« lun. 18 déc. - dim. 24 déc. | Page d'accueil
| lun. 01 janv. - dim. 07 janv. »
dimanche, 31 décembre 2006
Ecaroh I et II
La couverture est rouge vif, mais en gros plan sans macro elle a l’air fade de la chair des crevettes. (Je mange toujours la tête, les pattes, tout.) Faute de grives, on mange des merles, me lança le directeur. Et d’huîtres, des bulots. Lui répondis-je. Il faut dire que la mer moutonnait, se démontait jusqu’à former plaies et bosses, au bord des saignées pelucheuses. Une longue pirogue verte se démenait, mais c’était déjà un récit tragique. Tout ça pour une photo, me tança, toisa, tourmenta le directeur.
21:30 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie, écriture
Enchaudirmi
Je viens de ruiner mes rêves, à extirper de force, comme un écoulement de pus, ces quelques textes – quatre – qui, pareils à des visages spectraux, lignes de force ou de couleurs envahissant la page à l’aquarelle, ont tracé des forêts (par les champignons), des cinémas intimes (par ma triste bobine), des ruptures (par l’apparition du faux Isidore), des lits défaits (par la chair des crevettes), des mythologies (par Pandore).
19:00 Publié dans Zoozéro | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : Littérature, écriture
Knowledge Box
À délicieusement écouter vos envols, à voir les hirondelles sous les cieux africains déployer leurs mensonges, à la rame terne se tenant, le poète que de vains critiques ont estampillé romantique se remémore d’autres roucoulades, et finit, enivré, par confondre la besace grouillante de Pandore avec le tonneau des Danaïdes (tout cela qui dut s’écrire en cent quatre-vingt-neuf secondes).
16:30 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, Poésie
Saint Sylvestre

Voici peut-être Saint Sylvestre. Il a connu des marchands d’or, et de viles carabistouilles.
Voici peut-être Saint Sylvestre. Dans les forêts, livré aux ruées des sangliers et des ruades des cerfs, il s’est nourri d’épreintes et, veule, s’est épris d’une vouivre.
Voici peut-être Saint Sylvestre. Des fleurs comme des anémones lui disent de voyager plus loin. Il s’est perdu dans les marécages. On a bu avec lui d’affreux breuvages.
Un jour, en pleurant des larmes de feu, il a dit, à l’année 2006, un long adieu lumineux.
14:55 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Photographie, écriture
Instantané, 30 décembre vers midi
Le gros pavé était posé sur la Kangoo de Marie-Josèphe. Six pages du pavé lues, une bergeronnette grise aux aguets. Elle sautille avec nervosité, sans se prendre aux lignes de l’échiquier. Mon manteau tenait le haut de la plage.
14:00 Publié dans Aujourd'hier | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écriture
V
Dans une fabrique d’édredons. Vêtu de rouge, avec le ciel vêtu de bleu et, dans la boîte grise, les missives vêtues de blanc, la neige vêtue de vert, elle qui laisse voir, vêtue, revêtue, foutue et refoutue encore et encore, des tiges qui s’échappent encore et encore, vêtu de rouge je vois ces signes d’une grande âpreté, tandis que je m’interroge, et qu’encore et encore les aigrettes suivent les lignes du champ ponctué d’autant de tiges, encore et encore vêtu de rouge je suis du doigt la ligne de l’horizon vêtu de bleu, dans une fabrique d’édredons où, ligne à ligne vêtue de noir, je persiste à écorcher le clavier et à écrire frabrique, comme si l’arbre dévêtu de son vert, l’orbe de ce monde dénudé, rien ne me voyait vêtu de rouge, arbre émondé, silhouette étêtée et Gascon entêté à observer entre les silos la progression des aigrettes vêtues de blanc. Têtu toujours dans la fabrique. D’un trio sûr suivant son piano vêtu de noir, Ran danse The Saint Vitus Dance.
12:12 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature, Jazz, écriture
samedi, 30 décembre 2006
Qu’elle est loin, la terre
Le distique, déjà on l’entend une bonne trentaine de fois, semble-t-il, en n’écoutant la chanson qu’une fois. Il se love sous les larves. Où l’entendre, finir circonflexes.
19:00 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature, Chanson française
Images pieuses

Suzanne Fromont-Godefroy, dont la boutique est sise 19, rue du Collège, à La Flèche, est-elle apparentée au Fromont qui donne son nom à l’une des petites rues du quartier Victor-Hugo, à Tours ? Ou ce Fromont-là serait-il la commune de Seine-et-Marne ?
14:55 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Photographie, Ligérienne
Floralies grammaticales
Lu ce jour, à la page 2-4 de l’édition landaise de Sud-Ouest, une énorme faute de grammaire, de surcroît en sous-titre :
« Françoise Lapeyre s’est vu décerné [sic], jeudi dernier, le diplôme d’honneur pour la décoration florale de sa maison. »
Rappelons – à ceux qui ont besoin de ce stratagème pour retrouver la règle imposant l’infinitif après les tournures du type se voir + V-, se faire + V-, etc. – qu’il suffit de comparer avec un verbe du deuxième ou du troisième groupe. Ainsi, si vous désirez écrire correctement la phrase « Je me suis fait défoncer toute la nuit. », pensez à substituer, au verbe du 1er groupe défoncer, un verbe du 3ème groupe : « Je me suis fait mettre toute la nuit. » Comme on ne dit pas « je me suis fait mis », vous saurez qu’on n’écrit pas « je me suis fait défoncé ».
De même, ces tournures pronominales sont invariables en genre, et vous devez dire (et écrire) « je me suis fait défoncer », même si vous êtes du sexe féminin. Ainsi, une jeune fille qui se présente au concours des Miss France peut dire (et écrire) : « je suis faite comme une déesse » – mais : « je me suis fait une bouffe entre filles », « je me suis vu donner de beaux bouquets floraux à Mayotte », « je me suis fait engueuler par Mme de Fontenay parce que j’avais l’écharpe à l’envers », etc.
10:30 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Langue française
vendredi, 29 décembre 2006
Voisinons
Encore lu, ce matin, quelques textes superbes de Michaux (dans Passages, notamment), puis, en feuilletant par curiosité le tome 10 des Œuvres de Cendrars que c’était a eu pour Noël, je suis tombé sur quelques textes. Même nervosité, même envie mi-furieuse mi-joueuse de saisir. Pourtant, avant de rapprocher par hasard Cendrars et Michaux, rien, dans mon esprit, ne les faisait voisiner (et sans doute sont-ils très différents, when all is said and done). Paquetages de nerfs désolés.
20:35 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature
No Seen till Brooklyn
J’envisage – si l’affreuse mégère à voix métallique confirme sa candidature à l’élection présidentielle – d’apporter mon soutien discret à son manque total de panache en transformant mon pseudonyme abrégé de MuMM en MMaM. Après tout, MAM a raison : il y a encore de la place, avant le second tour, entre l’ennemi de la démocratie et la folle des spotlights. Et, si Le Pen ne rassemble pas ses 500 signatures, elle pourra toujours harponner les gaullistes historiques réticents à voter pour Sarkozy (on les qualifie souvent de « vieux gaullistes historiques » mais ils ne sont pas tous si vieux que ça, d’ailleurs).
Depuis hier, le mot tangon me hante, peut-être (me dis-je dans les moments d’introspection esthétique les plus aigus) parce que je m’imagine ce carnet comme le tangon le long duquel pendent toutes les lignes (rubriques), où s’attrapent les mots-poissons. Sur ce thonier, pourtant, on n’a jamais fait de mal à une mouche.
Sur un tangon, aussi, on suspend des fils pour la pêche aux voix. (Hypothèse plus politique que poétique.)
17:45 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : UMP, Langue française
Calendrier / qui tombe en poussière

Une fois écrit « Images plus en dentelle », la seule vérification a consisté à consulter le Robert culturel, pour voir si desquamer était intransitif ou pronominal. Les deux, mon commandant. Seul le décompte des mots a permis de trancher en faveur de la tournure intransitive. Entre-temps, un desman avait grimpé sur mon épaule. (Le tome 2 préconise le tiret à entre-temps, mais donne toutefois une citation de Racine, dans laquelle ce terme est un substantif d’un seul tenant.)
14:55 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Photographie, Langue française, Littérature
jeudi, 28 décembre 2006
« Images plus en dentelle »

Il se fait des cheveux. Il épile les secondes, égrène les minutes, et rien, dans le sablier, ne donne la moindre épaisseur à sa peau, qui desquame, part en flocons ténébreux. Mieux vaut – quitte à devoir apprendre à s’endormir – le drap du désespoir. Des requins, des orques gisent, curieusement, dans le fond de la barque. Images plus en dentelle.
14:55 Publié dans J'allaite le nouveau Kant, II | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Photographie, écriture
mercredi, 27 décembre 2006
Le mystère du cinéma

14:55 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie, Ligérienne
mardi, 26 décembre 2006
Battants bantous

Bonjour, c'est pour un sapin. Je voulais savoir si vous comptiez faire de vieux os. Mais si, enfin, même les lapins se décalcifient...
(On m'a fermé la porte au nez.)
14:55 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie, écriture
lundi, 25 décembre 2006
Virer au violoncelle, version 1089/1295
[En reproduisant le texte manuscrit, je n’ai changé que trois mots : figure, immense, basse. J’ajoutai inaccessible, ôtai un et qui prêtait à contresens.]
Le cerisier nu figure une colonie incessamment remuante de passereaux. Un chat de gouttière, fort repu et pas sauvage, a guetté près des thuyas. Allongé, écoutant Alter ego d’Artem Vassiliev, je me vois gravir une montagne immense. M’imagine sur les pentes, les yeux rivés sur les détails des herbages, que le vent m’apporte. Dans cette rêverie douloureuse, j’essaie de me concentrer sur certains noms communs tels que marc, martingale, girolle et solstice.
[J’hésite à ajouter des points de suspension entre ces deux paragraphes. Combien ?]
Comme, pour me tirer de ma torpeur, je mangeais une clémentine, debout dans la cuisine, j’aperçus le chat qui, tout en me fixant de ses yeux jaunes, était occupé à manger sous la table basse orange. Pas de plume, ni de trace d’un quelconque combat. Après s’être purgé avec une longue tige gelée et avoir observé un merle inaccessible, il s’en alla nonchalamment vers le fond du jardin.
[Alter ego est une pièce très contemporaine pour violoncelle soliste. Elle n’a rien d’apaisant, ni qui incite à la paresse. Le chat, d’un magnifique gris uniforme, ne s’était jamais montré auparavant dans ce jardin.]
21:55 Publié dans 1295 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature, écriture
Virer au violoncelle
Le cerisier nu figure une colonie incessamment remuante de passereaux. Un chat de gouttière, fort repu et pas sauvage, a guetté près des thuyas. Allongé, écoutant Alter ego d’Artem Vassiliev, je me vois gravir une montagne immense. M’imagine sur les pentes, les yeux rivés sur les détails des herbages, que le vent m’apporte. Dans cette rêverie douloureuse, j’essaie de me concentrer sur certains noms communs tels que marc, martingale, girolle et solstice.
Comme, pour me tirer de ma torpeur, je mangeais une clémentine, debout dans la cuisine, j’aperçus le chat qui, tout en me fixant de ses yeux jaunes, était occupé à manger sous la table basse orange. Pas de plume, ni de trace d’un quelconque combat. Après s’être purgé avec une longue tige gelée et avoir observé un merle inaccessible, il s’en alla nonchalamment vers le fond du jardin.
19:55 Publié dans Diableries manuelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Ligérienne
On n'en revient pas

D'ordinaire, dans les prétendues "remastérisations" d'anciennes chansons de Gérard Manset, il n'y a absolument rien de nouveau. Une des exceptions notables est le gommage de plusieurs demi-vers, dans "Ils", sur le CD de La Mort d'Orion.
Il faudra désormais ajouter, pour mon répertoire, la version du "Masque sur le mur" qui se trouve dans le coffret Capitaine courageux (EMI, 2002).
Il grogne, il gronde, il rugit. Il pleut doucement dans les rues, et, le long des murs, ruissellent aussi des larmes. Cherché le choc, fendu le roc.
17:55 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Photographie
Popote interne
Il y eut une époque où je brûlais seulement d'alimenter une seule rubrique par lettre de l'alphabet catégoriel (soit 27 "catégories"). Désormais, me voilà près d'aspirer à écrire selon une arborescence de 4 x 27 rubriques. Les lettres A et M ont déjà leurs quatre rubriques, et il existe également quatre catégories dont le titre commence par un chiffre. Les lettres D, S, T et V proposent trois rubriques chacune. Avanti !
[Cette note devait apparaître, initialement, hier, dans Ex abrupto, qui est une sorte de fourre-tout insatisfaisant. Je décide de la transvaser, en fin de compte, vers Fièvre de nombres, non seulement en raison des séries d'équivalences intéressantes * que suggère le nombre 108 (4 x 27), mais aussi car plusieurs textes relevant de la cuisine interne de ces carnets furent publiés dans cette rubrique.]
* 108 s'inverse en 801, qui n'est autre que le produit de 9 et de 89.
En juxtaposant 9 et 801, on obtient 9801, dont j'ai déjà dit qu'il s'agissait d'un nombre de MuMM. (Mais il me reste, entre autres travaux esquissés, à conceptualiser de manière plus approfondie les "nombres de MuMM".)
12:55 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)
Long arroi. D'aimer.
Long arroi. D'aimer.
Revient de jeu commencé et... que romance aussi tue leurs hauts peignes, Oise à se mettre à cran.
S'arrêter.
Absence d'abandon, jours roux, efforts pour s'attacher, ou pour croupir sac sur la craie, pour se détruire, dorant ces hères peu mis. Aucun respect pour la Bible en sang du Golgotha.
10:55 Publié dans Xénides | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Poésie, Littérature, écriture
Calamité
On ne peut pas se taire pendant une pleine semaine, puis publier sept billets en un jour et demi.
(Mais si, on peut.)
08:55 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (1)
Express de 6 h 41
Un café, pour se dégager. Se déprendre, mais de quoi, je vous le demande. Cela fait bientôt une semaine que je suis grabataire, dans un sens qui n’a rien de métonymique, ni, donc, de conventionnel. (J’en mettais trois n à conventionnel. Maintenant les doigts me manquent.) Dans le vieux lit défoncé du rez-de-chaussée, à même le matelas, sous une couette repliée en deux, le reste de la couche occupé non par l’âme sœur mais par tout un fatras (livres en cours, autre paire de lunettes, les deux volumes de la thèse – tout récemment soutenue & passionnante, foisonnante – de G.C.), ainsi ai-je, encore cette nuit, (peu) dormi.
Depuis deux jours, ayant enfin trouvé le temps de me plonger dans le tome II de ses Œuvres, je découvre des textes superbes de Michaux, comme les Quatre cents hommes en croix, un texte non conservé dans l’édition finale d’ Ici Poddema (page 139 dans le Pléiade), ou encore « Arriver à se réveiller » (Passages). OUI, PENDANT CE TEMPS, PYNCHON PIÉTINE.
Longue haleine, lecture.
06:55 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature, Ligérienne, écriture
Amour vénal et name-dropping
24 décembre. 11 h.
J’ai placé, sur la platine multi-disques, le CD du trio de Pierre-Alain Goualch, que je n’avais pas écouté depuis le printemps. Tant que j’y suis, la proximité alphabétique m’ayant remis le coffret de Fred Hersch en mémoire, je décide d’écouter, dans la foulée, le disque que le pianiste a consacré à Cole Porter ; fort logiquement, colportant mes goûts dans le salon de musique, je programme ensuite le CD du Patrice Caratini Jazz Ensemble, Anything Goes, car je veux, notamment, comparer les deux versions de « Get Out of Town » (Hersch et Caratini). Entre-temps, le second morceau du disque de Pierre-Alain Goualch a débuté… il s’agit de « Not for sale », réécriture de Love for Sale, de… Cole Porter.
Il faudrait maintenant aller pêcher, dans le coffret idoine, la version que Miles Davis et Coltrane ont enregistrée de Love for Sale. Cela ne manquerait pas d’ouvrir la voie à de nouveaux rapprochements (Oscar Peterson ? Coleman Hawkins ? Ornette Coleman ? Bix Beiderbecke ?). Unissons nos efforts, encore affermis par la douceur du temps qui pèse.
00:10 Publié dans Aujourd'hier, J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Jazz

