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vendredi, 31 août 2007

Foucades

    Qu'écrivait Michel Foucault de Mathurin Milan, placé à l’Hôpital de Charenton le 31 août 1707 ?

« Sa folie a toujours été de se cacher à sa famille, de mener à la campagne une vie obscure, d’avoir des procès, de prêter à usure et à fonds perdu, de promener son pauvre esprit dans des routes inconnues, et de se croire capable des plus grands emplois. »

J'ai des doutes. Surtout sur Foucault.

 

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Jamais la rubrique des Hystéries historiées n'aura mieux mérité son titre (de gloire).

20:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Histoire, Foucault, Folie, Hystérie

Wanderlust a la bougeotte

    Sans écriture depuis une semaine, comme un peuple perdu pour la couleur des jours, il faut voir passer ces phrases rondement menées, formes de fragments. Il pose le point quand il ne sait plus que faire. Désemparé, sans recours.

De l’eau a coulé sous les ponts, je suppose. Vous n’y êtes pas du tout…

La sauvagerie est sans valeur, ce qui ne signifie pas qu’elle n’a pas de prix. Être sauvage, il lance le bras au loin, après cet arrachement de silex, tout à fait comme un exil.

La Randonnée. Pourquoi ? à cheval donné on ne regarde pas les dents.

 

Trois heures de l’après-midi. On compte les pas, les mots, ce qui signifie qu’on les économise, qu’on en garde sous la semelle. Le bourdonnement du gros taon dans la cloche à cidre où il s’est laissé piéger ; le cri répété de la buse qui appelle en chassant ; la sirène d’alarme d’une maison ou d’une voiture (plus au loin) ; le bruissement d’un grillon qui n’arrive pas à faire la sieste ; d’autres bourdonnements (de mouches). Rien d’économe là-dedans.

Je crois me rappeler qu’il faisait une chaleur semblable il y a douze étés, quand je lisais Outback. N’avait-on pas installé le hamac sur la terrasse ? J’avais prêté le roman à ma mère, qui ne l’avait guère aimé. Cette année, je sais, après avoir lu Wert et la vie sans fin, que je ne lui en conseillerai pas la lecture… on apprend de ses erreurs.

« Il reste cherchant ses mots et leur destination dans la phrase, ceux d’emphase n’ont cours sur ce versant-ci, il cherche des mots simples, des mots sans ornement, mais ce sont les mêmes mots qui s’élisent, quoi qu’il fasse, il n’y échappe pas. » (p. 157)

 

Le nom d’exote évoque aussi le vieux substantif grec d’hoplite : c’est celui qui vainc la piqûre du scorpion. Récit par bribes, initiatique autant qu’itératif, qui rappelle ces vieilles figures squelettiques et comme jaunies qui défilaient sur l’écran de mes insomnies, Abdel Zehnicki par exemple, et dont les dents soit gâtées soit d’une blancheur scintillante publiaient des messages ténébreux.

(Interruption, obscuration.)

[ 27 juillet ]

17:07 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, écriture, Roman

jeudi, 30 août 2007

(ni d’un flic)

    Devant la tournure fraîche du temps, les brochettes de cœurs de canard sur le barbecue ont vite cédé la place à la lamproie à la bordelaise, dans la grande salle à manger. Après une bataille de brindilles, sur le petit chemin ombragé par les figuiers de septembre, un gros saint-bernard menaçant les a suivis, pour les dissuader de trop s’approcher du portail de la maison. Les prunes ramassées à l’aide de balais à gazon sont allées, pour certaines, s’écraser sur le tarmac de la route départementale, où toujours passent les voitures à beaucoup plus de 50 à l’heure mais où l’on n’a jamais vu l’ombre de la queue d’un radar (ni d’un flic).

Le soir, le chèvrefeuille embaume, ici comme dans Wells Fargo peuplé de sons extraordinaires.

 

[21 juillet.

(Décidément, les samedi furent prolifiques. Par ailleurs, je me rends compte que 21.7 = 127 mots = 721.)]

14:25 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (0)

E piu passa il tempo...

    Sel sur la plaie du piano :

arrangements avec le vent

tornades

ouragans

kyrielles d'orages furieux

ouragans encore

 

Intense, le sel dans les plaies

noie les terreurs informes ---

---- offrandes aux morts

unissons

et arpèges.

 

10:21 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie, écriture

mercredi, 29 août 2007

... passed your eyes !

Louis Pasteur fut reçu bachelier ès lettres le 29 août 1840.

Mon grand-père paternel, Louis, a 84 ans ce jour. Bon anniversaire à lui !

20:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Mardiscount

Hier, aux Enfants d’Icare, très en vie, j’ai laissé déborder, pour une bouchée de pain, treize envies :

Emanuele Cisi. L’ange caché (Pygmalion, 2000).

Guillermo Gregorio Trio. Red Cube(d) (Hat Hut, 1999).

Peter Herborn. Something personal (JMT, 1992).

Peter Herborn. Traces of trane (Polydor, 1992).

Jo Kondo. Works for piano, by Satoko Inoue (Hat Hut, 2001).

Issam Krimi. Eglogues 3 (Nocturne, 2004).

Daniel Letisserand & Orphéon Orchestra. Poursuites infernales (Amoc, 1999).

Carlos Maza. Fidelidad (Universal, 2002).

Christian Muthspiel Octet Ost II. Indirect View of Beauty (Amadeo, 1994).

Pork Pie (Mariano/Van’t Hof/Catherine). Operanoïa (IMM, 1996).

Bertrand Renaudin. Printemps de paix (CC Production, 1989).

Horace Silver 5tet. Silver’s Serenade (Blue Note, 1963-1998)

Bill Wells 8tet vs Future Pilot A.K.A. (Domino, 1998).

 

------- Mon ami J.P., du saxophoniste Emanuele Cisi, est d’un orfèvre. La fièvre gagne toutes contrées. Trait pour trait, décochant mes flèches au petit bonheur, je m’aventure sur les créneaux. Como bon vieux temps. -------

18:40 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Musique, Jazz, Ligérienne

Point d’ironie

    La puissance qui émane de l’Étude sur les masques n’est pas si différente du vibrato langoureux de Roland Kirk, dans l’album Now Please Don’t You Cry Beautiful Edith. On ne peut s’aveugler, sur la seule foi d’une coïncidence chronologique ou temporelle, mais il faut, au contraire, entendre, sous les quatre instruments joués simultanément, la déprise vocale dont est victime Svortsov, ventriloque malgré lui, polyphone par aliénation, et voir, sous les lunettes noires du grand Rahsaan, les mille et cent masques de César « le masquier ». Qui a dit qu’il faudrait inventer une notation, un signe de ponctuation nouveau afin de signaler toute formulation ironique à l’attention des lecteurs ? Un imbécile. Point d’ironie s’il y a un point d’ironie. Plus d’ironie du tout. Quoi. César fragmente ses phrases, les coupe au mauvais endroit, ou marque trop de pauses. (La question de l’intonation n’a aucun sens : les vrais ironistes ne laissent aucunement deviner le sens de leurs propos par un ton ironique. Le « ton ironique » n’est pas un non-sens, mais un oxymore. Où l’on en revient à la polytonie de Rahsaan, dans “Blue Rol”, par exemple.) Et je ne veux pas t’entendre. Rouscailler.

 

[21 juillet.]

 

14:25 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Littérature

Office des morts mûrs

    L'ouvrage, un recueil de poèmes, s'intitule Office du murmure. L'auteur en est Patrick Quillier, dont j'avais déjà rencontré des poèmes, dans des revues sans doute. Je le connais surtout pour sa contribution majeure à l'édition, hélas unilingue, des poèmes de Pessoa en Pléiade.

L'exemplaire arbore, avant la page de faux-titre, une dédicace personnelle de l'auteur :

Pour Camille et Marcel,

cet autre usage de l'oreille,

autre forme de musique,

en rituel de reconnaissance,

de fidélité et d'amitié,

        de tout coeur,

          Patrick

Tancoigné, 03/11/96

 

Ce n'est pas tout. Deux feuilles de papier A4 pliées en quatre se trouvent dans l'ouvrage. L'une est l'annonce de la soutenance de thèse (ou d'habilitation ? ce n'est pas clair) de Patrick Quillier, Dispositions et dispositifs acroamatiques, le 16 octobre 2004 à 13 h 30, à Aix-Marseille I.

L'autre est une lettre manuscrite d'une vingtaine de lignes, de la main même de Patrick Quillier, et adressée, cette fois, au seul Marcel. D'après les informations qu'elle contient, elle date de l'envoi del'ouvrage dédicacé.

Toujours, face à tant de preuves d'un rapport intime et durable entre l'auteur et les dédicataires, on se demande pourquoi le livre se retrouve bradé dans une boîte de livres d'occasion. Les dédicataires sont-ils décédés ? Ruinés ? Fâchés ?

Office du murmure... Voici ce qu'écrit Peter Herborn, à propos de "Tell Me Your Secrets", composition pour quatuor à cordes, guitare à 12 cordes et contrebasse : "Ballads mean whispering. And whispering means secrets." [Une ballade, ça se murmure. Et murmurer, c'est avoir des secrets.]

09:50 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature, Poésie, écriture

mardi, 28 août 2007

Later / Avalon

    Dans la danse des touches, sur ce saxophone ténor auquel manquent l’alpha et l’oméga, de sorte que nul ne peut exprimer la gamme des émotions de A à Z, Sonny Stitt convulse calmement quelques nuages qu’il fait pleuvoir en orage sur les routes poussiéreuses et desséchées de l’Arizona, bizarre spectre venu d’autres ères, d’autres sphères (aztèque peut-être), au point d’en chasser le camion déglingué et bringuebalant de la famille Joad, et sans s’étonner d’apprendre, désormais perdu dans les blizzards farouches d’Azerbaïdjan, que la grand-mère, en fin de compte, n’est pas morte comme une pauvresse, elle qui eut droit aux plus sublimes envolées de cet instrument lumineux à faire pleurer les nimbus.

 

[21 juillet]

14:25 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie, écriture, Jazz

lundi, 27 août 2007

Strandjutters

    Divi-Divi. L’œil retapé prend la tangente, pour des horizons familiers. Old Folks. Dans les longs couloirs du château de Hautefort, elle l’étreignit violemment puis commença à le caresser ; il ne reste pas passif, le bougre. En plein air. Tous les cailloux de l’Adour et du gave dans la bouche, elle parle de l’entonnoir pour les canards gras, des enclos et des mesures de précaution liées à la grippe aviaire. I Wish You Sunshine. C’est bien le moins, dirai-je, et ça ne sert rien d’extasier lentement le nappage – ou est-ce le glaçage ? – pour détourner l’attention. The Prisoner. Il dessine de longues lignes jaunes et rouges, sur les murs de sa cellule, dans le donjon de Loches. Talm. Crayonnée au théâtre, pour rien sa ligne de flottaison prit le large et se figea dans un dénouement sans saveur, à vous glacer les sangs. Sempre libero. Je rêve un livret, c’est déjà bien assez. Strandjutters. Nous nous promenons le long des quais, puis des rives, puis des dunes, puis des baïnes, puis des rêves (médusés nous sommes).

 

[17 juillet.]

14:25 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, écriture, Musique, Poésie

dimanche, 26 août 2007

… prend la voilure…

    De mer en mer, à meurtres chauds passés, la meute des navires prend la voilure, et j’écris des lettres, moi aussi, à Sophie Volland.

[16 juillet]

14:25 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Correspondances, écriture

samedi, 25 août 2007

Ligne de flottaison

    J’ai écrit, en tête de page : « Ligne de flottaison ». Je sais que le texte suivant doit s’intituler Ligne de flottaison, et par cet incipit même, le titre est déjà, amplement, justifié. Avoir une liaison : balancer son couple à la flotte. (My marriage is going to the dogs.) Un jour, passant la Loire (pris dans un bouchon (les « fanatiques / de la cause halieutique » me comprendront)), je fredonnai, inventai le refrain suivant :

And then

He went                       to the dogs

And then

He went                      to the dogs

And then

He went                      to the dogs

She sent him packing

He had no backing

There was no asking              him.

She sent him packing

He had no backing

There was no asking              her about it.

 

Je dirais que c’était en 2004. Qu’est-ce qu’il dégringole, Anatole. (Non, je rigole : il fait soleil.)

 

[14 juillet. Jouissif.]

14:25 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Chansons, écriture

vendredi, 24 août 2007

Moment de flottement

    Finalement, les huées se firent plus pressantes. C’était au plus fort d’une soirée d’été, quand la fête bat son plein, avec les clins d’œil des servantes dans les peñas – clins d’œil qui n’existent que dans l’imagination des poivrots et des rugbymen. Toutes rafales dehors, le chant des époumonés, des égosillées, des étrangleurs de litrons. Voici quelques lunes encore en pyjama, de quoi se dispenser du tic d’écriture qui consiste à répéter toujours encore (ou, encore et encore, toujours). Ici, les italiques prennent toute leur importance, ont droit de cité, dans la place forte. Cet imbécile fat et subventionné que vous voyez pontifier d’un sourire doux et si atrocement sympathique se nomme Erik Orsenna. Même sans la moustache, son nom reste le même, et on le voit encore (encore !) accoudé au zingue comme à un ponton de bastringue. Ça ne veut rien dire, c’est pour la rime : Erik Orsenna dit ne pas comprendre. On rêve alors du jour amer où, la tête écrasée sous la ferraille, il rate le virage et s’enfonce à 300 à l’heure dans un muret en béton. Plus nous faire chier avec ses chansons douces et ses révoltes à deux balles. Les époumonés, les égosillées, les étrangleurs de jaune demandent sa tête au bout d’un piquet. Oui, en fin de compte, les huées se firent plus pressantes. Circulez, rien à voir.

 

[14 juillet]

14:25 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, écriture, Langue française

jeudi, 23 août 2007

Les pierres pleurent

    Nous nous accrochons à la roche. Dans toutes les guerres, à chaque instant, c’est l’escalade. Dans la verdure mordorée, si tant est que cela signifie quelque chose (mais qui nous le dira ?), vos valses se désagrègent. Je soutiens, j’affirme, j’assène avec force la nécessité de traverser le ruisseau tout de suite. Mon camarade le plus proche, à la faculté de théologie, se nommait Thomas Jansen ; plus tard, quand nous devînmes pasteurs, je le perdis de vue. Le bel azur me met en rage. C’est quand même là-bas que tu t’es fait cracher dessus par un alpaga. Il s’est fait mettre le grappin dessus au coin de la rue ; c’est l’escalade. Nous nous accrochons à la roche.

[14 juillet.]

14:25 Publié dans Dimanche pleurera | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, écriture

mercredi, 22 août 2007

Saltimbocca

    Contre ton front vengeur, le soleil

Trouve d’autres amertumes.

J’écris un livre ; tu t’en bats l’œil,

Aigre comme mille agrumes.

 

Au cirque ça fouette la friture

Tout autant que le vieux lion :

Dépenaillée crinière, l’armure

Du clown est l’autre bastion.

 

Je me suis perdu dans les feuilles !

Les numéros qui nous endeuillent !

 

Tu n’as pas dit le fin mot

Et je m’abreuverai à la cruche,

Tant que ces vils animaux

Auront leur drôle parade brusque.

 

[14 juillet. (Ces plusieurs textes écrits le 14 juillet repointent timidement en orientation invoulue vers le billet Quatorze.]

14:25 Publié dans Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie

mardi, 21 août 2007

Shampooing

    À cette pâleur qui perdure

En un jour terriblement froid

Dont on ne perçoit la bordure

Hâve bien plus qu’on ne le croit

 

Je devine l’aube d’été

Qui dans les replis se dessine

À l’éclat d’un soleil fêté

En un bouquet comme fascine.

 

[14 juillet]

14:25 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie

lundi, 20 août 2007

Willa Welty

    Telle est la fascination couplée des lettres et des nombres – telle aussi l’intrigue que porte toujours, secrètement en moi, tout nom constitué de onze lettres – que, cherchant il y a trois jours, sur les rayonnages de la bibliothèque (où ma mère m’avait dit qu’il se trouvait), le roman de Willa Cather, My Antonia, je crus qu’il en était absent, pour l’avoir attribué, le temps de la recherche, à Eudora Welty. Sans doute la confusion entre le prénom de l’une et le nom de l’autre (dans la mesure où ils commencent tous deux par la lettre W et comptent cinq lettres) a-t-elle été renforcée par le fait que, de l’une ni de l’autre, je n’ai jamais rien lu.

Je me rappelle avoir écouté, en 2003, lors d’un colloque que j’organisais, une communication d’un universitaire américain qui traitait d’un roman de Willa Cather, Death Comes for the Archbishop. Comme je n’avais absolument rien compris, sans que cette incompréhension fût en rien liée à l’abstrusion des termes employés par le conférencier, mais plutôt à l’incapacité totale où je me trouvais de suivre le fil ou de trouver la moindre cohérence à l’argumentation, je m’étais juré de lire ce roman, et pourtant ne le fis pas non plus lorsque, relisant, quelques mois plus tard, les épreuves pour la publication de cet article dans le recueil dont j’assurais la coordination, j’eus conscience que, sous forme écrite, cette argumentation m’échappait toujours autant. Voilà où j’en suis resté de mes éventuels ébats avec Willa. Pour Eudora, c’est moins encore : un nom d’écrivain dans des bibliographies et sur des couvertures de livres.

De nouveau, faut-il l’écrire, plusieurs ouvrages m’attendent avant que je puisse glisser les yeux dans My Antonia, que je souhaite lire car une collègue, qui l’évoquait, m’en a donné l’envie.

[14 juillet.]

14:25 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature

dimanche, 19 août 2007

I nature

    Tout juste sorti du four, le crumble aux mûres et aux framboises embaume la terrasse, plus chaudement, plus sûrement que le premier soleil – enfin radieux – d’un vrai jour de juillet.

[14 juillet.]

14:25 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (1)

samedi, 18 août 2007

Des lettres blanches

    Le 12. Chaussé d’espadrilles, en ce premier jour puissamment ensoleillé d’un juillet enfin vrai, lassé tout de même – à la longue – du rocking-chair, il a fallu que je m’attable. Ce petit récit envoûtant que tu lisais dans ta chambre blanche, avec le berceau transparent à tes côtés, je le découvre à mon tour, sous la couverture brune et soignée des éditions Finitude. Il me fait songer, bien sûr, à quelques textes surréalistes qui en furent contemporains, mais aussi à ces proses des symbolistes tardifs que j’aimais tant – disons, Le Livre de Monelle de Schwob et le théâtre de Saint-Pol Roux (La Dame à la Faulx, quel livre étonnant).

D’Odilon-Jean Périer, je n’ai connu, longtemps (mais depuis l’enfance), que quelques poèmes, et notamment “Je t’offre un verre d’eau glacée”, dont le Sans ornement souvent résonne à mes oreilles. Dans Le Passage des anges, l’expression « sans ornements » revient au moins trois fois sous la plume de ce narrateur qui dit, des aventures de ses personnages, qu’elles sont « celles que j’ai le plus envie de vivre, excusez-moi ».

Dans le rythme des phrases même, dans le recours soudain à toutes sortes de coupures linguistiques, s’entend évidemment l’influence des maîtres que je citais plus haut, et peut-être aussi, d’une certaine façon, de Maeterlinck et Mallarmé. Pourtant, ce texte utopique n’a pas son pareil, et il est heureux qu’il ait été réédité. Chaussé d’espadrilles, la peau enfin au toucher de l’air chaud, je l’écris : le nom même d’Odilon-Jean Périer, avec la symétrie que lui offre la seconde partie du prénom composé (6-4-6), souffle en voyelles doubles (deux o et deux e qui encadrent chacun le i central sans lequel la pierre ne saurait respirer). Comme nom d’auteur, on ne peut faire mieux.

Gêne : un ange passe. Sous les gestes des anges s’entendent les voix des gens. Tout se meut en sonorités inversées. Un jeune garçon, tout juste né, s’approprie la force vive de son aïeul, qui rêva à la lune et aux rires fusant sans fin. La vie est une jaquette de roman, où s’inscrivent des lettres blanches.

 

(Le 14. Le surlendemain, ayant fini de lire le récit dans le bercement douteux des tracteurs qui, à grands bringuebalements de barrières métalliques, préparaient le champ en contre-haut pour la traversée du bourbier, j’ai goûté cette fable qui n’est pas une parabole et qui, entre autres saveurs mystérieuses, rappelle, dans sa douceur même, les chapitres les plus noirs du roman contre-utopique de Kubin, L’Autre côté. Par contraste, fades, ternes, convenues, attendues, quatre ou cinq nouvelles de Richard Ford ne pèsent pas bien lourd. On a pu improviser six nouveaux couplets de Je ne puis vivre que de toi, histoire de montrer plus la richesse quasi infinie des rimes –èche et –ois en français que l’indigence de Jean Ferrat (ou de son parolier), qui n’est pas démontrée. L’usage de la langue : la mauvaise monnaie chasse la bonne.)

14:25 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature

vendredi, 17 août 2007

Reliquaire

    La chapelle de l'église Notre-Dame-d'Etang fut consacrée le 17 août 1529.

(Que le diable nous emporte, on n'a pas trouvé mieux.)

20:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Histoire

... des noyés faisant scandale ...

    Fou à lier, sans doute, il tient un blog, qui compte, après quatre ans d'activité frénétique, des centaines de textes. Pourtant, la page d'accueil reste, à tous (dont lui-même) désespérément vide, car il prend un malin plaisir à publier ses textes aux seules dates du 31 avril, du 31 juin, du 31 septembre et du 31 novembre, mais aussi (bien entendu) des 29, 30 et 31 février.

Seul apparaît, en haut de page, le titre : La Satanée semaine.

15:29 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, écriture, Blogosphère, Jorge Luis Borges

Y voir goutte

    Encerclé par le vert qui a sa cour de l’autre côté des vitres, mais qui, balayé de vent et de pluie, ne se laisse distraire, que faire d’autre, entre les diverses crevasses lourdes de la journée, sinon, toujours, relire Ronsard ? Je faux : je me trompe : je falsifie : je dupe : je suis dupe : je tiens fermement une plume qui sert aux mascarades et à démasquer la Camarde. Il fait vert entre les nuages, sans que jamais les yeux n’y comprennent goutte.

[9 juillet.]

14:25 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie, Littérature

mercredi, 15 août 2007

Fables de feu

    Fire Waltz, par le quintette de Dolphy. (16 juillet 1961). Il s’agit d’une de mes compositions favorites de Mal Waldron, et, comme je suis persuadé d’en détenir un enregistrement de Waldron en duo avec Steve Lacy, je cherche frénétiquement dans ma discothèque. Rien, évidemment, même de proche en proche, de clarinettiste en clarinettiste. Ai-je aussi été induit en erreur par les nombreux vinyls écoutés, fin juillet, dans la maison de Chalosse ?

Resterait à clore par un détour côté Mingus, dont j’ai fait mon miel (Fables of Faubus, plus que jamais), au point de rapporter, de Chalosse toujours, six CD de Mingus, qu’il serait temps que je connaisse mieux, avec ce bail qu’on se fréquente, lui et moi.

L’autre jour, baigné d’une lumière pluvieuse, nageant en plein bonheur, je me disais qu’Archie Shepp ni Jimmy Giuffre n’ont joué la valse du feu ou ces fables-là, mais que j’aurais, moi, donné beaucoup pour avoir composé l’un et l’autre de ces hauts morceaux (et savoir les bricoler différemment).

[14 août.]

01:30 Publié dans Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué, MUS, Pêle-mêle, Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Musique

mardi, 14 août 2007

Quatorze

    Quatorze. 14. Je me suis toujours beaucoup interrogé sur ce nombre. 14 juillet, avec les lettres drapeaux de Ponge. Le conte curieux aussi, auquel je ne comprenais rien, enfant. Chansons de Brassens, c'est reparti comme en 14.

(Ces quatre espaces avant la lettrine tout juste en gras...?)

Drôlement, le nombre de vers d'un sonnet. (Est-ce aussi pour cela que j'aime les sonnets de 15 ou 17 vers ?)

Un retour. L'odeur des graminées dégommées, le gazon tondu avec la vieille débroussailleuse à fil qui ressemble à un détecteur de métaux de type poêle à frire, le temps arrêté dans la grisaille d'un été qui jamais ne fut mais déjà s'enfuit : comment est-ce diable possible ? Retour.

(Une histoire du diable, dit-il d'un air patelin en s'envoyant le trou gascon.)

Les lettres A et Z dégommées aussi, du clavier, d'où le vice qu'il y a à écrire des mots comme gazon ou quatorze. Je vous raconterai cela par le menu.

14:41 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (13)