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dimanche, 19 mars 2006
Colloque sentimental
« – Ça va ?
– …
– Ça va, toi ?
– …
– Sinon, toi, ça va ?
– …
– Sinon, toi, ça va, à part ça ?
– …
– Sinon, toi, ça va, à part ça, en ce moment ?
– …
– Si ? Non ? »
21:35 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)
L’Ivre du salon
Quelqu’un ici connaît-il Latréaumont, roman d’Eugène Sue ? L’a lu ou le connaît par ouï-dire ?
GUERITE – Littré 5 : Terme de marine. Planche formant un petit rebord autour des hunes. Cela correspondrait à mon premier jet, puisque je ne retrouvais pas le mot vigie.
Larguez les ris dans les basses voiles !
Il titube et se vautre dans le canapé.
« En haut, dans la mâture, on essayait de serrer les huniers. » (P. Loti. Mon frère Yves.)
Marre de certains contrôleurs, s’ils n'acceptent pas les aléas d'un poste en vigie vitrée, qu'ils aillent vider des poulets en salle à température !
« Un pli qui par hasard est resté dans ses draps
Lui semble un guet-apens pour lui meurtrir les bras. »
Il va vomir ? Il va mourir ?
C’est cette mâle ritournelle, cette antienne virile…
L’attrait de l’inconnu, ou des piles de livres, ou des vracs de mots, n’est à considérer comme influence qu’avec minutie.
Hein ?
17:45 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (2)
Salon du Livre, 3 : Cassiopée Peca
Il faut – au Salon du livre, cette grand’messe où je ne vais jamais qu’à reculons mais où, pour des raisons personnelles, je suis allé quelques heures ce vendredi avec un grand plaisir – s’attarder au stand du CIPM, dont le responsable éditorial est extrêmement gentil, de bonne conversation.
Lui, au moins, il sait ce qu’il y a dans son catalogue, contrairement à ces nuées de jeunes filles au teint clair et bien vêtues qu’emploient les maisons d’édition pour tenir la caisse, et tenir le crachoir aux importuns, ou servir d’escorte aux écrivains qui viennent pour les signatures ou les débats – lesquelles jeunes filles n’ont pas la moindre idée des publications un peu antérieures ou à venir, ni des noms de la plupart des auteurs, et encore moins, évidemment, de ce que peut bien être la ligne éditoriale de la maison qui les emploie. J’achève cette diatribe (je n’avais nullement l’intention de me laisser ainsi emporter) pour la relativiser, au moins pour ce qui est de l’appartenance des incompétents salonnards à la seule gent féminine : sur le stand d’Actes Sud, trois messieurs, âgés d’entre vingt-cinq et quarante-cinq ans, n’avaient pas la moindre idée de Jamal Mahjoub, de son éventuelle venue au Salon, ni de son dernier livre (qui vient de paraître), ni de la localisation éventuelle de ses ouvrages sur le stand (pourtant, ils étaient tous fort bien placés, sur les tables).
J’en reviens au CIPM ; je ne vous invite pas à consulter leur site Web, qui est totalement ridicule et donne une mauvaise idée de leurs publications, mais cet éditeur associatif publie de nombreuses œuvres expérimentales d’un très grand intérêt. Les plaquettes et les recueils sont bien faits, agréablement composés, et (cela mérite d’être signalé) c’est l’un des rares stands où l’on vous fait un prix d’ami, avec une petite réduction et un opuscule offert en sus. Je n’attends pas des éditeurs qu’ils « cassent » le prix de leurs ouvrages, d’autant que le Salon représente des frais importants pour les éditeurs – mais enfin, ceux qui le font n’en sont que plus louables !
J’ai acheté plusieurs livres, dont le très déroutant et fascinant Cassiopée Peca de Ryoko Sekiguchi, version française publiée en 2001 d’un poème très visuel et labyrinthique dont la version japonaise date de 1994. Je n’y ai peu près rien compris, mais la structure est très inspirante, sans compter que plusieurs des textes sont, tout de même, très émouvants.
Quand j’écris que je n’ai rien compris, c’est que l’énigme, comme elle dit, semble reposer sur un jeu de syllabes et d’interversions autour des noms de Cassiopée et d’Okapi. En français, si l’on soustrait les sons composant le nom Okapi du nom Cassiopée, il reste sait ou c’est (ou est-ce (ou la lettre S)). De même, l’énigmatique Peca semble avoir été arraché au nom de Cassiopée, pour laisser…quoi ? sio ? oise ? sois ? soi ? Enfin, ce n’est pas le seul intérêt, heureusement, de cet énigmatique itinéraire dans une constellation de phrases qui, pour emprunter sa métaphore typographique à l’univers mallarméen, a dépassé l’idée même d’une orientation du poème au profit d’une totale déroute du lecteur, peut-être plus proche d’une « parole en archipel » ou d’une forme très poussée d’origami textuel. (Je sais ce que la référence à l'origami peut avoir de clichéeuse, mais elle est loin d'être impertinente, ici, aussi la risqué-je.)
Tiens ! On s’y perd, au Salon du Livre. Il faudrait suggérer à un plasticien ami de Ryoko Sekiguchi de proposer l'an prochain une architecture des stands franchement bordélique, histoire que même le plan et l’index des éditeurs ne servent à rien, que les pages minables du programme en papier journal périssent définitivement délaissées dans une poche intérieure de veste. Nous serons bien obligés, tous, de déambuler à l’aveuglette.
17:15 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)
Du balai !

16:25 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (0)
Jadis n’a guerre
Tu fais quoi, avec cette épée ? Le ruban ne s’accroche pas au haut de l’armoire. Le pain d’épeautre fleure bon. Toute remarque est auxiliaire
À présent, et ne serait que subreptice, accessoire, vaine. Une violente envie saisit les tripes du poignard. Quelle calamité s’abat sur l’armée, trop ennuyée
D’attendre la relève ou le combat. Tu fais quoi, avec ce glaive ? Toute une armée moderne – que contemple, abasourdi, le général – muée en gladiateurs !
Il était dit que le ruban finirait mal, tombé dans le ruisseau.
[En bonus de ce sonnet : Je soupire un lai.]
15:50 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
Salon du Livre, 1
Dans un carton de taille pourtant modeste se trouvent pas moins de 3500 exemplaires de la Déclaration des Droits de l’Union européenne, qui sont distribués à la sortie du métro, à la station Porte de Versailles. On ne pourrait faire tenir, dans un de ces cartons, les quatre volumes du Robert culturel.
Les passants saisissent machinalement les opuscules que leur tendent les jeunes hommes et jeunes femmes préposés à cette tâche.
C’est un ridicule gâchis de papier.
En bonus-miroir : Hommage bifide à Paris.
13:55 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)
Vikings
Au mois de mars 846 les Normands naviguant à bord d’une puissante flotte, débarquent sur les rives de la Seine. Ils dévastent tout sur leur passage.
Voici, intime kleptomane : il naquit gueux.
12:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (6)
Bien peu
De Madame de Staël, à Lausanne, le 19 mars 1794 :
« Vous m’écrivez bien peu ; c’est une suite de la gêne établie entre nous. » (Lettres à Narbonne. Gallimard, 1960, p. 399)
11:00 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)
Le diable et son train
Vendredi 17, dix heures du soir.
[Bonus : Note disparue.]
Par une ironie qui se trouve être emblématique du roman à cet instant interrompu, les commandes des deux petites lampes situées au-dessus des sièges sont inversées*, et la lampe qui éclaire la place près de la fenêtre, où se trouve la tablette inamovible où poser feuille et stylo, ne marche pas. Je me suis déplacé d’un siège – maintenant que le compartiment est presque vide – pour mieux voir ; mais j’écris avec la feuille calée sur mon genou par le roman de Beyrouk (qui n’est pas le roman en cours de lecture, mais le roman lu auparavant).
* Rendre simple et aisément compréhensible une explication technique est ce que je trouve le plus difficile.
08:46 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 18 mars 2006
Piquants
Vendredi 17, 21 h 55
J’ai très mal aux yeux, mais je continue de lire, et je préfère continuer d’écrire, je préfère cet aveuglement, me bousiller les yeux (ce n’est pas très malin, évidemment, et mon ophthalmologue n’en penserait rien de bien), à l’ennui atone qui naîtrait d’une cessation de toute action, oui, je veux lire et écrire, même s’il me serait doux de fermer les yeux. J’ajoute que tous les mots en gras sont écrits ce matin, samedi, et que là, ce sont mes os qui sont endoloris, et nullement mes yeux, je ne cille pas, même immobile et prostré face à l’écran de l’ordinateur, où vont les rêves, où voguent les sèves sans espoir d’un informe cortex (mais qu’est-ce qu’il raconte ???) Qui sème le vent…
22:30 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (1)
Dapper, 1
Lire un roman des éditions Dapper, c’est s’assurer du plaisir d’un livre imprimé sur beau papier, dans une belle encre, avec une typographie élégante, sans la moindre coquille. La typographie, surtout, offre cette découverte exquise : les points sont en fait des losanges. Depuis six ans qu’existe la collection, je prends à ces livres le même plaisir que me procurait, naguère, le Musée Dapper – avant que, déménageant, il ne cède aux sirènes d’une obscure « muséographie » à la mode.
[Avec le désormais traditionnel bonus.]
20:45 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)
7
Le mot sizain a six lettres
et ses deux syllabes
sarrasines disent :
le mot tanka a cinq lettres
le quintil en compte sept.
[Voir 4.]
19:00 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (0)
Ouistiti du treizième

17:40 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (2)
I
Vendredi, 22 h 15.
Les huniers vont virevoltant, ce qui est déjà onirique ; avec une verve ironique, le capitaine réclame son fauteuil Voltaire ; ce n'est pas rien de monter au poste de vigie par ce temps vêtu de lin blanc.
(Où je me rêve en marin, ce qu'affirment bien des poèmes.)
Hors-note : non, c'est trop long. Dans la (ou une) suivante.
Hors-note : Sans oublier la note qui disparaît de la page d'accueil avec la publication de ce message...
17:15 Publié dans Arbre à came | Lien permanent | Commentaires (0)
Petit jeu
J'invite plusieurs blogueurs parisiens, que je lis régulièrement, à prendre une photographie personnelle de la rue Vaneau, en s'inspirant ou non des premières pages de Docteur Pasavento. Cela me ferait plaisir que Fuligineuse, Olivier, La Coquette, le Vrai Parisien qui s'est métamorphosé en un autre point de la Toile (mais que je n'ai toujours pas décelé, ça commence à m'agacer).
J'aimerais aussi faire remarquer que, sur l'excellent répertoire de blogs parisiens que constitue Paname Ensemble, le seul carnet "accroché" à la station de métro Vaneau est en fait indisponible, et s'intitule NYC à Paris. Vila-Matas serait-il derrière cette plaisanterie ?
En bonus : la note qui disparaît de la page d'accueil au moment de la publication de cette note.
16:50 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (4)
Sudoku-post
Vendredi 17, 21 h 30.
Ce matin, j’ai noté, sur une feuille A4 rouge pliée en deux, des bribes en style télégraphique, qui correspondaient aux actions « nues » (brutes) de mon voyage.
Ce soir, j’ai un peu fait de même, dans l’idée d’en composer un texte haché, intitulé «Aller-retour». Je n’ai d’ailleurs pas abandonné cette idée, mais, sous l’influence du style si particulier (même en traduction) d’Enrique Vila-Matas (les sept premiers chapitres de Docteur Pasavento), je me suis mis à écrire mal (mauvaise calligraphie, cacographie donc : pointe fine, inconfort de la tablette inamovible du compartiment Corail, et remous du train n’aidant pas) mais dans une syntaxe plus élaborée sur l’autre feuille rouge pliée en quatre.
Je ne vais pas déjà parler de Docteur Pasavento, si ce n’est pour dire qu’il est composé de quatre parties, dont les trois premières totalisent 41 chapitres, et la quatrième en compte 40. Les 81 chapitres se redivisent-ils en un carré de 9 ?
Je ne suis pas seul obsédé par les chiffres, [[[mais ça ne prend pas la forme du sudoku. J’attends le prochain roman de Vila-Matas : il va bien parler du sudoku, puisque le narrateur de Docteur Pasavento se dit surtout intéressé par les pages sportives du quotidien qui l’emmène vers Séville.
Ce passage entre trois crochets est ajouté ce matin samedi 18 (de même que les deux premières parenthèses de ce billet (de ce post (de cette note))). Ma mère adore les sudoku. Je ne peux tenir ma langue, ni m’en tenir à l’esquisse. Ça (pas l'eau du bain tout de même) déborde.]]]
15:30 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (0)
Le suc
Samedi, 10 h 40.
Le pus ! J’ai les os rompus ou repus de fatigue, qui sait. Mon programme de l’heure à venir consistera à mettre en forme les notes esquissées hier en train (en cours(e) (en sarabande (en goguette))), pendant que la voix de Thomas Fersen égrène les méfaits de Hyacinthe. Petit-Âne et Petit-Renne apprennent à repasser le linge.
13:45 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)
Mars 1111
Bohémond de Tarente meurt à Canossa le 8 (ou le 3, ou le 10, ou le 7 ou le 17 : enfin, en mars).
Le 12, le Parlement se réunit à Melun.
Dès le mois de mars 1111, Guillaume CHENIN signait avec Audouin le jeune, seigneur de Ruffec, une charte de ce seigneur confirmant les donations faites par son père, Audouin le vieux du domaine de Montjean, possédé par la cathédrale de Limoges. Il est dit seigneur de Ruffec en partie, ainsi que d'Aizie.
Le 5 est signé un accord relatif à l'abbaye de Senones, conservé dans un Cartulaire de Lorraine du XVIIIème siècle.
12:50 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Rock attitude : tentative de définition
La rock attitude semble inclure le forfait "pollution de site sans même faire semblant de lire ce qui s'y écrit", "promotion agressive" et "fautes de français à tous les mots".
12:20 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (1)
18 mars 978
Aethelred II le Malavisé fut roi d'Angleterre de 978 à 1016, mais, après une brève interruption (après l'usurpation de Svend et le temps de régler sa succession), son règne reprit en mars 1014.
Il était devenu roi le 18 mars 978 et son épouse répondait au doux nom de Aelfgifu (songez-y quand vous chercherez des noms originaux pour vos marmottes ou vos moutardes).
Hors-note : est-il 10 heures 18 ou 9 heures 78 ?
12:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Onzains...?
À 22 h 11, vendredi, soit avec bien du retard, notre train s'arrête en gare d'Onzain, où j'ai déjà voulu écrire des onzains, mais comment le faire à Onzain
1) si je n'y réside pas ?
2) si le train ne s'y arrête qu'une poignée de secondes ?
Il faudrait écrire 22 onzains avec des contraintes tournant autour de la lettre H (huitième lettre de l'alphabet).
11:11 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (1)
Le Renard et les raisins, bis ?
Hier, en déplacement à Paris, j'ai écrit ou esquissé plusieurs notes, dans le train, et sur de jolies feuilles rouges de format A4, que j'avais arrachées (juste avant mon départ pour la gare, à six heures du matin) au bloc de correspondance de ma compagne, et j'ai pu constater que, dans le Corail bondé du soir, le nombre de personnes qui jouaient ou travaillaient sur leur ordinateur portable dépassait de loin le nombre de ceux qui dormaient, lisaient ou parlaient entre eux. Pour ma part (et même si je n'ai pas accoutumé d'écrire d'abord manuscritement avant de reprendre au propre), j'étais très heureux de n'avoir pas les yeux rivés sur l'écran.
Hors-note : 1.111.541.651 n'est pas une adresse IP.
10:14 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0)
vendredi, 17 mars 2006
L'éphémère de toutes les batailles

17:40 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (1)
H
Ce n'est pas la nuit, et pourtant il ne se passe rien ; j'ai vu les convolutions d'un gypaète ; je comptais les bondrées qui, en justes noces, se poussaient du col.
(Où je me rêve en ornithologue, ce qui n'advint pas.)
11:00 Publié dans Arbre à came | Lien permanent | Commentaires (0)
De sang
" Ah ! mortelle, mortelle soirée ! Rien ne dira le jaspinage des acteurs. Rhétorique et loquacité." (A.G.. Journal, 17 mars 1906)
Votre père à la prunelle de jaspe, Vololona, je le retiens entre mes doigts, comme du petit gravier humide perdu pour l'eau du ruisseau. Et je retourne, en pensée, à Beauvais.
09:00 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)
6
Tant va la cruche à la Loire
que le pont s'effondre
(hein, mon bon Lidoire ?)
Encore entends-je un klaxon
Braire sur le pont Wilson.
07:00 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (1)
jeudi, 16 mars 2006
Pro peccatis
N'avais-je pas promis d'autres vues des extérieurs de l'église Saint Symphorien, à Tours ?
Du Stabat mater de Vivaldi (RV 621), le "Pro peccatis" accompagne ces pierres. Eia mater : aussi les serpents fuient-ils promptement. Fac, ut ardeat : le feu sacré qui métamorphose en prières colorées les pierres grenues.
19:20 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE
Jouets L'Arlequin

18:05 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (0)
Bestiaire brethon
La semaine se décompose comme suit : jour du loustic, jour du moustique, jour du Laüstic, jour caustique, jour du rustique, jour de l'élastique et jour des boutiques.
" - C'est quoi d'ailleurs, le Laüstic ?
- C'est un rossignol.
- T'en sais rien, oui.
- Mais si, c'est un rossignol ! "
Marie me pardonnera ce mince sacrilège. Le lai montre la voie, guide les ânes, passe par les fourches caudines et les ponts suspendus. La rigolade prend d'assaut les hippocampes au fond de l'eau.
17:12 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (3)
Comme telle
Sonnet en « rimes » plates.
J’ai une énorme vaisselle à faire. Les moutons s’amassent aussi dans le salon. La timide chatte est revenue se tapir sous les thuyas, qui accueillent son inquiétante prostration. Si, admettons, c’est une mère qui, très bientôt, mettra bas – alors, tragique paraît cette confusion entre apparence de vie et les atours de la mort. Comme telle petite sainte peinte sur toile, elle se blottit dans l’air qui l’environne de bleues ténèbres.
16:40 Publié dans Sonnets de février et d'après | Lien permanent | Commentaires (0)
16 mars 1004
Le 16 mars 1004, décédait Siccone Sicconi, plus connu (mais guère) sous son nom papal : Jean XVII.
"Je rêve d'aller là-haut dans les sphères
Là où le ciel est d'or brodé."
12:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (1)
Avec croches
Lors de la création de ces carnets, je me suis inscrit dans l'une des "communautés" de l'hébergeur Haut & Fort, à savoir la communauté Classique. Je voulais seulement faire remarquer que je n'ai encore guère écrit à propos de musique, car je suis un amateur même pas vraiment éclairé ; de surcroît, la dénomination même de "classique" me gêne beaucoup. Il se trouve que mes goûts me portent vers la musique (dite "contemporaine") d'un Dutilleux ou d'un Zograbian, vers les explorations d'un Schubert ou d'un Schumann (plus généralement qualifiées de "romantiques"), vers les pièces de Couperin (qui appartient, historiquement et peu ou prou, à la période "classique", mais qui, comme Lully ou Bach, a fait l'objet de redécouvertes au nom de la musique "baroque"), vers Britten (que dire de lui ? un classique contemporain ?). Toutes ces parenthèses, qui sont elles-mêmes autant de simplifications, montrent à quel point cette étiquette de "musique classique" n'a aucune pertinence ; cela signifie seulement que la communauté en question est une sorte de ghetto réservé aux quelques téméraires imbéciles doux rêveurs fous furieux qui aiment autre chose que la variété, la chanson ou la pop music (ou le jazz, mais c'est encore une autre affaire).
Renaud Camus écrit souvent, dans son journal, que, selon des codes pas si anciens que cela, tout ce qui est dénommé aujourd'hui "classique" s'appelait la musique tout simplement, ou, à la rigueur, "la grande musique". Le reste n'en était pas. Il regrette beaucoup, pour sa part, que le petit-embourgeoisement généralisé ait conduit tout un chacun à considérer pop, chanson, etc., comme de la musique à part entière ; je ne partage pas cet avis, mais, à coup sûr, l'étiquette de musique "classique" me hérisse au plus haut point. Mettre Marin Marais, Claude Debussy et Mauricio Kagel dans le même panier, c'est un peu rude... un peu comme si on rangeait les chiures de Marc Lévy et les romans de Balzac dans le même sac.
(Mais on le fait, c'est à craindre.)
Prenons un exemple. Je suis en train d'écouter les poèmes de Baudelaire mis en musique par Debussy, dans la version enregistrée par Felicity Lott en 1986, avec Graham Johnson au piano. Hier soir, j'ai découvert avec bonheur la 9ème Sonate pour violon et basse continue de Jean-Ferry Rebel, par l'Assemblée des Honnestes curieux (ensemble entendu à l'Hôtel de ville de Tours le mois dernier, dans un programme consacré à Haendel). Dans la matinée, mon fils m'avait réclamé Atys, l'opéra de Lully (pour des raisons complexes, qui tiennent plus, je pense, de sa passion naissante pour l'histoire (les rois, les Romains, les Gaulois, le Moyen-Âge) que d'un réel penchant musical (mais enfin, il écoute quand même Lully sans s'en lasser)) dans la création mondiale signée par l'immarcescible William Christie et ses non moins insubmersibles Arts florrisants, en 1987.
Vais-je devoir parler d'oeuvres si dissemblables sous une même communauté, ghetto ou lit de Procuste ? Les plus optimistes me rétorqueront : qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse... C'est vrai, et j'écrirai prochainement des textes [je me contraindrai à écrire des textes] sur ces divers compositeurs. Mais le flacon importe un tantinet, quand même.
Ajouté cinq minutes plus tard : vérification faite, la communauté "Classique" en question n'apparaît pas dans la page d'accueil de Haut&Fort, pour la simple et bonne raison que mon carnet en est le seul membre. Ce n'était pas le cas il y a un mois et demi. J'aurai fait fuir l'autre (les autres?). Du coup, c'est décidé : je me soustrais à cette étiquette et crée une autre communauté, dans laquelle j'invite les amateurs de... de quoi?? de "grande musique".
10:04 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : TRES GRANDE MUSIQUE
Avec crochets
Il est certain que ce n'est pas la lecture du Roman journalier de Mathieu Bénézet, commencée hier soir, qui va me remonter le moral. Heureusement, je lis toujours plusieurs livres simultanément [voici une phrase farcie d'adverbes], et d'un certain point de vue, Aux Etats-Unis d'Afrique, le dernier roman d'Abdourahman Waberi, tout comme ce beau recueil de Dominique Grandmont, est plus roboratif.
"Assez patiemment travaillé à mes souvenirs d'enfance." (André Gide. Journal. 16 mars 1916. Pléiade, p. 549)
Je renonce en revanche, après seulement quelques dizaines de pages lues, à l'immense et ennuyeux tome VIII des Diaries de Samuel Pepys. Je voulais voir ce que ça donnait ; eh bien, je le sais ! Ce n'est vraiment, rien d'autre qu'un témoignage, sans doute passionnant pour les historiens. Mais nulle écriture là.
09:30 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 15 mars 2006
G
On m'arrache mon masque, avec fougue, puis le museau détale à grandes enjambées ; Pascal avait son gouffre avec lui se mouvant ; je ne suis pas mécontent d'avoir pensé à prendre un cache-col.
(Où je me rêve tout ceci de mémoire.)
20:30 Publié dans Arbre à came | Lien permanent | Commentaires (0)
Rue de Lucé

18:30 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (0)
5
Ce territoire, ce ciel
éclaté de la
place des Joulins
je m'y retiens chaudement
de gifler le vent taquin
17:00 Publié dans Tankas de Touraine | Lien permanent | Commentaires (7)
Mars 957
Apparenté aux rois de Bourgogne, Thibaud a une trentaine d'années lorsqu'il est sacré évêque de Vienne, en Dauphiné, le 8 mars 957.
(J'imagine ce Théobald, déjà dégarni, se farcissant de mauvaise viande après son couronnement.)
12:05 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Mi-mars
De Madame de Staël, à Lausanne, le 15 mars 1794 :
« Ma jeunesse, ma vie, mon repos, l’affection de mon père, l’opinion des hommes, je n’ai rien sacrifié qu’à cet espoir, j’ai prévu que vous auriez des goûts pour d’autres femmes, que la trop grande certitude de mon cœur refroidiroit le vôtre, que vous voudriez vivre en Italie ; j’ai tout prévu, mais j’ai cru qu’il resteroit, de ce que j’ai fait pour vous, un souvenir dans votre cœur qui vous rendroit mon abscence pénible et ma société toujours agréable ; qui ne l’auroit pas cru ? Et ce dernier bien, vous voulez me l’ôter ? »
(Lettres à Narbonne. Gallimard, 1960, p. 397)
C’est à se demander si Balzac, en écrivant Béatrix, ne s’était pas aussi inspiré de ces lettres brûlantes, âpres, revêches lambeaux d’un fantôme.
11:30 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (5)
Refuge
Une petite chatte noire et blanche cherchait à faire son nid sous les thuyas. Un volet qui claque, et elle s'est enfuie. Elle restait allongée, immobile, puis elle poussa des miaulements atroces, une fois enfuie. Est-elle malade ou grosse, prête à mettre bas ? Deux gobelets, l'un d'eau, l'autre de lait, ne l'ont pas encore ramenée à son gîte d'adoption.
09:57 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (1)
mardi, 14 mars 2006
Pas de jardin

18:55 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (2)
lundi, 13 mars 2006
No Rackham

19:20 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (2)

