand les jours devenaient plus longs, y avait d’l’ombre qu’en dessous du pont.

De la plage des Sablons, on aperçoit, par temps clair, l’île de Noirmoutier. Il paraît aussi que, du phare situé sur la Pointe de St Gildas, on peut observer le phare de Noirmoutier. Cela, ce sont plutôt des on dit, dirais-je. Toutefois, je ne peux avoir, à ce propos, aucune certitude. Tout juste si je me contente, et déjà ce n’est pas mal, de me prélasser souvent sur la plage des Sablons, avec Séverine, que je passe chercher, avec mon Amy 8 déglinguée, chez elle à Chauvé, un trou que c’en est pas permis, un trou à se jeter dans le canal de Haute Perche, les soirs de mélancolie.

Entre Chauvé et Pornic, on se pelote dans la bagnole. Parfois, au premier feu rouge, juste après La Bourrelière, on se roule une bonne gamelle. Séverine ne pense pas à s’installer avec moi, mais c’est dommage. Comme elle adore les promenades à vélo (et si je voulais être tout à fait exact, je devrais préciser qu’elle participe à des courses cyclistes où je vais l’encourager et l’applaudir, car elle ne s’en sort pas mal), nous avons, un jour, roulé de Pornic à la Pointe de St Gildas, puis jusqu’à Bourgneuf en passant par Préfailles, Sainte-Marie et La Bernerie. Sur le chemin du retour, j’avais les pattes cassées. Séverine, elle, cavalait loin devant, non sans me dire, quand elle revenait à ma hauteur, qu’elle n’était pas pressée, qu’elle roulait lentement pour ne pas me stresser.

J’en ai eu ma claque, j’ai bu un jus à Arthon. C’est ridicule, m’a lancé Séverine, il reste quatre bornes juste. N’empêche que même avec le jus, à Chauvé, allongé dans son lit, j’étais vidé. Le vélo, très peu pour moi. Cela ne nous dit pas si, du phare de Saint Gildas, on voit Noirmoutier par temps clair, oui ou merde.

14:39 Publié dans Tropographies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, écriture

Nostalgie vieille (un peu) de 966 ans

    En novembre 1050, Casimir Ier se présente à Goslar devant l’empereur. Il promet de rendre la Silésie et revient en Pologne ayant obtenus les faveurs de l’empereur.

C’est à Goslar, que la belle Agnès, fille de Guillaume V le Grand, comte de Poitou et duc d’Aquitaine et épouse de Henri III le Salien, donna le jour, dans le palais impérial, à son fils Henri, le 11 novembre 1050.

(Le 22 novembre, on fêta le première décade du prince, enfin remis de son ictère.)

*******

Goslar en novembre 1050, sous la plume d'historiens même amateurs, me remet en mémoire Goslar à l'été 1985, une de mes plus fortes épiphanies touristiques. Je me suis rarement, voyageant, pris aussi intensément de passion pour une ville. (J'avais onze ans. Je n'ai jamais remis les pieds à Goslar.)

12:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Histoire, Littérature

Auréolés

    Ce sont toujours des matinées belles et mitigées, quand je me trouve à feuilletter le tome I de Henri Michaux dans la Pléiade, le Voyage en Grande Garabagne (en collection NRF "Poésie") et mon tome des poèmes de Wordsworth. (Ce pourraient être d'autres livres ; ceux-ci, ce matin, pèsent de toute leur légèreté.)

Mon intérêt va croissant, non pour les coïncidences, mais pour le démon de l'analogie, tel qu'il s'exprime dans les rencontres de la vie quotidienne mais aussi dans l'écriture de ces carnets. Ainsi, des deux commentaires écrits un peu à la va-vite sur le blog de Simon, l'un portait sur sa question quant aux titres que je lui avais suggérés (facétieusement) pour sa composition et l'autre répondait à son billet Hic inconsidéré. Dans le premier, j'évoque la guitare acoustique de Pat Metheny, en solo dans l'album One Quiet Night. Dans l'autre, je cite (de mémoire) un dialogue du Goût des autres (relatif aux gaffes et aux "pédés"). Or, je me rappelle à présent que l'une des musiques employées par Bacri et Jaoui dans leur film n'est autre qu'une composition du Pat Metheny Group, "Au Lait" (album Offramp, que je possède).

(Il se trouve aussi que je préfère, sur ce même album, "Are You Going with Me?" mais c'est une autre affaire.) D'après iTunes, la dernière fois que j'ai écouté One Quiet Night était le 2 juin dernier.

10:50 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Ligérienne, Littérature, écriture

Mardivague

    Il m'est décidément difficile de livrer mes petites listes telles quelles (ce qui trahit mon peu de penchant pour les listes). Ci-dessous, je donne les références des six albums de jazz que je viens de prêter à un ami. Je me suis aperçu, en recopiant la liste, que j'avais très fortement centré ce choix autour des pianistes, sans que je parvienne à comprendre pourquoi (indépendamment du fait qu'à l'origine je voulais lui faire découvrir Brad Mehldau, qu'il m'avait dit ne pas connaître). Je me "console" en me disant que, dans le disque de Bojan Z., ce n'est pas nécessairement le piano que je préfère (quoique...), et que, dans le groupe Kartet (existe-t-il encore, d'ailleurs, ou a-t-il succombé aux projets parallèles de ses membres?), le bassiste, le batteur et le saxophoniste sont largement aussi importants que mon bien-aimé Benoît Delbecq.

  • Emmanuel Bex. Conversing with Melody.
  • Zool Fleischer. Zoolitude.
  • Kartet. Pression
  • Brad Meldau Trio. Progression The Art of the Trio vol. 5.
  • Brad Mehldau. Live in Tokyo.
  • Bojan Zulfikarpasic. Koreni.

 

Quand j'ai choisi ces six albums dans ma discothèque, mon doigt s'est arrêté sur d'autres favoris (ICP Orchestra, J.J. Johnson, Steve Lacy, Coltrane, Jimmy Giuffre, Sophia Domancich...) sans les élire. Une prochaine fois...

10:15 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Jazz, jazz, Ligérienne

Ambre de l'aube

Odelette composée sur demande

 

    Comme un cerisier de novembre

Je sens de moi tomber les feuilles

L'air du temps d'automne je cueille

Et sens de moi s'envoler l'ambre

Comme un cerisier de novembre

 

Feuilles jaunes rousses brunies

Vous allez, piétinées sans fard,

Brunes, me donner le cafard

Mes lourdes pensées désunies

Comme d'autres feuilles jaunies

 

Que je gardais dans mes tiroirs

Avant qu'un soleil couleur d'ambre

Vienne réchauffer ce novembre

À ne plus ternir les miroirs

Que je cachais dans mes tiroirs

 

09:40 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie

1ère manche

medium_Agnolo_Bronzino_attrib._1530-2.jpg
    Je ne plaisantais pas : 9081 est l’un de ces nombres vertigineux dont une existence, même contemplative, ne saurait faire le tour. Voyez par exemple ce visage austère, pourvu d’un nez colossal. Demain, le compteur kilométrique de ma voiture franchira la borne des 91019 kilomètres. Il n’est dénué ni de dignité ni de robustesse. Dans ce qui est un de mes livres de chevet, David Wells répertorie le nombre 9801, qui est (d’après lui) un nombre de Kaprekar. La ferveur et la frivolité trop longtemps dissimulée se disputent le champ de bataille dans ce visage, partagé entre une encolure sobre et un foulard précieux. Il n’empêche que 9081 m’intéresse plus que 9801. La dame en vert de ce tableau attribué à Bronzino n’est pas sans une certaine noblesse ; sur le fond rouge, son regard énigmatique se détache, à l’égal de la triste sorcière de Léonard. Il va peut-être falloir inventer un nouveau genre de nombre bipartite, pour rétorquer à Kaprekar et alii. Manches bouffantes, la dame en vert s’en bat l’œil.

06:10 Publié dans Fièvre de nombres, Kyrielles de Kaprekar, Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Art, Littérature, Poésie