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dimanche, 21 février 2016

1379 “éléments”

 

    La mémoire doit travailler, bien sûr, et travaille — et la déconnade supplée à ses manques, à ses manquements. Pourtant, copiant dans le disque D:/ le dossier des photos et vidéos “Artois et Flandre”, je suis mis au fait : cette semaine a donné lieu à 1379 “éléments”.

Le mot désigne photos et vidéos, et il ne faut pas s'étonner du nombre, car bien des doublons, des flous repris avec flash ensuite mais conservés dans le dossier princeps, pas mal de cartouches photographiés à la hâte aussi pour tenter de pallier, justement, les susdits manquements.

Le mot “éléments”, passé le premier agacement face au jargon informatique, a tout pour séduire : éléments d'une grammaire, éléments d'un système, éléments d'une philosophie — éléments pour une histoire monumentale d'un voyage d'une semaine en Artois (et en Flandre).

 

1379 est le septuple d'un nombre premier, 197, dont tous les chiffres sont repris en lui, avec l'ajout, en deuxième position, de 3 = 1 + (9–7).

Existe-t-il, pour a·b·c premier, d'autres 7(a·b·c)=a·(a+(b–c))·c·b ?

Ou tels que c(a·b·c)=a·(a+(b–c))·c·b ?

 

21:55 Publié dans Artois, à moi, Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 20 février 2016

Deux poids

    Qu'y puis-je si je trouve le takin plus beau et plus émouvant que le panda, ce gros lourdaud qui ne sait rien faire d'autre que se vautrer, dépiauter des bambous et vaguement, un jour par an, se rappeler de tirer un coup (je crois que la femelle y est moins résignée que le mâle, c'est tout dire) et mérite, de la sorte, sa multiplication en millions de peluches, et toute une diplomatie peu ragoûtante, alors que le takin, avec sa toison aux couleurs si variables, avec sa bonne gueule de mercenaire pacifique, reste largement méconnu, ce qui lui va bien, à ce grimpeur des pentes raides sous des ciels arides, qu'y puis-je ?

 

10:26 Publié dans Artois, à moi | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 19 février 2016

Le bébé à deux têtes

   Pairi-Daiza est un univers en soi, vaste monde clos. Les résurgences de cabinets de curiosités y trouvent aussi leur place, ainsi avec ce squelette d'un “bébé à deux têtes” exposé après les grands aquariums, étrange confrontation du regard avec ce qui épouvante tous nos efforts, et ce cartouche presque aussi étrange, qui parle de l'incendie du musée d'Orsay en 1871 – on ne s'est jamais renseigné, on n'a jamais vérifié, on dit qu'on va le faire, on ne le fait pas, pas toujours en tout cas, et là ni la chimère réelle ni l'incendie, on n'a jamais vérifié.

 

22:22 Publié dans Artois, à moi | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 18 février 2016

Balises

    Dans les ruines d'une abbaye, entre les pampres d'une végétation presque luxuriante, par des chemins parfaitement balisés, parmi des flots d'enfants surexcités dont certains piaillaient d'une voix aussi suraiguë qu'hystérique, nous avons encore admiré le Sarcoramphe roi et le Nestor kéa. Rêves de Caracas et d'Auckland. Pourtant, c'est au cœur de la Wallonie, les rêves sont souvent des machines complexes.

Chacun son chèche, aussi : bleu avec la combinaison d'un jean's vert forêt et d'un blouson gris ; blanc avec une tenue presque entièrement noire.

Dans une serre gigantesque, observer le Savacou huppé. Songer fugacement que Caracas est au Honduras, au Costa Rica ; après tout, pourquoi pas, tu n'y iras jamais.

(Il y eut cette époque où tu tentas d'écrire des textes en regardant un film, en écrivant à partir du film. À partir : l'évasion.)

Je revois ces sortes de souchets à bec bleu, corps de fuligule mais vraie tronche de souchet, je n'ai rien noté, quelle idiotie, et quelle idiotie plus grande encore de tenter de mettre au propre de telles heures tant de mois plus tard.

Pavillons chinois, thaïlandais, superbes, cabane dans les arbres, chemin par la passerelle qui tangue.

Poissons d'aluminium et de bronze, et donc, dans les aquariums, après turbots, raies, poissons exotiques, coelacanthe inexpressif, le poisson pierre si difficile à discerner, et ces méduses d'une beauté extraordinaire, tu les regardes et en les regardant tu penses en même temps à l'impossibilité d'une peinture et à une écriture en mouvements graciles et à l'explosion nucléaire, où ça, hein, pourtant, où ça.

18:18 Publié dans Artois, à moi | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 17 février 2016

Souvenirs pârïsîens (Hagetmau, 10-16 février)

à l'expo Sepik

planchettes & porte-crânes

pas sorti mon vieux bic

remis aux mânes

 

 

à peine passé

jambes nues dans le couloir glacé

sick, transi

gloria mundi 

 

 

le merle sautille

entre le gel de taupinière

il reprend la Bastille

à sa manière

 

 

la lueur de rien

n'étouffe pas le ciel bleu

cet amour, si tu veux,

on y revient

 

17:14 Publié dans Souvenirs pârïsîens | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 16 février 2016

42

    quand vous reviendrez

pardonnez-moi si j'ai tort

ton ruban au cul

 

ficelle de tous jamais

prononcés par un orgasme

 

9 février, 14 h 41

14:41 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 15 février 2016

Fessé

    Bègue d'être passé par trop d'amour, il pleurait pour rien.

Bogue d'être passé par trop d'amour, il pleurait pour rien.

Bogue d'être passé par trop d'amour, il pleuvait pour rien.

Rogue d'être passé par trop d'amour, il pleuvait pour rien.

Rogue d'être passé par trop d'amour, il pleuvrait pour rien.

Rouge d'être passé par trop d'amour, il pleuvrait pour rien.

Rouge d'être lassé par trop d'amour, il pleuvrait pour rien.

Rouge d'être laissé par trop d'amour, il pleuvrait pour rien.

Rouge d'être laissé par trop d'amour, il œuvrait pour rien.

Rouge d'être fessé par trop d'amour, il œuvrait pour rien.

Rouge d'être fessé par trop d'amour, il œuvrait pour rire.

Rougi d'être fessé par trop d'amour, il œuvrait pour rire.

Rougi d'être fêté par trop d'amour, il œuvrait pour rire.

Rougi d'être fêté parti d'amour, il œuvrait pour rire.

Rougi d'être fêté parti d'amour, il œuvrait : fou rire.

Rougi d'être fêté parti d'amour, il œuvrait : fourrière.

Rougi d'être fêté parti d'amour, il cuvait : fourrière.

Rougi d'être fêté, meurtri d'amour, il cuvait : fourrière.

Rougi d'être fêté, meurtri, amer, il cuvait : fourrière.

 

 

03:35 Publié dans Bégaiements | Lien permanent | Commentaires (0)