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dimanche, 03 septembre 2006
Lettre presque tricentenaire
Il faut que je mette la main sur cette lettre de Leibniz à Des Bosses, qui date du 3 septembre 1708.
(Hysterical, indeed...)
18:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Z'avez pas vu l'écriteau ???

« Des hordes d’écoliers et d’écolières. Ils avancent dans quelques allées autorisées. Ils notent à mesure sur des blocs-notes le nom des plantes qu’ils voient. Ils notent les noms, mais ils ne regardent pas les plantes, uniquement les écriteaux qui les signalent. »
Jacques Roubaud. Tokyo infra-ordinaire. 77, ii. Inventaire/Invention, 2005, p. 84.
Cléome, jardins du château de Valmer, 2 septembre 2006.
17:08 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (1)
Désarroi, 808ème note
Toujours pas la moindre envie de me replonger dans mes Croquis de Corrèze. Et pas une once de désir pour ces démons photographiés. Un œil grand ouvert me fixe, d’un visage posé sur l’oreiller. Le temps passe, avec la monotonie tiède de la bruine d’été. Restent les cals à la main gauche, d’avoir smashé les moustiques. Une lune se lève, dont l’avènement ne peut rien changer. Dans l’atelier vitré, non plus, rien n’advient. Le froid persiste. Pernicieux.
14:20 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)
Nous : les Moins-que-Rien :: Fils aînés de Personne
Dans Nous, les moins-que-rien, fils aînés de personne (Fayard : 2006), Jacques Roubaud propose, avec malice mais non sans profondeur, treize biographies imaginaires de différents Jacques Roubaud ayant existé en divers points du globe, à différentes époques. Ainsi, le Jacobus Robaldus du chapitre V nous éclaire sur certaines dissensions entre protestants ou réformés au XVIème siècle ; le chapitre VII nous propose une description en mots des cent très courts métrages d’Orson Roubaud ; le M. Roubaud du chapitre XII est un artiste d’une très grande importance, qui est interviewé par deux journalistes facétieux avant de se livrer à l’un de ses chefs-d’œuvre en leur présence (je ne dévoile pas la chute)…
J.M. Coetzee – que je n’aime pas – a dit de Doris Lessing – que j’aime encore moins – qu’elle ne pouvait en rien être une grande styliste, car elle ne triait pas ou ne raturait pas assez. Certes, Roubaud, s’il a souvent de vrais bonheurs d’écriture, a tendance à ne pas assez trier le bon grain de l’ivraie, ce qui, toutefois, n’est pas vrai de ses poèmes des années 1960 ou 1970 (superbes є ou Trente-et-un au cube !), ni de son Projet, œuvre à ce jour en cinq tomes et sans doute his masterpiece ! Mais, même dans un « multiroman » qui, comme celui-ci, semble insuffisamment resserré, Roubaud étonne, réjouit, fait réfléchir, et même émeut.
Le plus étonnant, ici, c’est la façon dont il se représente continuellement, sous ses différents avatars, comme un hérétique, voire comme un mathématicien mineur, un peintre maudit, un écrivaillon oublié. Humour ou auto-dérision afin de couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs ? Réel penchant pour la dépression et la mélancolie, qui se ressent à travers toute l’œuvre, depuis les débuts, et qui n’est contrecarré que par l’ardeur au travail et le goût des facéties tant arithmétiques que verbales… ?
Le plaisir que j’éprouve à le lire vient de cet humour souvent corrosif et léger, et de cette fièvre des nombres dont il n’a pas peu contribué à asseoir l’influence dans mes obsessions, mais aussi de la minutie avec laquelle il lui arrive de décortiquer de simples faits, de menues expériences. Par ailleurs, l’exercice d’acrobatie auquel il se livre dans ce texte est assez périlleux, car le « vrai » Jacques Roubaud (celui qui dit explicitement « je » dans le Projet et qui correspond étroitement – pour autant qu’on puisse en juger – avec la biographie « réelle » de J.R.) risque sans cesse de percer le masque de ces divers J.R. de théâtre, ce qui devient évident dans un passage qui voit le narrateur (peut-être à la faveur d’un copier-coller malencontreux de l’auteur car ces paragraphes font fortement songer à un passage de La bibliothèque de Warburg) se tromper de vingt ans dans le calcul de son âge…
J’ai corné délicatement plusieurs pages du livre afin de vous en livrer, au cours de la semaine prochaine, sept extraits (représentatifs ?).
13:00 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (2)
112 images de Valmer (Sonnet)
faune nymphe scolopendre allée scorpion scorpion scorpion agerata
agerata angelot angelot clair fontaine pèlerin blason vitrail saint
madone autre madone pape rosace jumelles cléomé mante mante caressée
mante écriteau mante de dos bélier banc demeure enfilade angelot mangé
naïade en biscuit cheminée arcades arcades fontaine chèvre cochon course
cheval crinière crinière guêpe meganeura libellule duo mimêsis
grimace touché pelle vigne trio équin au loin solo sourire guingois
prunus portugais lion lézard fiacre écriteau lion tête de fiacre
cigogne pingouin cigogne rictus cigogne tête de cigogne hibou geste
vanorbeek grille scie sculpture poire autre poire coloquinte cucurbite
cucurbite fleur idem mante globe écriteau toboggan mante
coloquinte cigogneaux cucurbite ciel moi lui andouillers langue
rictus langue sérieux festival scolopendre duo enfilade écriteau
duo de dos cannes arcades bourdon gone to the pub clio bourdon clio
11:35 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)
Notule
La rubrique qui a été créée aujourd’hui pour la note Jardins de Valmer, 2 s’intitule “Diableries manuelles” et sera constituée de billets écrits ou ébauchés à la main dans un petit carnet, en voyage, et achevés sous forme tapuscrite avant d’être publiés ici. Le petit carnet est déjà bien écorné, abîmé, dog-eared, d’avoir été trimbalé dans les poches des chemises ou des pantalons, car il a été employé en juillet, lors d’une semaine passée dans le Limousin.
10:10 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)
Jardins de Valmer, 2
Aristo et Alambic sont deux chiens (chiots ?) à pedigree, de race indéterminée pour moi qui n’y connais rien. Ils folâtrent dans les jambes d’une très jeune jument qui s’affole. Plus loin, David Vanorbeek, “sculpteur flamand autodidacte”, a ciselé une grande mante religieuse en barbelés, et divers autres insectes dans le labyrinthe sis sur la haute terrasse.
Arnaud Villé, photographe à Vouvray, expose vingt-neuf de ses images d’insectes, très belles macros, aux deux niveaux d’un ancien pigeonnier (?) – quinze à l’étage et quatorze au rez-de-jardin.
Un autre Arnaud Boisramé, lui aussi sculpteur sur ferraille, a le goût des calembours et a nommé une de ses miniatures “Sourire dent fer”.
Jean-Luc Goupil, lassé peut-être de jouer des tours à Ysengrin, combine ses insectes géants de manière astucieuse mais a la mauvaise idée, comme trop d’artistes contemporains, de donner, pour chacune de ses sculptures, une explication restreinte sur le cartouche, qui montre à quel point le “sens” si étroitement défini est conventionnel, bien-pensant, a partout traîné. Toutefois, son scolopendre, composé ou constitué de 35 couscoussières, avec 17 paires de pattes, est très réussi.
Nous avons bien sûr humé la lavande, et les fragrances inconnues des Ageratum. Nous n’avons pas revu Alcoolo et Artémis.
07:55 Publié dans 1295, Diableries manuelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Ligérienne
Jardins de Valmer, 1 (version 427/527, et dernière)
À Valmer j’imagine que je mettrai en scène – un jour prochain hallucinant – une version des Liaisons dangereuses – avec Jean-François Balmer dans le rôle de Valmont – et Rufus dans celui de Merteuil – à condition de représenter ses scènes dans les salles de ce joli moulin près de la Charente – surtout qu’il y a – non loin des jardins splendides dont il est tout de même question – et de leur « pergola des cucurbitacées » – le château de Jallanges – où les cigognes pleurent Pascal – et les merveilles de la dormeuse du val.
00:00 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (1)
samedi, 02 septembre 2006
Jardins de Valmer, 1 (version 400/492)
À Valmer j’imagine que je mettrai en scène – un jour prochain – une version des Liaisons dangereuses – avec Jean-François Balmer dans le rôle de Valmont – et Rufus interprétant la marquise de Merteuil – à condition de représenter les scènes dans les salles du joli moulin près de la Charente – surtout qu’il y a – non loin des jardins splendides dont il est – devrait être – question – et de leur « pergola des cucurbitacées » – le château de Jallanges – où les cigognes pleurent Pascal.
22:50 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)
Jardins de Valmer, 1 (version 313/381)
À Valmer j’imagine qu’il faudrait tourner ici une nouvelle version des Liaisons dangereuses – avec Jean-François dans le rôle de Valmont – et Rufus interprétant la marquise – à condition de représenter ses scènes près de la Charente – surtout qu’il y a – non loin de ces jardins et de leur « pergola des cucurbitacées » – le château de Jallanges – où les cigognes pleurent Pascal.
21:40 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne
Jardins de Valmer, 1 (version 563/690)
Dans les jardins de Valmer – plutôt que de me transformer en l’un de ces insectes de ferraille – mante religieuse ou scarabée cherchant son samsara – ou en l’une de ces cigognes du grand carré potager – j’imagine qu’il faudrait tourner ici une nouvelle version – des Liaisons dangereuses – avec Jean-François Balmer dans le rôle de Valmont – et Rufus interprétant la marquise – sans pousser le bouchon, mais à condition de lui faire jouer toutes ses scènes près de la Charente, à Verteuil – surtout que – Cécile ne nous en tienne pas rigueur – il y a – non loin de Chançay, où défile la « pergola des cucurbitacées » – le château de Jallanges (vol plané) – où les cigognes pleurent Pascal.
20:30 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne
Jardins de Valmer, 1 (version 637/781)
Dans les jardins du château de Valmer – plutôt que de rêver que je me transforme en l’un de ces insectes de ferraille – mante religieuse ou scarabée cherchant son samsara – ou en l’une de ces cigognes du grand carré potager – ou en serpent se mordant la queue – j’imagine qu’il faudrait tourner ici une nouvelle version – beckettienne peut-être – des Liaisons dangereuses – avec Jean-François Balmer dans le rôle de Valmont – et Rufus dans celui de Merteuil – sans pousser le bouchon, mais à condition de lui faire jouer quelques scènes au bord de la Charente, à Verteuil – surtout que – Cécile ne nous en tienne pas rigueur – il y a – non loin de Chançay, où défile la « pergola des cucurbitacées » – le château de Jallanges (vol plané) – où les cigognes pleurent Pascal Greggory.
19:20 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (0)
Jardins de Valmer, 1 (version 600/735)
Dans les jardins du château de Valmer – plutôt que de rêver que je me métamorphose en l’un de ces insectes de ferraille – mante religieuse ou scarabée – ou en l’une de ces cigognes du grand carré potager – j’imagine qu’il faudrait tourner ici une nouvelle version – beckettienne peut-être – des Liaisons dangereuses – avec Jean-François Balmer dans le rôle de Valmont – et Rufus dans celui de Merteuil – sans pousser le bouchon, mais à condition de lui faire jouer quelques scènes au bord de la Charente, à Verteuil – surtout que – Cécile ne nous en tienne pas rigueur – il y a – non loin de Chançay, où se trouvent ces jardins avec leur « pergola de cucurbitacées » – le château de Jalanges – où les cigognes pleurent Pascal Greggory.
18:10 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (0)
La Ballue, ou la langue cardinale
Lu dans le prospectus La Ballue & ses jardins inattendus :
Des sculptures d'artistes contemporains viennent agrémenter et étonner son parcours.
Je ne sache pas qu'étonner puisse s'accommoder d'un complément d'objet inanimé. La tournure rendre étonnant n'est pas faite pour les chiens (ni pour les Bretons, il faut croire).
17:00 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (4)
A Turn in the South, 3
— De ce livre encore tu n’as rien dit.
— C’est normal.
— Pourquoi ?
— Je ne l’ai pas commencé.
— Mais lui t’a entamé.
— Hein ?
— Oh rien. Sinon, les tirets ne sont-ils pas un peu longs ?
— C’est histoire d’entamer, aussi.
— …
— Chacune d’entre nous à son tour se déconcerte.
— Music for the birds…
— Pourquoi ?
— Parce que tu n’as pas de chat avec toi.
15:50 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)
A Turn in the South, 2
La deuxième de couverture de l’édition Picador de The Enigma of Arrival, lu cet été, reproduit une photographie ensorcelante, un portrait de V.S. Naipaul de face, dans un élégant costume gris, un chat noir et blanc, qui fixe le photographe, s’échappant de ses bras. À la barbe poivre et sel semblent répondre les deux triangles des oreilles du félin. L’auteur de la photographie n’est mentionné nulle part dans l’ouvrage.
Je retrouve ce même portrait sur la deuxième de couverture de l’édition Picador de A Turn in the South. Toujours pas la moindre référence. Quelle est cette énigme ?

Grâce au module de recherche d’images de l’inévitable Google, j’ai retrouvé, sur un site suédois consacré au Livre du Jour (Dagensbok), le nom du photographe (Jerry Bauer), et j’ai même pu enregistrer une version pas trop réduite de cette photographie.
Pourtant, le charme demeure entier.
14:40 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)
A Turn in the South, 1
Je n’en ai lu encore qu’une dizaine de pages. N’ai-je pas justement choisi, de tous les essais ou récits de voyage de V.S. Naipaul, celui dont le sujet est le moins à même de m’intéresser, car je veux surtout retrouver le style du grand maître ? Among the Believers m’avait fasciné, mais l’Islam me fascine de toute façon. Avec ces chroniques du Sud américain – sujet qui d’ordinaire me fait bâiller – je veux être transporté, emporté par le style.
13:30 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0)
Mains
En remontant la rue de la Source – après avoir fait le tour du marché Coty sans retrouver les stands des maraîchers où je me sers habituellement – il m’est revenu que Renaud – le chanteur – a – paraît-il – je ne l’ai pas entendue – « sorti » récemment une chanson dans laquelle il fustige les bobos – bourgeois bohêmes – expression qui m’a toujours semblé porter à faux – et je me disais qu’il préfère peut-être à présent ceux qui prennent le départ du Paris-Dakar – d’autant qu’il a toujours eu le chic de balancer des espèces de pavés dans la mare d’une incohérence et d’une mauvaise foi que lui-même reconnaîtrait – la pire étant, en son temps, Miss Maggie – et je me disais aussi – en remontant la rue de la Source, car tout cela ne dura qu’une demi-minute – bien moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire – surtout si je multiplie les incises – que l’une des phrases de cette chanson de 1984 – 1985 ? – était vraiment d’une consternante bêtise : « Aucune femme n’a sur les mains le sang des Indiens d’Amérique » – car, pensais-je, il s’agit là d’un effet d’image – puisque les femmes, dans l’histoire politique, ont souvent été proches de ce que Péguy disait du sujet kantien : « Il a les mains pures, mais il n’a pas de mains » – et tout cela parce que je n’avais pas retrouvé le stand de mon maraîcher habituel, un agriculteur biologique de Vernou-sur-Brenne.
11:13 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (4)
Corps enseignant et milieu de l'édition
Comme chaque année, la rentrée littéraire s'accompagne de son lot de navets sur l'école (le système scolaire, les élèves, etc.). Essais alarmistes ou, à l'inverse, écrits par les plus émérites des Amis du Désastre. (La démonstration de ces derniers consiste en général à expliquer que si, justement, plus un élève de sixième n'est capable d'écrire une phrase sans faute ni de faire une multiplication complexe, c'est bien le signe que le niveau monte.)
Essais nombreux, d'accord, mais il ne faut pas oublier les livres de témoignage publiés par des "profs", chroniques souvent teintées d'humour ou d'un ton légèrement sarcastique. Cette année, le gotha des médias acclame un certain Christian Muzyk, dont le livre, intitulé Bienvenue en salle des profs ! (que d'inventivité), est apparemment tendre et talentueux. J'ai glané, dans un article du Monde, la citation suivante :
Derrière la rutilante vitrine se dissimule l'hideuse réalité. Celle dont on ne doit pas prononcer le nom, sous peine d'être accusé de blasphème et brûlé sur l'autel de la Sainte Trinité pédagogique : Collège unique, note administrative et inspection surprise."
Il paraît que M. Muzyk est vraiment professeur, et depuis trente ans, à Thumeries, dans le Nord. C'est curieux, car, si sa saillie prétendûment drolatique tombe à plat, de mon point de vue, c'est que cela fait, au bas mot, vingt-cinq ans que les inspections surprise n'existent plus. Les derniers à avoir connu cette époque bénie seront bientôt à la retraite.
D'ailleurs, il ne faut pas être depuis longtemps dans le sérail Ed' Nat' pour savoir que, si les inspecteurs ont de très nombreuses fonctions, l'une des seules qui n'est plus de leur ressort, selon les apparences, est justement d'inspecter. La plupart des professeurs ne sont plus, une fois leur stage effectué et leur titularisation obtenue, inspectés qu'une fois tous les dix ou douze ans. Les inspecteurs oublient même, le plus souvent, de transmettre les informations concernant les modifications pour les épreuves du baccalauréat. Ainsi, c'est par un autre biais que la plupart des professeurs d'anglais de lycée auront découvert que, à partir de cette année, l'épreuve d'anglais des STG (Terminale Technique & Gestion) sera évaluée en CCF (Contrôle Continu Formatif). Autrement dit, plus d'épreuve sur table en juin : le contrôle continu, serpent de mer qui a entraîné tant de levers* de bouclier depuis une dizaine d'années au nom de l'"égalité des chances", a été introduit par le gouvernement sans que nul ne proteste... car nul ne s'en est aperçu !
Pour en revenir à M. Muzyk, peut-être a-t-il voulu faire un bon mot au prix de la vérité, en se disant que ses lecteurs n'étaient pas du sérail. Peut-être aussi a-t-il voulu faire plaindre les "profs" en faisant croire à la population française qu'il s'agissait d'une profession sans cesse livrée à l'épée de Damoclès d'une inspection, alors que 1) les très rares enseignants inspectés sont prévenus des semaines à l'avance 2) les inspecteurs n'ont de toute manière à peu près aucun pouvoir. Alors, bon mot, ou vilain mensonge ?
* Pour les levées de bouclier, attendre le coucher du soleil. Pour les leviers de boucles, demandez à votre coiffeuse.
10:25 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (1)
Inculture et inquiétude dans le corps enseignant
Ma mère est professeur d'anglais en lycée. Hier, lors de la "pré-rentrée" (mot que je n'ai jamais aimé, à ceci près qu'il me rappelle les préaux des écoles de jadis), l'une de ses collègues, quinquagénaire, lui dit avoir refusé, dans le cadre d'un programme pédagogique s'adressant à une classe d'anglais "renforcé",
"une pièce à trois personnages seulement, d'un certain Pinter. Tu connais ?"
Ce ne sont pas seulement les jeunes professeurs qui sont totalement incultes, dénués de curiosité... et sans la moindre honte de leur état de délabrement intellectuel. Leurs aînés, pour beaucoup, montrent l'exemple ! Les lycées de France, c'est déjà la Star Ac'...
10:05 Publié dans Narines enfarinées | Lien permanent | Commentaires (2)
Le missel d'Astolphe Sijouvray
[Lire ce qui précède : I, II, III, IV]
Je reposai le combiné de l'appareil téléphonique (à moins que ce ne fût l'inverse, dans la mesure où plus personne ne sait plus distinguer le combiné de l'appareil, ni le homard de l'écouteur, ni le cochon de son lard) sur son socle (???).
Je venais de m'entretenir pendant vingt minutes avec le commissaire Astolphe Sijouvray, qui, ayant eu vent de mon aventure (peut-être qu'une patrouille avait décelé l'odeur suspecte et caractéristique des munsters dans la rue où je réside et que mes activités de blogueur m'ont déjà fait repérer par les renseignements généraux), m'avait appris que l'hurluberlu à qui j'avais ouvert ma porte et dont j'avais accepté le présent alsacien ne se nommait en aucun cas Astolphe Sijouvray, étant donné que lui, le commissaire, n'avait pas d'homonyme (je veux bien vous croire, Monsieur le commissaire), qu'il s'agissait d'un imposteur (je veux bien vous croire, Monsieur le commissaire) qui sévissait depuis des lustres dans la cité (je veux bien vous croire, Monsieur le commissaire) mais que la police n'avait pu encore arrêter (silence de ma part) car il était "plus évanescent que la brise" (sic). Il m'avait également appris que les munsters n'étaient nullement empoisonnés et que je pouvais "les manger sur mes deux oreilles" (?).
Je repris dare-dare la confection de mes cartons d'invitation, et méditai l'information la plus importante de cette conversation téléphonique à bâtons rompus : la seule trace tangible que la police eût en sa possession était un missel entièrement couvert et rempli de griffonnages divers et indéchiffrables, que les experts les plus pointus dans le domaine des codes et hiéroglyphes n'étaient pas parvenus à traduire. Le commissaire Astolphe Sijouvray, convaincu que l'imposteur ne m'avait pas choisi par hasard, moi, l'auteur d'une thèse hallucinante sur les Maximes de Vauvenargues (écrite sans avoir lu le corpus) et de plusieurs ouvrages sur l'imposture en art, me demandait de prêter main forte aux enquêteurs, et affirmait qu'il en était de mon devoir de citoyen.
Je lui avais promis de passer le lendemain ; il m'avait fixé un rendez-vous à onze heures du matin. Quoique j'eusse insisté à plusieurs reprises pour savoir quel danger représentait l'imposteur qui prenait son nom, le commissaire refusa obstinément (et à la façon des diamantaires) de me répondre, se contentant de me répéter que nous parlerions de cela le lendemain.
Il me restait à imaginer le missel, ce dont, tout en contemplant les faces de plus en plus hâves d'Adolphe et d'Adjani, je fus loin de me priver, comme bien l'on s'en doute, et à faire taire mes doutes, qui ne cessaient de grandir au souvenir des idiosyncrasies de langage de mon interlocuteur.
01:50 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (2)
vendredi, 01 septembre 2006
Rue Zimbazane, à Beaulieu

Quel beau lieu, je ne dirai pas.
Le nom de Zimbazane me hante depuis le 14 juillet. Allez savoir de qui (de quelle contrée?) il s'agit...
Dites-le moi...
Beaulieu-sur-Dordogne, 14 juillet 2006.
07:25 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 31 août 2006
Petits crimes, Christin
Trébucher à Trébizonde. Trépasser à Trébeurden. J'ai mangé mon pain blanc, rien d'avance à une heure de septembre, et les ratures qui n'ont de cesse.
L'éléphanteau, à la naissance, pèse deux cents kilos. (Et le girafon, soixante-dix tout de même.) On s'instruit en lisant un fascicule des Animaux du Bois de Quatre Sous à haute voix chaque soir. Sinon, je peux dire que j'ai perdu trois heures, entre hier soir et cet après-midi, à lire le roman universitaire policier de Pierre Christin, Petits crimes contre les humanités. L'idée n'est pas mauvaise, mais mon ennui face au genre policier (même (surtout?) parodique) s'est allié au peu de goût que j'ai pour les campus novels et m'a fait trouver bien fade, terne, resucée, cette pochade bâclée, pataudement khâgneuse.
Il y a quelques scènes assez bien vues, très justes dans l'observation du monde universitaire, des caricatures outrancières et délibérées mais aussi des euphémismes massifs. Surtout, on sent bien que tout cela reste documenté de loin, car les inexactitudes, voire les erreurs grossières, abondent. Or, si le mécanisme d'un texte de fiction repose principalement sur une situation sociale réelle qu'il parodie ou brocarde, il me semble qu'un réalisme minutieux s'impose. Ici, rien de tel, car ce ne sont plus des hyperboles ni des approximations, mais bien de nombreuses erreurs : fonctionnement des jurys d'agrégation, incohérence totale du système des hiérarchies universitaires, références simultanées au fonctionnement actuel du doctorat et aux thèses des années 1960. Bref, si c'est lu par des gens du sérail, certaines scènes fort justes (siglite, comm' de spé, les rivalités entre trotzkystes rivaux, le matériel et les locaux délabrés) font sourire, mais les autres, tout simplement fausses, tombent à plat. La scène du train est, en ce sens, ridicule et, en aucune façon sauvable.
Ne disons rien du style, inexistant, et dont l'inexistence fait capoter la plupart des bons mots ou astuces. Ne disons rien de l'intrigue amoureuse, téléphonée et tarabiscotée. Ne disons rien de l'intrigue policière, grosse comme un hangar de Port-Aviation. Ce qui m'a surtout gêné, en fin de compte, c'est le côté bâclé. On sent que ce roman n'a pas été relu, ni par son auteur, trop content d'en avoir fini (tant les derniers chapitres sentent la fatigue (ou l'écurie)), ni par qui que ce soit de la maison d'édition : ainsi, un personnage secondaire, Florine, devient Francine à quatre pages de la fin, et il semble bien que je sois le seul à avoir été assez masochiste pour aller jusque là !
Un autre tout petit détail : dans un post-scriptum, l'auteur nous apprend, au détour d'une parenthèse et l'air de ne pas y toucher, genre je crache dans la soupe mais je peux me le permettre, qu'il est titulaire d'un doctorat de littérature comparée et qu'il a deux fils normaliens. Ben voyons...
Voilà... Comme je n'ai pas mes notes manuscrites avec moi, je n'ai toujours rien écrit sur certains très beaux textes lus cet été, et je gâche du temps, de l'encre, pour cette petite chose de rien du tout. Tout moi, ça. À l'orée de ce qui me semble bien être une nuit d'insomnie, j'ai posé Tokyo infra-ordinaire, pour écrire ces paragraphes. Pour quoi ? Pour me rappeler ce qui m'avait atterré dans ce roman ? Le fait est que, sans l'écriture, je risquerais de n'en avoir rien retenu d'ici quelques semaines...
Mais serait-ce dommage ?
23:30 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (1)
And Now Some Blues
Vous valsez avec moi.
Il n'en est pas question.
Tout autant qu'avec vous je cherche la
faille.
Vous valsez avec moi.
Je ne crois pas qu'il
faille.
18:35 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (2)
Mosaïques d'Arthous, 3
Les cheveux en bataille, la dame araignée quitte sa toile pour ferrailler, à la cave, contre les buveurs de vieilles bouteilles. Petits carrés inégaux, pauvres petits carreaux, trempés de rouge, de noirceur, de Blanche Dubois, vous avez la jaunisse. C'est un tramway nommé voie romaine.
17:55 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)
Une duchesse de Bracciano peut en cacher une autre
Isabelle de Médicis, duchesse de Bracciano, naquit le 31 août 1542. Stendhal oblige, elle est moins connue que Victoria Accoramboni, qui aussi porta ce titre.
17:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Franz Kafka rend son tablier
Convoqué au tribunal des animaux, il fut surpris de voir un éléphant prendre sa défense. C'est le comble, pensa Frank, en courant se cacher dans son grenier.
15:42 Publié dans Âcres fins | Lien permanent | Commentaires (1)
S amère
Il suffit qu'une espace se décale sous les doigts trop prestes ou éprouvés, et s'ouvre un monde de possibilités. Sa mère. S amère. Le vérificateur d'orthographe n'y voit que du blanc, et aucun soulignement ne pointe la coquille. C'est l'histoire de l’œuf et de la poule, qui sans cesse recommence, dans l'amertume des marées qui montent.
14:00 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)
Three or Eleven Ghosts
Au courrier aujourd'hui, Tokyo infra-ordinaire de Jacques Roubaud, qui n'a pas l'air piqué des hannetons (et, à le feuilleter, point le regret que Gallimard n'ait toujours pas réédité Boomerang, le troisième et mon préféré des Génie du lieu de Michel Butor, car ce petit livre de Roubaud publié par les éditions Inventaire/Invention prouve qu'il est possible de vendre un texte écrit en plusieurs couleurs à moins de dix euros), et A Turn in the South de V.S. Naipaul, dans un autre ordre d'idées. J'ai passé une partie de mon été en compagnie de ce V.S.-là, et surtout The Enigma of Arrival, un livre dont je mettrai bien du temps à me remettre !
Mon fils me remet un bon point des Ateliers de Maisons Calette. C'est une "lettre d'invitation chinoise". D'où sort-il ça ?
Vendredi en huit (et donc vendredi 8...!), j'aimerais aller écouter, à Montlouis, le trio de Jean-Philippe Viret, membre fondateur de l'Orchestre de ContreBasses. Il y aura aussi, samedi 9, au "village gourmand" (quelle ineptie), le quintette de Fabien Mary.
13:30 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : JAZZ
The First Mess
Comme l’on cherche à savoir si l’expression ataxie motrice existe bel et bien dans le jargon médical, les rythmes entrecoupés et bringuebalants du duo exceptionnel piano/batterie des comparses Myra Melford et Han Bennink donnent l’image d’un corps qui se déglingue mais qui, en cela même, se cherche, réinvente la démarche, au point d’en proposer une théorie toute neuve, à cent lieues des codes balzaciens, et dans l’affalement superbe, pareil au vol ascendant et frénétique de l’alouette, vautrement sur un canapé qui s’avère, en dernière instance, une piscine.
13:15 Publié dans Onagre 87 | Lien permanent | Commentaires (0)
Aide-mémoire
Changer toutes occurrences de qaat par khat.
11:27 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)
Sur les dents
Avant même de songer à écrire un article sur le motif récurrent des dents (pourries, manquantes, saillantes, fausses, etc.) dans le roman que j’achève de traduire, je passe des heures à passer le texte au peigne fin pour que tout concorde, aussi de cet aspect-là. Relire et corriger minutieusement me prend un temps infini. Septembre : se faire des cheveux…
11:01 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (2)
Reprendre
Après quelques galops d’essai, sur ces derniers jours d’août, il faut reprendre le cours d’une écriture mieux organisée. Il faudra notamment reprendre les bribes écrites en juillet, notamment les Croquis de Corrèze, pas très diserts mais qui peuvent mériter d’illustrer quelques images.
Curieux comme les habitudes s’installent : m’installant ce matin à une place différente de celle que j’occupe d’ordinaire à la table du salon (achetée il y a moins d’un an pourtant), et ce pour avoir plus de place, je m’y trouve mal à l’aise, et même – c’est un comble – à l’étroit. Des baffles s’échappent les notes langoureuses et mélancoliques de Song-Song, le premier morceau de The Art of the Trio, vol. 3. Brad Mehldau a sorti cet été, vers notre visite aux buffles des barthes de l’Adour, un nouvel album en trio, mais avec un nouveau batteur, je crois.
Aujourd’hui, j’ai appris la mort de Naguib Mahfouz, dont la trilogie m’avait beaucoup marqué, circa 1997. Son ombre plane sur les pages qu’il me reste à corriger, de la traduction de Links.
09:17 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (0)
Image diurne complexe pour insomniaques invertébrés
03:25 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (0)
Le pélican devient papal, etc.
La tension devient palpable. Pablo Neruda passe par là. Parla patois, m'exhorte le troubadour. Adour, fleuve de l'enfance, où désormais les barthes sont peuplées de buffles.
Sans chambre claire, pas de vie ensoleillée. Layez point la bonne franquette. Quête du sens impénétrable, à cette heure désabusé. Usé de courir.
La vie entre les lignes. Démerde-toi.
02:15 Publié dans Kyrielles de Kaprekar | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 30 août 2006
Commissaire Astolphe Sijouvray
Je regardais Adolphe, ce mauvais film adapté d'un fade roman, et je pensais à cet Astolphe, avec ses mystères, ses munsters. Tout de même, mettre sur le même plan Lapinot et Bolaño, ça ne manquait pas de culot. Et puis, me disais-je, le lifting lui va mieux qu'à Isabelle Adjani. Lui, au moins, il n'a pas l'air figé dans la cire, et ses vingt-cinq ans de moins ne semblent pas tels. Penser qu'elle a plus de cinquante berges et qu'elle a laissé son talent d'actrice sur la rive. Oui, mais, me rétorquais-je à moi-même, Astolphe Sijouvray n'est pas lifté. Certes.
Bon. J'avais remisé les 77 munsters dans un abri de fortune construit dans le jardin, à l'ombre des thuyas, et préparais à présent les invitations à vingt-trois de mes amis, pour une
Soirée Alsacienne
sans flammeküche ni cigognes
Au menu : Munster et Gewürtztraminer, exclusivement
J'avais pris soin, avant de composer moi-même les cartons d'invitation à cette soirée d'un nouveau genre et du dernier chic, de goûter le munster apporté par le dénommé Sijouvray, afin d'en vérifier la gouleyance, de fait étonnante), et de me munir d'une vingtaine de bouteilles d'un excellent Gewürtz (comme on dit par chez moi). Du dernier chic, oui : imaginez donc douze messieurs et douze dames triés sur le volet, tant pour leur beauté que pour leur amour immodéré du fromage et de la bibine, se livrer à de telles agapes et ne pouvant pas décemment, vu le menu, penser à conclure quelque aventure que ce soit (encore qu'il n'est pas rare de voir des couples se former et des passions se nouer autour des fromages les plus odorants de notre beau pays).
Je me réjouissais déjà de cette soirée, qui allait avoir lieu dans mon humble demeure, le vendredi suivant. C'était compter sans un appel téléphonique du commissaire Astolphe Sijouvray...
[Affaire à suivre, après-demain...]
[Episode précédent : III]
21:55 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (3)
Mosaïques d'Arthous, 2
J'écrirai seulement un détail sur la carte postale. Celle qui partage ses initiales avec Naipaul aîné m'en a convaincu. J'écrirai seulement un détail sur la carte postale. Le danseur en croix sodomise un lépreux. J'écrirai seulement un détail sur la carte postale. Le Gave sépare les champs fourragers des bosquets à la française. Un détail sur la carte postale.
17:55 Publié dans 59 | Lien permanent | Commentaires (0)
Hallebarde(s)

Rue de la Hallebarde, il en tombait de nombreuses. Des chiens et des chats passaient, parfois amorphes et parfois pleins de vie. Cessez donc vos enfantillages, leur dis-je sans conviction. Un forçat (innocent : ils le sont toujours) passa et m'exhorta à me mâler de mes affaires. Il tournait son orgue de Barbarie, comme une vielle mécanique devenue folle. Me trouvait-il efféminé ? Jamais je ne le sus. Onze parapluies, à leur tour, passèrent, je suivis la plus jolie.
08:00 Publié dans Rues, plaques, places, Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (2)
mardi, 29 août 2006
Phrase
L'or du ciel s'efface comme de l'albumine, pendant qu'on chante à même le bitume.
19:40 Publié dans Ex abrupto | Lien permanent | Commentaires (0)
Mosaïques d'Arthous, 1
Deux pianos.
Zerlina & Masetto.
Nous passâmes en faisant silencieusement crisser les graviers.
17:55 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (1)
Trouées, 7 : Sainte Radegonde, encore

16:00 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (1)
29 août 1357 ???
En août 1357 (mais peut-être pas le 29), des habitants de Foix, armés, assiégèrent Raymond Roger, de Mirepoix, dans le château de l’Herm.
De proche en proche : Herm, dans les Landes, qu'encore avons traversé.
De porche en porche : mon grand-père paternel a 83 ans aujourd'hui...
15:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Malus malus
13 h 43.
Allongé sur le canapé, j'entends grésiller la pluie qui coule dans la gouttière. Ce matin, dans les rues désertes de Tours dormaient des souvenirs. Plusieurs photos angoissantes. Au bureau de poste, j'ai appris qu'un colis n'est pas une lettre (à moins que ce ne soit l'inverse).

La bruine m'endort (à moins que ce ne soit l'averse).
Je voudrais recopier ici la réponse de mon père, avant-hier, à ma question "Que sont ces fruits ?". J'avais joint les deux photos prises au Parc Sainte-Radegonde. Très apaisées, je trouve. Aujourd'hui, plusieurs photos angoissantes, mais je me répète.
Ainsi parla mon paternel :
Je pense qu'il s'agit de Malus malus, l'ancêtre de tous les pommiers, que vous pouvez rencontrer dans divers parcs. Il est très populaire dans les pays germaniques car il est beau en fleur et porte des fruits assez jolis, très appréciés des oiseaux en hiver.
C'est un de ces sujets que J*** S*** nous a offert et qui a si piteuse mine sur notre "pelouse" car il a été planté trop tard. Toutefois dans la mesure où août a été pluvieux et ou nous l'avons arrosé régulièrement, nous ne désespérons pas d'avoir un beau buisson plus tard.
13:57 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (1)
XXVII.
Tout ce que j'aurais désiré, c'était de rencontrer l'un ou l'autre des Samuel B. dont la pensée même m'obsédait, pour ne rien dire de leurs écrits, de leurs portraits. Tout ce que j'avais, c'était ces deux bouffons, Hectic et Jecktic, tombés d'on ne sait où. Et maintenant ces nombres.
Il y avait deux hypothèses : soit je considérais chacune des suites de sept chiffres inscrite dans le ciel comme un nombre, soit j'y voyais une série constituée d'un chiffre et de deux nombres. Les interprétations, les permutations et les calculs les plus divers commencèrent à se faire jour dans mon esprit malade.
Je consumais un été plein à ces jeux de calcul, qui, finalement, s'avérèrent stériles. Peut-être vous dirai-je un jour, ailleurs, les différentes conclusions, peu concluantes, auxquelles je parvins. Mais là n'est pas mon propos, pour ce jour.
Combien de temps encore allais-je devoir marcher, accompagné de ces deux fous, ces âmes damnées, Hectic et Jecktic ? Je n'en savais fichtre rien. J'avais déjà pris assez de gifles comme ça. Je m'en voulais surtout à moi-même, d'être cette chiffe molle qui ne sait rien entreprendre de magistral, être sans panache.
Un jour même, toujours aussi maladroit, je brisai un pichet, qui n'était pas une cruche.
Hectic et Jecktic ricanèrent.
10:25 Publié dans Voici venir Samuel B. | Lien permanent | Commentaires (0)
Lire les infos-bulles
Dans la note précédente, il faut prendre soin de lire attentivement les infos-bulles. (Surtout une.)
Par ailleurs, publier (en les écrivant la veille (j'écris ces lignes lundi à 18 h 18)) cinq notes d'affilée en les espaçant de 125 minutes, pour être une pratique courante dans ces carnets, commence à relever sérieusement de l'obsession, voire de la maladie mentale. Oui, ombres, les heures sont des nombres.
[Chercher les bulles nous mène aux tampons Jex et à un pastiche anonyme de Léo Ferré, mais aussi à un lieu de naissance, assorti d'un débat sur l'hermétisme.]
Mon fils en rend son tablier. C'est l'heure du pyjama. Oui, c'est l'heure du pyjama, pour toi, mon fils, puisque j'écris ces mots peu après 18 h 18 (et d'ailleurs Recette vestimentaire fut publié, en son temps, à 18 h 19 !).
09:30 Publié dans Fièvre de nombres | Lien permanent | Commentaires (3)
Américanophobie très modérée
Lundi après-midi.
Un matin que je relisais quelques explications oiseuses au sujet de mes poussées de fièvre, je me suis dit : mon gars, t'as rudement bien fait, car même moi j'avais déjà oublié ça. Du blog comme aide-mémoire. (Par ailleurs, la cuisine ici n'est pas petite. Elle est américaine, ce que je n'aime pas. Enfin...)
Or, Petits galets, le texte que je viens d'écrire, et dont j'ai prévu la publication pour la nuit à venir, me turlupine : quand je l'ai passé au crible de l'outil "Statistiques" de Word, je me suis aperçu qu'il respectait, au signe près et sans que j'eusse besoin de retrancher ni d'ajouter même une virgule, les règles de la rubrique 410/500 (en ne tenant pas compte de la mention "Lundi après-midi, encore et toujours").
Pour vous tous, absolus insomniaques, si vous avez suivi l'évolution de mes pattes-de-mante (expression plus élégante que les habituelles pattes-de-mouche), blanche la nuit s'achève, et il ne faut pas espérer vous parler de coup de bol ni de voie lactée. C'est dommage.
07:25 Publié dans Pêle-mêle | Lien permanent | Commentaires (0)
Petits galets (3)
Lundi après-midi, encore et toujours.
Je sème de petits galets pour les insomniaques. De petits signaux brumeux annoncent, à heure fixe, comme des étoiles vacillantes dans la nuit trop longue, la nuit plus si noire, le titre de mes carnets de ci de là, ailleurs qu'ici en tout cas. Longtemps, je me suis couché de bonne heure, alors je continue. Longtemps, cet été, je suis resté muet, alors j'esquive les questions, et gratte sur le clavier, de doigts frêles et précis, telles les pattes antérieures de la mante, entre lesquelles parfois l'insecte se passe l'antenne droite.
05:20 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (1)
Mante et menthe
Lundi après-midi, toujours.
Sous la pluie, en débroussaillant à mains nues et à pleines brassées le massif de menthe de la courette, je me retrouve soudain avec une mante religieuse, superbe, accrochée à mon chandail. Je l'admire et la repose sur le mur, le temps de finir ma besogne. Pendant que mon fils l'observe, j'invente dans ma tête un petit poème de circonstance :
Il y a mante
Et menthe.
Si l'une est un insecte,
L'autre est une plante.
Si l'une vous débecte,
L'autre, douce, vous tente.
Une pousse à l'orée,
L'autre pose à l'orante ;
Si l'une est odorante,
L'autre n'est éplorée
Qu'en semblant implorante.
De l'une enamouré,
J'arrache, à dire vrai,
Plusieurs plants de l'autre, en t-
Rimant comme en quarante.
Un cocker noir et feu passe, au bout d'une laisse, la truffe en alerte, sans songer à mal.
03:15 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (1)
Zig-zag 65ter
Lundi, cinq heures de l'après-midi.
Hier, je lus un des sonnets de Jacques Roubaud, dans son multiroman (dont j'ai réussi à parler quatre fois déjà dans ces carnets sans jamais en citer le titre), et l'une des rimes était le nom pentacle. Maintenant, j'écoute l'un de mes disques de jazz préférés, Pentacle de Sophia Domancich.
Le bonheur de l'analogie...
01:10 Publié dans J'Aurai Zig-Zagué | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 28 août 2006
Août 1424
Tandis qu'Archibald, IVème comte de Douglas, duc de Touraine, mourait à la bataille de Verneuil-sur-Avre, Zuane Pizzigano dressait une carte de toutes les côtes européennes et africaines connues.
Des daims sereins broutaient paisiblement dans les forêts.
23:55 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
L'émissaire Astolphe Sijouvray
[Précédents chapitres : I et II]
JE suis venu pour empuantir ta demeure !!!
Le sieur Astolphe ayant ainsi tonné, cela m'étonna. Il tourna les talons, et je rangeai dans mon réfrigérateur la trentaine de kilos fromagers.
21:35 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (11)
Planète ou pluton...? Planéton !!!
Pendant les vacances, j'avais suivi de loin (c'est le cas de le dire) la saga des "nouvelles planètes". Or, j'apprends aujourd'hui, avec un décalage de quelques jours, que l'Union Astronomique Internationale, plutôt que de décider de l'ajout de trois planètes à notre système solaire (au prix d'un élargissement de la notion même de planète), a pris le problème dans l'autre sens en tranchant en faveur d'un retranchement : ainsi, Pluton, jusqu'ici singulière tant par ses caractéristiques physiques que par sa taille, n'est plus une planète.
Le sombre crétin qui a été chargé de l'article pour Libération commence par la phrase suivante : "Les Plutoniens, s'ils existent, doivent s'en foutrent [sic] comme de l'an quarante." Pauvreté de la vanne, indigence de la langue. Comment avoir envie de poursuivre sa lecture ? D'ailleurs, on ne la poursuit pas.
(Je traite de sombre crétin le journaliste, alors que l'équipe de correction (si tant est qu'on dépense encore du fric pour une chose aussi superflue) est largement aussi coupable. Bientôt, on verra fleurir des phrases du style Les zèbrent manges (double faute sur le pluriel, attestée chez de nombreux collégiens) qui renverront aux oubliettes le ta zoa trekkei de mon adolescence...)
Fin de la parenthèse. Revenons à Pluton, pour conseiller la lecture de proses moins incultes : un petit article de vulgarisation très clair ; l'entrée de la WP anglophone consacrée à l'U.A.I. ; le texte officiel des résolutions prises lors du congrès de Prague.
On dit ici et là que d'aucuns s'apprêteraient à demander des autorités de l'Union européenne qu'elles s'inspirent de cette décision dans le cadre des négociations avec la Turquie, mais c'est vraiment une rumeur d'un mauvais goût sans pareil...
20:40 Publié dans MOTS | Lien permanent | Commentaires (0)
28 août 1829
Il y a 177 ans, François Régis comte de La BOURDONNAYE devenait Ministre de l'Intérieur dans le cabinet du prince de Polignac. Toujours selon le site du Conseil Général du Maine-et-Loire, "il réglementa la boucherie parisienne, réorganisa l'Académie de Médecine et développa l'École des Chartes, avant de donner sa démission le 18 novembre 1829".
C'est un peu court, jeune homme.
(Je savais bien que je trouverais un événement tourangeau, ou, à défaut, angevin, pour cette date du 28 août, où l'on fête saint Henri, et non celui, germanique, dont l'épouse fut la reine Radegonde.)
19:10 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)
Pour foutre la trouille
Le Conseil Supérieur des Publications MuMM tient à informer les lecteurs du fait (affolant pour certains mécréants ou paresseux) que déjà sept notes ont été écrites en vue d'une publication au cours de la journée du mardi 29 août 2006. Comme on dit en des lieux où l'amour de la belle langue n'est pas aussi prononcé qu'en ces territoires féconds, ça craint du boudin.
18:29 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (2)
XXVI.
Tandis que Hectic, a.k.a Krana, me psalmodie les vers suivants
Près lui marchait le galant Bruin,
Son visage d'effroi peint,
Aussi rugueux qu'un Sarrasin
Ou qu'un Turc, un Mahométan,
Vêtu d'une toge guerrière
En fourrure rustre et grossière
Jecktic, alias Fafkz, me débite de semblables sornettes :
Mais à peine avait-il avancé
De trois pieds en cette aventure
Qu'il rencontra ci l'équipée
Que Hudibras avait domptée.
Mépris et désir de vengeance
Leur brûlaient le corps en puissance.
Dans le ciel s'écrivirent les nombres suivants : 3 237 242 et 2 249 254 . La fièvre me gagna, comme grondait le tonnerre.
17:25 Publié dans Voici venir Samuel B. | Lien permanent | Commentaires (0)
Arthous, coeur de cible
17:00 Publié dans Brille de mille yeux | Lien permanent | Commentaires (0)
Glass harmonica, cristallophone, idiophone...?
Toujours aussi ignare, je lance un appel à mes fidèles lecteurs musicologues ou éclairés. Ayant découvert, lors de l'écoute de l'Adagio & Rondo KV 617 de Mozart, l'instrument nommé, en anglais, glass harmonica, je me suis renseigné, par le biais, une fois encore de la Wikipedia anglophone, sur ce curieux instrument. Je vous conseille de vous référer à l'article en question qui, quoique dénué de sources, a l'air sérieux. ce que j'ai retenu, notamment, c'est que cet instrument a été inventé, sous sa forme moderne, par Benjamin Franklin, qui l'a baptisé armonica, longtemps avant l'invention (en 1821) de ce que nous nommons désormais harmonica. Outre Mozart, Beethoven, Donizetti, Richard Strauss et Saint-Saëns ont composé des oeuvres pour cet instrument (mais l'article ne donne, malheureusement, aucune précision supplémentaire).
À noter aussi la croyance, fermement ancrée dans l'esprit de nombreux contemporains de Mozart, que jouer de cet instrument rendait fou.
Ce que j'aimerais savoir, c'est :
1) le nom français du "glass harmonica"
2) les références des opus de Beethoven et de Richard Strauss, en particulier *
3) l'existence éventuelle d'un corpus en musique contemporaine **
* On trouve quelques réponses ici, mais c'est un peu court, trouvé-je.
** Le répertoire de liens de la WP anglophone mentionne un quintette de Jan Erik Mikalsen, mais voilà tout.
12:30 Publié dans MUS | Lien permanent | Commentaires (5)
Démon des coïncidences
Preuve que, dans mon existence, le démon de l'analogie est soutenu, dans ses efforts pour me conduire au vertige*, par le démon des coïncidences, j'ai, après avoir acheté, avant-hier soir, le dernier livre de Jacques Roubaud (dont je parlerai bientôt (heum...)), lu, sur le Forum Renaud Camus, un échange passionnant au sujet d'Augustus de Morgan, ce qui m'a poussé à faire des recherches, et, de proche en proche, à m'intéresser à William Rowan Hamilton, tant par le biais de la Wikipedia anglophone que du tome 8 de ma précieuse Encyclopaedia Britannica. Ces recherches eurent lieu hier dans la matinée. Hier soir, dans mon lit, j'achevais la lecture du plus récent Roubaud, dont le chapitre antépénultième a pour figure principale... William Rowan Hamilton... dont je n'avais jamais entendu parler avant hier matin... J'ajoute que l'un des paragraphes du texte de Roubaud est directement traduit... de l'Encyclopaedia Britannica... J'ajoute encore que le "multiroman" de Roubaud, publié chez Fayard (comme les tomes du journal de Renaud Camus depuis 1994, et comme son génial roman L'Inauguration de la Salle des Vents), a plusieurs points communs avec les obsessions du Maître de Plieux.
Alors, n'y a-t-il pas de quoi devenir dingue ?
* J'avais écrit "vertiage". Vertige du verbiage ?
11:35 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)
Grotesques d'Arthous, 3
05:10 Publié dans Cardadrab | Lien permanent | Commentaires (4)






