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dimanche, 03 décembre 2006
Moutonnements de la musique

22:22 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Photographie, Ligérienne
samedi, 02 décembre 2006
Forza !
Sur les murs blanchis, reblanchis, à la chaux, le prince emprisonné (en des temps reculés où les Playmobil n’existaient pas) avait ponctué de signes répétitifs, décorés sa cellule, où ne manquait pourtant pas de trôner un âtre, histoire de se réchauffer le cœur. Certains de ces dessins demeurent farouchement énigmatiques, comme l’espèce de tube rouge à capuchon rond, où l'on perçoit un préservatif démesuré, ou, peut-être, un sexe de cheval dont la longe aurait été, trop lourdement, tirée. Neuf mots encore peuplent le silence de la cellule.
08:20 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Photographie, Ligérienne, Littérature, Art
vendredi, 01 décembre 2006
Au creux du vent
Cette tête de cheval, gravée – au couteau ou à la barre de fer – dans la pierre d’un cachot, a traversé les âges, en sens inverse, pour danser une nuit avec des comparses rouge manganèse, avant aussi de trouver, au bout du tunnel, d’autres équipées, d’éternelles sorcelleries. On s’envole, envoûté, pris aux ramures du soleil, et le bloc de pierre froid, venu soudainement vous heurter aux tempes, vous ramène à la dure réalité : tout cela n’était qu’un rêve.
08:15 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Photographie, Ligérienne, Littérature
jeudi, 30 novembre 2006
7ème manche

06:40 Publié dans Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Art, Littérature, écriture
mercredi, 29 novembre 2006
Bémol
Il y a trois semaines, j'ai écrit un petit texte pour saluer Stephen Romer, qui est un de mes collègues mais aussi (surtout) un poète assez renommé. Récemment, il m'a appris qu'un choix de ses poèmes allait paraître, au printemps, en traduction française.
Ce matin, j'ai reçu le dernier numéro de The European English Messenger, revue à destination des enseignants-chercheurs anglicistes d'Europe. Il s'y trouve, par ce qui n'est nullement une coïncidence, un florilge de quatre poèmes inédits de Stephen Romer, et un petit article de Raphaël Costambeys-Kempczynski, dont le titre, extrêmement original, est "Stephen Romer : A Poet in Translation", et qui, plus qu'un article critique, est une sorte d'exercice béat d'hagiographie dont j'hésite si je dois le trouver déplacé ou ridicule à hurler.
Mauvais esprit à part, si j'en reviens à mes projets récents, je pourrais proposer une traduction d'un des poèmes inédits, "Dismantling the Library", qui est plutôt réussi.
11:44 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Poésie, Littérature
6ème manche

On change de registre, avec cette forme caricaturale, où ce qui ressort, ce sont ces dents éparses, effrayantes, et ces regards lancés torves comme des cocards, sans brandir d’oriflammes – il n’en est nul besoin, à la vue aussi de ce nez difforme, un rien testiculaire, et de ces cheveux filasses – dans la galerie des portraits. Ce qui me frappe, moi, c’est qu’elle est en chemise de nuit, cette « femme masculine » dont la boutonnière, à peine devinée, a tout de la chenille. Ça y est, je bricole des textes de 1009 signes presque comme qui rigole. Roger Bobley, le croqueur de la dame adamantine, est un petit éditeur américain reconverti depuis peu dans le cinéma d’auteur (Marvelous Margaretville). Appelons cette « dame masculine », si disproportionnée et presque défigurée, Margaret. C’est à peine si j’ai besoin de vérifier le nombre de signes, à la fin (et de rectifier, dans la marge). Elle nous scrute, nous adresse des reproches même pas muets, avec, pour motifs d’aigreur, les traces sur sa peau.
06:35 Publié dans Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Art, Littérature, écriture
mardi, 28 novembre 2006
Agatha sur le petit écran
Elsa Zylberstein dit toutes ses répliques d'un ton doucereux, comme une femme qui retient un hurlement d'orgasme.
21:09 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (5)
Ma langue au chat, 3
12:54 A: SALUT ! (Je t'embête mais en fait, je vais aller déjeuner avec un collègue, là.)
13:01 B: Salut, je n'avais pas vu ton message.
A: Pas de problème. J'attends toujours Z.!
13:02 B: ça va bien ?
13:03 A: Oui, impeccable... sinon que j'ai encore essayé de donner mon sang, mais que je suis toujours rejeté ! Motif : plus de dix mois passés dans les Îles britanniques entre 1980 et 1996.
13:05 B: Eh ouais... mes longs mois sont plutôt venus après.
A: C'est le grand âge, que veux-tu... (Et puis Chicago ne compte pas dans les Îles britanniques.)
B: Ouais, mais j'ai passé un an à Edimbourg, entre autres.
13:06 A: Ah ça, oui, ça compte. (Incidentally, I'm listening (through Pandora (again and again)) to an amazing jazz harpist called Zeena Parkins.)
13:07 Bon, je vais déjeuner. BYE.
17:00 Publié dans Ma langue au chat | Lien permanent | Commentaires (0)
Hommage à Ornette Coleman
Psaumes !
rêver dans les collines
où les fruits rêvent aussi
où le jus des
fruits dégouline sur les joues
Rêver que je m'endors
en fumant la rosée des ténèbres, que j'
allume dans la nuit
dégoulinant d'étoiles
en vain le suave flambeau -
rêveur de psaumes...
10:10 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Jazz
Hommage à Charles Mingus
Guère dépossédé de rien, sans nulle envie
restreinte,
oublie ces pas anciens
un moment
pose tes sentiments dans la danse des sentinelles
dansez fugitifs
autres fuyards encore aux gestes oubliés
n'allez
croire de nos amours que la route soit faite
encore N'allez
répéter en tous lieux qu'un nuage s'est tu
09:09 Publié dans Zézayant au zénith | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Jazz
5ème manche

Manches de telle ampleur, une étole à tout le moins ! Toujours sur le motif remettre votre ouvrage. Le pinceau en pince pour le décolleté, ce qui ne va pas sans maraudage ni braconnage. Il fut décidé d’intercaler à triple intervalle. On se braque toujours sur les compotiers, mais les vertes voltes d’une danseuse au repos, ce n’est pas rien tout de même. Que regarde-t-elle, d’ailleurs, de ces curieux orbites creux ? Cherche-t-elle à se rappeler quelque vers égaré de son passé d’actrice ? Si j’écoute Even the Sounds Shine, cette composition stupéfiante de Myra Melford, jouée avec son Extended Ensemble, je ne peux pas me mettre à la place d’un modèle de Matisse, si ? Le mur n’est pas plus vert que le pli de mon bras. Le nom de Matisse semble avoir été inventé pour se prêter aux plus subtils jeux de mots, aux détours par les formes et les matières. La danseuse regarde une toile du peintre, tiens. Vous êtes dans le puits ; passez deux tours. Orbites émotifs : la vérité en a mis, du temps à remonter.
06:30 Publié dans Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Art, Littérature, écriture
lundi, 27 novembre 2006
Lune vienne
Sous la fondrière des étoiles
anatole france
Orphée catarrheux lance des traits
voltaire
flèches qui tombent longtemps après
château de tours
à peine si d'un frisson distrait
mirabeau
du soleil il perce l'os à moelle
passerelle
L'archer des terreurs est envoûté
par la ténèbre désenchanté
iut
Orphée sanglote sans bruit Tout est
chopin
enseveli dans les autres voiles
ronsard
16:00 Publié dans Fil bleu : Tridents & autres textes brefs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Poésie, Ligérienne
Comme un mégot
comme un mégot sur le trottoir
maréchal juin
la ronde des efflorescences
chopin
- avec ma cervelle en sautoir
et mon coeur lourd dans la balance -
iut
voltiger il ferait beau voir
(à ton) entre (tour) dans la danse
passerelle
comme, d'un violacé intense,
un vieux crachat sur le bavoir
mirabeau
tu rampes comme un escargot
dans le jardin comme un mégot
château de tours
fumé écrasé solitaire
voltaire
noirci par la fuite du temps
et vert d'azurs compromettants
lubrique comme un ver de terre
anatole france
10:00 Publié dans Diableries manuelles, Fil bleu : Tridents & autres textes brefs, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Ligérienne
4ème manche

Échappée d’un tourbillon orageux, la vigoureuse jeune femme – une violoniste – a tout du fantôme. Je m’étends ce dimanche dans la prairie. Dans le silence du concert, son long collier de perles rouges lui fait comme un foulard qui laisse entendre, aux quelques romantiques attentifs et alcooliques hallucinés que ne manque pas de compter la salle, le tumulte de la mer. Cinq jours ont passé, peut-être, depuis ma dernière excursion. Vous voyez comme sa chevelure immense se mêle aux fumerolles noires des bougies pour former de lourds nuages, de sorte que, patiemment, les buveurs de vin se munissent de chasse-mouches. Retrouvons-nous sur le pré, avec moi-même pour un duel. Cette ombre portée est l’épouse de l’artiste, échappée à quels cauchemars, quelles insomnies d’artiste maudit. L’autre tire un coup sec, dont la déflagration m’arrache les oreilles. Entre deux séances de pose, elle joue de la guitare. Je tire une bouffée de ma gitane, et je laisse le spectre crever de trouille. Déjà l’orage gronde.
06:25 Publié dans Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Art, Littérature, écriture
Hiatus musical
Qu'attends-tu, vil masque musicien, pour écrire quelques paragraphes sur la soirée de mardi soir, avec le big band, Guillaume Hazebrouck et le Voyage en Grande Garabagne ?
Mais, avec « Saül », il en va bien différemment ; à l'inverse de ce qui se passe pour « Esaü » (où le hiatus joue pleinement, renforcé par le coup de scie préalable du za), dans « Saül » – à cause, peut-être, du sa trop doux ? – le a-ü ne grince pas : il s’oblitère, s’oublie, se noie, entièrement résolu dans la limpidité de ul. (Michel Leiris. Biffures.)
Ce samedi, pour son anniversaire, on lui avait offert le tome II des Œuvres de Henri Michaux (avec justement la Garabagne et tout Ailleurs, entre autres) et le Pléiade (aussi) de La Règle du jeu. (Vendredi matin, d'un geste délicat, il décolle d'un mur, pour se l'approprier, l'affiche du spectacle désormais passé.)
00:45 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, Ligérienne

