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jeudi, 06 avril 2006

Virevoltes, 7

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    Piqûre de rappel

pour le mur blanc

de mes chauds souvenirs

19:45 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (1)

Kyrielles de Kaprekar

    Le Robert historique compte vingt-sept pages, pas une de plus, pour l'entrée K.

Or, 27, sans être un nombre de Kaprekar, joue un rôle louche dans les suites de Kaprekar. En effet, si l'on s'en tient aux premiers nombres de Kaprekar, 1, 9, 45, 55, 99, 297, 703, etc., on s'aperçoit que :

9 + 45 = 27 x 2 = 18 x 3

55 = (27 x 2) + 1

99 = (27 x 3) + 18

297 = 27 x 11

703 = 27² - 26   (n² - (n-1))

 

Les nombres de Kaprekar me fascinent depuis longtemps, sans que d'ailleurs je sois capable, de quelque façon que ce soit, d'y faire des découvertes. Mais cette récurrence de modèles tournant autour du nombre 27 dans la suite des nombres de Kaprekar m'intrigue.

..................................

Et si tu rappelais un peu ce qu'est un nombre de Kaprekar ?

Euh, c'est tout simple. Est Kaprekar tout nombre dont les chiffres composant le carré donnent, additionnés, ce nombre. C'est mal défini, alors je donne trois exemples :

9² = 81 et 8 + 1 = 9

45² = 2025 et 20 + 25 = 45

99² = 9801 et 98 + 1 = 99

 

Il sera question, dans une note prochaine de cette nouvelle catégorie, des kyrielles, des Kyrie eleison et des kakerlaks. (Au moins, Fuli va être contente : pour cette catégorie, je donne la clef du titre. Autrement dit, vous avez le choix, dans ce carnet, sur des notes lisibles dont on ne sait pas trop ce qu'elles ont en commun et des notes illisibles dont on sait d'emblée ce qui les rassemble. C'est du joli...)

18:01 Publié dans Kyrielles de Kaprekar | Lien permanent | Commentaires (2)

Le mot est miré

Lire le chapitre précédent.

 

    Laurent décide de faire un peu de rangement. En buvant de lourdes gorgées de selimbong, il se brûle le palais, et fait de l'ordre dans son gourbi, ce qui signifie bien sûr qu'il jette, dans un immense carton qu'il aura, tout à l'heure, le plus grand mal à soulever puis à transporter jusqu'à la benne destinée au papier recyclé, l'essentiel des paperasses qu'il considère désormais comme inutiles.

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Bien des passants furent surpris, ce soir-là, en voyant M. Laignaux, le brocanteur des cocos, embrasser farouchement un gigantesque carton et le traîner jusquà la benne. Il portait un pantalon de tergal déformé, avec des salissures au niveau des chevilles, et des traces d'usure aux fesses. Ses chaussures de mauvais cuir noir n'étaient pas lacées. Malgré la chaleur, il avait gardé sa chemise, mal repassée, et son veston noir. Il avait une barbe de deux jours (au bas mot). Bientôt, sans doute, pensait-on, on le verrait charger sa vieille guimbarde de paquets qu'il expédiait à ses divers acheteurs. On disait parfois qu'il faisait vivre à lui seul la moitié des employés des postes de Bagnères.

********

Qu'il surprenne, au retour de sa promenade et dans la glace du vestibule, son air désemparé, il se dit aussitôt que Lili va le prendre au mot.

16:45 Publié dans Pauvres Pyrénées | Lien permanent | Commentaires (1)

Daniel : Boulanger :: Œillades

    Par un cortège de sons, la poésie de Daniel Boulanger donne à voir.

C'est sorti comme ça ; je voulais écrire quelques lignes sur ma relecture de poèmes de Daniel Boulanger, à l'occasion de l'achat récent d'un recueil ancien (Œillades, 1979), et, feuilletant plusieurs de ces recueils de "retouches" (c'est le nom qu'il donne à tous ses poèmes), s'est imposée à moi, assez curieusement, la phrase qui ouvre ce billet.

Daniel Boulanger n'est sans doute pas le plus grand poète de langue française des dernières décennies, et certainement cède-t-il parfois à la facilité, ou à l'esprit de système... mais enfin, son art poétique est bougrement intéressant. Le concept même de "retouche", qui donne son titre au premier recueil paru (Retouches, 1970), semble impliquer que le langage poétique a pour fonction de reprendre le réel, de le repriser, de le dire en y apportant la touche personnelle du poète - qui sait, en l'améliorant... Cette poésie fait la part belle aux métaphores surprenantes, au regard du peintre, à l'ellipse, aux multiples suggestions d'un sens qui miroite.

Il y a longtemps que je le lis avec plaisir. Le seul roman que j'aie lu de Daniel Boulanger (vers la fin des années 1980, je crois) s'intitulait La nacelle, et, si l'idée en était très séduisante, le récit s'épuisait. Plus tard, à Paris, j'ai découvert les poèmes du sieur D.B., après avoir acheté, pour dix francs, Sous-main, le dernier recueil paru mais déjà soldé, et même bradé, chez le bouquiniste du haut de la rue d'Ulm (son nom doit être Aichenbaum).

Tous les recueils de Daniel Boulanger sont constitués de poèmes très courts, parfois monostiches, qui occupent chacun une page, et sont organisés par ordre alphabétique, en fonction du titre. Dans Œillades, il se trouve que la retouche à la séparation se trouve au verso de la retouche à la rupture. Voici la première de ces "retouches", comme pour vous faire goûter au fruit amer et suave de ces mots retenus :

RETOUCHE A LA SEPARATION

ne comprends pas ma peine

je l'accepte

 

mais non le chant

de ton ombre sur la route

 

le vent disperse les morceaux du ciel

les mots ont fui de colombe à corneille

couleurs tombées en duel

 

De recueil en recueil, certains titres reviennent, comme l'enfance, le soir ou l'été - de tels thèmes qui demandent à être sans cesse retouchés.

15:51 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

6 avril 1520

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Il y a 484 ans mourait Raphaël.

15:40 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (12)

Virevoltes, 6

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    Quand le ciel noir et lourd

(dit le poisson)

pèse comme un couvercle...

15:05 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

Guère que cent ans

    Deux logiques s'opposent : ce billet aurait dû être publié hier, mais la chronologie historique l'emporte.

Ainsi, c'est aujourd'hui que je vous fais part d'une curiosité glanée sur la Toile et dont je ne sais si je dois m'y fier : d'après le site qui recense les ancêtres de Daniel et Lalou Rostrup Holdt (je n'invente rien), Guillaume II Taillefer, Comte d'Angoulême, serait mort le 6 avril 1022, et Guillaume III Taillefer, pareillement Comte d'Angoulême, le 6 avril 1122. C'est à se demander si le copiste auteur du site n'a pas fourché en recopiant les données. Reste à en savoir plus sur ces comtes d'Angoulême, dont je ne connais, pour ma part, pas un traître mot.

12:20 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Renaud : Camus :: Rannoch : Moor

    Il a été question ici, avant-hier, de l'éditorial dont je voulais demander la publication sur le Site de la Société des Lecteurs de Renaud Camus. Il s'agissait, en fait, d'une lecture flottante, parcellaire, du dernier ouvrage paru de l'écrivain, Rannoch Moor. J'en publie ici le brouillon, tout en sachant qu'il s'adressait avant tout à des lecteurs déjà avertis, d'où quelques allusions peut-être sibyllines ; je l'ai pourtant gardé tel quel.

 

Editorial

 

3 avril 2006.

 

999. Lisez cet éditorial !

998. Fenêtres ouvertes, offertes au soleil, une théière de lapsang souchong non loin, il est temps de tergiverser, puisqu’il ne reste qu’une centaine de pages dans la lecture du journal 2003, et que le regret naîtra certainement de n’avoir pas assez différé la fin, je l’avoue au risque d’encourir le reproche d’être un peine-à-jouir (mais cela est-il aussi grave, lisant dans un cabriolet, que baisant dans un sauna ? il y a plus expert que moi).

Rannoch Moor est une symphonie faite de contretemps, de contrariétés, de contre-pieds, de voix de haute-contre soudain jetées à la face du baryton. Il importe de trouver un tempo de lecture convenable. Après les premiers mouvements, d’humeur surtout, l’hiver apportant, semble-t-il, son lot de désolations ou de récriminations (« c’est ce journal qui prend tout »), un large mouvement printanier nous conduit de Plieux à Paris, puis, après un intermède primesautier, aux marches de l’été, c’est-à-dire de l’Ecosse. (J’enrage de ne pas retrouver le “caractère spécial” qui me permettait naguère de former des é majuscules.)

Comment lire cette Ecosse-là, quand les paysages écossais furent surtout, pour moi, les paysages nonchalants et augustes de l’enfance, et, plus différemment encore de ce que Renaud Camus propose de son itinéraire avec Pierre, des paysages insulaires – je veux dire que nous passâmes surtout de merveilleuses journées dans les îles écossaises, Mull en particulier ? Rannoch Moor, dès son titre, fit resurgir ces faisceaux écossais du fond de ma mémoire, pour aussitôt me dérober cette « mon Ecosse » retrouvée. Il s’ensuivit cette fascinante lecture des pérégrinations écossaises de Renaud et Pierre, au son de l’Armida de Haydn, histoire de multiplier les discrépances.

899. À peine l’écriture interrompue, le livre offre des joyaux, qui sont la source de méditations infinies – ainsi, « l’Ecosse de cet été jouit en moi d’une formidable puissance d’inscription rétinienne » (ces trente-trois jours ou 126/129 pages irradient, aveuglent, émerveillent, éblouissent) ou le passage qui souligne combien la première symphonie de Walton est « la plus impressionnante », c’est-à-dire « celle qui fait le plus de bruit » (j’ai parlé plus haut de symphonie, mais nul bruit dans Rannoch Moor, si ce n’est les aboiements des dobermans (hautbois souffreteux) et les jingles de Javel (pizzicati rigolards)).

99. Rannoch Moor est une lande écossaise. Rannoch Moor est un lac parcouru de ridules, qui sont les affleurements de sens multiples, le vertige de la sensation et la folie du sens (meaning).

89. Il faut lire ce volume du journal de Renaud Camus, qui est peut-être l’un des mieux construits de l’œuvre in progress. (J’ai envie d’écrire cela à chaque nouveau volume, et peut-être même que c’est vrai ! L’écrivain devient meilleur à chaque nouvelle phrase.) Entre autres points saillants, l’auteur diariste s’étant remis à lire régulièrement (c’est-à-dire qu’il consacre le plus clair de ses matinées à la lecture), ce tome se distingue aussi par de lumineuses analyses de Sterne, mais aussi par l’examen des difficultés (au sens le plus fertile) qu’il y a à lire Hobbes et Platon.

96. Je lisais Platon. J’ouvris
      La porte de ma retraite,
      Et j’aperçus Lycoris
     C’est-à-dire Turlurette.

66. Autant dire que de faux-semblants, il n’y eut jamais dans les divers tomes du journal, et pas plus dans celui-ci. Il est savamment orchestré, mais au fur et à mesure de l’improvisation quotidienne, les fils sans cesse resserrés ou dénoués, pour atteindre au corps de l’œuvre.

969. Hugo, s’interrompant dans sa lecture de Platon, s’offre, se livre à la pastorale. Renaud Camus aussi, à la pensée autant qu’à la bergerie ; il montre le monde à la loupe, et ses mots sont aussi un miroir. Il scrute les façades des maisons décrépies avec la même minutie qu’il examine les rides de son visage, dans un amour absolu du Temps. Pour lui, écrire son journal n’est pas lutter contre le temps, mais s’adosser aux jours, dans la plénitude des heures qui passent.

696. Je vais clore ces bribes par une pirouette (on s’y attendait).

1. Il ne saurait y avoir de meilleure antépigraphe, à placer en tête de Rannoch Moor, que le célèbre distique de Corneille : « Le Temps aux plus belles choses / Se plaît à faire un affront. » Ce livre dit, en tous sens, l’inverse de cette vérité de convention.

 

Renaud Camus. Rannoch Moor. Paris : Fayard, 2006. 814 pages.

11:21 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (2)

Elégie pour l'escargot

    Accrochées aux branches du cerisier, les cordelettes des macaques dansent dans l'air. J'avais le désir d'écrire bien des billets sur divers sujets, ou tel poème imaginé en étendant le linge, et voilà cette phrase qui s'impose avec sompuosité ; bien sûr, c'est celle-là que je voulais écrire, puisque c'est celle que j'ai écrite.

J'aime les saisons contrastées

La nuit glacée midi brûlant

Le ciel pan bleu nous soulevant

Vers des euphories attristées

J'aime les saisons contrastées

 

Hier soir, en refermant les volets métalliques articulés du salon, j'ai écrasé, entre deux lattes de métal où il avait trouvé à se reposer, un escargot qui, d'après ce qu'il restait de sa coquille, devait être fort beau et d'une espèce peu fréquente (ou jamais vue de moi, dans tous les cas). J'en étais triste, et, ce matin, en ouvrant les volets, mon regret redoublait.

Trois livres se sont refermés ces trois derniers jours, et j'eusse aimé, pour chacun, écrire un petit texte. Cependant, il faudrait bâcler, et je ne m'en sens pas l'envie... à moins de n'en dire vraiment que quelques mots, sans prétendre en rien même à l'exhaustivité ? (C'est-à-dire : à rendre compte exhaustivement de mon goût...?)

Heureusement que j'avais programmé à l'avance, hier, quatre photographies de la série des Virevoltes. Au vu de la contrainte, toutefois, les vers vont devenir de plus en plus ardus à écrire.

Notre lenteur nous étonne. Le froid du métal est abominable. Escargot, garde ton secret...

10:55 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (2)

Virevoltes, 5

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    Le long des pointillés

irradie la

fonte (enfin) des manèges

10:30 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (3)

Is

    En avril, je cuisine tout au pil-pil.

08:15 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (2)

Virevoltes, 4

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    Rien ne peut égaler

Le signe =

Si ce n'est moi, Jonas

06:00 Publié dans Virevoltes | Lien permanent | Commentaires (0)