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dimanche, 30 avril 2006

R

    Le vin râpeux me terrorise le gosier ; les frénésies de Pantagruel me laissent de marbre ; j’ai, pour ces vignettes, un regain d’affection.

(Où je me rêve abstinent… mais non, mais non…)

20:20 Publié dans Arbre à came | Lien permanent | Commentaires (0)

À en croire les mots proposés par Anu Garg cette semaine…

    Si j’ai des tendances onychophages, c’est plutôt ma sœur qui a hérité des pulsions philographes et oniomanes de la famille.

16:30 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)

XVIII

    Peut-être ai-je omis de vous dire que j’ai mené une enquête longue de six mois, qui m’a mené de Dublin à Paris, et de New York à Oxford, afin d’en savoir plus, non sur Samuel Beckett, l’écrivain né dans le quartier de Stillorgan, à Dublin, mais sur l’influence de Beckett sur certains intellectuels et universitaires contemporains, de différents âges et de différentes mouvances. Figurez-vous que Peggy Guggenheim appelait Beckett Oblomov. Le professeur Hickox se serait bien gardé de m’en souffler mot. Du coup, la filiation entre Bartleby et Barclay semble nettement plus évidente.

J’ai trois os ! J’ai trois yeux ! L’œil écoute mon œuvrette.

 

Pour d’autres raisons, je me suis attardé trois semaines à Oxford, la ville de mes folies passées, des frasques de plume. Beckett devait détester Oxford, mais je ne saurais dire ce qu’en pensait Barclay.

D’ailleurs, les rides de Beckett m’ont rendu visite, dans mon sommeil, et m’ont engagé à me lancer enfin dans l’écriture de ma Galerie de larcins, projetée depuis plus d’un mois, et toujours en chantier, en imagination. L’une d’entre elles était longue, noire, ressemblait au ravin qui sert de point d’orgue aux gorges du Tarn, et, tandis qu’elle me parlait encore et encore d’Oblomov, je rétrécissais. Puis, je m’éveillai. (Phrase passe-partout pour fin de récit de rêve.)

 

C’est beau, une œuvrette qui toute seule s’écrit. La main à plume vaut la main à ravin. Lâchez-moi la grappe, maintenant. J’ai trois os : j’ai trois yeux.

 

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (0)

Obauk

Jeudi 27 avril.

Au cours de ce long, ce lent voyage en Corse, nous vîmes les vertes collines et les nuages qui lutinent. Des bergers le lointain courage, ou des soleils la langueur, rien ne nous retenait, libres de vos farouches regards côtiers.

Point de fuite, et des mois dépensés à toujours déblatérer ! Ailleurs, à Djibouti, chassés par milliers, nous devions dériver. Le tonnerre qui vacille et parsème d’étoiles la route, seulement luit.

10:00 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 29 avril 2006

Oisives

    Gare à elle ! La case 59 du jeu de l’oie représente une chaumine au soleil, sa cheminée qui fume, et un épouvantail, qu premier plan. Cette scène idyllique, champêtre, bucolique, où respire le butin des prés, ne se laisse pas menacer par la proximité de la Camarde, ni des montagnes noires dignes d’un tarot tragique. On ne souffre aucun retard, dans ces parages. L’épouvantail se réveille doucement, s’anime, comme au commencement de la treizième des Enigma Variations.

 

23:55 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

XVII

    « Samuel Beckett avait une passion maladive pour Samuel Johnson. »

C’est avec cette phrase le professeur John Hickox m’accueillit. J’avais prévu de m’entretenir avec lui de l’œuvre de Beckett, mais tout ce que je pus tirer de lui – et c’était passionnant, car je n’ai jamais lu une ligne de l’éminent docteur J. – ce furent deux heures d’un exposé tout à fait brillant sur les dépressions de Johnson et sur les rides du visage de Beckett. Pour mon interlocuteur, frais retraité de Green College, à Oxford, il y avait un lien étroit entre les unes et les autres, et ce lien était plus important que toute tentative de circonscrire l’esthétique de ces deux écrivains. Wrinkles speak volumes, m’assura-t-il, à moins que je n’aie mal entendu.

 

Il fut aussi question de Baudelaire, et des Açores, où j’appris, par le truchement du professeur Hickox, que Beckett avait passé deux longs mois. Quand il m’eut confié les dessous de ce séjour, le professeur Hickox s’obstina à ne plus appeler Beckett qu’Oblomov ou Bartleby. Comme le professeur semblait s’enticher aisément de détails qui eussent paru entièrement insignifiants à d’autres, je lui tendis, au cours de notre entretien, une perche qu’il dédaigna superbement.

« – You’re mentioning Beckett’s infatuation with Dr Johnson. Sans doute cette analogie entre les dépressions et les rides vient-elle aussi de leur prénom commun.
– Oh no, that’s completely insignificant, you know. And in any case, Beckett’s actual first name was Barclay. Vous le saviez, hein?
– Well, I have to say that I thought Barclay was his middle name.
– Nonsense. Mon cher MuMM, vous avez le sens de l’humour. You’re pulling my leg, I can see you are. »

 

Une fois rentré dans la bonbonnière que la propriétaire du bed and breakfast s’obstinait à qualifier de chambre, si près de la chambre d’étudiant où j’avais vécu jadis, à Summertown, affalé sur le couvre-lit, je m’aperçus que Barclay Beckett était un nom d’écrivain bien plus beau : redoublement allitératif (comme pour mon cher Breyten Breytenbach), symétrie des sept lettres (se prêtant au sonnet acrostiche), symétrie tautovocalique (deux a d’une part, deux e de l’autre (le y est une semi-voyelle)).

More of the same later (and possibly tomorrow).

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (0)

Un cœur à l’atelier

Jeudi 27 avril.

    Je veux encore écrire quelques sonnets en prose, pour peupler ces carnets, qui, éloignés de moi, dépériraient. Comme j’ai écrit la première phrase sans calcul, j’ai dû choisir les rimes après coup, et même viens de décider de suivre le modèle délié des poètes élisabéthains. Pas de regrets, mais les rimes embrassées contredisent cela. Ce sera donc un sonnet bâtard. (Il trouve son rythme, pourtant.) Bénissons les rosaires, les chapelets des césures.

Vous êtes bien sec ; vos pleurs ne pourront jamais, non, me plaire.

10:00 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)

Clayettes de dalles brisées

… Vendredi 28 avril…

 

Avant tout, c’est une photographie, qui représente une jeune femme vêtue en suffragette. Seule, assise derrière une table jonchée de ce qui ressemble à des clayettes de dalles brisées, elle ne peut voir, à l’arrière-plan, les deux grandes portes blanches, surmontées chacune d’un cadre où se trouve une photographie en noir et blanc (deux vues de Venise ?). La jeune femme, dont on voit, sous la table, les bottines noires aux fermes lacets et le bas de la longue jupe à gros carreaux, est en train de trier les dalles brisées qui l’entourent de tous côtés.

Cette photographie géniale, reproduite en page 8 du Monde des livres de ce jour, est attribuée à un certain Bachrach (sans prénom), et illustre un article consacré à la traduction française du journal d’enfant d’Opal Whiteley (“L’enfance rêvée d’Opal Whiteley” par Catherine Vincent), dont je n’avais jamais entendu parler avant, mais dont je voudrais maintenant tout savoir. Il s’avère, à lire cet article, que la jeune femme – une Américaine née en 1897 et qui resta convaincue (peut-être à raison) qu’elle était la fille illégitime de Henri d’Orléans et de la cousine d’icelui, Florence, duchesse de Bourbon-Parme – avait écrit son journal vers l’âge de sept ou huit ans, et qu’elle dut passer huit mois à en reconstituer le texte, car une de ses sœurs en avait déchiré les pages en milliers de morceaux.

La photographie représente donc Opal Whiteley assemblant, à l’âge de vingt-deux ans, les pièces éparses de ce puzzle. Tout donne à rêver, ici : le nom de la jeune femme ; son mythe personnel (sans qu’il soit avéré qu’elle était mythomane) ; le texte disséminé en dalles brisées ; la publication d’un journal d’enfant apparemment empreint d’un immense et surprenant lyrisme (supercherie ?) ; le fait que, si l’on en croit le silence absolu de l’auteur de l’article sur ce point, elle n’ait plus écrit à l’âge adulte (syndrome de Bartleby ?) ; son internement de l’âge de 51 ans à sa mort, à l’âge de 95 ans.

 

Bien entendu, je ferai des recherches poussées lors de mon retour sur les terres tourangelles du haut débit, mais je n’hésite pas à ajouter une sixième raison de me passionner pour ce destin étonnant : la coïncidence de dates entre Opal Whiteley et l’une de mes arrière-grand-mères, Mamie Yvonne (ma seule Mamie, les autres ayant d’autres surnoms), née en 1897, fille de l’assistance publique placée très tôt comme domestique, et qui, toute sa vie, raconta ses souffrances d’avoir été considérée comme « la bastarde » et sa fierté d’avoir engendré une lignée. J’ai connu trois de mes bisaïeules, et c’est d’elle que je me sentais le plus proche – plus proche d’elle, même, en mon enfance, que des mes grands-parents. Elle est morte le 12 février 1993, à l’âge de 95 ans. De quoi engendrer quelques pages de Familienroman

Il sera sans doute question, de nouveau, d’Yvonne et d’Opal, dans ces pages.

05:00 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)

vendredi, 28 avril 2006

Au pas, camarade

[April 27th]

    Au jeu de l’oie, on a facilement chaud aux plumes. Il faudrait remplacer la case 58 par un panneau « GRIPPE AVIAIRE », mais la Camarde supporterait-elle ce pied de nez à son ancestrale stature ? Le vainqueur emporte la palme, ce qui n’arriverait jamais, à rebrousse-plumes, au détour des chemins, dans un roman d’Amos Tutuola (qui zézaiera au zénith).

 

23:55 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)

Empailler (encore) le toréador (encore)

Rapportant la semaine dernière les réserves que suscite, chez moi, la lecture de l’essai de Pierre Jourde sous-titré L’Incongru dans la littérature française, je n’avais pas rencontré l’un des exemples éminents du manque de sérieux – ou, à tout le moins, du défaut de profondeur et des carences de l’analyse – de ce livre, à savoir les très elliptiques références à un certain Eugène Commerson, auteur en 1860 d’un Dictionnaire du Tintamarre ou d’une Petite encyclopédie bouffonne (cela semble être le même ouvrage, doté de deux titres). Jamais Jourde n’explique qui était ce Commerson, ni quel est le principe de l’ouvrage qu’il cite quatre fois. Au cours d’un développement relatif à l’importance de la nourriture ou des “bonnes recettes” dans la littérature de l’incongru, il cite une définition très drôle et très fine du dénommé Commerson, sans aucunement la commenter ni en tirer parti pour montrer comment, mieux que dans le registre des mets, l’incongru s’inscrit dans une vision profondément équivoque du langage, et part d’une exploitation de la polysémie et des décalages entre sens littéral et sens figuré.

Voici cette définition.

BARDE – Tranche de lard jouant de la lyre, dont on faisait autrefois l’armure qui protégeait le cheval. (Eugène Commerson)

 

On pourrait ajouter que l’humour insensé (ou multi-sensé) de Commerson ne peut fonctionner qu’en violant l’un des principes intangibles de tout dictionnaire : la mention du genre des noms. Ici, la confusion naît entre le barde et la barde. L’incongru est volontairement indistinct, et différencie sans respecter les différences préétablies.

15:50 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0)

Au milieu du monde

    Pas d’images ces temps-ci. Me contente d’écrire. Pourtant, mes lectures et mes feuilletages sont peuplés d’images passionnantes. Le doigt sur la détente de l’appareil, j’ai multiplié les spectres positifs. Que ce soit le visage de la tour ou la folie du roi, pas le moindre échec en vue. Mais il faudra attendre quelques jours encore pour écarquiller mille yeux.

15:37 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)

Kyrie eleison

    Féline, Simone de Beauvoir doit-elle son nom à la petite ville de Beauvoir-sur-Mer, en Vendée ? Ni les guides consultés ni les dictionnaires n’apportent de réponse. Il faudrait surfer sur la toile, mais je préfère, pour ma part, admirer la Vierge à l’enfant peinte par Jacopo Bellini en 1448 (bouille parfaitement sphérique de l’enfant Jésus, incrustée dans sa couronne, et “beaux yeux toujours baissés” de la Madone) ou la Transfiguration de son fils Giovanni (Naples, 1484), avec ses nuages verdâtres et son bouvier inattentif. Speaking of Jesus and of places, sait-on que Vincenzo Bellini, qui n’a pas de rapport familial connu (que je sache) avec la dynastie des grands peintres vénitiens du Quattrocento, est mort à Puteaux, à l’âge de trente-trois ans ? Peu importe : je déteste la Norma.

15:27 Publié dans 721, Kyrielles de Kaprekar | Lien permanent | Commentaires (0)

Charybde et Scylla

    Jeudi dernier – plutôt jeudi de la semaine dernière (c’est aujourd’hui vendredi) – je me faisais la réflexion suivante, en lisant le cahier « Livres » de Libération : ces quelques pages, si dénuées de style soient-elles, si branché que ce quotidien s’efforce d’être, m’ont plus souvent donné le goût de découvrir de nouveaux auteurs que le Monde des livres, qui sombre dans la fadeur, la poussière et le copinage. Ce matin, me voilà détrompé, comme je lis le Libé d’hier, dont il restait un exemplaire chez Laffitte, et le Monde daté d’aujourd’hui : les douze pages du Monde des livres regorgent d’articles passionnants (quoique fort mal écrits), alors que j’ai survolé Libé en cinq minutes…

15:19 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

XVI

    Ce 21 avril, sept jours avant la date de publication de ce seizième chapitre de mon œuvrette, je croise le fer avec Samuel, qui fut lecteur à l’Ecole Normale Supérieure de 1928 à 1930, tous ses biographes s’accordant à voir dans cette année 1928 un tournant, une charnière, choissiez la métaphore qui vous sied le mieux, je ne suis pas regardant mais je croise le fer avec Samuel, entendez cela littéralement, nous sommes, lui et moi, dans une mine, nous échangeons des regards trempés comme dans de l’acier, puis nous pétrissons la pâte informe qui va devenir, sous nos doigts, fer, nous irons ensemble pleuvoir notre minerai sur les têtes couronnées, et je ris avec toi, hein, Sammy, Sam, Samuel, mon Well, nous avons le fer, nous irons le donner aux mortels, on leur a donné l’or mais pas le fer, et tu joues de la flûte, Samuel, toute la nuit tu joues de la flûte, ça les rend fous, forcément, au beau milieu du matin tu me hèles, Will Will, moi je n’en ferai rien, quiconque me dira d’agir, déclarera à ma place ce que je vais faire, je lui répondrai, me réfugiant derrière Samuel, centaure ou Zeus lançant la foudre, nous deux enfants d’Ixion, je leur dirai, je n’en ferai rien, si je mens je vais en enfer.

Va te faire cuire un œuf donc. Sinon Ixion, gare à ton ascèse. (En enfer je vais.)

13:05 Publié dans 1295, Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (0)

Mal hêtre

    Hagetmau. Dans l’écuelle près de la bouilloire, vingt radis (dans mon ennui de fou, je viens de les compter) se morfondent. Dans la maison de mes parents, à Cagnotte, dans ma chambre, devenue maintenant la chambre de mon fils, dans la bibliothèque où se trouvent ceux de mes livres restés là-bas, en souffrance, abandonnés, orphelins peut-être, mes yeux sont tombés sur l’exemplaire de Malevil, roman de Robert Merle lu vers mes treize ou quatorze ans (après ou avant d’avoir vu le film ?) et que j’avais beaucoup aimé, sans comprendre son titre, en quelque sorte bilingue. Nous n’avons pas vu de dauphins, avant-hier, à Ibirratz, mais je sais que j’ai lu Un animal doué de raison à douze ans, car notre professeur de quatrième, Mme Scotto (je revois la salle de classe, et l’endroit précis d’une des allées où elle se tenait au moment de poser la question), qui voulait nous faire dire le nom de Céline, en nous suggérant un écrivain qui s’était livré à des triturations inédites de la syntaxe française et de la forme des paragraphes, n’avait pu me tirer que ce seul nom de Robert Merle, à son dépit évident. Si demain le monde finissait, s’il n’y avait qu’un nombre infime de survivants, et si j’en étais, si je me retrouvais dans l’une de ces maisons de mon enfance où je reviens parfois, je n’aurais d’autre choix que de retrouver ces ouvrages ou ces textes oubliés, voués à la poussière, comme le guide des reptiles et amphibies que j’ai déniché tout à l’heure, à la demande de mon fils, sur les rayonnages, à Hagetmau, ou ce Folio de Malevil, dont je parle inlassablement mais sans savoir pourquoi, vraiment, à moins d’ajouter que, lors de ma première année à Normale Sup’, quand l’époque où j’aimais beaucoup Robert Merle me semblait révolue et même (sottise de jeunesse) appartenir à une époque indigne, enfantine ou infantile, de mon existence, je fus très étonné, lors d’une conversation avec un ami, de l’entendre louer Malevil, lui qui me paraissait le summum de l’exigence littéraire, et bien sûr Malevil reprit du galon dans mes pensées, oui, alors que j’aurais pu douter de mon ami, c’est lui qui au contraire redora le blason de mon bon vieux Robert Merle, quoique je n’aie toujours pas relu Malevil, onze ans après. Et c’est à Hagetmau que j’égrène ces mots, dans la maison du quartier Terminus, de nom fatal, à Hagetmau, nom qui en gascon signifie « la mauvaise hêtraie », que j’aligne ces phrases. Ce nom, avec son mau, n’a pas empêché l’industrie du meuble en bois (chaises rustiques, canapés, tables, fauteuils) de prospérer, ni moi de me perdre en vils fayotages.

11:00 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (2)

Bayrou, malgré tout

    Hier soir, lors du débat politique animé et plutôt bien maîtrisé par Arlette Chabot, le seul des invités qui ait vraiment tiré son épingle du jeu était François Bayrou. Il tenait des propos modérés, appropriés, justes, qui cherchaient à faire avancer le débat, quand la plupart des autres récitaient leur petit catéchisme habituel (Marine Le Pen, Arlette Laguiller, Philippe de Villiers), s’emmêlaient gentiment les pieds dans la doxa ambiante (comme la porte-parole des Verts, dont le nom m’échappe, et qui ne « passe » pas mal la rampe), semblaient n’être venus que pour dénigrer le Président et enrober une sauce approximative (François Fillon), pour ne rien dire de Jack Lang, qui a passé la soirée à brasser du vent, à botter en touche, à répondre évasivement. C’est sans doute l’un des hommes politiques les plus superficiels, les plus vains, les plus cauteleux, les plus pusillanimes et les plus magouilleurs qui soient ; pourvu qu’il ne devienne pas le candidat officiel des socialistes dans cette élection présidentielle !

 

Je crois que la porte-parole des Verts représente un courant plus « écologiste » et moins socialo-mimétique que Voynet et Cochet, ce qui serait assez pour me plaire, mais, comme elle s’est joliment fait promener lors des primaires du Parti, quel espoir représente-t-elle réellement ? Pour en revenir à Bayrou, cela fait maintenant plusieurs années que je suis sidéré de voir à quel point, sur de nombreux sujets, il est celui qui défend des positions éclairées, optimistes, justes, combien il respire la droiture, ce qui n’est pas le cas, loin s’en faut, d’un grand nombre des hommes ou femmes politiques que l’on entend ou regarde à longueur d’antenne. Je faisais part de cet avis à un ami qui a appartenu, en ses jeunes années, aux M.J.S., et qui vient de prendre sa carte chez les Verts, quelques années après la bataille ; il m’a soutenu que, s’il partageait mon avis concernant Bayrou, ce qui le retiendrait, pour sa part, de voter pour le président de l’U.D.F., c’est son entourage ; il a beaucoup côtoyé les responsables locaux de l’U.D.F. dans le Loir-et-Cher et en Touraine, qui sont, d’après lui, nettement plus réacs que les ténors de l’U.M.P., et très en deçà des discours de leur tête de proue. C’est possible, mais si au moins la tête de proue est pleine d’allant et d’honnêteté, cela place déjà ce courant politique très au-dessus des autres, non ?

 

J’ai voté pour la liste régionale présentée par l’U.D.F. il y a deux ans aux européennes, et c’était la première fois (hormis le pathétique second tour de 2002), que je votais pour la droite. (Cela dit, je précise qu’à une seule exception près, qui concernait aussi un second tour où figurait un candidat du Front National, je n’ai jamais voté socialiste non plus.) Des proches ironisèrent en disant que j’appartenais à cet « électorat flottant » que déplorent tant les sondeurs, les politiciens, et, généralement parlant, les idéologues. J’ai beaucoup réfléchi à cette remarque, et je me dis qu’il vaut certainement mieux appartenir à l’électorat « flottant » parce qu’on cherche à réfléchir sur les dossiers et à se prononcer le plus précisément possible sur les questions posées, que de suivre moutonnièrement des mots d’ordre manichéens. Evidemment, cela m’arrange de penser cela !

 

Sinon, l’essentiel du débat a été accaparé par les questions d’immigration et le projet de loi sur l’immigration « choisie » que s’apprête à voter le Parlement. (J’ai choisi délibérément le verbe « voter », car de discussion, de toute évidence, il n’y aura pas, une fois encore.)

 

Enfin, les débats sont aussi l’occasion d’observer des détails significatifs.

Détail n° 1. Après s’être retenue près d’une heure, Arlette Chabot s’est relâchée en employant cinq ou six fois le mot truc, ce qui donne une haute idée de son niveau d’élaboration intellectuelle et de la qualité de ses analyses politiques.

Détail n° 2. Comme François Bayrou achevait l’une de ses interventions par dire qu’il était d’accord avec la jeune porte-parole des Verts, en la nommant « Mademoiselle », celle-ci a réagi vivement en soulignant que c’était « sexiste ». Il s’est excusé, mais cet incident est invraisemblable. Il est certainement possible de critiquer le ton paternaliste d’une telle formule (encore que cela me semble relever, pour ma part, de la simple politesse et courtoisie ancienne), mais elle n’est – en rien – sexiste. D’ailleurs, Marine Le Pen (qui certes se comporte, par certains côtés, de manière musclée ou virile, et ne respire pas la féminité ni l’élégance) s’était adressée à elle de la même façon quelques instants plus tôt, et la jeune “Verte” n’avait rien dit.

Détail n° 3. Sous prétexte de constituer deux tables différentes d’invités, les organisateurs du débat ont contraint les intervenants à se répondre les uns aux autres en se tournant, pour certaines paires, le dos. Ainsi, très échauffée, Arlette Laguiller voulait répondre à Philippe de Villiers, et s’est retournée vers lui, ce qui a suscité la réaction immédiate de l’autre Arlette : « non, madame Laguiller, ne vous retournez pas, car M. de Villiers vous voit à l’écran ». Comme si c’était le problème… Arlette Laguiller ne voulait pas seulement que son interlocuteur la regarde, mais elle voulait surtout, je pense, le regarder en face en lui parlant, comme il sied à quelqu’un de poli, de courageux, c’est-à-dire à toute personne qui se soucie de sa propre parole. Voici donc venu le temps des débats en direct dans lesquels même les intervenants ne se voient pas.

09:48 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (7)

jeudi, 27 avril 2006

Quenottes

    Par le hasard de l’alphabet et de la composition du dictionnaire, le Supplément ou septième tome du Robert (édition de 1983) donne, face à face, une citation de Queneau qui fait l’éloge des zazous et une citation de Paul Guth qui ridiculise les yé-yé.

……… On s’y cassera les dents………

 

De même, l’adjectif tabageur se trouve en regard de l’adjectif systématique, avec, respectivement, des citations du même Queneau et de Paul Ricœur.

« Des odeurs tabageuses, aniques et vinacées traînaient sur le bois meurtri des tables. » (Le dimanche de la vie, p.45)

 

Jeu d’rôle : écrivez une phrase (ou un poème bref) où se trouvent les noms zazou et yé-yé (invariable), ainsi que les adjectifs systématique et tabageur.

21:45 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (3)

Zinzin

    D’après le Supplément ou septième tome du Robert (édition de 1983), on pourrait dire que la fauvette ou la mésange zinzinule. Je n’ai jamais rencontré ce verbe. Quelques lignes plus bas, l’entrée ZOMBI donne une citation de Yambo Ouologuem. Le yohimbehe est un « arbre du Cameroun, de couleur violacée, dont le bois est employé dans les mines, en constructions navales ». L’auteur ajoute en italiques que « la décoction d’écorce de yohimbehe est utilisée comme tonique et aphrodisiaque ». Forza !

19:40 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)

Zizim

    Vous ai-je déjà raconté comment je vécus enfermé, pendant trois pleines semaines, dans la tour de Zizim, à Bourganeuf ? Le Robert des noms propres, que je consulte pour retrouver les dates du prince (Andrinople, 1459 – Naples, 1495), indique bien qu’il (Djem) fut vaincu par Bâyazîd II (Bajazet) puis retenu prisonnier en France, mais il ne parle pas du tout de Bourganeuf. Pourtant, tous les Bourganiauds, eux qui s’inquiétaient de ne jamais me voir sortir, et de me penser dépérir, ont gardé le souvenir du prince ottoman.

16:35 Publié dans Les Murmures de Morminal, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)

Nous, vagabonds

    Nous vagabondons toujours près de mondes dévergondés, près de portes dont les gonds sautent devant nos yeux, ou rouilleront lentement. Je lis Wittgenstein’s Mistress, qui m’impressionne. Ce matin, comme je me lassais de l’itinéraire habituel, nous sommes allés de Cagnotte à Hagetmau en passant par Mimbaste, mais surtout par la route de Gaujacq (dont je voulais montrer, à mon fils, le château construit selon le plan d’une villa romaine par je ne sais plus quel lieutenant de Louis XIV (il a l’air ouvert, & peut-être le visiterons-nous demain si la pluie persiste)) et de Brassempouy (que mon fils a reconnu, grâce à la reproduction de la Dame sur le toit du musée, puis grâce au clocher en point de mire au bout de la rue). J’ai écouté, hier soir, & deux fois en entier, le dernier album de Manset, Obok, que je venais d’acheter à Dax. Nous périrons de blessures discrètes, vagabonds prudes ou roides que le monde emporte dans sa course, pores de la peau offerts aux quatre vents, visages serrés.

13:38 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE

XV

    Dans l’édition 1983 du grand Robert des noms propres, il y a trois Ferrari : Ludovico, mathématicien italien du XVIème siècle ; Benedetto, compositeur et poète italien du XVIIème, proche de Monteverdi et auteur notamment d’une Andromède ; Luc, compositeur français du XXème, ami de Schaeffer et auteur de musique concrète électronique.

J’ai retrouvé ici, à Hagetmau (j’écris ces lignes le 17 avril, même si elles ne seront publiées que le 27), mon vieil exemplaire de Watt aux éditions de Minuit, et, comme je le feuilletais hier soir, je suis tombé sur une page dont une phrase se terminait par « dans la raie ». Je ne parviens pas à la retrouver. Qui éclairera ma lanterne ?

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B., YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

mercredi, 26 avril 2006

XIV

    Entre Samadet et Bégaar, puis, entre Baudignan et Sanguinet, le long des routes vallonnées ou sablonneuses, je tentais d’inventer les vagabondages théâtraux auxquels se prêtaient mal les sièges de la Renault 25 de mes parents.

 

« Cette courte phrase m’occasionna, je le jure, plus d’effroi, plus de douleur, que si j’avais reçu, inopinément, à bout portant, une giclée de plomb en plein dans la raie. »

 

Enfant, adolescent, je rêvais d’écrire des milliers de pages landaises, topographies ou saynètes.

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B., Droit de cité, Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (2)

Le jeu de la folie est un sport de l’extrême

Mardi matin.

 

    Fermez, oubliez les images éteintes.

“If I had understood why I was doing that, doubtless I would not have been mad.

Had I not been mad, doubtless I would not have done it at all.” (Wittgenstein’s Mistress, p. 16)

 

« – Peut-être qu’il n’est pas vraiment fou. Peut-être qu’il joue au fou.

– Je ne vois pas la différence. Un individu qui a choisi de vivre dans la rue, dans une bouche d’égout, qui croit à la reconversion de la Russie au communisme, et qui par-dessus le marché veut qu’on le prenne pour un fou, pour moi, c’est un fou. » (Le Marchand de passés, p. 106)

Miroirs alanguis, disparaissez, n’allez éteindre sept soirées.

11:30 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)

Jose : Eduardo : Agualusa :: Le Marchand : de : passés

    Comme l’albinos, le caméléon est un foudroyé (souvenir de lectures anciennes).

 

Ce bref roman, narré par un gecko, a beaucoup pour (me) plaire : situations narratives réjouissantes, réflexions obliques sur l’art photographique, critique de biais des dérives politiques de l’Angola post-colonial. Le lisant, je me suis aperçu que je n’avais aucun souvenir de La Saison des fous, premier roman d’Agualusa paru en français, si ce n’est que je l’avais, comme celui-ci, beaucoup aimé.

Si improbable que soit l’histoire, elle tourne autour des thèmes du mensonge, de la dissimulation et de la folie, ce qui aide à faire passer la pilule… Tant Félix, albinos spécialisé dans la constitution de faux passés contre espèces sonnantes et trébuchantes, qu’Eulalio, ancien centenaire vieux garçon gentiment veule réincarné en gecko, donnent le ton de ce récit où les personnages se rencontrent et conversent “réellement” en rêve. Ce couple étonnant croise la route d’Angela Lucia et de José Buchmann, dont l’identité d’emprunt a été forgée par le marchand de passés – là resurgissent les ombres des noires années 1970.

 

Ce qui me chagrine le plus, c’est la fascination apparente de l’albinos pour Eça de Queiros (il faut dire qu’il fut trouvé, par son père adoptif, dans une caisse d’exemplaires de La Relique) et du gecko pour Le Livre de l’intranquillité, « qui est peut-être l’œuvre la plus intéressante de la littérature portugaise » (p. 99), et que j’ai trouvé, jadis et pour ma part, très ennuyeux. I may have to give those works another try. (Tiens, au fait, la liste des textes publiés par l’éditeur comprend au moins un titre qui donne envie de découvrir le roman : Le Vent qui siffle dans les grues de Lidia Jorge. (Mais il faudrait aussi donner leur chance à Nuno Judice, à Rosa Lobato de Faria, à Vergilio Ferreira, à Andrea Camilleri, à Arnaldur Indridason, à Jose Angel Mañas, etc.))

 

Pour en revenir au Marchand de passés, le plus beau, sans doute, est le traitement réaliste des six rêves, mais aussi la figure traumatisante, pour l’homme devenu gecko, de la « première fois », de la soudaine nudité, dans une chambre peuplée de miroirs, d’Alba a.k.a. Dagmar, qui ne cesse de revenir hanter le narrateur.

Folie, hantise, mensonge, mémoire, photographie – hmmmm, Agualusa est un grand romancier.

 

[José Eduardo Agualusa. Le Marchand de passés. Traduit du portugais par Cécile Lombard. Paris : Métailié, 2006.]

07:15 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, 25 avril 2006

Hoquet toqué

Lundi, huit heures du soir.

 

    Il y a plus de trois heures que je suis saisi d’un hoquet de plus en plus pénible, et qu’aucun procédé n’éloigne. Il y avait déjà eu deux accès, vers midi puis deux heures. Citron ou vin blanc avaient suffi ; ici, pas miette.

Cet après-midi, à Dax, je suis entré à la librairie Campus. Le garçon qui y travaille depuis trois ans est un ancien camarade de tennis, du temps où je jouais à Pouillon (circa 1986-87). Sans me reconnaître, il m’a annoncé qu’il y avait un dégât des eaux. Au même moment est entrée Luce, la bibliothécaire, venue l’aider et reprendre les cartons « pour le Salon » (il y a un Salon du Livre à Dax en fin de semaine !!!). J’avais avec elle, quand j’étais lycéen, de longues conversations. Elle est entrée puis ressortie, sans me reconnaître.

Pourquoi me serais-je fait connaître d’eux ? Nous connaissons-nous encore ?

 

Au moins ai-je acheté le dernier roman de José Eduardo Agualusa et le gros Quarto de Jouhandeau, Chaminadour. De quoi meubler mes heures hoquetantes ? Pas même. J’ai trop mal, maintenant, pour lire.

16:25 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2)

XIII

    Dans sa biographie de Beckett, dont j’ai dit (méchamment et sans doute à tort) du mal, Deirdre Bair rapporte que, lors de l’ouverture de sa galerie à Londres, en 1938, Peggy Guggenheim avait exposé des œuvres de Geer van Velde, qui n’avaient eu aucun succès, si ce n’est que Beckett en avait acheté plusieurs “on the stuttering system”, soit, littéralement, selon le système du bégaiement, c’est-à-dire, dirait-on de nos jours, en plusieurs fois sans frais. J’aime cette expression, qui est très emblématique de l’écriture de Beckett (et aussi, certainement, de l’impression de dèche qui émane de plusieurs de ses personnages). Cette expression m’a aussi remémoré la très belle chanson de Dick Annegarn, Le blues du bégayeur, puis, de fil en aiguille, un garçon que j’ai un peu côtoyé à Normale Sup’, qui était gentil, subtil, incisif, et affecté, de surcroît, d’un bégaiement très contrôlé mais néanmoins perceptible.

Ce garçon avait mis en scène, en mai 1995, Fin de partie, une version très convaincante et très bien interprétée ; nous avions discuté à ce sujet deux ou trois fois, car nous étions, des huit « troupes » théâtrales de l’Ecole, les deux seules à utiliser la salle Dussane pour notre spectacle. La pièce qu’il montait, comme celle que je mis en scène (assez piteusement, dois-je dire), s’accommodait d’une scène minuscule, et nous n’étions pas mécontents de ne pas aller courir boulevard Jourdan, ou à la Cité Universitaire, ou allez savoir où encore, pour y installer nos accessoires et nos décors.

J’ai toujours eu l’impression que ce garçon (qui se prénommait Stéphan) ne m’aimait pas, ou qu’il se méfiait de moi, ou que je l’agaçais (toutes choses dont je ne pourrais lui tenir rigueur), et pourtant, comme je mettais en scène Architruc, il y avait, entre nos spectacles, d’autres liens que le lieu de représentation, puisque Robert Pinget était l’ami de Beckett, que Beckett traduisit au moins l’une des pièces de Pinget en anglais (il s’agit, je crois, de La Manivelle). Mais ma passion pour Pinget relevait alors du torrent (L’Inquisitoire, lu en hypokhâgne, m’a marqué à jamais) ou de la dissemblance (fou de Monsieur Songe, tout me différenciait de lui).

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (1)

Hit the road, MuMM

Samedi.

    À peine une conversation sur telle contrée, tel village, tel voyage possible – à peine la lecture de quelques pages où éclate un lieu, une région, les bords d’une rivière – à peine si je feuillette un atlas, une carte routière – et je suis pris d’une frénésie de bourlingue, de voyage – découvrir une petite abbaye méconnue, un panorama qui semble superbe, une église de village avec son café délabré en face, ce château qui justement n’ouvre pas le jour où vous passez aux alentours, ces routes et ces déroutes.

11:25 Publié dans 410/500, Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)

Elle éclate écarlate

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Les rivières souterraines abritent les serments cachés et les passions furieuses,
qui mènent à
la lettre d'infamie.

10:45 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (15)

lundi, 24 avril 2006

Lacenaire s’avance et dit :

    De grâce, écoutez-moi. Les gens de bien me font horreur. Lassé de répondre à leurs avances ludiques, je me suis dérobé aux gueulantes. Les cauteleux me foutent la gerbe, et c’est un long vomissement lactescent qui s’échappe de ma gorge larynx – force pépites de sang qui guettent !

J’ai nom Lacenaire, rien que ça, et j’ai le prestige des césures.

Si je crache à la face du roi, ce n’est pas par paresse, mais comme s’empressent les farceurs, les croquants, les épiciers, les philistins.

 

(8 avril, à Tours.)

21:05 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (1)

XII

    Devais-je, aujourd’hui, « attaquer » un septième texte d’affilée, après cinq écrits le 12 avril ? Mes obsessionnels calculs de numéropathe ne me mènent nulle part (enfin, si, mais ce serait trop long, ici), mais le tanka, encore, m’effraie.

Il y a aussi que les six lettres du prénom et les sept lettres du nom de Samuel Beckett offrent de larges espaces à la rêverie poétique. Dois-je me retenir d’écrire un acrostiche, ou un sonnet tronqué ?

13:05 Publié dans Comment je n'ai pas célébré le centenaire de S.B. | Lien permanent | Commentaires (1)

Pastorale pavillonnaire

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Saule aux longs cheveux, fruitiers qui haut s'envolent,
Thuyas ratiboisés, lajerstraemia ligneux.
(Tours, 6 avril 2006.)

10:55 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (0)