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dimanche, 26 novembre 2006
Froment
Après un jour de jachère, un des projets que je rumine consisterait à traduire chaque jour un poème et à en publier la traduction dans ces carnets.
18:18 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature, Poésie
vendredi, 24 novembre 2006
3ème manche

Ah, vous comprenez ce que cela signifie, hein, maintenant, le blond vénitien ? Comme le soleil disparaissait, je sirotais ma mug de Rembeng en pensant à Rembrandt. Le Vénitien Bartolomeo Montagna n’est pas aussi célèbre qu’Andrea Mantegna, mais ce n’est pas une raison pour les confondre. Champagne ! Sainte Justine de Padoue est ravissante, avec ses mèches, son nez volontaire et sa gracile main de vieille. Comme le soleil disparaissait derrière le toit de la maison d’en face, j’écoutais la “Symphonie” qui se situe juste au milieu de The Fairy Queen, séparant les 29 airs qui constituent les préludes et les actes I à III des 29 qui forment les actes IV et V. Son habit est riche, sa coiffure soignée, comme à la parade. Mes mains forment le nom de Purcell. Pourquoi est-elle toujours représentée avec une plume ? Une auréole de soleil se pose toujours sur ma joue. Broches, bijoux précieux, brocarts, tous ces brimborions n’arrivent pas à la cheville – si j’ose dire – de vos boucles et de vos blessures.
06:20 Publié dans Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Art, Littérature, écriture
jeudi, 23 novembre 2006
De l'eau dans le zag
La cause est entendue : je ne joue d'aucun instrument, je suis d'une rare incompétence en matière de musique, etc. Seuls mes goûts vont en s'affinant chaque jour davantage. Je me décrirais plus volontiers, déjà, comme un professionnel de l'écriture... depuis le temps que je fais mes gammes, dans des styles divers, sur des supports variés...!
Bref, ce préambule maladroit n'annonce rien de terriblement meilleur. Il s'agit de fixer la trace d'un vieux projet. Amateur de jazz, un de mes centres d'intérêt consiste à dénicher des formations dans lesquelles le trombone joue un rôle essentiel, et donc à me pencher sur les trombonistes (leaders ou non), sur la part active des trombones dans certains standards plus célèbres pour les interventions du pianiste, du saxophoniste, que sais-je...
Qu'il y ait d'excellents trombonistes de jazz, et réputés, ce n'est pas un scoop : J.J. Johnson, Steve Turre, Glenn Ferris, et j'en passe... Quand, à la salle Ockeghem, à Tours, au printemps 2004, j'eus (enfin) l'occasion d'entendre et de voir en direct l'ICP Orchestra, je fus impressionné par la carrure, la stature de Wolter Wierbos, qui est quasiment inconnu, même dans le domaine du jazz d'avant-garde.
Si j'avais eu quelque ouverture dans les radios locales de ma ville, j'aurais pu proposer, à titre complètement bénévole, d'animer une émission consacrée au jazz, et il me serait certainement venu en tête de proposer, en trois ou quatre heures, un parcours autour du trombone. À défaut, je vais me contenter, une fois encore, de tout déverser dans ces carnets.
15:15 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Jazz, écriture
Jeudiligence
Nouvellement découverts, ces titres étonnants :
- Steven Bernstein. "N'Kadesh Oz B'Kol" (Diaspora Blues, 2002).
- Parish. "Improvisation Ii" (Parish, 2006).
- Chris Speed. "Pith Remix" (Deviantics, 1999).
... sans oublier un Steve Lacy très agité, avec son quintette en 1975 ("The Rush". Esteem 1975), et le be-bop pas très inventif de Louis Hayes & the Cannonball Legacy Band ("New Delhi". Maximum Firepower, 2006).
10:55 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz
2ème manche

Tant que le soleil cogne contre les vitres, il fera bien bon ici. Que d’élégance dans cette scène de promenade ! Cela me fait cligner, mais l’avarice n’a pas de bornes. August Macke n’est pas mon préféré, parmi les peintres expressionnistes allemands, mais je dois lui reconnaître, ici, un génie certain de la composition. Aujourd’hui encore mardi. Ce qui retient mon œil, once all is said and done, ce n’est pas la dame filiforme, le squelette délicat recouvert d’une élégante veste d’un vert plus soutenu que celui des frondaisons. Revenue la saison du fenouil. Ce qui retient mon œil, c’est l’habit clair de la dame de droite, et plus encore, les cabanons (maisons ?) au fond. L’ od eur du chou vert ne s’est pas incrustée dans la demeure. Ces cubes. Pas contre les vitres –par les vitres le soleil vient déplier les phrases que mes doigts retenaient prisonnières. Ces cubes répondent à l’impression de solitude ou d’enfermement, d’autisme peut-être, qui se dégage de la dame en vert (de quoi prisonnière ?).
06:15 Publié dans Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Art, Littérature, écriture
mercredi, 22 novembre 2006
Sale mort
Des meurtres, des menaces ! Ah, je vois le genre. Un convoi lent s’élance dans la mêlée et remonte l’avenue, même sans élan ni lueur d’espoir. Apparaît une luge, pour me faire mentir.
Dans l’instant, des gueux surgissent de partout, guenilles, ricanements et bons mots. L’enfant les salue, sa luge retenue d’une main, l’affaire dans le sac.
19:40 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie
Comme / s’installer à Pornic
Quand les jours devenaient plus longs, y avait d’l’ombre qu’en dessous du pont.
De la plage des Sablons, on aperçoit, par temps clair, l’île de Noirmoutier. Il paraît aussi que, du phare situé sur la Pointe de St Gildas, on peut observer le phare de Noirmoutier. Cela, ce sont plutôt des on dit, dirais-je. Toutefois, je ne peux avoir, à ce propos, aucune certitude. Tout juste si je me contente, et déjà ce n’est pas mal, de me prélasser souvent sur la plage des Sablons, avec Séverine, que je passe chercher, avec mon Amy 8 déglinguée, chez elle à Chauvé, un trou que c’en est pas permis, un trou à se jeter dans le canal de Haute Perche, les soirs de mélancolie.
Entre Chauvé et Pornic, on se pelote dans la bagnole. Parfois, au premier feu rouge, juste après La Bourrelière, on se roule une bonne gamelle. Séverine ne pense pas à s’installer avec moi, mais c’est dommage. Comme elle adore les promenades à vélo (et si je voulais être tout à fait exact, je devrais préciser qu’elle participe à des courses cyclistes où je vais l’encourager et l’applaudir, car elle ne s’en sort pas mal), nous avons, un jour, roulé de Pornic à la Pointe de St Gildas, puis jusqu’à Bourgneuf en passant par Préfailles, Sainte-Marie et La Bernerie. Sur le chemin du retour, j’avais les pattes cassées. Séverine, elle, cavalait loin devant, non sans me dire, quand elle revenait à ma hauteur, qu’elle n’était pas pressée, qu’elle roulait lentement pour ne pas me stresser.
J’en ai eu ma claque, j’ai bu un jus à Arthon. C’est ridicule, m’a lancé Séverine, il reste quatre bornes juste. N’empêche que même avec le jus, à Chauvé, allongé dans son lit, j’étais vidé. Le vélo, très peu pour moi. Cela ne nous dit pas si, du phare de Saint Gildas, on voit Noirmoutier par temps clair, oui ou merde.
14:39 Publié dans Tropographies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, écriture
Nostalgie vieille (un peu) de 966 ans
En novembre 1050, Casimir Ier se présente à Goslar devant l’empereur. Il promet de rendre la Silésie et revient en Pologne ayant obtenus les faveurs de l’empereur.
C’est à Goslar, que la belle Agnès, fille de Guillaume V le Grand, comte de Poitou et duc d’Aquitaine et épouse de Henri III le Salien, donna le jour, dans le palais impérial, à son fils Henri, le 11 novembre 1050.
(Le 22 novembre, on fêta le première décade du prince, enfin remis de son ictère.)
*******
Goslar en novembre 1050, sous la plume d'historiens même amateurs, me remet en mémoire Goslar à l'été 1985, une de mes plus fortes épiphanies touristiques. Je me suis rarement, voyageant, pris aussi intensément de passion pour une ville. (J'avais onze ans. Je n'ai jamais remis les pieds à Goslar.)
12:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Histoire, Littérature
Auréolés
Ce sont toujours des matinées belles et mitigées, quand je me trouve à feuilletter le tome I de Henri Michaux dans la Pléiade, le Voyage en Grande Garabagne (en collection NRF "Poésie") et mon tome des poèmes de Wordsworth. (Ce pourraient être d'autres livres ; ceux-ci, ce matin, pèsent de toute leur légèreté.)
Mon intérêt va croissant, non pour les coïncidences, mais pour le démon de l'analogie, tel qu'il s'exprime dans les rencontres de la vie quotidienne mais aussi dans l'écriture de ces carnets. Ainsi, des deux commentaires écrits un peu à la va-vite sur le blog de Simon, l'un portait sur sa question quant aux titres que je lui avais suggérés (facétieusement) pour sa composition et l'autre répondait à son billet Hic inconsidéré. Dans le premier, j'évoque la guitare acoustique de Pat Metheny, en solo dans l'album One Quiet Night. Dans l'autre, je cite (de mémoire) un dialogue du Goût des autres (relatif aux gaffes et aux "pédés"). Or, je me rappelle à présent que l'une des musiques employées par Bacri et Jaoui dans leur film n'est autre qu'une composition du Pat Metheny Group, "Au Lait" (album Offramp, que je possède).
(Il se trouve aussi que je préfère, sur ce même album, "Are You Going with Me?" mais c'est une autre affaire.) D'après iTunes, la dernière fois que j'ai écouté One Quiet Night était le 2 juin dernier.
10:50 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz, Ligérienne, Littérature, écriture
Mardivague
Il m'est décidément difficile de livrer mes petites listes telles quelles (ce qui trahit mon peu de penchant pour les listes). Ci-dessous, je donne les références des six albums de jazz que je viens de prêter à un ami. Je me suis aperçu, en recopiant la liste, que j'avais très fortement centré ce choix autour des pianistes, sans que je parvienne à comprendre pourquoi (indépendamment du fait qu'à l'origine je voulais lui faire découvrir Brad Mehldau, qu'il m'avait dit ne pas connaître). Je me "console" en me disant que, dans le disque de Bojan Z., ce n'est pas nécessairement le piano que je préfère (quoique...), et que, dans le groupe Kartet (existe-t-il encore, d'ailleurs, ou a-t-il succombé aux projets parallèles de ses membres?), le bassiste, le batteur et le saxophoniste sont largement aussi importants que mon bien-aimé Benoît Delbecq.
- Emmanuel Bex. Conversing with Melody.
- Zool Fleischer. Zoolitude.
- Kartet. Pression.
- Brad Meldau Trio. Progression The Art of the Trio vol. 5.
- Brad Mehldau. Live in Tokyo.
- Bojan Zulfikarpasic. Koreni.
Quand j'ai choisi ces six albums dans ma discothèque, mon doigt s'est arrêté sur d'autres favoris (ICP Orchestra, J.J. Johnson, Steve Lacy, Coltrane, Jimmy Giuffre, Sophia Domancich...) sans les élire. Une prochaine fois...
10:15 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Jazz, jazz, Ligérienne
Ambre de l'aube
Odelette composée sur demande.
Comme un cerisier de novembre
Je sens de moi tomber les feuilles
L'air du temps d'automne je cueille
Et sens de moi s'envoler l'ambre
Comme un cerisier de novembre
Feuilles jaunes rousses brunies
Vous allez, piétinées sans fard,
Brunes, me donner le cafard
Mes lourdes pensées désunies
Comme d'autres feuilles jaunies
Que je gardais dans mes tiroirs
Avant qu'un soleil couleur d'ambre
Vienne réchauffer ce novembre
À ne plus ternir les miroirs
Que je cachais dans mes tiroirs
09:40 Publié dans Odelettes d'été | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Poésie
1ère manche

06:10 Publié dans Fièvre de nombres, Kyrielles de Kaprekar, Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Art, Littérature, Poésie
mardi, 21 novembre 2006
Christine Angot, dans mes cordes
Monseigneur Google (je m'imagine assez volontiers le célèbre robot en prélat ventru) a beau me diriger vers les carnets de Zvezdoliki, ou Finis Africae (que je lis irrégulièrement), ou encore vers le blog de Marc Villemain, que je n'avais jamais lu... je ne parviens pas à avoir la confirmation de ce que je pense ête la vérité, à savoir que l'altiste Christine Angot (qui joue notamment dans la version de The Fairy Queen par les Arts Florissants) est l'homonyme de l'écrivain.
Si cette hypothèse se confirmait, cela me permettrait de dire que j'adore Christine Angot, & surtout son jeu. Délicieuse ambiguïté. (On s'amuse comme on peut.)
17:25 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Littérature, Musique
] Neuf feuillets
Abandonné ! Je me suis rappelé, en tri-
Fouillant, du figuier, les feuilles pourrissantes,
Ces neuf quatrains. Peut-on qualifier de flétri
Un poème qui n'a pas encore fleuri ?
13:15 Publié dans Rimes quartes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie
ParkBrax1
[Lundi : j’ai écrit ce §
Vous n’imaginez pas, quand même, Anthony Braxton et Evan Parker rivalisant ou s’épaulant, un soir de demi-brume à Londres ? Une nuit, dans la brume des pintes, comme je remontais vers ma piaule, à Summertown, j’entendis un son furieux, tout en rodomontades, et dont je crus qu’il émanait du saxophone ressuscité d’Albert Ayler. Réflexion, c’était plutôt l’épopée de deux géants vivants, qu’à l’époque je ne connaissais pas. Mais, le lendemain, qui, dans le parc le plus beau du monde (les University Parks), repassait dans sa tête, tout en suivant l’évolution des fours and sixes et des maiden overs, le trajet à grandes enjambées, perdu dans les spirales sonores ? Je vous le demande.
jeudi avant de devoir m’interrompre pour
Long texte. Ce billet va être bien long ; ce n’est pas que je veuille ici faire amende honorable. C’est un long texte (virtuellement, pour le moment), car ainsi vais-je le vouloir (vouloir l’écrire). (Un ami me dit que la lecture de Prunus spinosa ne me réussit pas. Le prunellier, en tisane – surtout si après coup on se couche à une heure du matin, même pas somnolent, d’avoir exceptionnellement dormi entre trois et quatre, sur le canapé de la chambre filiale –, ne provoque pas seul ces exubérances.)
recevoir plusieurs étudiants. Les autres §
Ce que je voulais écrire dans le deuxième § (que j’abrège ainsi : § (d’autres versions d’autres textes parlent de, ou plutôt écrivent noir sur blanc paragraphe)) n’a rien à voir avec Prunus spinosa, ni avec le long texte qui sous vos yeux commence. (Un adversaire de mon ami suggère alors que c’est plutôt la lecture d’Aragon qui m’a parfois nui, ou influencé. Je ne l’écoute pas et poursuis mon chemin.) Ce que je voulais écrire, et dont je ne sais si le troisième § fera mieux que porter la trace – au rythme de mes digressions, on s’inquiète –, c’est l’histoire du compteur kilométrique de ma voiture. En effet, je me suis trompé en notant ici (non, pas ici : dans un autre carnet) le nombre qui s’affichait au compteur de ma voiture, dimanche dernier. C’était aussi un palindrome, et plus beau d’ailleurs.
ont été composés ce matin, lundi 21 novembre
Ce palindrome, c’était le nombre 90909. À quelques hectomètres près, à un moment précis, dimanche dernier, la voiture que je conduisais (que je conduis depuis fin juin 2001) fêtait dignement (non sans souffler ses bougies, me souffle un facétieux camarade de mon ami, qu’il ne faut pas confondre avec l’adversaire d’icelui (ils se ressemblent pourtant comme deux gouttes d’eau)) ses 90909 kilomètres parcourus, et je me faisais la réflexion qu’en renversant ce nombre – comme dans le célèbre gag des portes de chambre d’hôtel dans La Grande Vadrouille – on obtenait 60606. Depuis lors, je ne cesse d’envisager les hypothèses les plus variées quant au moment précis (le plus précis possible, me glisse-t-on à l’oreille) où la voiture franchit le cap fatidique des 60606 kilomètres. Il se peut, d’ailleurs, que je n’aie exceptionnellement pas été à bord ce jour-là. Il devait pourtant s’agir, d’après mes calculs et mes reconstructions, d’une journée de l’année universitaire 2003-2004, et même, du premier semestre de l’année civile 2004.
entre deux rendez-vous avec
Une fois précisée l’ère approximative du franchissement des 60606 kilomètres, plusieurs scènes sont imaginables, que je vous épargnerai. (« Je te fiche mon billet qu’il ne va pas longtemps nous les épargner ! » lance, sarcastique, son adversaire à mon ami.)
des étudiants.]
Il n’en demeure pas moins, que ce matin
[Ces différents § sont composés lundi matin, je le
, dans la voiture, je me suis aperçu de l’erreur commise en notant dans un autre carnet le nombre (palindromique) de kilomètres parcourus à la date du 12 novembre. Puis j’ai rêvassé – tout en restant vigilant quant aux changements de file, feux rouges & autres babioles dont s’amuse le quotidien – à la possibilité d’un texte qui chercherait à retracer (à résumer, plutôt, suggère, bienveillant, mon ami) en 30303 signes l’essentiel des voyages que représentent ces 30303 kilomètres. Une variante serait de retracer, résumer à grands traits, mon existence au cours de la période qui s’est écoulée de la première de ces deux bornes palindromiques à l’autre. Une variante encore, musais-je et m’amusais-je au volant, consisterait à imaginer où j’en serai (où la voiture en sera) et ce que j’aurai vécu d’ici la borne des 151515 kilomètres (qui n’est pas un nombre palindromique, mais la somme des palindromes 90909 et 60606). Ici, le projet bute sur la difficulté de consacrer tant d’énergie à un texte de 151515 signes.
rappelle. Il y a aussi
Déjà, 30303 signes ne sont pas rien, comme on dit. (Il resterait aussi à déterminer qui est ce « on », dans ce texte-ci où pourtant d’autres instances ont été précisées, tels l’ami, l’adversaire ou le facétieux camarade, mais aussi dans l’ensemble des carnets rassemblés dans le site Musicien masque de mots, et singulièrement dans la rubrique Onagre 87. L’auteur principal des carnets, celui qui se tape tout le sale boulot de mise en forme, tremble et sue à grosses gouttes en imaginant le travail de mise en ligne que va représenter ce très long et tortueux texte, sans parler même des liens hypertextuels qui devront être ajoutés, comme ci-dessus, à Onagre 87. Pour le moment, l’auteur principal et ses acolytes travaillent sous Word, dans un fichier baptisé Chiens de Langeais, et qui a été créé lundi dernier lors de la composition de la série des billets ainsi intitulés.
que, pour la première fois, des crochets sont ouverts dans cette lignée
Il va bien falloir ajouter des liens hypertextuels qui pointent vers l’une ou l’autre ou plusieurs des versions de Chiens de Langeais, maintenant, me suggère l’adversaire de mon ami d’un ton cauteleux ou patelin. Il change de stratégie et veut se faire passer pour une personne bien intentionnée. Heureusement que je le tiens pour un personnage. À l’écart, autant dire.
et une parenthèse dans l’autre.
Il va bien falloir évoquer la question du titre de ce texte, titre donné jeudi dernier, quand le texte n’était composé que du seul premier §, celui qui commence par « Vous n’imaginez pas » et qui constitue maintenant le deuxième §. Le texte, pour l’instant, s’intitule ParkBrax1, comme la composition d’Evan Parker et d’Anthony Braxton que j’écoutais jeudi à cette même heure et qui inspira ce §. Pendant la rédaction des trois § précédents, j’écoutais Moms de Steve Lacy, et maintenant Sun Star. John Coltrane, reconnaissable entre mille.
J’ai reçu une étudiante qui va travailler, avec un collègue, sur
C’est aussi l’occasion de découvrir Matthew Welch, mais c’est une autre histoire. Doit-on changer le titre de ce long texte ? Qui est on ? Quelqu’un écrira-t-il ce texte en 30303 signes, ce qui représente environ vingt pages à double interligne et marge de trois centimètres de chaque côté ? Autant de questions sans réponses.)
The God of Small Things et me demande des conseils. Maintenant
Donc, 30303 signes ne sont pas rien, ai-je écrit plus haut. Peut-être pensez-vous que c’est ce texte-ci qui va atteindre les 30303 signes, et peut-être aurez-vous raison. Peut-être vous dites-vous que vous n’irez pas jusqu’au terme de ces 30303 signes, et peut-être aurez-vous raison. Toutefois, je pense garder l’idée du texte en 30303 signes pour un projet étroitement lié à l’idée des trajets, des kilomètres parcourus, des existences enrubannées.
(mais je me suis interrompu vingt minutes entre le moment où j’écrivais « maintenant » et maintenant) je vais recevoir (je viens de recevoir) Charlotte, qui connaît Calgary et le Canada, la chanceuse.
Il y aurait cette vieille idée d’écrire des voyages imaginaires, à l’aide de cartes routières. Comme il existe désormais, grâce au Web, des sites qui permettent de calculer les distances et de définir avec précision les itinéraires, ce ne serait pas malcommode du tout. Les cartes routières ont plus de charme, pourtant, pour la rêverie et l’écriture. Enfant, combien de trajets, et même d’étapes fictives du tour d’Aquitaine, n’ai-je pas imaginés, ventre à terre sur le carreau froid de ma chambre, une carte routière dépliée devant moi ?
D’autres étudiantes veulent partir aux Etats-Unis ou au Canada. Je n’imaginais pas
La question du titre continue de se poser. Y a-t-il encore une raison à nommer ce texte du nom de la composition/improvisation qui n’a suscité que le premier § (devenu deuxième, me souffle le facétieux, décidément peu disert) ?
que la structure volontairement hachée de ce texte
Quant au moment où il me sera enfin possible d’écrire le texte de 30303 signes en tenant compte des impératifs autobiographiques et/ou routiers qui y sont liés, je ne sais quand il adviendra. De nombreux projets d’écriture restent en suspens, à l’état larvaire, comme la Galerie de larcins ou les 53 stations (ou encore les Vertes voltes, à peine esquissées). Je m’aperçois toutefois que ce texte-ci, en démarrant le dénombrement au tout premier crochet, compte déjà 9081 signes.
se trouverait confirmée dans l’organisation temporelle de ma
9081 est un nombre intéressant, mais quel nombre ne l’est pas, à ma folie furieuse ? (« Tu as appelé cela fièvre » me rappelle mon ami. « Mon ami, on ne peut courir deux fièvres à la fois. » C’est l’adversaire qui parle, et qui cherche à se faire passer pour son affable jumeau facétieux.) Surtout, il n’est pas très éloigné du tiers de 30303, qui est, comme vous le savez, 10101. Cela montre qu’un texte de 30303 signes n’est pas la mer à boire, et d’autant moins quand l’on a écrit récemment le 1111ème texte de carnets commencés en février de cette même année. (C’est de Musicien masque de mots qu’il s’agit, disent en chœur les trois fourbes.)
matinée.]
Reste à savoir si l’ajout de liens hypertextuels s’impose. Et si oui, lesquels, et dans quelle proportion. 10101 signes, je vous demande un peu. La voiture fut achetée d’occasion, quand elle avait déjà dans les 18000 kilomètres. On ne va tout de même pas se lancer à imaginer quels trajets ce véhicule, qui était alors immatriculé dans les Alpes-Maritimes, a faits avant que j’entre en sa possession.
10:17 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature, Jazz
Rendez-vous d’automne
Tout le dimanche durant, il chercha vainement une chanson qui contînt la rime novembre. Le marteau retomba dans la salle des ventes.
03:00 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, Poésie
lundi, 20 novembre 2006
Exacts, brutaux
Juste une trace. Il y aura – il doit y avoir – d’autres textes, qui prolongeront la version 721/864. Que ça vous plaise ou non. Je trace un sillon. Juste une trace.
21:20 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (2)
Vitraux, version 721/864
Elle est moins nette, ici, la collégiale Saint-Ours. Reconnaissez l’une des deux tours hautes, et encore à peine.
Oui, nous peinons à les reconnaître. Est-ce notre affaire, d’ailleurs ?
Le Lochois n’est que rails rouillés. Charles VII s’en bat le blason sur le bord du vitrail. C’est tout dire. (Que l’on tire au cordeau des mots qui auraient pu sortir au forceps, cela est étonnant.)
Parlez donc aux freux, qu’ils avouent ce qu’ils faisaient dans un champ de ruines (c’était ce rêve comme crayonné). Ils s’envolent en lourdes traînées, avec leurs ailes somptueuses qui me ramènent à l’époque où j’étais le roi.
Ce sont les reflets du temps qui passe, voilà tout. J’ai bien failli écrire cartonné ou encore couronné. Ce sont les grues – certaines tout au moins – qui sont couronnées. Le cartonnage, c’est encore autre chose ; un mot qui ressuscite un jeune homme mort.
19:00 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Ligérienne, Photographie, Poésie
A-phorisme
Que toujours un texte commence par la lettrine A, cela agace l’auteur.
15:15 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature
Parenthèses (Vitraux, version 1089/1295)
(À vrai dire, je ne comprends pas comment un texte long de 105 mots peut ne compter que cent espaces. Ce sont peut-être les parenthèses qui jouent des tours, mais dans tous les cas, le projet consiste à faire confiance au dénombreur de Word, ce qui est certainement une erreur d’un point de vue statistique, mais permet une grande souplesse d’écriture tout en maintenant la rigueur des contraintes arithmétiques. Si faussée fût-elle, une norme savait toujours servir d’étalon. (Un ami s’étonne ici du recours à l’imparfait. On n’est pas mort que je sache. (D’autres s’impatientent, justement et à juste titre, de ces parenthèses. Le texte – comme on le dit d’un spectacle – va-t-il enfin commencer ?)))
J’y repense, on entrevoyait sur la première photo, à travers les vitraux teintés, les ombres fastueuses de la collégiale Saint-Ours.
Le roi s’en bat l’œil, pensez.
(Qu’on tire au corbeau du rêve des chants qui eussent pu illuminer la nuit, c’est très surprenant.)
Questionnez donc les freux, qu’ils avouent ce qu’ils faisaient dans ce champ de ruines (de mines). Ils s’envolent en lourds nuages célestes, plumes qui donnent l’image, finement ciselée, de l’artiste croquant ses crayons avant de les tailler, encore et encore.
L’un d’entre eux freux m’assène qu’il fut un temps où j’étais souverain.
14:00 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Ecriture
Vitraux, version 556/656

Maintenant que l’on y repense, on entrevoyait sur la première photographie, à travers les vitraux recolorés, les ombres fastueuses de la collégiale Saint-Ours.
Le roi allègrement s’en bat l’œil.
(Qu’on soutire au corbeau du rêve des croassements qui eussent pu illuminer la nuit, cela est très surprenant.)
Parlez donc aux freux, qu’ils avouent un peu ce qu’ils faisaient dans ce champ de ruines (un champ de mines). Ils s’envolent en noirs nuages, célestes plumes qui donnent l’image, finement ciselée, de l’artiste croquant ses crayons avant de les tailler, encore et encore.
L’un d’entre eux freux m’assène qu’il fut un temps où j’étais encore le souverain.
10:00 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Photographie
Aphorisme lyrique (#1111)
J’étale ma culture, je me ramasse. (Triste vérité).
07:10 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature
Freux (Vitraux, version 409/490)
Au cours de la semaine dernière je n’ai écrit que vingt-deux textes dont beaucoup tout à fait mauvais ou pas au sommet de mon œuvre.
Le roi s’en bat fatalement l’œil.
(Qu’on tire au cordeau des phrases qui eussent pu s’extirper au forceps, cela me surprendra toujours.)
Parlez donc aux freux, qu’ils avouent un peu ce qu’ils faisaient dans ce pré si tendre (un rêve). Ils s’envolent en noirs nuages, ces jolis plumis qui me ramènent tant d’années en arrière, quand j’étais encore le souverain.
06:00 Publié dans ABC*ACB | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Littérature, Ecriture
Corbeaux (Vitraux, version 410/500)
Au fil de la semaine qui prend fin, je n’ai écrit que vingt-deux billets, dont beaucoup tout à fait mauvais ou pas au sommet de mon œuvre.
Le roi s’en bat fatalement l’œil.
(Que l’on tire au cordeau des mots qui eussent pu s’extirper au forceps, cela me surprend toujours.)
Parlez donc aux corbeaux, qu’ils disent un peu ce qu’ils faisaient dans ce pré si vert (un rêve). Ils s’envolent en noirs nuages, ces jolis plumis qui me ramènent tant d’années en arrière, quand j’étais encore le souverain.
03:00 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Poésie
Vitraux, version 417/502

Au cours de la semaine qui s’achève, je n’ai publié « que » vingt-deux billets, dont certains tout à fait futiles ou peu au faîte de ma prose.
Charles VII s’en bat l’œil, forcément.
(Que l’on tire au cordeau des mots qui auraient pu sortir au forceps, cela me surprendra toujours.)
Parlez donc aux freux, qu’ils avouent un peu ce qu’ils faisaient dans ce champ de ruines (mon rêve). Ils s’envolent en noires traînées, ces jolis plumis qui me ramènent tant d’années en arrière, quand j’étais encore le roi.
00:03 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Ligérienne

