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dimanche, 22 janvier 2017

De l'idée

Untung-untung

 

    22 janvier 2011

Après une nuit de 3 heures (en 3 fois), s'apprête à rempiler pour une journée de Salon.

 

22 janvier 2017

Cette année, ç'aura été l'inverse. Après le samedi à assurer une journée complète (et épuisante) au Salon des Lycéens, nuit entrecoupée et même interrompue par de fortes migraines, qui ne passent pas même avec une double aspirine.

Malgré tout, contrairement à Chevillard qui dit ne pas aimer le 22 novembre, ou Brassens se foutre du 22 septembre, j'aime le 22 janvier.

09:45 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 21 janvier 2017

Neige ▓ Snow (Ludovic Janvier)

( Ludovic Janvier est mort le 20 janvier 2016. Le 23 janvier, je publiais une brève traduction en hommage. En voici une deuxième. )

 

    Neige dehors neige dedans

    Snow outside snow inside

neige lente sur les frissons

snow flowing slow on shivers

neige noire à crever les yeux

snow so black it could pluck out your eyes

pas un humain qui vous réponde

not a single human being answering

il doit leur neiger sur la voix

snow falling on their voices

est-ce que tout le monde est mort

has everybody died

est-ce que je suis le dernier vivant

am I the last one alive

enfoui sous quelques flocons de rien

buried under flakes of nothingness

(posant le rien tout autour je veux dire)

(spreading nothingness all around I mean)

corrompu jusqu’à l’os par le deuil et le froid

corrupted to the bone by mourning and cold

car il neige à n’en plus finir

because it is snowing endlessly

de plein fouet sur le chagrin

headlong against the grief

comme autrefois doucement sans pardon

gently like before but without forgiveness

neige légère à serrer le cœur

snow so light yet making your heart miss a beat

neige lourde à tuer le temps

snow so heavy it could kill time

c’est bien l’éternité comme prévu

this is eternity indeed as expected

qui précipite exactement sur moi

falling down precisely on my head

c’est tout simple il ne fallait pas naître

it’s so plain you shouldn’t have been born

14:09 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

Plein

19 janvier

    Pourquoi ce maniganceur de première commençait-il toujours ses discours par une question ? Avait-il un quelconque intérêt à cela, s'était-il aperçu que c'était plus efficace, où était-ce juste de la paresse, une forme de faiblesse stylistique ?

Quand on se retrouve avec le recto verso imprimé du mauvais côté, on doit chercher pendant des heures dans le pilote de l'imprimante comment modifier cela. En fait, les heures ont duré 90 secondes.

Les heures passent plus ou moins vite, la nuit descend sur les néons déjà allumés, mais quand on écrit ce genre de phrase c'est toujours un soleil immense sur les parkings surpeuplés. D'ailleurs, à force de faire des phrases, on n'est plus compris par personne, on est comme sur un sentier rude de montagne, assoiffé,  affamé, sans plus pouvoir respirer, mal au cœur, mal au ventre, et ça finit toujours mal, quand on fait comme ça des phrases.

Et comme ça ne pas savoir, déambuler, ne rien savoir, ne rien voir, déambuler encore, épouser les méandres du fleuve, se scandaliser d'employer de pareils clichés, comment peut-on épouser un méandre, comme ça, on n'épouse pas un contour géographique, on n'épouse pas le trajet sinueux qui vous précède de plusieurs millénaires, ce n'est pas parce que l'on part marcher que l'on épouse, ce n'est pas parce que l'on parle à tort et à travers que l'on épouse, ce n'est pas parce qu'il y a un fleuve et des méandres, ce n'est pas parce que la ligne droite n'est jamais droite qu'on épouse. Comme ça, le type avec ces questions à deux balles pour ouvrir ses discours peut la fermer pour de bon, plein la tronche de nos affirmations marcheuses. Plein les bottes de nos méandres. Plein le dos de nos textes approximatifs qui dégoisent dans le vide.

10:32 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)

Salon des Lycéens

Untung-untung

    21 janvier 2011

Expliqué à des élèves de troisième que l'Université, c'était "après le lycée" (stupéfaction dans les yeux adolescents), et à des élèves de première que, pour faire des études d'anglais, il fallait s'intéresser aux cultures des pays de langue anglaise (devant un scoop aussi ahurissant, l'interlocutrice pré-adulte estomaquée cessa de mâchonner sa sucette).

 

21 janvier 2017

C'est drôle. Le Salon des lycéens a lieu tous les ans à la même époque, donc, ces jours-ci, l'application “On This Day” de Facebook — sans laquelle, je le rappelle, il n'y aurait pas de Untung-untung — fait « remonter » divers statuts liés à ces journées assez particulières. C'est ma quinzième année à Tours, et la treizième fois que j'assurerai une présence sur le Salon : en janvier 2003, j'habitais encore à Beauvais, et il y a eu une année peu après mon mandat au directeur où j'ai signalé qu'on pouvait faire sans moi ; sinon, fidèle au poste.

J'y serai donc aujourd'hui ; hier, j'avais cours toute la journée. Année après année, je constate que deux ou trois collègues, tout au plus, sont présents pour informer les lycéens (et les collégiens donc, cf supra) de ce que représentent les études supérieures de langues, et particulièrement la filière LLCER Anglais.

(Ce billet aurait plus eu sa place, en un sens, dans la rubrique WAW... Mais bon...)

06:23 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 20 janvier 2017

Brève

Untung-untung

    20 janvier 2013

Chatte sortie à 6 h du matin dans la neige. Pas rev(en)ue depuis.

 

20 janvier 2017

Pas de neige. Grand froid. Grosse journée, petite soirée, pas la force. — La (même) chatte pionce quelque part dans la maison (fauteuil du salon, je crois).

22:10 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

jeudi, 19 janvier 2017

Bonne épouse de poète

« Une bonne épouse de poète est la femme qui connaît déjà par cœur le poème que son mari n'a pas encore fini d'écrire. En l'occurrence, deux raisons se superposaient pour qu'elle le sache par cœur, elle était femme et elle était poète. Sa diligence était tellement utile qu'elle pouvait corriger sur-le-champ certaines imprécisions du poème inédit. »

(Lidia Jorge. Les Mémorables. Traduction G. Leibrich. Métailié, p. 289)

 

Que dit ici la narratrice ? Texte, comme à chaque page, ironique et équivoque.

Si je cite cela ici — moi, un sale mec —, on va peut-être m'accuser de machisme, quels autres salamalecs. Pourtant, il est évident que la première phrase ne peut en aucun cas être comprise au premier degré, et d'ailleurs elle ne peut être comprise comme ayant un sens. Incohérente, délibérément, elle vient battre en brèche l'idée même d'“épouse de poète” (et alors, bonne épouse de poète, n'en parlons pas).

 

10:22 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (2)

mercredi, 18 janvier 2017

“avale le texte”

    avale le texte *

    swallow the text

mâche la nomination

chew the naming process

retire-toi derrière le chiffre de la fatigue

pull back and hide behind the figure of weariness

et si tu reviens à Istanbul : ôte l'anneau noir que tu perdis

and should you come back to Istanbul — take out the ring that you lost

par aucune force aimer s'est attaché à mes mains

very softly loving got tied up to my hands

 

* Rodrigue Marques de Souza. Istanbul, embrasements. Fissile, 2015, p. 84

08:19 Publié dans Darts on a slate | Lien permanent | Commentaires (0)

mardi, 17 janvier 2017

BM VDM

Untung-untung

    17 janvier 2013

Passer en coup de vent à la fac alors qu'en théorie c'était le seul des 5 jours où on ne devait pas y aller. Croiser, comme seul collègue, Barbu-Mouducul, qui te souhaite une bonne année. VDM.

 

17 janvier 2017

Cette année, ô miracle, Barbu-Mouducul a surveillé un examen avec moi le 4 janvier et même rendu ses notes de troisième année à temps.

00:10 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 16 janvier 2017

Accords gris verts

Untung-untung

    16 janvier 2015

« Et une église, c'est fait pour être fréquenté ne serait-ce que par des athées. » (Les coqs cubains chantent à minuit)

 

16 janvier 2013  

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16 janvier 2017

J'ai bien fait de saisir, même avec un smartphone pourri, ce portail vert avec son slogan. Peu de temps après (en 2015, je crois), il a été remplacé par une sale mocheté de grand portail gris beige électronique comme en ont tous les ploucs. — La citation de Tierno Monénembo me fait ressouvenir que, dans la correspondance que je reprends avec E***, une amie perdue de vue depuis vingt ans au bas mot et qui nous a retrouvés grâce aux Pages blanches (et qui nous a téléphoné il y a dix jours), il fut question de Monénembo, qu'E*** aime beaucoup, sujet sur lequel je ne lui ai pas répondu. Puis-je sérieusement la renvoyer à mon blog vert ?

23:18 Publié dans Untung-untung | Lien permanent | Commentaires (2)

La Possibilité d'une crypte

    Dans ce salon de thé, il y aura eu, à toutes les tablées, une conversation sur “les chinois”. Ou plutôt on parle çà et là des chinois : investissements aux States, les copies de médicaments, etc. Comme je suis seul à être seul, je suis seul à entendre sans les épier ces conversations où surgit çà et là le mot “chinois”.

D'ailleurs ai-je le droit d'être là seul, moi qui n'ai pas dit une seule fois le mot chinois ? Je me rattrape avec ce texte au smartphone, on me dira ça.

On va peut-être quand même me jeter dehors. Il semblerait que tout le monde ici soit accompagné d'une vieille dame à cheveux blancs ou d'un quadragénaire à col roulé. Aurais-je insciemment enfreint une règle non écrite en entrant ici ? J'ai oublié mon col roulé. Et puis je n'accompagne personne. J'ai oublié ma vieille dame. Je ne vais tout de même pas ressortir dans la rue en kidnapper une ; en plus aura-t-elle les cheveux blancs tirant sur le gris souris ou sur le jaune goéland ?

Kidnapper une vieille dame est, de surcroît, la chose la plus malaisée du monde. Il faudrait l'avoir enlevée déjà enfant, et je n'étais pas né.

J'attendrai donc ici d'être devenu un vieux monsieur, je commanderai un col roulé avec mon prochain chocolat chaud, je ferai semblant que le poète que je lis parle d'Istanbul mais d'une façon chinoise.

Le livre, d'ici là, je le saurai par cœur. Dites à ma femme qu'elle ne s'inquiète pas.

 

(5 janvier, vers 18 h)

09:00 Publié dans Élugubrations | Lien permanent | Commentaires (0)