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dimanche, 02 avril 2006

Visions d’avril, 4

    Dans un tableau lumineux et rouge qui pourrait être de Hubert Robert, le soupir du cerbère s’exhale. Refus valent exorcisme.

Il est seul. Quelle est sa quête ? Mains croisées, veines saillantes, le fou fait songer au Christ revenu.

………

Dostoïevski frappé d’aphasie (impensable). Kafka sans l’humour (difficile). Faut-il inventer le concept d’humour gris ?

(Ce n’est pas l’humour noir.) La jeune fille assise sur la chaise aux immenses barreaux se mord la lèvre inférieure d’un air apeuré. La toile du ciel plafond lui voit faire les cent pas, pendue au sol comme une revenante brûlante.

………

Don Juan n’écoute pas. La chambre s’est élargie, vaste comme le vaste monde. Le bruit constant de l’eau qui suinte et la peur lue sur les traits de la jeune fille composent le tableau échevelé où se perdent les voix. Rédemptions valent sacrifice. Il faut écarquiller les yeux.

22:06 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (0)

Visions d’avril, 3

    Un monde gris, fait des tourbillons de fumée, des volutes de poussière que ne suscite même pas un Dieu vengeur. Voilà ce que je vois.

J’entends les heurts des embrasements, le jeune homme fou se cogne aux encoignures, une musique lente et pénétrante, douce, finit par fendre les tympans de ces ruines aperçues. Longue errance noire au milieu des pas pressés porte aux nues ta déchéance, si la syntaxe encore s’abîme, fruit talé par la grisaille.

Soudain, comme le corpulent barbu te violente au milieu du flux des passants masques de carnaval posés sur de tristes gouttières de poussière, me revient en mémoire cette scène répétitive et sans nulle musique d’un film de Sharunas Bartas.

Le grabat est-il battu par les vents dans la prison de l’âme, ou dicte-t-il ses confessions à de subalternes ombres ? Un manteau trop serré qui pétrit la silhouette défait l’espoir du fou. Le fou a chanté dix-sept fois. Il ne faut pas faire grincer sa plume, même pour la plus grinçante confession. Je me cache le visage avec un journal jauni, comme ça on ne me fera pas passer par le Pont des Soupirs. Notez six objets. On meurt pour moins que ça, dans le bourdonnement des mouches. Les yeux fous n’ont pas de paupières, à n’être glabres qu’au grabat. Ce n’est pas grave (dira-t-on).

Ce l'est.

21:48 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

Visions d’avril, 2

    Folles et commis en tablier parlent russe.

De la fête frénétique asile de fous, la fille hystérique se jette dans le vide. À en attraper la jaunisse.

Je ne comprends pas ce que je vois.

Assis sur le grabat, le spectre oscille au rythme du pendule (sa douleur) ?

Elle, défunte nue, arrive au visage miroir lunaire, sans que l’éclipse totale du jour ne vienne émonder sa face. Je viendrai, bien sûr, je viendrai… Les voix se voilent, l’une à l’autre soustraites, comme si la trouée de lumière suffisait aux âmes pour s’invoquer.

Par l’oubli fermée, dans le cadre se fixe une longue suite de travées, ou de voûtes, ou de trouées de jour, de pourritures aqueuses qui dansent superfinement sur le fil tendu, funambule, de la toile.

21:34 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (0)

Visions d’avril, 1

    Murs gris, échelle, impression de pellicule d’avant-guerre (au sens large).

Colonnades, inondations, silhouette assise sur un escalier au bord de l’eau. Lent déplacement le long des arcades (je sourcille). Une voix dans l’obscurité, spectrale, fait figure de proue, appelle, invoque, donne un sens profond aux mystères de l’ombre. Tout s’échappe comme en un cauchemar les réverbérations du son contre l’ardoise.

Les voix ne sont pas les potences, avec lesquelles jouent les ombres.

Un masque s'éloigne de rien.

21:14 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (3)

Avant les visions d’avril, 0

    Après un repas sommaire mais succulent, composé d’une salade de riz complexe, de quelques tranches de pain tartinées des excellentes rillettes de Grégory Brion, avec, à l’arrosade, deux fières lampées de Marsannay Domaine Nicolas Theuriet, il faut bien perpétuer ou tenter de poursuivre les rites, d’où cette atmosphère de fer, ce silence de velours, cette langue qui s’éprend d’elle-même.

20:45 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (3)

Napoléon et l'étiquette (...)

Paris, 2 avril 1803

Au citoyen Marescalchi, ministre des relations extérieures de la république italienne

Vous pouvez écrire, Citoyen Ministre, au citoyen Melzi que la 16e de ligne se rend à Alexandrie, et que la 42e se rend en Italie, en place d'une demi-brigade que le général en chef enverra également à Alexandrie; cette réunion est nécessitée par les travaux extraordinaires qu'on fait aux fortifications de cette place ; que, quant à la désignation Milan, c'est une manière de s'exprimer du ministre Berthier, qui a désigné Milan comme point central de l'armée française ; il a voulu dire par là en Italie. Des ordres ont été donnés pour que cette demi-brigade soit employée dans les différents points de la République.

Comme la quantité d'occupations que j'ai dans ce moment ne me permet pas d'écrire à Milan, et qu'au milieu des grandes affaires que j'ai, toutes ces petites discussions d'étiquette et de querelles me fatiguent plus que l'on ne peut penser, je vous prie de lui dire confidentiellement que je suis toujours le même pour la République et pour lui, et que, s'il y avait eu un changement aussi notable que celui de mettre deux régiments en garnison dans la capitale, cela ne se serait fait que de concert avec les autorités. Mais, par Dieu ! recommandez-leur de bien vivre avec les agents français et avec Murat, qui vivra bien avec Melzi. L'union est nécessaire à tous ; et, s'ils ont le moindre attachement pour moi, chacun fera la moitié du chemin.

Source : Correspondance de Napoléon en ligne

19:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1)

Poissons d'avril à La Péniche

    La Péniche, où se tenait hier et aujourd'hui, dans une atmosphère de patronage bon enfant, l'exposition "Poissons d'avril", n'est pas un lieu très facile à trouver, car le portail se trouve dans un renfoncement de la rue du Docteur Fournier. Toutefois, le dit portail étant surplombé, pour l'occasion, d'un immense espadon rouge, je me dis que je vis en aveugle, d'être ainsi passé devant le lieu sans le voir.

La "Péniche" en question est une sorte de bâtisse rectangulaire en bois, de trente mètres carrés, assez semblable à un préfabriqué d'école primaire. Diverses œuvres piscicoles occupaient la cour et la petite pelouse ; les murs intérieurs de la "péniche" proprement dite étaient ornés de peintures, toiles, mobiles, objets, sans compter un grand carton à dessin avec diverses lithographies, et le petit film de Renaud Lagorce, dont le titre, déjà oublié, consistait en un jeu de mots sur "l'amer" /"l'amer". Le film, qui dure moins de quatre minutes, compte d'ailleurs parmi les réussites de cette mini-manifestation, avec sa mise en scène glaciale, son petit retournement prévisible mais digne dans sa cruauté. Il se trouve que je l'ai regardé en conversant avec l'acteur himself, qui m'a confirmé que la bouillie de poisson rouge qu'il sauçait dans la dernière scène était bel et bien de la soupe de tomates froide. L'acteur, dans le film, n'était pas sans me rappeler certains autoportraits de Man Ray des années 1925-26, alors que l'être en chair et en os debout à mes côtés n'entretenait en rien cette illusion. (Peut-être en raison de l'absence de noir et blanc dans la vie réelle ?)

Il y avait d'autres réussites, mais assez peu, somme toute, l'essentiel se réduisant à de gentils clins d'œil humoristiques, comme les billes qui, accrochées dans un arbre, devaient être scrutées au moyen de loupes sur lesquelles était écrite, au feutre, la formule "Poisson d'avril". Je n'ai pas retenu, ni pu noter, les noms des deux ou trois artistes dont le travail m'a paru plus intéressant, mais il faut dire que rien, là, ne respirait de quelconque prétention. Cela s'entend positivement, en ce sens qu'aucun de ces artistes ne prétend à lui seul réinventer l'art moderne et la philosophie occidentale, à l'inverse des jean-foutre du C.C.C. (voir note d'hier), mais aussi de manière plus dubitative : comment, si l'on ne vise pas plus haut, espérer construire une œuvre vraiment digne de passer à la postérité, ou de susciter l'intérêt par delà sa paroisse ?

Dans la rue du Docteur Fournier, plus loin, il y a un trompe-l'oeil assez réussi, dont je publierai prochainement une photographie, en nouvel hommage au site des Dessins muraux de Tinou. Il sert de décoration murale, mais aussi, en cela, d'enseigne particulière pour l'atelier d'un charpentier (mais je peux avoir mal compris, car je suis vraiment épuisé, ou lent du cerveau, en ce moment).

Nous avons aussi remarqué, à l'orée du domaine privé de la S.N.C.F., un curieux pigeonnier de bois, flambant neuf. D'après mon père, ces pigeonniers sont construits afin d'abriter les pigeons, de les y attirer, puis d'y récolter les œufs afin d'éviter que ne pullulent les bisets. Cela semble d'un machiavélisme bien dérisoire, mais, depuis que l'on a achevé d'exterminer la plupart des rapaces diurnes, en particulier les faucons pèlerins ou les autours, qui sont de grands chasseurs de colombidés, l'équilibre entre proies et prédateurs a été réduit à néant.

De retour à la maison, après un passage par la gare de Saint Pierre des Corps, où nous raccompagnions mes parents (et où leur train était finalement annoncé avec un retard d'une demi-heure), mon fils a aussitôt insisté pour que soit dûment découpé et accroché au mur son poisson bleu de Béatrice Ronfaut. (J'entretiens délibérément l'énigme.)

Entre quatre et cinq, même sans m'envier de thé, profitant du soleil qui donnait sur les cabriolets, quel plaisir j'eus à jouer, pour mon fils, le rôle du pilote d'avion... un pilote d'avion avachi et lisant les journées d'octobre du journal 2003 de Renaud Camus en écoutant l'Alceste de Haendel (une déception).

18:03 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (2)

An

    En avril, il faut promener le mandrill.

11:50 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi, 01 avril 2006

Mentula

    Dans l'article 20 de ses Privilèges, Stendhal écrit :

Le privilégié ne sera jamais plus malheureux qu’il ne l’a été du 1er août 1839 au 1er avril 1840.

 

Relire ce texte me remet en mémoire la formule de l'un de nos professeurs de latin pour décrire les épigrammes de Martial : "ah ! ah ! la geste de Mentula !"

 

20:50 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Carrément casse-cannes (C.C.C.)

    Mes parents sont partis pour l'après-midi, avec mon fils, qui avait été très déçu, fin novembre, de ne pouvoir visiter que les jardins du château de Villandry. Les intérieurs ont dû rouvrir depuis la mi-février, et, même s'ils ne constituent pas le clou de cette visite, il y tenait très fort. Ils devaient essayer aussi de visiter les grottes pétrifiantes de Savonnières, qui ont l'air d'être une belle ringardise, ou un joli attrape-andouilles, une sorte de Musée du Lacet pour touristes désespérés, dont, en un mot, nous nous dispensons fort bien, c'était et moi.

Cela fait plusieurs jours que je n'ai pas composé de note un tantinet élaborée ; je ne sais ce que va donner celle-ci, si ce n'est que j'ai déposé quelques poissons ce matin sur deux ou trois blogs, sans compter les innombrables semblables animaux d'écailles et d'arêtes qui, de leur silhouette en papier, ont orné vêtements et murs, pour des jeux enfantins se rapprochant du cache-cache. Je me suis esquivé dans la matinée, pour le marché de la place Coty.

Cet après-midi, c'était et moi avons vu les navrantes installations du C.C.C. (navrantes, à l'exception du petit film tourné je ne sais où en Croatie par un vidéaste au nom légèrement serbo-croate lui aussi). On ne peut en sortir : l'essentiel de la production contemporaine, en matière d'installations, de vidéos, de travaux plastiques autour de modules, de jeux d'échos, d'environnements sonores, est d'une platitude et d'une ineptie à faire pleurer. Evidemment, le responsable du C.C.C. accueille le visiteur en lui proposant la brochure : à moins d'avoir les yeux rivés sur le blabla le plus souvent creux et jargonnant de ces artistes frustrés de ne pas être philosophes, il n'y a aucun espoir,  ce que praticiens et galeristes admettent eux-mêmes, de rien comprendre aux oeuvres exposées. Eh bien ! je refuse cela ! Je ne lis plus les notices et autres livrets d'accompagnement, ou alors après, pour vérifier*. Mais, si l'intérêt est de lire le petit texte farci de termes pentasyllabiques, alors il ne faut pas faire d'oeuvres : écrivez des livres et fichez-nous la paix avec vos machins dont vous admettez vous-mêmes qu'ils n'ont de valeur que par le discours qui les enrobe !

(Je vois vers où va cette note : le vieux débat de l'art contemporain, dont je suis, pour de très nombreux cas, un grand et presque incoditionnel adepte, mais dont j'aime bien pourfendre aussi les ridicules. (Il n'en manque pas, il faut dire.))

Nous avons parcouru la rue de la Scellerie, en nous arrêtant dans plusieurs des boutiques d'antiquaires, librairies anciennes, et même renouveler notre stock de thé dans le salon de cette même rue. Une flânerie de deux heures, de ci de là, dans le centre de Tours.

 

* D'ailleurs, en général, en lisant la notice a posteriori, je me rends compte que j'ai à peu près tout deviné du "sens de l'oeuvre", ce qui est mauvais signe, voire même que je suis allé imaginer telle ou telle "explication" qui est bien plus élaborée que la sauce conceptuelle à deux centimes du "plasticien"... J'ajoute, profitant de cette astérisque en guise de post-scriptum, que c'était vient de me lire un extrait du n°19 de la revue MAP (mouvement action plastique), au sujet d'Isabelle Lévénez, qui expose au C.C.C. une sorte de projection vidéo parfaitement insipide comme il s'en pond des quinzaines par jour dans toutes les écoles d'art plastique du monde. Je vous laisse apprécier cette citation qui vaut son pesant de cacahouètes :

Elle affronte l'indicible, réduit la grosse machine duelle (être homme être femme) en tralala lalère du devenir enfant, devenir homme ou devenir femme, devenir l'autre. [...] Si sa peinture devient sonore c'est pour mieux désigner le vertige, le trou ("les petites filles ont un trou par où s'échappe la mémoire") comme zones picturales paradoxales.

 

Outre que ce genre de balivernes peut se reproduire à l'infini (je suggère à l'auteur de ces lignes d'aller jusqu'à "la création du troulala à air de l'anusité crypto-vénale"), tout ici est entièrement démontable, tout argument réversible : en quoi le vertige est-il une "zone picturale paradoxale" ? Et je ne dis rien des trois premiers mots, qui, sous des dehors géniaux, sont un truisme de la plus belle eau, car on pourrait dire cela de toute forme d'expression artistique non verbale, et même, dans une certaine mesure, de tout ce qui relève de l'écriture. Dostoïevski, Berg, Delacroix, Bach, Mallarmé, le Caravage, Britten, Shakespeare, Soutine, Soulages, Dante, et tant d'autres... tous affrontent l'indicible...

18:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (12)

Sérieuse

    Sérieuse est le nom d'une frégate de 150 tonneaux, construite en Angleterre en 1715, armée à Bordeaux, partie au premier trimestre 1721 pour le Sénégal, et enfin désarmée le premier avril 1726.

Source : Histoire de l'île de Groix et de la famille Gourong (Liste des bâtiments de la Compagnie des Indes orientales)

18:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

11

    Le soleil rue de Lucé

a ses accointances

avec la grisaille

 

instant de la catastrophe

aux flaques d'or des abîmes

 

17:26 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)

Ou

    En avril, ne fronce plus les sourcils.

12:03 Publié dans Quel mois... | Lien permanent | Commentaires (2)

M

    La nuit de la Samain, je me faufile dans les couloirs du collège Ronsard ; j'y installe un bandit manchot ; puis je me sauve en imaginant la tête des professeurs le lendemain.

(Où je me rêve en fantôme des casinos... non, vraiment non !)

09:53 Publié dans Arbre à came | Lien permanent | Commentaires (0)

3773 à l'aube

    C'est l'un de ces matins où, à l'aube, dans un demi-sommeil, repensant aux différentes combinaisons esquissées récemment, et notamment à l'addition de 37 et 73, qui, comme toute addition de nombres palindromiquement complémentaires à deux chiffres, donne un multiple de 11, on s'aperçoit que le nombre à quatre chiffres formé par ces deux nombres, 3773, est non seulement multiple de 7 et de 11, mais il s'agit même d'un multiple de 343 (7 au cube).

Ainsi :

          7 x 7 x 7 = 343          343 x 11 = 3773 = 77 x 49

Or, le nombre à deux chiffres qui se situe au milieu de 3773 est 77, qui est multiple de ce nombre.

Mieux, même :

          77 + 33 = 110 = 73 + 37

C'est à devenir fou...

09:26 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (9)

Dernière minute

    Jacques Chirac a annoncé, ce matin à 8 h 15, qu'il ne promulguerait pas la loi sur l'égalité des chances et en demandait une deuxième discussion au Parlement.

08:47 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (6)

vendredi, 31 mars 2006

31 mars 1084

    En 1080, le pape Grégoire VII reconnaît la légitimité de Rodolphe et excommunie à nouveau Henri IV qui, en retour, proclame à nouveau la déposition de Grégoire VII, en accord avec les prélats qui élisent pape l'archevêque Guibert de Ravenne, sous le nom de Clément III. Henri vainc et tue son rival Rodolphe en octobre 1080, à la bataille d'Elster. A présent soutenu par tout l'empire, il se dirige vers Rome. C'est là que Godefroi de Bouillon, en dépit de la confiscation du son duché de Basse-Lorraine par Henri IV en 1076, décide de se ranger aux côtés de celui-ci. Après quelques victoires, le roi des Romains prend Rome et est couronné empereur, le 31 mars 1084, par l'antipape.

Touché par le comportement loyal et dévoué de Godefroi de Bouillon, l'empereur décide de s'assurer son soutien en le récompensant. Pour cela, il reprend le duché de Basse-Lorraine, (qui comprend l'Ardenne, le Brabant, le Hainaut et le Pays de Liège) à son fils et le rend à Godefroi en 1087.

En 1088, un nouveau pape, Urbain II est élu. Il poursuit la politique de son prédécesseur Grégoire VII, mort en 1085. Malgré les victoires d'Henri IV, celui-ci doit lutter contre la colère du peuple italien et doit quitter Rome et la péninsule en 1094, pour lutter contre de nouveaux opposants : Conrad, le dépossédé du duché de Basse-Lorraine, et Henri, le futur empereur Henri V, ses propres fils...

(Source : Monarchies)

12:07 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Perpignan

    À peine le trottoir battu d'un pas incertain, en sortant du Crédit Lyonnais, j'entrevis Aurélie (mais si, la vraie Aurélie, la star des commentaires), qui venait d'une rue adjacente et orientale, et que j'allai saluer, avant d'avoir avec elle une conversation relative à l'amorphie régnante, contre laquelle il est difficile de lutter. Puis nous vîmes arriver, du sud, Marie, une autre de mes étudiantes de cette année, dont le compagnon est aussi un fidèle lecteur de mes proses. Comme elles filaient vers la faculté, je n'ai pas voulu les retenir plus avant.

La rue Nationale, à Tours, est le centre de l'univers.

11:25 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (3)

Petites Proses de Damas

    Je ne saurais imaginer que mourra, dans la nuit du 30 au 31 mars 2327, âgé de trois-cent-cinquante ans et des brouettes, un écrivain qui, inlassablement, insupportablement, publia de son vivant dans les 653 volumes. À sa mort, il laisse un énorme vivier d'inédits, que ses exécuteurs testamentaires publient en six forts volumes, sous le titre Petites Proses de Damas. On y trouve, notamment, une fascination pour la décomposition palindromique du nombre 110 en deux nombres premiers.

07:20 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (3)

Né le 30 mars 1741

    Fils d’un capitaine d’infanterie, issu d’une famille du Dauphiné dont l’origine remonte à la fin du XIème siècle, Justin Bonaventure Morard de Galles, qui devint vice-amiral sous la République puis comte d'Empire, naquit à Goncelin le 30 mars 1741.

00:15 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (3)

jeudi, 30 mars 2006

John Mc Gahern

    À quelques jours des deux centenaires de Beckett, John Mc Gahern, le grand écrivain irlandais s'est éteint, ce midi. Je l'apprends à l'instant, en vérifiant ma boîte à lettres électronique. Bernique ! 

His words have soothed us and they have kept our minds and souls vivid.

Ayons une pensée pour lui. Lisons ou relisons ses livres.

23:27 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)

Recette vestimentaire

    Imaginez un hérisson, un porc-épic et plusieurs fourmis urticantes.

Ajoutez-leur une boîte de tampons Jex et quelques boules de poil à gratter...

Multipliez le tout par trois,

et vous aurez une idée, vague et atténuée, de l'effet sur ma peau du pull-over que j'ai enfilé il y a dix minutes, ayant mouillé ma chemise en quelque menue tâche domestique.

18:19 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (2)

Sentences

Silence pour ferrailler,
Loquace des briques,
Harem maladie.

Tout cela est d'or (dehors, est-ce à dire).

17:41 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (7)

mercredi, 29 mars 2006

Tristes

    Les Visions de printemps vous ont-elles déroutés ? Pourtant, mon relatif silence de ce jour vous laisse tout loisir d'approfondir la lecture des textes de ce prolifique week-end...

Tristesse

    qui s'apprend

    qui s'appelle

          tristesse

    Très pour trait                           Comment désattrister ?

22:07 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (7)

Alles in Ordnung

    On tirera au sort l'ordre des chapitres, dans le Livre. Ce sera mieux ainsi. La mésange charbonnière n'est pas revenue rôder près du nichoir, ni le chat noir et blanc dans la haie de thuyas. Samedi, il faisait un temps mouquirous (en gascon dans le texte), hier un printemps superbe, aujourd'hui entre les deux. Hegel météorologue (un titre pour Derrida). Une haute pile de livres que lit régulièrement mon fils, et jusqu'alors épars, a été, par mes soins, assemblée et forme un tumulus au milieu du salon.

12:30 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (4)

Oisifs

    « Transplantez le Tourangeau, ses qualités se développent et produisent de grandes choses [...] Le Tourangeau, si remarquable au dehors, chez lui demeure comme l'Indien sur sa natte, comme le Turc sur son divan. » (L'Illustre Gaudissart)

10:30 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 28 mars 2006

Ironie au noir

    Gêné aux entournures.

 

"Canal Mozambique, 28 mars 1958.

Dans l'estuaire de Mombassa les Anglais entretiennent encore quelques jolies pelouses. Mais toute cette côte d'Afrique est envahie par des Indiennes à lunettes, darwinistes et marxistes, comme la future population du globe."

(Roger Vailland. Ecrits intimes. Paris : Gallimard, 1968, p. 540)

 

L'histoire prit d'autres atours. Fantasmes de la pureté ou amour des "bonnes invasions" ?

19:40 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (7)

Mystères du corps

    Comme je ne me sens pas affamé, pourtant une douleur me tenaille le ventre, que soulage finalement, banalement, un casse-croûte de fortune ; comme je me sens très fatigué, le travail n'avance pas assez vite, et pourtant j'en abats bien aujourd'hui ; comme je vois le reflet de mes doigts dans le miroir de l'écran, je me dis que mes ongles sont mieux tenus que mes joues (qui arborent une barbe de deux jours).

18:48 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (3)

(D'après) Guillaume de Machaut

Quand li printempz bourgeonne

Li cuers se meurt d'amour

L'abeille papillonne

Sur la patate au four

 

Et quand l'été arrive

Li solis arde aux ieux

Des ammantes lascïves

Et des cuers audacieux

 

Tes cordes de théorbe

Sung biens casse-berlonz

Maintenant sur l'euphorbe

Butine li frelonz

17:25 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (12)

Eloge du paraître

Dehait li ber qui est de telle semblance

Com li oiseaux qui conchie son ni !

Conon de Béthune. Bien me deusse targier.

14:23 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

The Importance of Being Earnest

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Eh dis, Christophe, quels sont ces X de colombages ?

12:40 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (1)

28 mars 1043

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    Michel Ier Cérulaire devint patriarche de Constantinople le 28 mars 1043 ; il fut exilé quinze ans plus tard, avant de mourir le 21 janvier 1059.

L'exil ne réussit guère aux patriarches.

 

(Vous direz que, byzantinement, je coupe les cheveux en quatre.)

12:23 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1)

Nuée

    Entre sept et dix, ce matin, il y a de la maintenance dans l'air, chez Haut&Fort.

 

: celles qui disparaissent :

10:43 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (1)

WHH

    Signe ou coïncidence ? Deux livres que je viens de lire, simultanément d'ailleurs, font assez longuement référence à W.H. Hudson, dont je pensais (sottement, arrogamment) être l'un des rares à connaître un peu les textes, pour des raisons complexes d'ailleurs*. Il s'agit de Rannoch Moor, le dernier volume paru du journal de Renaud Camus (chaudement recommandé) et du dernier roman traduit d'Enrique Vila-Matas, Docteur Pasavento (ditto).

Son nom, depuis que je le rencontrai, me fascina, et c'est peu dire que son œuvre aussi fut matière à intrigues et échauffement de synapses.

 

* Mon intérêt pour les auteurs « coloniaux » (en amont de mes travaux sur la postcolonie) d'une part, fascination du vieux Hueffer (mais si : F.H.H., aka F.M.H. aka F.M.F.) pour W.H.H. d'autre part.

09:00 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (1)

lundi, 27 mars 2006

Une pauvre feuille de laurier égarée

    Où se procurer les lettres écrites par Madame Hanska ? Il y avait tout à l'heure, sur France Musiques, une émission assez intéressante sur la "liaison dangereuse" entre Liszt et elle, où l'on entendait, bien lues, plusieurs lettres ou textes de Madame Hanska. Ce que j'ai pu trouver sur la Toile, c'est que Balzac avait dû brûler les lettres qu'elle lui écrivait, à la demande insistante de l'intéressée, mais ça ne m'avance pas beaucoup, puisque ces lettres, écrites dans un style fort beau, existent (à moins d'imaginer une facétie des auteurs de l'émission (hypothèse improbable)).

À titre d'exemple, je me rappelle qu'évoquant le fait que l'on pardonne plus facilement à un artiste de génie ses immoralités, dont elle avoue avoir ri, elle écrit qu'un artiste est "[comme?] une pauvre feuille de laurier égarée". Voilà une métaphore (ou était-ce une comparaison ?) d'une grande originalité, et très belle.

Ah ! je voulais déjà trouver le temps de lire les Lettres à Madame Hanska. Si je me mets à désirer les lettres de Madame Hanska, où allons-nous ?

21:21 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (2)

Le sel qui noie ta joie

    Thé vert, temps mitigé. La voix de Bertrand Belin. Il faut, bien sûr, retrouver le meilleur de soi. Une belle journée, ce lundi martial. Que les mensonges murmurés trouvent leur vraie bonté !

J'entends le soupçon colossal derrière les nuages. Cognée aux murs, l'encre sèche en graffiti terribles. Je juge hâtivement le sel qui noie ta joie.

 

17:52 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (1)

12 + 53 + 12

    Déjà douze des 77 miniatures ont été composées. Allons gaiement, d’un pas enjoué, d’une mine alacre, vers la treizième. Oui, il n’en reste que soixante-cinq, une paille.

Seulement douze des 77 miniatures ont été composées. Non, c’est à désespérer d’être prolifique. Il faudrait écrire dix fois plus de notes chaque jour. (Être lu, ça, une autre paire de manches.)

15:51 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (1)

Sodoku stup

    Ne parlais-je point de sudoku récemment ? Si fait. Pourtant, j'abhorre ce jeu. (Être fasciné par les nombres ne signifie pas que l'on se passionne pour la cruciverbie appliquée aux chiffres, il faut croire.)

Eh bien, avant-hier, ma compagne, qui consultait le quatrième volume du Robert culturel, m'apprit qu'il existait un substantif masculin qui en est le paronyme.

SODOKU <1916; transcription d'un mot japonais, composé de so "rat" et doku "poison"> Méd. Maladie infectieuse transmise par la morsure de rongeurs (notamment du rat).

 

Il avait été question, la veille au soir lors d'un dîner avec des amis, des dègues du Chili, petits rongeurs aussi nommés octodons, dont un de nos amis possède deux représentants. Ma compagne a donc, désormais, une excellente raison pour justifier sa répulsion viscérale et quasi-allergique aux rongeurs fourrés (lapins nains inclus). On apprend aussi, en cette page 838 du tome 4, que le japonais doku signifie "poison". Que le sudoku empoisonne la vie de ses adeptes, je n'en doute pas. (Que d'intolérance !)

Pourtant, signe de la nouveauté foudroyante de cette mode crucinumérale, SUDOKU ne figure pas dans le Robert culturel et marque, de sa béance, l'interstice entre SUDISTE et SUDORAL.

 

J'en viens au point d'ancrage de ce billet. Lorsque ma compagne me lut l'entrée du Robert culturel, je venais tout juste, moi, de lire les lignes suivantes :

Mais Jean Puyaubert nous disait toujours, à Jean-Paul, à Rodolfo et à moi :

« Vous avez toujours l'air de croire que c'est vous qui avez inventé la sodomie ! On ne vous avait pas attendus ! »

(Renaud Camus. Rannoch Moor. Fayard, 2006, p. 174)

 

Je vous laisse deviner quel mot suit immédiatement (et avec deux citations, l'une de Sade, l'autre de Joë Bousquet) SODOKU à la page 838...

14:45 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (1)

Nihilisme

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Souvarine, dans Germinal :
"Allumez le feu aux quatre coins des villes, fauchez les peuples, rasez tout, et quand il ne restera plus rien de ce monde pourri, peut-être en repoussera-t-il un meilleur."
I don't subscribe to this point of view.

13:05 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (3)

27 mars 1053

    De retour à Rome, le pape Léon IX leva des troupes pour aller guerroyer contre les Normands.

(Il mesurait plus de deux mètres : ça, c'est pour la petite histoire.)

12:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1)

Hier aux griffes

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Contrairement à ce qui se pratique d'ordinaire sur ce site, il faut cliquer sur chaque image pour l'élargir. Toujours est-il que, si quelque flâneur pouvait traduire les quelques phrases en question (en deux langues non romaines (arabe et chinois ?)) qui furent lues sur le livre d'or de l'Hôtel Gouin, à Tours, le 4 mars dernier, je lui en serais fort reconnaissant !
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Ce qui disparaît suffit-il à nous émouvoir ?

10:53 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (0)

Deux minutes de lucidité

    Quoi ??? Vingt-deux notes hier ? Faut s' calmer...

07:56 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (4)