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dimanche, 15 mai 2016

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    Pas atteint à l'horizontale des falaises, pointe du Chay (à Angolins), et à la verticale théorique de l'astre (mais il était donc dix heures au soleil, bien avant le zénith).

Une épagneule nous devançait, nous suivait, nous accompagnait, bondissait. Chercher midi des crabes à quatorze heures sous les rochers.

12:18 Publié dans 1177 pas | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 14 mai 2016

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    Pas atteint dans l'après-midi, fait rarissime et pas seulement dû à un long trajet automobile le matin, mais aussi à l'absence sur moi du smartphone, de sorte que cela ne donne guère d'idée vraie de l'activité pédestre ou piétonnière de l'autobiographe, surtout à Aytré, mais offre la statue de Fromentin, pile heureux hasard, une avant-veille de Pentecôte.

16:12 Publié dans 1177 pas | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 13 mai 2016

Blanche

Untung-untung

    13 mai 2015

Il y a une seule chose que je crois ne jamais pouvoir comprendre de mon époque, et je mourrai sans l'avoir comprise : le battage médiatique ahurissant, chaque année en mai, pour le festival de Cannes.

 

13 mai 2016

Il y aurait une explication : les organisateurs fournissent de la cocaïne et de la bibine à volonté aux journalistes qui font le battage.

17:17 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

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    Pas atteint lors du second brossage de dents du matin, car on a eu la faiblesse de reprendre un café, alors...

Nous irons à La Rochelle demain, comme il y a trois ans, et comme il y a trois ans au cœur d'un printemps pourri. — Je ne me rappelle plus ce que sont les nombres de Perec.

10:10 Publié dans 1177 pas, Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 12 mai 2016

Lacustre

    Le violoncelle fait vaciller en moi tout le chaos préétabli, solidement arrimé. C'est comme une catastrophe joyeuse. Tout est remis en cause, les langues et les voix, les gestes comme les saveurs. Ce n'est ni une grotte au fond de la forêt ni un rêve en pleine tourmente, mais c'est le long chemin escarpé de la joie aussi catastrophique que nécessaire.

Car la joie est forcément catastrophique, cataclysmique.

Elle est remise en cause, je le disais.

La joie va à tâtons au fond des marigots. Et, au fond des crevasses, au fond des marais asséchés, à pleines mains dans la bourbe, je trouve la joie plaintive et robuste du violoncelle. Ces accords magnifiques sont ce qui la tarabuste.

Après cela, allez tenter de convaincre la Vouivre de vous relâcher.

23:03 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 11 mai 2016

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    Pas atteint sous la bruine, ou le crachin, dans cette ruelle pavée de Tours que reconnaîtront les familiers de la ville, à vaguer, vaquer, vagabonder, errer, tournoyer, rôdailler sans baguenauder, déambuler sans flâner, taquiné peut-être par une petite guêpe personnelle, cliquant sur les pavés et les tuilages, enfin soupirant, enfin farci de pensées, mais de pensées vides.

17:13 Publié dans 3333 pas | Lien permanent | Commentaires (0)

Des tacots au cimetière

Est-ce

    Le vrombissement d'un avion de guerre n'est pas plus assourdissant que lorsque une petite voiture ralentit à l'approche d'une priorité à droite. Je me demande si le désespoir du singe est une métaphore de notre condition humaine. Est-ce l'avion de guerre qui passe qui me fait songer à cela ? Les amis anglais, ou plus largement britanniques, qui m'écrivent leur fascination pour le barbecue, pour les saucisses grillées et la salade, pensent-ils que je vis dans la canicule ? Auquel cas ils se trompent.

Les voitures bariolées pourraient faire un bon sujet. Quand j'étais enfant je n'aimais que les voitures blanches. C'était aussi toute une collection de petites autos miniatures, surtout de la marque Majorette. Mes préférées étaient les plus cabossées, celles qui commençaient à avoir des taches de rouille. Pour les vraies voitures, celles que je voyais les adultes conduire, mes préférées étaient donc celles dont la carrosserie était blanche. À un moment donné, les trois tacots que conduisaient mes parents, de vrais oignons, je parle des voitures et pas de mes parents, ces trois tacots étaient tous les trois blancs : la 304, héritée de mes grands-parents quand ils avaient changé de voiture, la 4L, et la R16, qui était la voiture principale, avec laquelle mes parents tractaient la caravane, donc aussi la voiture des vacances. Toutes blanches. Toutes les trois.

Une voiture que j'aimais, même quand elle n'avait rien à voir avec celle de mes parents, ou avec celle d'autres proches, de la famille, était toujours une voiture blanche.

Je foule le gravier sous des cèdres superbes, je longe le boulevard mais de l'autre côté d'une grande muraille. Je m'assois sur un banc mais je pense à toi. Les cyprès sont comme des plots dans un jeu d'enfant. Pourtant, je suis entouré par les morts.

11:05 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 10 mai 2016

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    Pas atteint au moment où, descendu chercher le courrier, j'ai fait un léger détour pour aller humer encore le lilas blanc du fond du jardin, lui dont la pluie, depuis hier soir, défleurit le parfum.

(Occasion de rappeler que, même en remettant à l'honneur le décasyllabe, Coppée — qui a partout ses noms de rue, et même à Tours un arrêt de tramway — fut vraiment un des pires poètes du dix-neuvième siècle.)

12:40 Publié dans 1177 pas, MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

Des profondeurs

9 mai, 9 h 45

    Du tréfonds de l'averse, je sens monter une sorte de berceuse. La fleur a poussé par paliers, et, de loin, on ne peut pas encore confondre les glycines et les lilas. Pourtant, je préfère habituellement les lilas blancs aux lilas mauves. La berceuse qui monte, entre les gouttes de l'averse, entre les éclats de la bruine, se rappelle à nous, sans qu'on puisse se retenir de sentir monter les larmes.

L'ivresse des profondeurs n'est pas autre chose. Je le sais bien, moi qui ai plongé dans tous les océans du monde. Je le sais, moi qui ai côtoyé les coraux. Je comprends cela parfaitement, moi qui ai dansé avec les requins. Quand les méandres passent outre aux recommandations du diable, il n'y a pas d'autre solution que de se jeter dans la danse de la plongée.

La pluie tombe fine, on la sent à peine sur le crâne. Ce n'est plus une bruine ni même un écho de flûte. Le mois gris s'écharpe et s'essouffle sous le crachin. Les notes de musique elle-même sont déstructurées. Le mois gris met un bémol à ses ardeurs.

J'imagine sans peine, pour avoir cru mourir d'étouffement si souvent au fond des océans, la souffrance de ceux qui sont criblés par l'allergie au pollen, au printemps. Pour eux, même le béton n'est pas un secours. Ils aperçoivent les palissades, reprennent espoir, mais se sentent néanmoins piégés par le pollen. À quoi bon ? Et à quoi bon plonger dans l'écran de lavande ?

12:16 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

Catherine Frontière / Quatrains frankiens.

9 mai 2016, 15 h 50 *

    Un jour à la frontière

J'ai vu des gars descendre à la mine.

Tu claques la portière.

Que n'aurais-je fait pour Catherine ?

 

Le temps qu'on envisage

Les derniers faisceaux sous la bruine,

Renaît le paysage.

Avais-je déjà vu Catherine ?

 

Les gars sont remontés,

Visage de charbon et d'hermine.

Dans ma gloire éhontée

Je n'avais d'yeux que pour Catherine.

 

Du fond de l'antre noir

J'ai entendu la brise marine.

Quel est ce nonchaloir ?

Est-ce le nom de Catherine ?

 

Ça prend quelques minutes

De parler au corbeau, à la fouine.

Elle a fait la culbute,

Cette démente de Catherine.

 

Les gars, vingt pieds sous terre,

Noient le charbon dans la crinoline,

En deuil célibataire

Du long jupon blanc de Catherine.

 

* Le logiciel de dictée ayant transformé “Quatrains frankiens” (qui était ce que j'avais dit) en “Catherine frontière”, j'ai décidé d'en faire le point de départ du poème.

11:52 Publié dans Quatrains frankiens | Lien permanent | Commentaires (0)

Aeri perennius

4 mai, 14 h 49.

    Une fois encore, mais cette fois-ci rue Émile Zola, le parfum de la glycine aura atteint mes narines avant mon œil, et je m'interroge toujours autant sur les échafaudages de la parole. Ce qui dans la ville est dépenaillé n'est pas le sujet de mon poème.

Les grappes de jeunes filles ou de jeunes garçons assis par terre, c'est une métaphore bien commode après avoir humé la glycine. Qui vole un œuf vole un bœuf, vous avez ma parole pour aller la faire cuire. Se faire bronzer au pied de la statue de Michel Colombe, voilà le seul propos du printemps retrouvé. Vous avez ma parole. Aux différents  instants où une banderole de plastique accompagne la phrase, c'est toujours dans le square brumeux et noyé déjà par le bleu que l'on se retrouve.

La statue de pierre, mon poème ne peut pas s'achever là-dessus, le lierre déborde de partout, le printemps est ton accumulation, ton accumulation à toi, la statue n'est pas en bronze.

 

10:05 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 09 mai 2016

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    Pas atteint à 11 h 08, à la bibliothèque des arts et lettres, site Tanneurs, où je venais notamment récupérer un livre commandé, et qui était le seul lieu pas absolument désert du bâtiment.

Soulages, sur un présentoir, m'a accueilli. Pourtant, c'est la grisaille qui a nuancé cette journée. Peut-être le liège offre-t-il d'autres métaphores ; j'avance masqué.

20:47 Publié dans 3333 pas | Lien permanent | Commentaires (0)

Silhouettes & carrières

Untung-untung

    9 mai 2012

Coincé dans le labo 68, je regarde passer les silhouettes, le long du surplomb ligérien.

 

9 mai 2016

Coincé entre deux bidons d'huile...

La phrase datant d'il y a quatre ans me suggère que j'enseignais déjà le cours de traduction audio-vidéo, qui fut de si courte durée (il a été promptement supprimé des maquettes de master, car il était trop innovant, pas assez centré autour de modalités éprouvées, archaïques, pantouflardes) qu'il me semble aussi qu'il n'avait pas déjà lieu en 2011-2012.

C'est ça qui ne va pas avec moi : je n'aime pas tout ce qui ronronne, et je n'aime pas ce qui ne sert à rien. Impossible, ainsi, de faire carrière à l'Université.

(J'écris ceci dans mon bureau, justement, et pourquoi justement traîner mes guêtres à la fac un 9 mai. La rubrique Untung-untung achève de signer le mélange des genres, car ces quelques phrases, qui auraient dû se trouver dans WAW, se déposent ici à la faveur des dates : comme les vieux couples, le blog vert et le blog anthracite ont fini par déteindre l'un sur l'autre.)

 

12:45 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

Claire fontaine

4 mai, 14 h 15.

    Un dimanche du mois de mai, refleurit toujours, avec cette glycine. L'impact lumineux sur le gris blanc des flèches de la cathédrale. Nous n'avons pas cherché pour rien la pierre philosophale. Quand on chantait à la claire fontaine, on ne savait pas tout ça, on haussait les épaules. Le soleil décline. J'en ai entendu, vu ou senti, qui se servaient leur quatrième Ricard.

En tout cas, ce n'est pas la faute du lapin en peluche. Horodateur en panne. Statut paranoïaque. Des châssis bouffés pour les cyclistes, avec des trottoirs encombrés.

Je file acheter un guide d'identification des oiseaux d'Europe, alors je n'ai pas le temps pour l'art africain. Pas une miette de phrase n'échappe. Il est tout à fait normal de ne pas avoir une minute à soi, dans de telles circonstances. Nous sommes tous, nous humains, faits comme des branches de céleri.

Alarme. Sirène de la police.

Avec la pierre grise et blanche, frappée par le soleil, de la cathédrale, je compromets mon propre regard comme un pollen livré aux abeilles.

 

10:00 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)