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dimanche, 16 avril 2006

Œ

    En avril, j’ai rime à l’œil avec gentil.

23:15 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (0)

1 Kap

    Commencez.

20:30 Publié dans Kyrielles de Kaprekar | Lien permanent | Commentaires (4)

IV

    Bien entendu, comme l’année qui mène de l’an 99 à l’an 100 de l’ère Beckett fut, à mon échelle, celle de la découverte des blogs, je songeai à créer un carnet interactif – mais c’était peine perdue, car n’étant en rien spécialiste reconnu de l’œuvre de Sam B., et ne l’ayant pas vraiment relu ces derniers mois, il était illusoire d’entretenir la flamme ou de trouver des soutiens.

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 15 avril 2006

Ve

    En avril, je lis des vers de René Ghil.

14:15 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (7)

III

    Ensuite, j’ai songé à une sorte de colloque, ou de manifestation culturelle un peu décalée, qui se serait tenue dans les locaux de l’Université entre le 13 avril et le 13 mai. Ayant lancé l’idée auprès de collègues spécialistes du théâtre ou de littérature irlandaise, je vis que, malgré des paroles enthousiastes, leurs regards étaient porteurs d’un léger désarroi, ou d’un ennui franc et massif. Il n’y avait rien à espérer de ce côté-là.

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (1)

Virevoltes, 22

    Triangle, mords !  Vent sec et diaphane, ajouté aux arêtes,

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sais-tu combien

de fois je t'ai rêvé ?

 

08:40 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (6)

vendredi, 14 avril 2006

Virevoltes, 21

    Tout de même, trembloté, le sol du château de Tours

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offre une proie

à la mer qui se tient.

17:22 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (2)

Métalittéraire

    Loi des carrés : les Soixante-dix-sept miniatures doivent être, in fine, 77 ; de même, il faudra cinquante-neuf textes dans la catégorie 59, et quatre vingt sept pour Onagre 87.

Plus subtil : dois-je m'en tenir à trente-et-un tankas ? Roubaud est déjà passé par là. (Au cube et plus bellement, soit.)

Idéalement, la catégorie 1295 devrait compter 107 ou 83 textes.

Heureusement, d'autres chapitres me laissent tranquille, mais je m'aperçois, écrivant ceci, que j'ai oublié de poursuivre la série des faux dictons de ce mois.

 

(Quel faux jeton que moi !)

16:05 Publié dans Fièvre de nombres, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)

Fi

    En avril, j'ai perdu le fil.

15:05 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (2)

Pas vu filer

    Profitant d'encore quelques heures de haut débit avant de retomber dans le silence d'une pause bienvenue, même si elle risque de s'avérer laborieuse, je suis tenté d'écrire que je n'ai pas vu filer ces sept semaines, curieuse et banale impression dont seule une expression idiomatique un peu conventionnelle peut rendre le goût, avant d'ajouter que, pour ce qui est de ces carnets, toutefois, j'ai pris le soin de programmer quelques notules (surtout photographiques) afin d'habiter doucement ces espaces grisonnants, de sorte que vous ne vous trouverez pas fort dépourvus, fidèles lecteurs, et pourrez continuer à vous esbaubir de ces pages qui ne disent rien, et toujours ponctuer de vos commentaires si fins mes billets si froids, sans que, toutefois, je n'y réponde, ou alors peut-être à la manière d'un tir groupé (et c'est à présent une métaphore militaire qui me vient au clavier), comme l'occasion déjà s'en présenta.

De nombreux chantiers sont en cours, dont certains piétinent depuis peu (Arbre à came ou les tankas), d'autres se languissent sans avoir pourtant dit leur dernier mot (c'est le cas de Pauvres Pyrénées, roman bref cher à mon cœur), d'autres lentement progressent (ainsi des sonnets), d'autres enfin, encore au berceau, promettent beaucoup (mais tiendront-ils ?)

14:08 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (1)

II

    Début juillet, j’envisageais, avec un collègue, de réaliser un film qui serait composé d’entretiens avec des écrivains, des lecteurs, des libraires, des dramaturges, des metteurs en scène, des acteurs, des professeurs. À tous serait posée la même question : « que signifient, pour vous, ces deux mots : Samuel Beckett ? ».

L’idée du film était plus belle que le film lui-même, si le projet avait abouti. Je suis – je vous l’ai dit – un rêveur velléitaire.

 

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (3)

Black Sunlight

    Pour la première fois, depuis bientôt quatre ans que je hante la bibliothèque d'anglais (dont le fond en accès libre propose tout de même plusieurs dizaines de milliers d'ouvrages), le bibliothécaire m'a fait visiter les magasins, qui recèlent de belles collections, quelques raretés, et aussi quelques énormes piles de magazines anciens.

Ayant avisé un exemplaire de Black Sunlight (livre introuvable et chef-d'oeuvre) de Dambudzo Marechera, et un roman de Cyprian Ekwensi (Jagua Nana, dont je n'ai pas grand bien à dire...), je lui ai demandé s'il était possible de les ajouter aux rayonnages en accès libre, la partie "africaine" étant, de toute manière, réduite à la portion congrue. Il s'est gentiment exécuté. Bientôt, je pourrai conseiller à mes étudiants ce texte âpre et brûlant du regretté Dambudzo.

 

11:54 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (1)

Virevoltes, 20

    Vous voici, fiers ouvriers tourangeaux, en plein coeur

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de ce désert

informe du poème.

10:25 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (10)

Partita super Christus surrexit

    Riche de vos ardeurs, ami de vos retards, j’ai parcouru les landes et les baies dénudées. Le monde m’a ouvert les portes de l’orgueil, et je me suis baigné dans les eaux de la Sorgue. Où vont les joueurs de théorbe ? Ils guettent Dieu, à l’aurore.

 

07:50 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

jeudi, 13 avril 2006

I

    Qu’Enrique Vila-Matas, qui jamais, ce me semble, ne se réclame de Samuel Beckett, ait décrété qu’il n’aimait pas les chiffres ronds, et que, pour en finir avec eux, il fallait célébrer des anniversaires « non ronds », cela ne saurait suffire, comme garde-fou de mon projet. On pourrait fort bien imaginer de célébrer le 101ème anniversaire de la naissance de Beckett, ou je pourrais raconter les journées que je passai, l’an dernier aux alentours de son 99ème printemps, à penser secrètement à l’auteur de Molloy, mais ce serait le retour d’une autre forme de rondeur, le palindrome. Il faut se libérer de cela. Il y a un an et demi, en pleine retombée de ma fièvre vila-matienne, je lus le texte très drôle dans lequel Eric Chevillard imagine qu’un voisin de Beckett se vante encore aujourd’hui d’avoir pourri la vie du Prix Nobel en lançant des taupes mortes dans son jardin.

 

Et tout le reste est littérature

 

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (8)

Sopra Lafafami

    Bien sûr, nous avons entendu, sous le prénom belge, l’appel du grand Huysmans, et c’est ce qui guida la main vers le disque de Joris Verdin, dans le bac, chez le disquaire. Toutefois, toute comparaison est abolie, toute ombre négative portée disparaît. Dans l’espace passe un ange. L’heure est venue, de carillonner des poumons, même à cette heure tardive.

07:30 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

It

    En avril, je n'ai plus de rimes (dit-il).

04:30 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 12 avril 2006

12 avril 1820

    Il y a 186 ans, George Sand (enfin, Aurore Lucile Dupin) quittait le Couvent des Augustines anglaises.

 

23:55 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1)

Vaurien

    On such days, j'aimerais me persuader que Tommaso Landolfi avait tort en intitulant l'un des volumes de son journal Rien va.

(Il faudrait se garder de ce genre de billet écrit dans un moment d'abattement, car ces carnets ressembleraient bientôt aux lamentations de Charles Juliet. (Insérer ici très belle page du Roman journalier sur l'écoeurement qu'éprouve Mathieu Bénezet en s'apercevant qu'il participe de la métalittérature (my word, not his).)

 

*******

- Bénezet ? Juliet ? Landolfi ? T'étonnes-tu de déprimer ?

- Ce n'est pas ça. Je ne pensais pas à eux, ne les lisais pas. Ils sont venus, comme exemples, à point nommé.

18:20 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (1)

Fouette nocher

    Ratures du temps,

allées de toute splendeur

nues de sel

noir,

offrez-nous l'hostie

chicaneuse des temps

heureux.

 

Mélancolique la vie déploie ses autels :

odes

opéras -

ratures zébrées du temps.

 

15:05 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (38)

Codex un poco Faenza

    Dédier une semaine à saint Ouen, prendre les eaux à Eugénie et les orgues à Rouen. J’ai appris récemment que lycaon se prononçait vraiment [likaon] et non [likã], comme, par analogie avec Laon, paon, faon, taon, je me l’étais figuré. Mélopées qui défigurent les visages du Christ, mais on n’est pas à l’abri d’un sursaut de cabri, d’une ruade d’âne, d’une valse chevaline débridée qui viendra, par la faune, remettre nos préjugés à leur place. Dans le square noir de monde, les feuillages applaudissent à tout rompre.

07:15 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Ba

    En avril grimpe gentiment le baril.

04:00 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 11 avril 2006

Virevoltes, 19

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    J'aime à la folie les hendécasyllabes,

alors, ressorts,

soyez forts de vos fleurs.

20:55 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (5)

Virevoltes, 18

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    Vous ramez au fond de vos yeux, éperdus

comme la biche

aux abois, ombre morte.

17:10 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (6)

Précoce préciosité

    "Comment sortir de la crise du CPE ? Après la météo, vous entendrez les préconisations de Laurence Parisot." (France Info, il y a quelques minutes)

Le mot préconisations m'a choqué, heurté l'oreille. Il existe pourtant, d'après mon fidèle Robert culturel, et en deux sens : 1/ acte solennel par lequel le pape ou un cardinal préconise un évêque 2/ action de recommander avec insistance. Le premier sens est attesté depuis 1680, le second depuis 1852. Dont acte. J'avais dégainé plus vite que mon ombre, et par ignorance.

Toutefois, ce mot est bien vilain, et, hormis son sens technique ecclésiastique (dont je ne peux imaginer qu'il s'applique à la "patronne des patrons"), qu'apporte-t-il de plus que des termes plus avérés et mieux-sonnants, comme recommandation, conseil, objurgation, avis ou exhortation ? Je n'ai pas trouvé, sur la quarantaine d'occurrences glanées ès les recoins de la grande Toile, une seule phrase qui ne gagnerait grandement à voir l'un de ces termes se substituer à cette bien vilaine préconisation...*

Me perdant dans les méandres du dictionnaire, as is my wont, je déterre cette jolie phrase de Léon Bloy : "l'objurgation amoureuse recommença, plus enflammée, plus véhémente". Elle est tirée d'un texte (roman?) intitulé Le Désespéré. Tout un programme...

 

En somme, il faut bien dire que je ne trouve pas le verbe préconiser très heureux non plus, si ce n'est dans ce quatrain de Brassens :

Ne laissons pas, quelle pitié,

Notre lune de miel quartier

De la zone. Je préconise

Qu'on l'ait vécue en Italie

Sous le beau ciel de Napoli

Ou de Venise.

(Retouches à un roman d'amour à quatre sous)

 

 

* Cette phrase elle-même est bien vilaine. Comment la tourner autrement ? Sur la quarantaine d'occurrences trouvées ès les recoins de la grande Toile, il n'y en pas une que ne dépare ce terme bien vilain. [???] Pas terrible non plus.

14:30 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (1)

Virevoltes, 17

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    L'anableps échoué, sur le carreau froid,

me fixe de

ses deux yeux bleus frileux.

13:25 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (5)

Blocage des Tanneurs, suite

    Je reviens de l'Université, et plus précisément du site Tanneurs, où je travaille habituellement. Ce site est aujourd'hui, comme hier, entièrement bloqué. Cela faisait sept semaines que les cours n'avaient plus lieu, à la suite du blocage, mais il était encore possible de se rendre dans les bibliothèques, de rencontrer les collègues, d'assurer les réunions de travail, les projets de recherche, et même de rencontrer les très nombreux étudiants désemparés et inquiets.

Suite à une A.G. mouvementée, hier soir, les étudiants, de facto fort minoritaires, ont décidé de poursuivre le blocage. J'ai discuté une vingtaine de minutes avec la quinzaine de personnes qui bloquaient l'accès à l'accueil (des étudiants et au moins un membre des personnels IATOS), afin de comprendre leurs motivations dans ce durcissement tout à fait ubuesque et contre-productif du mouvement. La discussion ne s'est pas envenimée, car je suis resté (à ma grande surprise) très calme : de fait, les étudiants qui se trouvaient là sont de véritables illuminés, et il n'y aurait pas eu grand sens à batailler. Quand on commence à vous dire qu'une intersyndicale n'est représentative de rien et que l'UNEF (dont je déteste depuis longtemps le discours) est un syndicat de droite, autant laisser filer... Ce qui est certain, c'est qu'un tel durcissement ne sera compris de personne, et qu'une infime minorité de la société civile ou de la communauté enseignante restera solidaire d'actions aussi démesurées et inappropriées.

En un sens, ils ont raison : ils n'arrêteront le mouvement que lorsque la totalité de la loi sur l'égalité des chances sera abrogée et que le gouvernement aura démissionné. C'est un brin jusqu'au-boutiste, je vous l'accorde. Dans l'immédiat, cela signifie surtout que les cours ne reprendront pas, puisque les examens devaient commencer le 9 mai, et que le taux d'échec sera très nettement supérieur à ce qu'il est d'habitude. Pour qu'il y ait un véritable assouplissement de l'évaluation, il faudrait que les enseignants puissent évaluer quelque chose. Inversement, on ne peut pas, selon la formule consacrée, "brader les diplômes". Eh bien, je peux vous dire qu'on ne va pas les brader ! Quand bien même on le voudrait, on ne pourrait pas...

12:00 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (3)

Si

    En avril, je bâtis châteaux au Brésil.

10:40 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (3)

Virevoltes, 16

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    Esseulés, nous voyageons avec les djinns

Des jours enfouis,

Enfuis sans crier gare.

09:40 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (5)

Hodie

    Aujourd'hui, mon fils a cinquante-sept mois. Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, il n’avait vraiment pas envie d’aller à l’école. Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était remplacée par une dame qui ne dit (aux petits ni à leurs parents) ni bonjour ni au revoir, ne surveille pas les enfants dans la cour, et se laisse totalement déborder dans la classe. Aujourd’hui, comme hier, sa maîtresse était absente, car elle ne se remet pas d’avoir couru le Marathon de Paris dimanche dernier. Aujourd’hui, on va « faire aller ».

08:45 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2)

Air varié sur les jeux de fond

    La lourde voix s’envole, et le chant débroussaille l’air. Des coups de ciseau gravissent les montagnes. Joris Verdin joue sa composition, la note tenue sur l’émoi, et le fil glissant de son étonnement.

07:10 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

lundi, 10 avril 2006

Tariq :: Dynamo :: Goddard

Tariq Goddard. Dynamo. Sceptre, 2003.

 

    Il y a quelques jours, j’ai achevé la lecture de Dynamo, le dernier roman paru * de Tariq Goddard.

Ce jeune romancier britannique paraît se spécialiser dans les romans qui se passent durant la période des années 1930, et en particulier ses aspects les plus troubles, puisque, après un premier roman, Homage to a Firing Squad, qui s’attachait à un épisode fictionnel (et ironiquement sanglant) de la guerre civile espagnole, il plonge ici ses lecteurs dans le Moscou des années noires et des purges, en un récit tout aussi « microcosmique », puisqu’il s’agit de la semaine précédant le match de football opposant le Dynamo, l’équipe du Parti, au Spartak. L’essentiel de l’histoire, comme le titre ne l’indique pas, est racontée du point de vue des dirigeants du Spartak, qui sont sous le coup des plus graves menaces s’ils ne laissent pas gagner leurs adversaires mais reçoivent aussi un coup de téléphone difficilement interprétable du camarade Joseph Staline – no less ! Le roman s’achève au moment du coup d’envoi, sans qu’il soit possible de déterminer avec précision quelle est la décision prise par joueurs et dirigeants.

Comme il est fréquent dans ce type de roman historique reposant sur un principe d’attente, sinon de suspense, plusieurs histoires se croisent ou s’enchevêtrent : celle de l’avant-centre Radek, qui, au comble du désespoir amoureux, refuse de jouer ; celle des deux dirigeants, Tomsky et Copic ; celle de Josip, Catalan qui a fui l’Espagne franquiste pour échouer dans une dictature où le quotidien s’avère plus atroce encore ; celle de Koba, espion malgré lui, et qui se suicide à la fin du neuvième chapitre ; enfin (entre autres), celle de Slovo, qui tombe amoureux fou de la femme interdite, à savoir de la maîtresse et victime de Klimt Grotsky, chef de la police secrète et dirigeant du Dynamo !

It’s a good read, comme disent les critiques anglais. Le récit évite la plupart des pièges liés à son sujet “historique” et donne une vision convaincante de la vie moscovite de ces années-là (pour ce que j’en sais…) Toutefois, je dois avouer que le style de Tariq Goddard a tendance à me hérisser, par trop de nonchalance affectée. Ainsi – et c’était déjà le cas dans son premier roman – je n’arrive pas à passer outre l’invraisemblance (minime, m’objectera-t-on) qui consiste à faire parler des Russes (ou des Espagnols) de la fin des années 1930 dans l’argot anglais de la fin du vingtième siècle. Déjà, la convention qui consiste à faire parler un ensemble homogène de locuteurs « allophones » dans une langue qui n'est pas la leur a parfois du plomb dans l’aile… mais là, il pousse le bouchon, pour employer une autre métaphore familière.

Speaking of metaphors, Tariq en emploie des vertes et des pas mûres (par exemple tout en haut de la page 208, quand il compare Copic à un dinosaure en hibernation (!)). À coup sûr, il a l’art de surprendre (et c’est, sur l’ensemble du roman, un compliment).

De très nombreux passages sont remarquablement écrits. Pour n’en prendre qu’un, le réveil de Radek au début du chapitre 11 :

The banging Radek had thought he had heard in his sleep was in fact coming from his window; a flotilla of snowballs were being hurled at it by what sounded like banshees. He grabbed the window nearest to his bed and flung it open. Above him the sky was coughing up clouds, like clots of blood, and below the crowds were roaring his name, his name and that of his team, and there weren’t just a few of them gathered here, there were thousands. (p. 246)

 

 

* Aucun des romans de T.G. n’a été traduit en français. Vérification faite, il a publié l’an dernier un troisième roman, The Morning Rides Behind Us. L’absence de toute traduction est curieuse, car il s’agit d’un auteur déjà assez connu en Grande-Bretagne, dont l’édition française suit généralement les tocades avec beaucoup d’attention.

12:55 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (11)

Malcolm III, successeur de Macbeth...

    ... fut, si l'on en croit le site d'histoire écossaise que recèle Electric Scotland, couronné en avril 1057, profitant ainsi de la vacance du pouvoir.

Malcolm III, better known in history by the name of Malcolm Ceanmore, or great head, vindicated his claim to the vacant throne, and was crowned at Scone, 25th April, 1057. His first care was to recompense those who had assisted him in obtaining the sovereignty, and it is said that he created new titles of honour, by substituting earls for thanes; but this had been disputed, and there are really no data from which a certain conclusion can be drawn.

 

Sic transit gloria mundi.

12:43 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1)

Virevoltes, 15

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    Tout doux, pour faire bien, on se raconte

Chapeau de Paille

Où meurt le Christ ictus

11:37 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (7)

Montag morgen

    Le voisin du 12  – un retraité très aimable et sensiblement sourdingue –   ne cesse de faire des allées et des venues au volant de sa Mercedes. Je dégouline sang et eau sur les corrections d'un recueil d'articles, car deux de nos collaborateurs, quoique tous deux professeurs d'anglais dans l'enseignement supérieur, sont en délicatesse avec un certain nombre des subtilités de cette belle langue. Pour un peu, le concerto n° 1 de l'Estro armonico me tirerait des larmes. Il n'est pas très délicat d'avoir noté ici un fragment de mes déboires professionnels. Je suis barbouillé depuis hier après-midi.

10:57 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Trois minutes pour un vers

    Croisant, au milieu de la rue Ronsard, deux garçons, dont l’un récitait à l’autre le poème qu’il devait savoir, je pense, pour un cours de français ce lundi, j’entendis

Qui m’est une province, et beaucoup davantage.

 

le huitième vers de « Heureux qui comme Ulysse », le plus célèbre des Regrets de Du Bellay.

Le garçon s’arrêta, car il ne devait pas apprendre les tercets. Je retrouvai aussitôt l’ensemble du sizain anaphorique, à l’exception du troisième vers, qui ne me revint que trois minutes plus tard, presque rentré chez moi :

Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine.

 

Les habitants de Trélazé, doux village angevin connu pour ses ardoises, apprécieront mon amnésie !

09:05 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (5)

Hi

    En avril, ne rangez pas le Rhinadvil.

07:35 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (1)

Affetuoso

    D’une trouble majesté, Affettuoso (première pièce du disque d’Œuvres d’orgue de Joris Verdin (dont il est lui-même l’interprète)) se situe dans le sillage d’un Messiaen, sans paraître en partager le goût des sphères éthérées. Bien plus chtonienne que celle de Messiaen, cette musique se développe dans la rugosité de piliers d’église marqués par le sang des sacrifices. Le titre est-il ironique, ou suis-je sourd aux intentions du compositeur ? On a beaucoup glosé, en ma présence, de ma fausseté, de ma surdité, de mon obtusion, de mes assonances.

07:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE