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dimanche, 17 janvier 2016
╝3 ╝
Dès l'intro, tu kiffes.
(J'me comprends. (Ou : je m'comprends. (Tu mets l'accent sur quoi : sur toi-sujet ou sur toi-réfléchi ? Réfléchis à ça.)))
Puisque, depuis une semaine, c'est vraiment, enfin, l'hiver, puisque, ce dimanche, il y a eu une belle – quoique trop brève – promenade sur les bords de Loire, avec seulement des goélands argentés et des mouettes rieuses (dont une avait entièrement retrouvé son masque brun foncé, mue finie dès la mi-janvier*), il faut s'intéresser de nouveau à cette histoire d'automne qui serait là, sous-jacent, courant souterrain, silure du fond de vase, dans tant d'instants des autres saisons.
D'ailleurs, je n'ai pas la moindre idée de mon intention de départ.
Je m'arrange avec l'idée que je me fais de la mémoire.
Ce n'est pas mal, ça, déjà.
Pourtant, on avait dit qu'on reprendrait les formes poétiques tarabiscotées, pas ça.
* Cette fin de mue est une coïncidence bien commode.
21:58 Publié dans Aujourd'automne, Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 16 janvier 2016
Salon, 1
Dans la chambre [...] nous étions comme dans une cornue.
(Charles Cros)
Nuit finie précocement, c'est bien sûr au salon que j'échoue.
Sur le canapé, tout neuf d'ailleurs. (C'est notre quatrième canapé en 19 ans, on vient de l'acheter ; il est là, dans le salon, depuis dix jours, depuis l'Épiphanie ; le précédent, l'intérimaire — rouge — avait été racheté à nos voisins et aura duré trois ans et quelque.)
Cinq heures et quart, café réchauffé à portée de main, assis en tailleur sur ce sofa avec le laptop sur les genoux, je me demande ce que la chatte, immobile et mutique sur le carreau — elle vient de remonter et a refusé de s'allonger sur le fauteuil en face de moi —, attend de moi (que j'ouvre la cuisine pour aller y laper de l'eau ? que je lui ouvre les volets (mais elle a pu sortir, la trappe était ouverte) ?), cependant que, le temps d'écrire cela, elle a fini par sauter dans le fauteuil, où elle patouille de ses griffes, longuement, l'infâme plaid panthère.
Peu de meubles, au fond, dans ce salon, petit : le canapé de cuir noir, donc, le fauteuil rouge avec son pouf (Po—äng !), le baffle gauche posé au sol près du meuble hifi (de bois rouge, avec la télé (sans image et sans bruit, que c'est beau une télé)), la table coffre basse en bois rouge, dans l'alignement de la petite bibliothèque (mais là, c'est déjà la salle à manger, techniquement), les étagères de séparation qui délimitent partiellement le salon de la salle à manger (baffle droit, livres d'art, quelques photos, statuette mumuyé, grand atlas des oiseaux nicheurs).
Deux phrases, encore, toujours, en explosante-fixe, tournoient autour du lustre sans s'attacher aux indigentes moulures.
Il y a une vraie dignité à ne pas être Dalibor Frioux. — On n'a plus entendu parler de lui, au fait. Finalement, les sofas gardent surtout la mémoire des gens que nous aimons.
Et ces noirs sont-ils souhaitables ? — Noir sur noir : le nouveau canapé, de cuir noir, dans la nuit environnant le salon comme un océan aux millions de petites pointes de flèches luminescentes. Quand nous rendra-t-on vraiment, dans les villes, la nuit ?
05:36 Publié dans 16 en 16 | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 15 janvier 2016
Que faire ?
de ta nuit je n'en ai cure
beauté charnelle en dedans
le doberman sur les dents
faites monter le mercure
tout toujours de bon augure
la croix sur le ramadan
kippah et pomme d'Adam
pour faire bonne figure
Télémaque déshabille
un souffle d'air frais dans la
cambuse Argus dégobille
ses sourcils dans l'entrelacs
à moins qu'un prophète accoure
nul risque que je me goure
05:40 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
jeudi, 14 janvier 2016
Fâcheux
Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt.
Il ne vaut pas se cacher derrière son petit doigt.
Il ne faut pas se lâcher derrière son petit doigt.
Il ne faut pas se fâcher derrière son petit doigt.
Il ne fut pas se fâcher derrière son petit doigt.
Il ne fut pas se fâcher derrière son petit pois.
Il ne fit pas se fâcher derrière son petit pois.
Il ne fait pas se lâcher derrière son petit pois.
Il n'a pas fait se lâcher derrière son petit pois.
Ce lâche n'a pas fait derrière son petit pois.
Ce lâche n'a pas fui derrière son petit pois.
Puis ce lâche n'a, lui, terni son petit pois.
Puis ce lâche n'a, lui, terni son petit bois.
21:55 Publié dans Bégaiements | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 13 janvier 2016
———— nisée
Septain épiphanique zénithal 2, 6 janvier 2016
carbonisée
dans l'azur
jolie fusée
ne se détache
qu'après s'être brisée
explosée
dans la cache
.
11:01 Publié dans Septains épiphaniques | Lien permanent | Commentaires (0)
Cimarosa, Pierlot & autres vagabonds
Poursuivant la découverte du coffret Rampal offert par ma sœur pour Noël, je note (pause, réécoute, reprise du Rondo aussi après) la Symphonie concertante pour flûte et hautbois de Cimarosa, enregistrée en 1954 avec l'Orchestre de Chambre de la Sarre sous la direction de Karl Ristenpart. Le hautboïste (ou oboïste) est Pierre Pierlot, apparemment complice régulier de Rampal.
De Cimarosa, on trouve un enregistrement d'une autre partition (en do majeur, pas en sol majeur) par l'immarcescible Heinz Holliger et Aurélie Nicolet (sur YouTube), une autre symphonie pour flûte, hautbois et cor (sur Classical Archives, donc en écoute très partielle — ), un autre (énigmatique) concerto pour ces deux mêmes instruments, par Falala et Arrignon (nulle autre précision).
La Symphonie concertante en sol majeur ne se retrouve que dans sa version pour deux flûtes, avec Hye-sook Yang et Georgi Spassov (Allegro uniquement). On la retrouve en entier ici (mais toujours pour deux flûtes), avec plusieurs autres pages chambristes de Cimarosa. De Cimarosa, toujours pour hautbois, j'ai découvert le Concerto pour hautbois, soit par Pierlot himself : il semble qu'il ne faille pas confondre ce concerto avec un concerto pour hautbois d'un certain Arthur Benjamin, inspiré d'une sonate pour piano de Cimarosa et souvent attribuée, par conséquent, à Cimarosa. De ce dernier, je donne une version ancienne et craquelante, avec Léon Goossens et l'Orchestre symphonique de Liverpool.
Et, enfin, pour les amateurs de piano, voici un enregistrement de 32 sonates de Cimarosa par Roberte Mamou.
Pour s'informer sommairement sur Pierre Pierlot, sans passer forcément sous les fourches caudines de la WP, on lira avec intérêt cette notice présentée sur le Site du Hautbois, et cet hommage lors de sa mort en 2007.
D'autre part, le site Musicologie propose une fiche très complète sur Domenico Cimarosa, et on peut encore écouter (bien que ce soit théoriquement impossible) l'émission de France Musique “Cimarosa, le préféré de Stendhal”.
[ Qu'importe si la colonne des “catégories” — ou, comme je préfère les nommer, rubriques — déborde du cadre, devient désespérément et ridiculement longue, en voici une nouvelle, peut-être une de celles qui avortera bientôt. ]
10:40 Publié dans MUS, Vagabondages | Lien permanent | Commentaires (0)
mardi, 12 janvier 2016
Fessetête
Sa tête ne passe plus les portes.
Sa fête ne passe plus les portes.
Sa fête ne passe plus les mortes.
Sa femme ne passe plus les tortues.
Sa femme n'efface plus les tortues.
Sa femme n'efface plus les tortures.
Sa femme n'effare plus les tortures.
Sa femme n'effare plus mes tortures.
La femme n'effare plus mes tortures.
La fesse n'effare plus mes tortures.
21:57 Publié dans Bégaiements | Lien permanent | Commentaires (0)
———— muscade
Septain épiphanique zénithal 1, 6 janvier 2016
passez muscade
— un temps noir —
cette embuscade
dont se dégrade
un instant la mémoire
tout se brade
à la foire
.
19:59 Publié dans Septains épiphaniques | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 11 janvier 2016
———— sont des
Septain épiphanique 5, 6 janvier 2016
ces deux amies sont des
mi—jumelles
(je me comprends) — prédelles
d'un très fardé
retable — lance un dé
de sorte qu'elles
rient — anciennes nouvelles
07:57 Publié dans Formes singulières, Septains épiphaniques | Lien permanent | Commentaires (0)

