Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« lun. 01 févr. - dim. 07 févr. | Page d'accueil | lun. 15 févr. - dim. 21 févr. »

dimanche, 14 février 2016

Rue du Jourdain

    On se gobe un câpre

Et on s'étouffe soudain

Comme avalant un sabre

Rue du Jourdain.

 

( reprise des Souvenirs pârïsîens ↓ )

.

13:31 Publié dans Souvenirs pârïsîens | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 13 février 2016

41

    quand nous ramassons

branches feuilles sous les chênes

au vent crachotant

 

nous ne sommes pas en veine

de feu ou tant de venin

15:05 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

71 ans

du vent souffle fort dans les chênes

toi mémoire tu te déchaînes

chansons bas et couplets thiéfaines

43 souv'nirs en scène

& des bougies 71

 

dans la nuit est-ce aussi souvent

qu'un cauchemar ou bien le vent

ton désespoir va soulevant

fantasque olibrius rêvant

que tu atteins 71

 

les phrases cognées à la rame

& des pollutions le drame

chasse l'inondation que crame

en rêve cet épithalame

en ce jour de 71

 

barguigner sur d'autres pelouses

c'est facile à qui se repose

de ne savoir comment dégoise

une statue, dont l'or de bronze

martèle ce 71

.

06:42 Publié dans Retroensas 2013— | Lien permanent | Commentaires (0)

Chambre du cadet, 1

    Plus petite que sa voisine, cette chambre est celle dont le mobilier a le plus changé — encore que, non, ce n’est pas vrai — vais-je devoir, si tôt, instituer la rature comme nouvelle forme d’écriture. (Ouvert devant moi, le tome II des Œuvres de Barthes, à la page 592, le texte sur Cayrol.)

 

J’écris ces lignes confuses, brisées, dans le bureau, sous la chambre en question.

Il ne s’agit pas d’imaginer ; il faudra, à un moment donné, ne plus fuir et écrire in situ un texte au moins pour chaque pièce.

 

Revue_des_Deux_Mondes_-_1873_-_tome_104.djvu.jpgSur la porte de la chambre du cadet, les lettres de son prénom, en bois coloré.

Dans le placard de la chambre du cadet, ses vêtements, des draps, mais aussi de vieilles peluches, quelques cartons, la série complète (qu’il n’a jamais lue ni voulu qu’on lui lise (mais alors, combien d’heures passées à lire les histoires et les fiches documentaires à son frère, alors âgé de quatre ou cinq ans ?)) des Amis du Bois de 4 Sous.

Dans le lit de la chambre du cadet, dort, en cette heure nocturne, l’enfant même.

Sur la table de chevet de la chambre du cadet, le globe terrestre avec ses 200 et quelques animaux numérotés, et la capitale du Sri Lanka, qui n’est plus Colombo depuis 1979 (il me l’a appris).

Sur le rebord intérieur de la fenêtre de la chambre du cadet, une dizaine de peluches servent de calfeutrage.

Sur la crédence basse de la chambre du cadet, divers bibelots qu’il commence à ramener de nos voyages, et sa collection de pierres.

Sur le bureau de la chambre du cadet, qu’il n’utilise jamais – pourquoi y a-t-il une chaise ? – , un peu de bazar, je suppose : feuilles éparses, magazines ?

Dans la bibliothèque vitrée de la chambre du cadet, des livres, bien sûr. Quoi d’autre dans une bibliothèque vitrée ?

02:22 Publié dans 16 en 16 | Lien permanent | Commentaires (1)

vendredi, 12 février 2016

———— pardon

Septain épiphanique 7, 9 février 2016

 

    elle pleurait son pardon

sous l'averse

— ce souvenir me berce —

à Saint-Perdon :

me colle le bourdon

d'y penser, est-ce

bien ou mal ou faiblesse ?

 

.

23:23 Publié dans Septains épiphaniques | Lien permanent | Commentaires (0)

Salle d’eau, 1

Depuis que la chatte parvint, un dimanche d’hiver 2013 (ou 2014 ?), à s’ouvrir la porte du placard, et, de là, à rejoindre les combles où, sans doute elle passa toute la journée, jusqu’à nous faire penser qu’elle avait disparu et jusqu’à ce que, le soir venu, notre fils aîné, entendant des miaulements depuis sa chambre (voisine), eut attiré mon attention sur ce fait, et que je me fus démené à ouvrir un interstice plus important entre le coffrage intérieur du placard et la laine de verre pour permettre à la prisonnière de s’y glisser et de ressortir de là, attirée par l’assiette de croquettes que mon épouse avait servie à même le carrelage de la salle d’eau, une planche de bois mélaminé blanc bloque en permanence l’accès au placard, de sorte que nous devons l’enlever avant de pouvoir ranger jouets, draps ou couettes (et surtout que nous ne rangeons plus grand-chose dans ce placard).

 

pas un violon pour nous aider à grimper à la cime des ifs Il n’y a, ici, de souvenir que musical. Cette image, pourtant, me fait voir, maintenant, le violon sans cordes, avec son archet abîmé, qui trôna longtemps derrière le tourne-disques, à Hagetmau. Se peut-il que ce texte soit en train de dériver vers un emboîtement de maisons, avec des spectres et des projections ? Ces jours prochains, il se peut que j’écrive certains textes ailleurs que rue Mariotte : à Hagetmau, justement. Et surtout sans connexion ; cela sera le plus délicat, car comment ouvrir le grand répertoire des archives ?

06:06 Publié dans 16 en 16, Ma langue au chat | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 11 février 2016

Nouvelles nuées —

13 novembre 2013

Nouvelles nuées

aux voiles embuées —

Les voitures se sont ruées

sous les bombardements, huées

d'un ancien exode.

 

Images perdues

dont le rouge a mordu

sur mes insomnies ardues

À halluciner le corps du

mourant, quel épisode

 

vous ressuscitez,

Vos scintillements agités

devant mes yeux irrités

me vacillent, à hésiter

d'affronter la nuit électrode.

 

 

17:17 Publié dans Retroensas 2013— | Lien permanent | Commentaires (0)

Bureau, 2

En six mois, Lesueur lisait, calculait et savait un peu de musique.

(Maxime Du Camp)

 

    Dans la nuit, le bruit que font le “moteur” de l’ordinateur classique (avec son grand écran et sa colonne posée au sol) et le clavier sous mes doigts paraîtrait presque un vacarme. Face à moi, de l’autre côté du deuxième bureau, les étagères avec les dictionnaires (Robert en cinq volumes, Robert historique, Gaffiot, Langenscheidt en deux volumes, Littré en six volumes) et les Pléiade — 95 sans les albums, je viens de les compter. On m’aurait demandé, j’aurais été infoutu de dire combien nous en avions.

Ci-dessus pas d’italiques aux noms abrégés des dictionnaires, et pas de tréma à Pléiade (adolescent, je pense avoir hésité un petit bout de temps, comme avec poète).

 

Il reste à défendre les 99 noms du regard. — Même ancienne, cette phrase ferait une bonne épigraphe à ce texte marelle. En écrivant marelle, je pense moins à Cortazar qu’aux contours peints désormais effacés, sous le cognassier, que je suis peut-être seul à voir encore, avec les yeux de la mémoire, qui ont peut-être, eux aussi, une tripotée de noms. Il y aura un billet, au moins, pour la marelle.

05:54 Publié dans 16 en 16, Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 10 février 2016

40

    passant sur la Loire

îlots enfin immergés

dans le gris laiteux

 

blanches bourrasques d'hiver

à décorner les markhors

14:03 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

Palier, 1

Absolument pas liée

À vos voisins de palier

Mais m’entendant piailler

(B.L.)

 

    Tout l’étage s’organise, en quelque sorte, autour du palier.

On y reviendra — c’est toujours ce qu’on dit, ce même on qui photographia avant-hier l’onagre du Muséum —, mais qu’il soit déjà fait état que ce palier entoure, comme c’est l’usage, la cage de ce qui rime avec son nom, l’escalier.

Cette affaire de rimes n’est pas une mince affaire, qui convoque « l’arbre sans son espalier » de Manset et, sur un mode plus léger, l’ultime chanson du coffret Boby Lapointe de mon enfance (“Je suis né au Chili”).

 

Dans mon bureau, il doit faire 17°, peut-être moins — Les travaux du CRL remontent à mon passage furtif par le bureau 44, mais que j’eusse déjà cette chemisette orange brûlée, voilà qui me surprend.

 

je contemplais le masque béti aux yeux fermés aux longs yeux allongés, au front bombé yeux effilés — Le hasard fait que je tombe sur un billet écrit il y a huit ans, dans l’autre maison, après une craqûre, un abolissement. Le palier n'y est pour rien.

05:41 Publié dans 16 en 16, Droit de cité, MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 09 février 2016

Intermède : spectres de demeures

6 février

 

    Ce texte est à peine commencé — je n'y ai pas consacré, d'ailleurs, en janvier, autant de temps ou autant de fragments qu'il aurait fallu —, qui doit déjà faire face à des fantômes.

Fantômes incompréhensibles, au demeurant.

Ainsi, à l'instant, je recherchais le modèle de publication des septains épiphaniques et suis tombé sur un autre billet, beaucoup plus ancien, écrit dans notre maison précédente (celle du 14, rue Guillaume Apollinaire — devant laquelle je suis passé mercredi dernier, by the way... mais c'est une autre histoire). Or, dans ce texte, j'évoque la « table du salon », ce qui est l'occasion pour moi de préciser que, le plus souvent, je me trompe et emploie le mot salon pour salle à manger, confusion rendue d'autant plus aisée que, dans notre maison actuelle comme dans la précédente (comme dans l'appartement de Beauvais), les deux pièces n'en forment, en fait, qu'une seule, avec de capricieuses délimitations en guise de parois. Donc, je lis « table du salon » et vois très clairement la table de la salle à manger, puisque c'est effectivement à cette table, toujours la même en 2016, que je m'installe souvent avec mon ordinateur portable. De plus, une véritable « table du salon » est une table basse, à laquelle on ne peut pas s'installer pour écrire.

Ce qui me rend perplexe, c'est que, le 31 août 2006, je pouvais écrire que cette « table du salon », nous l'avions achetée il y a moins d'un an. Or, je suis convaincu que nous l'avons achetée à notre arrivée à Tours, en août 2003. Je ne comprends pas.

Ainsi, la marelle de Mariotte, avancée précaire de case en case dans un dédale sans plan, est à peine esquissée, et des spectres familiers mais incompréhensibles viennent s'interposer, joueurs, agaçants, entre elle et mes tâtonnements...

05:55 Publié dans 16 en 16 | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 08 février 2016

Semi-décennal

On est à Paris.

 

 

Depuis dix ans,

je ne suis nulle part.

 

 

(Nouveau départ ?)

14:30 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)