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dimanche, 22 novembre 2015

II:a——{au galop}

 

Deuxième neuvaine, 20-28 novembre 2015

    Le nombre sphénique est plus aisé à maîtriser, à s'approprier, que le nombre de Catalan. Avec un peu de patience, tu pourrais calculer toi-même des séries, pour passer le temps, ou travailler sur la question des intervalles (dont tu as constaté qu'elle n'était pas résolue — auras-tu la médaille Fields ? non, tu es trop vieux déjà).

290px-Galago_senegalensis.jpg

Galego est galicien ; Galago est corse ; Galoarihemino est malgache.

Ceci est leur histoire, on va dire.

L'histoire de trois types qui s'ébrouent dans un village corse, que l'on croise aussi ailleurs, peut-être en Australie. Il y en a un qui a gagné une fortune à EuroMillions, mais aucun des trois n'arrive pas à savoir si c'est lui. Un des trois est jaloux des deux autres, aussi, mais chacun croit que c'est lui-même : pas facile d'être jaloux si on n'est pas sûr de l'être.

09:24 Publié dans La 42e Clandestine | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 21 novembre 2015

II:a* ——{aux pingouins}

Deuxième neuvaine, 20-28 novembre 2015

 

    Le soulier de daim bleu m'a blessé au petit orteil du pied droit.

A-t-on le droit d'écrire ça, après Garissa, Paris, Bamako ?

J'ai fait des rêves tordus.

Premier matin qu'il fait un froid de canard dans la maison.

Hier soir poubelle renversée.

Celle des déchets verts.

Violence – des paroles, des regards, des refus d'en échanger – plus que jamais de mise dans le tramway, le bus.

Il n'y a pas, il n'y aura jamais de temps futur au verbe aimer.

Il se lève dans la maison froide, ongle en sang encore.

Se réchauffe un café versé de la thermos pingouin.

Pense aux 420 perroquets, pense à Gouy-les-Groseillers.

C'est compliqué, tout ça.

La Voix sombre : tu t'enregistres en Corse.

Victoria n'existe pas : we are not amused (attribut du sujet, cf hier salle 9 de l'Extension).

L'Apocryphe.

(Pas relu depuis quand ?)

 

Rue Colbert 1427

16.796/140

07:35 Publié dans 16.796, La 42e Clandestine | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 19 novembre 2015

I:h ——{cabas}

 

Première neuvaine, 11-19 novembre 2015

 

    Beaucoup à écrire, oui, au point de ne pas avoir encore décidé si cette 42e clandestine prendrait place dans les carnets gris ou dans les carnets verts. C'est égal, en un sens, si ce n'est qu'à vouloir tenir la promesse de reprendre un rythme quotidien de publication dans le carnet vert, ce nouveau livre va multiplier les fers au feu, au risque de l'étouffement.

Les mots étouffoir, éteignoir et étaminoir suivent leur propre trajectoire.

Le texte fourmille. Il faut un tamanoir.

Ponge avec ses figues, il lui fallait un cabas.

Hermès qui ne cesse de brouiller les messages, il faut lui arracher son cabasset.

Il faut, il faut... conter aussi l'odyssée de Cabarceno.

 

(Et puis... et puis c'est tout le reste... rien et son contraire, tout et son semblable... ce qui figure... défigure... on déchante la Marseillaise et on s'endort dans les campagnes... n'arrêter jamais ce cerveau qui bout... n'arrêter jamais ce bout filtre... l'histoire d'une vie qui rencontre l'histoire d'un peuple... un journal aux feuilles jaunies... un néflier aux feuilles tombées... jonchent la triste pelouse... vous n'en prenez pas le chemin... si, premier temps... dans un premier temps... premier jalon, ce que vous nommez neuvaine... et baste, mes lais pour des reines... rien ou tout... rien et son contraire n'a jamais marché... parce qu'on milite, mine, manoir... velléitaire, terne militaire... pfffff... rien, cette écume... bof et puis pof... dernière nèfle tombée pourrie espalasée sur le triste gazon... sur la morne pelouse... pourtant, seuls les gens s'espalasent...)

 

{tu fermes la parenthèse ? toi, tu la fermes !? trop fort... tu as claqué trop fort ! des dents ? pourquoi pas ?? des dentiers !? des rentiers !!! des révoltes partout sous le vent... it's got the squiggly one... prononcé squigueuly, encore plus fendard je suis... on ne fait pas on ne fait pas on ne fait pas... on ne fait pas la révolution avec des signes de ponctuation}

 

[Crochets. Pourquoi maintenant des crochets ? Ça sort par où ça peut, par où cela voudrait s'exprimer, par où cette parole contenue voudrait sourdre. Donc vous tendez, à ça, à cela, à cette parole qui vous réclame, vous requiert, vous tendez vos oreilles sourdes, vous tournez vers le mur fendillé de sang, écran bleu avec ça pour cible, écran à l'oiseau de profil, écran au crâne électrique. Donc pourquoi des crochets, maintenant ? Il, après la Corse et l'Oise et la Suède, se prend pour une vipère, se pend au crochet. Autre révolution, d'une année terrienne — bien sûr, une seule planète : on n'est pas sur Pluton.]

15:19 Publié dans La 42e Clandestine, Pong-ping | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 18 novembre 2015

I:g

Première neuvaine, 11-19 novembre 2015

 

    Si tu ne comprends pas, ou ne maîtrises pas, la notion de coefficient binomial, inutile de chercher à calculer toi-même les nombres de Catalan, que tu découvris dans cette obscure revue américaine d'algèbre, croyant qu'il s'agissait de “nombres catalans” (l'anglais Catalan numbers est équivoque), avant de faire le chemin historique et de découvrir qu'ils auraient tout aussi bien pu se nommer suite d'Euler, entiers de Seger, ou nombres de Ming Antu.

Des textes en 16.796 signes ? Un roman de 58.786 mots ? Tu n'y penses pas !

 

18:35 Publié dans La 42e Clandestine, Très long texte | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 17 novembre 2015

I:f ——{Fous}

Première neuvaine, 11-19 novembre 2015

 

    Quand les moines arrivèrent nous avions l'air de jouer à colin-maillard : ils durent nous prendre pour une bande de fous. 

Il observe les moines attablés, puis il sort, marche longtemps, prend sa voiture, et, se rappelant virages et lacets des routes corses, se réjouit de ces routes à peine sinueuses en bordure de mer, arrive à Tantallon, gare sa voiture, paie son écot à l'entrée. Le château, aujourd'hui, n'a aucun attrait pour lui ; ce qu'il veut, c'est observer, avec sa lunette de haute précision, le beige et le jaune tendre sur le manteau de ces dizaines de milliers de gannets, que Stevenson, dans le chapitre 14 de Catriona, nomme solans. Oui, se sentir seul, se concentrer sur l'observation minutieuse des comportements de tel ou tel sous-groupe sur le célèbre rocher, il n'a pas d'autre souci. De rien d'autre n'avoir cure.

18:29 Publié dans La 42e Clandestine, MAS, Tropographies | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 16 novembre 2015

I:e —— {Paraphrasen}

 

Première neuvaine, 11-19 novembre 2015

 

    Dort entstanden seine letzten Bilder, jene freien Paraphrasen zu den Formen der Erscheinungswelt, jene seltsamen, leuchtenden und doch stillen, traumstillen Bilder mit den gebogenen Bäumen und pflanzenhaften Häusern, welche von den Kennern denen seiner „klassischen“ Zeit vorgezogen werden. 

(Hermann Hesse. Klingsors letzter Sommer, 1920)

 

18:26 Publié dans Droit de cité, La 42e Clandestine | Lien permanent | Commentaires (0)