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dimanche, 28 janvier 2007

William, moins connu {& sublime} qu'Edmund

    William Burke. Meurtres, en série. Pendu haut et court le 28 janvier 1829. From Burke's method of killing, nous dit la WP anglophone, his victims has comes the verb burking.

 

23:30 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

"Si votre sort est changé, votre belle âme ne l'est pas."

    Retrouver, dans la masse des pages numérisées de Gallica, la lettre de Voltaire à Frédéric II datée du 28 janvier 1741 relève presque de la prouesse ou de la quête d'anguilles essoufflées dans une botte de sept lieues. Ce serait plus simple avec l'édition Pléiade (que je ne possède pas) ou, tout simplement, si la B.N.F. ne proposait pas la plupart de ses collections en mode image. En l'occurrence, elle ne semble se trouver dans l'édition de 1889 de la Correspondance de Voltaire avec le roi de Prusse, ni dans le tome III de la Correspondance avec M. de Voltaire, dans l'édition de 1805 des Oeuvres posthumes de Frédéric II, roi de Prusse.

De rage, j'abandonne ma quête pourtant acharnée et vous livre, en lieu et place, la très belle lettre du 18 juin 1740 (oui, tout juste deux siècles avant l'Appel) : elle se trouve aux pages 282 à 286 du document ici lié. Quel lèche-cul, quand même, ce brave Voltaire !

 

(J'avais mal calculé. Le Finale éclatait tandis qu'il fallait scruter, dans le ciel, les derniers obscurs violets d'un ciel sombre, Radziwill ou Turner.)

18:29 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature, Histoire, Musique, Messiaen

Adunaton, adunata

    (Encore la Turangalila, et encore le soir. J'en ai commencé l'écoute de sorte qu'elle s'achève avec les dernières lueurs nettes jetées du jour.)

Dans son article intitulé "L'adunaton. Face à l'énigme et à l'impossibilité logique dans la prose narrative de Robert Desnos" (in M.-C. Dumas et al. Moi qui suis Robert Desnos". Permanence d'une voix. José Corti, 1987, pp. 101-113), Jacqueline Chénieux-Gendron définit l'adunaton comme "schème sémantique relativement figé, par lequel est visualisée une impossibilité empirique" (p. 102). Elle précise que "l'intérêt de ce jeu limité avec les choses [...] semble bien se trouver du côté de la représentation du bouleversement des choses, du côté de la figuration du désordre et de la visualisation du chimérique" (ibid.).

Si j'avais peut-être rencontré l'adunaton comme figure de rhétorique ou fleur de Tarbes, je m'étais empressé d'en oublier l'usage, ainsi que le sens de cet adjectif, qui, en grec ancien, signifie "impossible". On le retrouve dans le proverbe connu :

Τὸ πεπρωμένον φυγεῖν ἀδύνατον.

Autrement dit : On ne peut pas échapper à sa destinée.

 

L'adunaton le plus fréquent en français est "quand les poules auront des dents" (pigs might fly en anglais), mais on peut classer, dans cette catégorie, des formules plaisantes, voire gauloises, telles que :

Avec des si, on mettrait Paris en bouteille.

Si les cons pouvaient voler, tu serais chef d'escadrille.

Si ma tante en avait, on l'appellerait "mon oncle".

 

En connaissez-vous d'autres, idiomatiques ou littéraires ?

 

N.B. : L'adunaton est si rare qu'il n'a ni son entrée ni ses entrées dans la WP, même l'anglophone !

17:41 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature, Langue française, Musique

O. Redon : Phaéton : G. Moreau

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    " Ce Phaéton est une conception pleine de hardiesse, qui a pour objet la représentation du chaos. L'a-t-on jamais imaginé de la sorte ? Je ne sais ; nulle part la représentation plastique de la fable n'a été formulée avec un tel accent de vérité. Il y a dans l'éclat de ces nuées, dans l'audacieuse divergence des lignes, dans l'âpreté et le mordant de ces couleurs vives, une grandeur, un émoi, et, en quelque sorte, un étonnement nouveau."

 

(Odilon Redon, 14 mai 1878. In À soi-même.

Paris : Corti, 2000, p. 65)

 

 

 

 

... à chaque page des écrits d'Odilon Redon, comme en ses noirs ou ses bouquets, des pépites, de quoi stimuler de longues heures durant la fabrique des rêveries...

16:38 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Art, Littérature

Ģŷpầếŧệş

    Samedi a passé la promesse des fleurs. Pourtant encore les tulipes, roses et crème, même si elles ploient un peu, quoique l'eau fût renouvelée, offrent au regard le trident à six pointes de leur pistil. Maintenant aussi ce sont les Klavierstücke op. 118 & 119 de Brahms, merveilleux, sous les doigts d'Idil Biret : les puristes disent, écrivent à qui mieux mieux qu'elle est nulle ; certes je n'y connais rien, mais ça me semble curieux.

Samedi a passé la promesse des fleurs, et encore une écoute éblouie de la Turangalila, comme une amarre à l'amour, comme la joie chamarrée, dans les brumes du soir naissant qui n'a cessé de se prolonger, aux vapeurs du café, du silence. Le chat noir reflets bruns a fait la fine bouche en passant près du plat avec restes copieux des maquereaux, l'air de dire qu'on ne l'y prendrait pas, à ces nourritures rustiques ou clochardes.

Le Scherzo op. 4 n'est pas mal non plus, un peu appuyé, orageux (mais il faut des orages).

A Flor do Mar : hier soir ; une autre fois.

11:55 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Musique, Cinéma, écriture

vendredi, 26 janvier 2007

Grives litotes

    Jamais je n’avais écouté attentivement la Turangalila, ou alors je m’étais fourvoyé, elle ne m’avait pas emporté dans sa danse. Aujourd’hui, tout en fixant les tulipes roses et blanches, après les jeux, dans la tiédeur du soir qui tombe et les lueurs farouches du jour qui de nouveau s’attarde au-delà de six heures, je ressens chaque note, chaque envolée de chaque pupitre, chaque passage doux et chaque flamboyant moment, avec une acuité décuplée, comme en proie moi aussi à l’une de ces drogues pavillonnaires. Turangalila de flammes.

18:15 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Ligérienne, Musique, Messiaen

jeudi, 25 janvier 2007

All{i}ée Jean Gab{m}in

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14:55 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Ligérienne, Photographie

Ray Anderson, 1

    4443 visites ce mois, pour l'instant ; on ne peut pas me faire ça, à moi. Difficile de savoir vers où va aller cette note longtemps tenue. Toujours aussi braxtonien, j'écoute en ce moment la Composition n° 94 du géanthony. Enregistrée en 1980 et rééditée en CD en 2000, cette composition est servie par un trio constitué de Braxton lui-même évidemment (saxophones et clarinettes divers), du guitariste Joe Emery (dont riffs et feux déchirent la toile de notes) et du tromboniste Ray Anderson.

Il est temps enfin d'explorer plus avant ma passion pour le trombone, en jazz, et dans les musiques improvisées. Ray Anderson, le tromboniste, je le découvre aujourd'hui. Il semblerait qu'il ait, à son actif et sous son nom propre, une bonne vingtaine de disques. Sur la Composition n° 94, il joue aussi de la trompette, ce qui n'est pas fréquent pour lui mais donne une sonorité particulière à ce moment si beau tout près du premier climax. Je ne crois pas l'avoir entendu au tuba ici, mais puis-je me fier à mon oreille ? Tuba, trombone, trompette : de toute évidence, c'est la coulisse qui fait le lien, le liant en rupture entre ces trois univers. Vers la vingt-cinquième minute, Braxton et Emery s'arrêtent carrément de jouer, et on les imagine admiratifs, rythmant sur le dos de leurs instruments respectifs cette frénésie jamais démentielle, le bonheur, la joie de vivre ; quelques minutes d'un solo de trombone. Puis le guitariste espagnolise farouchement, en doublant la ligne hachurée qu'Anderson avait graffitée avant, façon tableau froid sur mur de béton. Puis chaud vibrant, le trombone revient, imposer sa salsa clapotante, point d'orgue et ligne suivie au soleil de la Composition n° 94.

(Applaudissements.)

11:21 Publié dans Knobs & thorns | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Jazz

mercredi, 24 janvier 2007

70, 70, ~~~~~~

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14:50 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie, Ligérienne

Polémiques au sujet de la fondation de l'ordre des Templiers

   En effet, si le Temple était dans sa neuvième année le 13 janvier 1128, cette neuvième année a commencé soit, au plus bas, le jour même, soit, au plus haut, le 14 janvier 1127.

Eh bien...

12:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Mercredivebouteille

    Si je veux pouvoir, enfin, mettre ces bouteilles vides dans le carton destiné au verre à recycler, il faut que je note quelque part les références de ces crus mémorables, à dénicher de nouveau. Ce somewhere sera le blog.

  • Château Moulin Caresse, Bergerac 2003, Sylvie & J.-F. Deffarge (St Antoine de Breuilh)
  • Château de Coulaine, Chinon 2004, Pascale & Etienne de Bonaventure (Beaumont-en-Véron)
  • Michel Vattan, Sancerre 2005 (Maimbray, Sury-en-Vaux)

11:27 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 23 janvier 2007

Blanc neige, ii

    Mots aimantés aux cimes

il est trop tard pour soudoyer vos pores

aux cinq sangs pleins si saouls de n'être pas sains

nos âmes mincies.

 

L'appeau ? La peau, peau-pierre.

 

Aimez-vous la poussière des pains ?

21:05 Publié dans Xénides | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Poésie

Vendrardivagations

    Entre vendredi et mardi, j'ai emprunté (pour les lire, les parcourir, y rechercher telle page, et pour c'était aussi)

  • les Critiques d'art d'Odilon Redon (aux éditions William Blake & Co, ouvrage décevant)
  • L'autre par lui-même. Habilitation. de Jean Baudrillard
  • le Redon de Jean Cassou (de 1972)
  • l'Odilon Redon de Jean Vialla (de 1988)
  • Corps et biens de Robert Desnos (pas lu depuis que je l'avais emprunté à Dax et dévoré, circa 1990)
  • deux ouvrages sur Thomas More, dont celui de Germain Marc'hadour (je le précise pour le plaisir d'écrire ce patronyme)
  • le Coltrane de Xavier Daverat (aux éditions du Limon)
  • la deuxième édition, largement remaniée, de Gérard Manset, celui qui marche devant de Daniel Lesueur
  • "Moi qui suis Robert Desnos". Permanence d'une voix. (sous la direction de Marie-Claire Dumas. José Corti, 1987)
  • la thèse de cette même M.-C. Dumas sur Desnos (Robert Desnos ou l'exploration des limites. Klincksieck, 1980 (je le note pour le plaisir de risquer de me planter en orthographiant Klincksieck).)
  • À soi-même d'Odilon Redon (lu samedimanche : génial)

11:45 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne, Littérature, Art

lundi, 22 janvier 2007

Mystères de la généalogie

    Jean de FRANCE a épousé Marguerite DAMOISEAU le 22 janvier 1541.

 

[d'argent au lion léopardé de gueules mis en chef]

19:20 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Arrivederci

    Toujours il pleuvra des cordes. Que ça pince ou non. Comment sinon naîtrait ce son mat de la peau doucement frappée, dans l’arche de Noé, alouette d’écorce – orques – et requin dans l’obscurité ? Un train suit la voie ferrée sur des kilomètres de ponts, de banlieue, près d’échangeurs, à faire grincer sans cesse et sans ménagement les éclisses des traverses, puis une voix d’oiseau, un chant enfin émerge des brumes que traversait le train. En entendant ce chant, je me dis que cela fait deux semaines que je voulais prendre le temps nécessaire, ces 1956 secondes, pour traverser la France du nord au sud puis de nouveau du sud au nord, un road movie illustré à la clarinette, forme de moyen métrage pour tous trajets, sans aide à la navigation. Le regard suit le train, mais tout le corps danse, aux appels des peaux tannées, de la mélopée comme vocifération, et la danse n’a d’ailes qu’obscures. C’est tout comme un grand vol de corneilles heureuses dans l’aube d’hiver. C’est tout comme.

Loin du train, maintenant, et loin de l’arche, une corneille quitte les rangs pour aller houspiller des étourneaux querelleurs et piailleurs. Sous les cordes qui pleuvent, on ne le dira jamais assez, que ça pince ou non, il y a le bruissement des forêts dénudées, cette saveur exquise des étangs découverts au détour d’un bourbier, cette extase à se perdre, les bottes enfoncées dans l’argile noirci, tandis que planent, virent de bord encore les corneilles. Même au cœur, même au creux de ces forêts abandonnées aux bourbes de l’hiver, on ne s’empêche d’imaginer – quoi – les doigts de Léon Francioli qui tissent glissent, même en n’ayant jamais vu Léon Francioli ni de photographie de Léon Francioli. Perdu, les bottes crissant dans l’argile, on regarde l’étang où aucun cincle ne plonge, et c’est encore une autre hallucination : Michel Portal nous emmène à l’autre bout de la France, en Camargue bien sûr, ou en Bretagne – c’est pareil. Égaré, les mains accrochées à l’écorce du vergne, on regarde l’étang, on tapote contre l’écorce, doucement, tout en contemplant l’eau morte sans clapotement, et, sans quitter l’ombre proche du vergne, on imite, malgré soi, les mains de Pierre Favre sur les peaux tannées. Je sais désormais que je suis seul au milieu de la forêt, que le road movie s’achèvera, peut-être sur l’aire de repos déserte, à part un semi-remorque en travers et pas la moindre silhouette visible dans la cabine. Je sais que j’aurai dit au revoir et que jamais pression de la main droite sur la main gauche n’aura été plus douce, ni plus mesurée, dosée. La peau pas ne frissonne, elle résonne, et je ne reviens pas sur mes pas, j’avance, dis adieu au vergne. C’est sans sens caché, sans cachotteries, le train s’emballe, oh ne chantez pas là.

Essayer d’écrire un texte que je chanterais dans la lumière du tumulte, en collant de très près à ces rails, à ces routes, à cette fine pellicule de souvenirs – est-ce possible ? Longé l’étang, il y a un long talus. Personne n’y a laissé de feu, personne construit de cabane, personne en moi ne frissonne. La peau encore résonne. De quoi ? des cris des corneilles, du chant de la cognée, des voix intérieures. Tout ça des foutaises. Longé l’étang, je sais que je pourrais passer deux heures à compter les strobiles sur cette branche, puis les écailles à peine ouvertes des strobiles, puis les imaginer dessinés, les imaginer photographiés, les imaginer dans la lumière du tumulte, passer plus de temps encore à enlever puis remettre puis enlever puis remettre cette virgule entre ça et des. Au début elle y était puis elle n’y est plus. Longé l’étang, il y a un baradeau, et les corneilles au-dessus de ma tête maintenant s’éloignent puis reviennent, comme dans les noirs d’Odilon Redon ce terrible jeu de bonneteau. Signes de ponctuation, swing des cordes qui pleuvent, et la chanson qui trouve son refrain, à peine a-t-on longé l’étang. Je sais que j’aurais pu passer tout ce temps, ces secondes égrenées strobiles, à écrire un texte que je chanterais tous les jours jour après jour dans la lumière du tumulte – mais si le cœur l’âme la peau je ne sais pas moi si cela si ça ne veut pas chanter, on reprend seulement la route, longe l’étang, tire sur la bride, remonte dans le train ou mieux traîne dans la corbeautière, une fois longé l’étang. Finir sur lourdes portes.

15:41 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Jazz, Poésie, écriture

Profil basque

    Le jour où David Alvin décida de voler sa voix à l'océan, il s'y prit sans ruse, juste d'un doigt frêle, d'un murmure bouleversant, et, par quelques vagues tremblées sur l'estampe, se lança dans les nuages,

se lança dans les cordes,

s'élança dans les airs, pour n'en plus

revenir.

10:00 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Blues