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dimanche, 29 octobre 2006

Rue du Pis

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    On considérait un peu le facteur comme la vache à lait de la commune. (Il s'appelait Léonard.)

J'ai oublié de t'écrire ça la dernière fois, non ? (Sa femme s'appelait Ninon, mais elle est morte.)

Non, Ninon n'était pas laitière.

12:30 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Photographie

samedi, 28 octobre 2006

Rue Fontpinou

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    La précédente éclipse a duré plus d'un mois. Du côté de Saint-Léonard, pourtant, on se couchait en chien de fusil, on s'observait en chien de faïence, on se gardait quelque rancune.

12:20 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (3)

vendredi, 27 octobre 2006

Les maîtresses de T.S. Eliot

    Taste : au premier étage de cette cantine branchée et citadine, j'évoquai, la semaine dernière, les nombreuses fautes de grammaire de V.W., dans sa correspondance. Elle n'en est, évidemment, pas moins attachante, ni moins grande styliste. 

Talking of death and bullets, have you heard that Mrs Eliot is on the war path, said to have a carving knife with which first to skin Tom; then Ottoline; finally me? For she says Ott and I are Tom's mistresses; now as I never had a favour from that man its rather hard to give my life on the pavement. (Lettre à Quentin Bell du 26 juillet 1933. In The Sickle Side of the Moon, p. 207)

 

Le canard au caramel, réchauffé dans sa gamelle en plastique amélioré, n'était rien de fameux, pas goûtu ni goûteux. Non toujours non. Pas besoin d'un quelconque couteau pour le découper, et pas une once de sang sur le tarmac du trottoir, devant Taste.

16:25 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Littérature

jeudi, 26 octobre 2006

Faculté de Frédéric Fauthous, 2

    Stupéfaction ! Deux nouveaux paniers à trois points ! (Le kleenex et le gobelet.)

13:31 Publié dans Minimalistes | Lien permanent | Commentaires (4)

Faculté de Frédéric Fauthous

    Je crains fort que ça n'intéresse pas grand monde, mais je viens de réussir (ici, dans mon bureau, à l'université) deux fois de suite un "panier" : en lançant directement dans la poubelle 1) le papier d'emballage du sandwich  2) la canette vide de Coca.

Pour la serviette en papier et le gobelet en plastique, je vous tiendrai au courant.

(Oh, lâche-nous les baskets...)

13:23 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Ligérienne

V/B

    À l'aller, dans l'Aqualys, près la brume :

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" Je fermai précipitamment mes cahiers et détournai la conversation sur autre chose. C'est-à-dire que je lui demandai s'il jouait au diabolo. Nous étions en pleine mode de ce jeu-là en 1908. J'y étais assez adroit, et quand le "nouveau" m'eut avoué qu'il n'arrivait pas à être bien brillant à cet exercice, et tu parles ! il était d'une maladresse... je sortis mes baguettes et ma bobine et lui fis une telle démonstration qu'il me demanda de lui donner des leçons de ce nouveau sport. Du coup, les rapports entre nous changèrent de nature, je devenais le professeur de ce Monsieur, en cachette bien entendu, je l'éblouissais à rattraper la bobine cent, cent cinquante fois à la volée, c'est-à-dire sur le fil tendu, d'un coup de bras, sans retricoter... mais plus personne ne sait de quoi je parle. Et ce n'est qu'au bout de deux ou trois jours que je découvris à qui j'avais affaire : mon élève s'appelait Miguel Zamacoïs."

(Louis Aragon. Je n'ai jamais appris à écrire ou Les Incipit (1969). Repris en "Champs-Flammarion", 1981, p. 29)

 

Au retour, dans le TGV, à la brune :

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" En cet Eden laborieux serpentent les routes étroites, montant sans cesse et descendant, et jouant avec l'horizon comme si c'était un diavolo, que l'on sait bien qu'on rattrapera toujours." (Renaud Camus. Le Département du Gers. § 186. P.O.L., 1997, pp. 93-4)

 

09:05 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Littérature

mercredi, 25 octobre 2006

Place Denis Dussoubs

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Saint-Léonard de Noblat, 8 juillet 2006.


Denis Dussoubs est un insurgé républicain, qui fut tué sur les barricades le 3 décembre 1851. Occasion idéale de relire le célèbre Souvenir de la nuit du 4...

21:05 Publié dans Rues, plaques, places | Lien permanent | Commentaires (1)

Engelures

    La Place au Vin d'Orgelet fut le théâtre de plusieurs anecdotes. Le 25 octobre 1754, une troupe de 70 à 80 cavaliers investit la place. Le célèbre contrebandier Mandrin fait halte à Orgelet. Aussitôt, les prisons sont ouvertes, le bâtiment de la ferme est bien sûr mis à sac et les habitants d’Orgelet sont invités à se fournir en marchandises de toute sorte, volées lors des expéditions de Mandrin et sa bande.

(Source : site officiel de la ville d'Orgelet)

19:10 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

Vertes voltes

    Entre le premier et le deuxième but de l'A.S. Saint-Etienne, dans le huitième de finale qui oppose cette équipe à l'Olympique de Marseille, j'ai trouvé pas moins de douze très beaux portraits de dames en vert, dont aucun ne correspond à ce que V.W. écrivait, il y a 88 ans, à Vanessa :

I feel more and more convinced that advanced views are purely a matter of physiognomy. For instance the lady in green, with check trimmings in her hat and a face like a ruddy but diseased apple - one cleft asunder by a brown growth - had nother [sic] excuse for existence.

The Question of Things Happening. The Letters of Virginia Woolf 1912-1922. Londres : Hogarth Press, 1976, p. 286

17:54 Publié dans Vertes voltes | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : Littérature, Art

Starps, du sport

    Souhaitant évoquer de nouveau Sprats, le petit texte (entre science-fiction et parabole kafkaïenne) de David Bessis, je dois toutefois ronger mon frein, car j'ai prêté mon exemplaire à un ami très cher, mais pourrais bien signaler que j'ai échangé quelques courriels courtois et instructifs avec l'auteur lui-même, qui ne manquera pas de tomber encore sur cette page-ci, vu qu'il se tient au courant de ce qui se publie sur la Toile par le truchement des alertes de Dame Google. (Il n'a pourtant pas dû lire l'acrostiche que je lui ai dédié, vu que son nom n'y apparaît pas de manière suivie !)

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Or, je suis tombé, dernièrement, dans le petit livre de R.L. Brett, Fancy and Imagination (Methuen, The Critical Idiom), sur le nom d'un théologien anglais du dix-septième siècle, Thomas Sprat, qui préconisait, dans son History of the Royal Society, un style éloigné des embellissements et des fioritures de l'époque élisabéthaine. Cela est patent dans la citation suivante, qui donne la mesure de ce qu'était, pour lui, la réussite des académiciens de la Société Royale :

They have therefore been most rigorous in putting in execution, the only Remedy, that can be found for this extravagance: and that has been, a constant Resolution, to reject all the amplifications, digressions, and swellings of style: to return back to the primitive purity, and shortness, when men deliver'd so many things, almost in an equal number of words. They have exacted from all their members, a close, naked, natural way of speaking; positive expressions; clear senses; a native easiness: bringing all things as near the Mathematical plainness, as they can: and preferring the language of Artizans, Countrymen, and Merchants, before that, of Wits, or Scholars. (Thomas Sprat. History of the Royal Society. Section XX: "Their manner of Discourse".)

 

Enflures, digressions, amplifications : voici une esthétique résolument tournée contre les poètes précieux et les écrivains baroques. Que sont donc, à cette aune, les tentacules du narrateur de Sprats ? Sprats est-il un livre qui s'interroge sur l'amputation des tentacules, comme Paulhan jadis sur l'arrachage des fleurs de Tarbes ? Que dire de la symétrie entre les onze lettres qui forment le nom de David Bessis (5+6) et les onze qui forment celui de Thomas Sprat (6+5) ? Irai-je un jour manger des toasts aux sprats à Onzain ? Et surtout, par quel miracle ai-je réussi à composer cette note dans le délai imparti (la durée de Paranoid android, par Brad Mehldau) ?

 

***********

Further reading :

16:24 Publié dans Les Murmures de Morminal | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Littérature

Dans la cité enfouie

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    Il était question de ce livre hier... Mais j'illustre toujours à côté...

 

" Sa grande fierté : la Chupicuaro. Comme si l'exact pendant du travail fragile de Ghertman sur le papier Canson était cette statuette venue du fond des âges, maintenant l'emblème célèbre des arts dits primitifs à Paris."

 

(François Bon. Peint sur le cul du diable, § 52. Textes en regard de portraits de Guy Joussemet par Alain Ghertman. Cercle d'art, 2004, p. 33.)

 

 

 

Je ne fais pas figurer la photographie de la Chupicuaro vue de dos, le pendant aussi, pourtant, et inévitable, essentiel, de cette vue de face.

14:55 Publié dans Droit de cité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Art, Littérature, Poésie

Kehr um, kehr um !

    Est-ce un hasard ? L'un des motifs de la Courante (troisième partie) de la Sonate pour luth n° 36 de Sylvius Leopold Weiss est très proche d'un passage de la Belle Meunière, de Schubert. Il s'agit du "refrain" (avec maints guillemets) de Eifersucht und Stolz :

Kehr um, kehr um, und schilt erst deine Müllerin

für ihren leichten, losen, kleinen Flattersinn,

kehr um, kehr um, kehr um !

 

Est-ce vraiment un hasard ? Cet air, le quinzième de la Belle Meunière, suit de très près un autre, qui s'intitule Mit dem grünen Lautenbande (littéralement : "avec le ruban vert du luth"). De surcroît, l'amoureux, dans Eifersucht und Stolz, demande au ruisseau d'inverser son cours (kehr um), et l'air de la sonate pour luth n'est autre que la... courante.

11:05 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1)

Sept réponses à Patricia

    Mon laptop est mon seul clavicorde.

"Un vrai blog sympa", cela ne doit pas exister, je pense : seule une personne peut être considérée comme sympathique, ou non. Un site n'est jamais identique à son auteur, donc un site, même très personnel, ne peut pas être "sympa". (Une jupe ou un chandail non plus, incidemment.)

La nuit, très originalement, je dors. Comme je ne vis pas en appartement, et comme je ne suis ni le seul amateur d'opéra ni le seul professeur de France, je vous suggère de laisser tomber (comme on dit vulgairement) cette piste. 

# 713 : cela signifie-t-il que j'ai déjà écrit 712 poèmes intitulés Solitude ? Je vous laisse juge.

Imat ol sherderbok : oui, je ne peux que chaudement recommander de découvrir ce merveilleux chanteur qu'est Julien Jacob.

Oui, j'aime Shakespeare, un sommet incontournable, un himalaya du Verbe, mais je ne pensais pas ici (consciemment) à sa célèbre formule : "The world's a stage".

Enfin, merci beaucoup de vos lectures, et notamment de ce gentil commentaire inspiré de mon récent poème.

09:59 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

Samedires

    Dans la foulée d'un répertoire précédemment livré, ici même, et qui concernait mes achats parisiens de disques, j'inscris ci-dessous, sans autre forme de procès, la liste des livres que j'ai achetés samedi, toujours à Paris (et toujours chez Gibert Joseph (toujours en inversant l'ordre habituel du prénom et du nom)) :

  • Coplas. Poèmes de l'amour andalou. Traduction de Guy Lévis Mano. (Allia)
  • Claude Ollier. Eté indien. (Hachette/Flammarion)
  • Hermann Melville. Moby Dick. (Wordsworth Classics) *
  • Leonardo Sinisgalli. Poèmes d'hier. Traduction d'Odette Kaan. (Orphée/La Différence)
  • Danielle Mémoire. Prunus spinosa. (P.O.L.)
  • Piero Bigongiari. Ni terre ni mer. Traduction d'Antoine Fongaro. (Orphée/La Différence)
  • Maurice Rheims. Abracadabrantesque ! Dictionnaire des mots inventés par les écrivains. (Larousse)
  • Anghélos Sikélianos. Une voix orphique. Traduction de Renée Jacquin. (Orphée/La Différence)
  • Renaud Camus. Le Département du Gers. (P.O.L.) **

 

* Me croirez-vous si je vous dis que je ne possédais pas d'exemplaire de ce roman, et même que je ne l'ai encore jamais lu ? Shame on me... Reste à le lire ! (Il me tarde.)

** C'est tout de même autre chose de mettre la main sur le livre que de lire cet ouvrage en ligne.

09:21 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Littérature

Trois frousses de Sanfourche

    Avant de faire de menues recherches pour écrire la note publiée hier au sujet d'Alain Ghertman et de François Bon, je ne connaissais pas Jean-Joseph Sanfourche, qui m'a tout l'air d'être une sorte de Gaston Chaissac bis.

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Non ?

En moins bien...

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Le mage se maquille, la rue se déshabille.

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Et que dire ensuite, qu'ajouter, si ce n'est le virion échappé d'un cauchemar d'enfant ? Oui, encore et toujours le même cauchemar. Le bruit, la folie, le tintamarre dérapent toujours, dérivent en cauchemar. Froussard, va !

08:15 Publié dans MAS | Lien permanent | Commentaires (1)

mardi, 24 octobre 2006

666/799

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    Il n’a jamais fait si doux si tard dans l’année, et curieusement personne ne le dit, n’en parle, alors que d’ordinaire les banalités météorologiques sont le lot de toute saison, surtout quand il se dessine quelque trait hors du commun. Personne ne le dit et personne n’en parle, et n’est-il pas bizarre aussi que le portail se soit dévergondé jusqu’à dépasser la butée de fer et se retrouver du côté du trottoir, sans qu’il y eût d’autre solution que de le dévisser ; tout de même, il n’y était pas arrivé tout seul. Ni le portail ni le soleil n’ont grand-chose à voir, non plus, avec ces doubles rues, panneaux indiquant deux dénominations différentes (l’une traditionnelle et l’autre jacobine, je présume) et caractéristiques de Saint-Léonard de Noblat, ici comme ailleurs, dans le Limousin rieur.

20:50 Publié dans 410/500 | Lien permanent | Commentaires (1)

Ensemble, op. 317

le ciel comme une braise verte #

un croupier ramasse l'offrande #

pour la forme #

 

rue du change

faire l'appoint c'est pour ma pomme

(parfum de paradis perdu) #

 

vous jouez l'onde à la roulette

à vau-l'eau #

volète le temps peu ou prou #

 

19:05 Publié dans Fil bleu : Tridents & autres textes brefs | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Poésie, Ligérienne

Alain : Ghertman ::: Portrait de G.J. ::: François : Bon

    Avant de lire l’ouvrage que cet artiste a cosigné avec François Bon, je ne connaissais pas l’œuvre d’Alain Ghertman. Ensemble, les deux lurons larrons ont livré 73 variations autour d’un personnage, Guy Joussemet. Ce noble collectionneur, commanditaire d’un portrait, s’est retrouvé avec pas moins de 73 versions de sa gueule arrangée par Ghertman. Bon, lui, a surtout écrit ce qu’il avait à dire du travail de l’artiste. Portrait du portraitiste, autant dire (et tout cela rien moins que vertigineux). Les 73 portraits sont rassemblés sous le titre Portrait de G.J., et le texte de Bon (en 73 fragments) se nomme Peint sur le cul du diable (voir d’ailleurs fragment 70).

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Ghertman a sans doute été très fortement marqué/inspiré par Bacon, mais pas seulement. Bon, à n’en pas douter, a été marqué par Ghertman ! Il y a des passerelles entre les images et les paragraphes. Un jeu de passe-passe, bonneteau du diable. Prenons par exemple le 28ème portrait, profil de suie qui fait une forme de globe. Dans le §28, Bon évoque « une minuscule tête de mort olmèque en obsidienne » que Ghertman a dans la poche, et que l’écrivain compare au « mediator de guitare » que lui triture sans cesse (« c’est la même chose »). Dans le §52, pas trace de la longue coulée de larme en tracé vigoureux de gomme (voir 52ème portrait). Et ainsi pas de suite. De la suie quand même, oui.

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Dans le §61, Bon rapporte les visites de Joussemet à Jean-Joseph Sanfourche, peintre qui vit à Saint-Léonard de Noblat. J’y étais le 8 juillet. (No big deal, I know.) Comme j’écoute les sonates pour luth de Sylvius Leopold Weiss en écrivant ces quelques mots, et comme l’illustration du disque est un tableau de François Puget, voilà mes deux fétiches, hic et nunc : une vue de Saint-Léonard et un joueur de luth.

18:41 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (0)

24 octobre 1553

    Entre la mort de Lucas Cranach et celle de Michel Servet, quelques jours brumeux trouvent leur souffle, aux ondées tristes et même pas factices.

17:00 Publié dans Hystéries historiées | Lien permanent | Commentaires (0)

D'un ton patelin

    Sonna l’heure du cinquième café, aussi d’arrêter de se crêper le Chinon. Endormie, appuyée nonchalamment sur la paume de sa main droite, elle eut un léger geste d’humeur – ou d’ennui – qu’aucun des convives ne put interpréter comme tel, si elle semblait dormir. Il régnait, sur la ville et ses pierres grises, un soleil brûlant d’octobre. Avant de se quitter, ils échangèrent encore quelques propos conventionnels – sur la tournure des événements ou le tanin de ce pichet – et, tandis que lui allait essayer de démêler quelques épais mystères prosodiques, à la demande (inopinée, inattendue) de trois jeunes filles studieuses, ses convives partaient bambocher de plus belle, au ciel navré des tapis rouges.

 

15:53 Publié dans YYY | Lien permanent | Commentaires (0)

Terribles images que voilà

    Au haut d'une tourelle du treizième siècle, dans une salle où somnolent trente volumes empoussiérés de l'Encyclopaedia Britannica et un vieux Macintosh que plus personne, jamais, ne prend la peine d'allumer, la fumée d'une cigarette Benson & Hedges fait de curieuses volutes, et la cendre projetée sur la table finit par se poser sur la moquette, de l'autre côté des sièges où sont installés les deux acteurs amateurs, après un rebond sur une chaise noire en plastique.

12:29 Publié dans Soixante dix-sept miniatures | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Ligérienne

Solitude, op. 713

La conspiration des squelettes #

- feuilles tombées au sol - trouble notre destin #

La bourrasque comme un festin #

dans le ciel affamé éclate en vaguelettes

 

Je vois un recoin de cuisine

au haut d'une maison au toit pointu

À ce dernier étage étroit vois-tu

vivoter la nuit qui décline ?

 

Aigrettes cormorans rides d'eau sur la Loire

goélands assoupis colverts

là-bas, près du tronc abattu, sur l'écran vert #

Reflets du fleuve comme moire #

 

Nous vivons seuls sous les pierres d'azur #

Le soleil voile un pan du mur #

 

 

Quelques mots d'explication (que l'on peut se passer de lire) : les dièses indiquent les arrêts de bus qui ponctuent l'écriture de tout poème-transport (voir la rubrique Fil bleu : Tridents...) ; la majeure partie du sonnet (vers 4 à 11) a été écrite entre l'arrêt Passerelle et l'arrêt Mirabeau (sur le pont, traditionnellement embouteillé) ; enfin, ce texte mérite son inscription dans les Diableries manuelles, puisque, comme tout poème-transport, il a été composé sur une feuille de format A6, à la plume noire ; évidemment, les liens ont été ajoutés lors de la retranscription du poème, ici, dans mon bureau, à l'université.

09:27 Publié dans Diableries manuelles, Fil bleu : Tridents & autres textes brefs, Sonnets de juin et d'après | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie

lundi, 23 octobre 2006

Addendum à « Samedisques »

    Trois albums achetés ce samedi ont été oubliés dans ma précédente note : le premier disque d'une jeune chanteuse, Bless (que, finalement, je n'aime pas tellement) ; les Concertos (ou Concerti) pour clarinettes de Franz Krommer (compositeur injustement méconnu du début du dix-neuvième siècle) ; enfin, un disque de chants grégoriens intitulé Vir Dei Benedictus (Choralschola der Benedektinerabtei, direction Godehard Joppich), et curieusement publié par la branche allemande du label Harmonia Mundi dans la collection Baroque Esprit (comme quoi même les baroqueux ne savent pas ce qu'est le baroque, ce terme étant désormais employé pour toute forme de musique jouée selon des critères d'interprétation "authentiques", c'est-à-dire dans un souci de fidélité à l'original (mais quand même, les chants grégoriens baroques, je n'aurais pas osé!!!).

À suivre : livres du samedi.

17:35 Publié dans 721 | Lien permanent | Commentaires (1)

Fou dormais-tu dans *

ce matin

      drapeaux voletant

dans le ciel

anatole france

sur le pont

      le fou qui dormait

seul sursaute

choiseul 

remontée

      la pente en fuite

aigre-douce

tranchée

dans le vif

      tu voyais le fou

qui fuyait

maginot

et le vent

      la terreur affleure

vent farouche

la source

inouï

      enfin j'ai vu le

parc Colbert

croix pasquier

ces deux dames

      la langue qui fourche

enventée

clinique velpeau

si l'enfant

      dort dans les brisants

se pavane

trianon

le long vent

      s'essouffle au sommet

cimetière

pierre couverte

pourtant au

      bout du tunnel sens

la lumière

devildé

qui jaillit

      au faîte de ton

existence

général estienne

et d'ailleurs

      fou dormais-tu dans

ce dédale

champ chardon

où dévale

      la pluie à fleur de

ruine triste

tremblay

et jamais

      tu ne vivras dans

cette ville

oratoire

que la brise

      et la pluie ont faite

labyrinthe

saint barthélémy

15:59 Publié dans Fil bleu : Tridents & autres textes brefs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Poésie

Samedisques

    En écoutant la IVème des Sonates à Pisendel de Vivaldi ( dans l'interprétation du Boston Museum Trio, HMA 1901088), après avoir expédié quelques courriers électroniques de nature professionnelle, je prends quelques minutes pour grattouiller ici quelques touches de mon précieux clavicorde, et, à défaut de vous entretenir, ces temps-ci, de mes lectures ou de mes enthousiasmes musicaux ou esthétiques divers, dresser la liste des disques que j'ai achetés lors de mon bref passage dans la capitale samedi, au cours de fourragements frénétiques dans les caisses d'occasion de ce temple de la perdition qu'est le grand magasin Gibert Joseph (avec interversion du nom et du prénom, s'il vous plaît) :

  • Olivier Messiaen. Turangalila Symphony. (Toronto Symphony, Seiji Ozawa, J. et Y. Loriod)
  • Albert Roussel. Symphonies n°s 3 et 4. Bacchus et Ariane. (Orchestre Philharmonique de Radio-France, Marek Janowski)
  • Johannes* Brahms. Oeuvres complètes pour piano solo et Concertos pour piano. (Idil Biret)
  • Henri Dutilleux. Symphonie n°2, Métaboles, "Ainsi la Nuit". (interprètes variés, Erato Classics)
  • Wilhelm Kempff**. Trio et Quatuor op. 15. (interprètes variés, Arte Nova 1995)
  • Sylvus Leopold Weiss. Sonates pour luth. (Robert Barto, Naxos 1997)

 

Il y a aussi du jazz :

  • Coulon Cerisier invite Padovani. Bleu comme le ciel. (Zimpro, 2004)
  • Brad Mehldau. Live in Tokyo. (Nonesuch, 2004)
  • Vienna Art Orchestra***. 20th Anniversary. (Coffret de 3 CD, Amadeo 1997)

 

* Du côté des livres, autre lieu de perdition où une nouvelle fois je me suis perdu****, j'ai feuilletté le dernier ouvrage de Jean-Loup Chiflet, qui a cherché à faire ses Miscellanées de Mr Schott à lui. Tout cela est totalement vain, superficiel, sans âme même. Je me rappelle avoir parcouru du regard une page où Chiflet a dressé la liste des prénoms d'artistes célèbres dont on ne connaît généralement que le patronyme. Brahms doit en faire partie, je pense.

** J'ignorais qu'il fût aussi compositeur. J'ai acheté le disque, d'abord parce qu'il coûtait trois fois rien, et ensuite parce que Wilhelm Kempff est mon interprète favori des Variations Godlberg (oui, même devant Glenn Gould).

*** J'étais très heureux de trouver ce coffret, car les disques du VAO sont introuvables en France, en général. F.B.-S., ami de Beauvais perdu de vue, hélas, et grand amateur de jazz, m'avait fait découvrir leur disque d'hommage à Dolphy*****, qui figure dans ce coffret !

**** Je me suis perdu pour de bon, car je cherchais les livres en anglais au 4ème étage, où ils étaient encore la dernière fois que où je suis allé chez Gibert Joseph (l'interversion, j'y tiens!), mais qui****** ont maintenant (et depuis très longtemps, sans doute) déménagé dans un recoin du premier étage.

***** L'autre soir (jeudi), au concert de jazz, à la pause, j'ai discuté avec une jeune femme, qui m'a confié aimer beaucoup ce concert du sestet Mingus Dynasty mais n'avoir jamais entendu parler de Charles Mingus auparavant. Cela m'emplit de joie de penser qu'il n'y a pas, dans les salles de concert, que des professionnels ou de froids habitués. Cela dit, écoutez Mingus et Dolphy ! (Ils ont même joué ensemble...)

****** Syntaxe audacieuse / hasardeuse / désastreuse ?

 

09:59 Publié dans Unissons | Lien permanent | Commentaires (3)